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(fr) France, Alternative Libertaire #223 - Lutte contre l’austérité : Une mobilisation française balbutiante (en)
Date
Sun, 06 Jan 2013 12:18:47 +0200
La journée d’action européenne du 14 novembre a donné lieu en France à une mobilisation en
demi-teinte. Il faut s’interroger sur les moyens de construire à l’échelle de l’Europe une
riposte à l’austérité. ---- Le 14 novembre dernier, plusieurs millions de manifestantes et
de manifestants ont défilé dans toute l’Europe contre l’austérité, mais seulement cent
mille en France. Cherchons l’erreur. L’initiative de cette première journée d’action
européenne revient aux syndicats des pays les plus exposés aux plans d’austérité : Grèce,
Espagne et Italie. La date a été reprise par la Confédération européenne des syndicats
(CES), centrale hégémonique, d’orientation clairement réformiste. La majorité des
organisations syndicales françaises y est affiliée, même si ce n’est pas le cas de
Solidaires. Pourtant, l’intersyndicale nationale a tardé à appeler à cette journée.
Annoncée à moins de trois semaines de l’échéance, elle a été préparée en vitesse, voire
bâclée.
Mobilisation en demi-teinte
Certains syndicats souhaitaient se contenter d’appeler à manifester en soutien aux
travailleurs et travailleuses du Portugal, de la Grèce, de l’Italie et de l’Espagne.
L’enjeu était pourtant tout autre. Les salarié-e-s de ces pays se sont mobilisés en masse,
dans le cadre de grèves générales d’une journée. Le meilleur soutien qu’on pouvait leur
apporter était l’extension de la mobilisation à la France. D’ailleurs l’occasion s’y
prêtait puisqu’il s’agissait de la première manifestation intersyndicale depuis l’élection
de François Hollande. Celui-ci venait d’annoncer les grandes lignes d’un premier plan
d’austérité, suite au rapport Gallois sur la compétitivité. Il y aurait donc eu matière à
appeler clairement à la grève, en adossant le rejet de ces mesures à des revendications
professionnelles.
Évidemment, tout n’est pas si simple. Bien des équipes syndicales combatives peinent à
convaincre leurs collègues de sortir de l’attentisme. Lorsque des luttes démarrent, elles
sont isolées, et les travailleurs se résignent trop souvent à rechercher des aménagements
face aux attaques. C’est le cas à PSA Aulnay actuellement, où la majorité des salarié-e-s
s’est prononcée pour lutter sur les plans de reclassement plutôt que contre la fermeture
du site.
Pour autant le rôle d’une organisation syndicale offensive devrait être de pousser à la
lutte. Cela implique de sortir du dialogue social, quitte à ne s’appuyer dans un premier
temps que sur les équipes syndicales et les secteurs les plus combatifs. La Confédération
générale du travail (CGT) avait fait un pas en ce sens lors de la journée de défense de
l’industrie du 9 octobre, à ceci près que cette mobilisation aurait gagné à se faire en
intersyndicale, même réduite aux organisations de lutte.
sortir de la cohésion sociale
Enfin, ce type de mobilisation européenne doit nous amener à nous interroger sur la nature
de la CES. Dans son texte d’appel au 14 novembre, celle-ci demandait par exemple la «
réduction des déséquilibres [budgétaires] » afin « d’aboutir […] à la cohésion sociale ».
L’intersyndicale française, sans reprendre ces mots d’ordre, répétait l’exigence de «
négociation d’un Contrat social européen ». On ne construit pas grand chose avec de telles
revendications. Cette journée doit en appeler d’autres, avec pour objectif une grève
générale européenne. Mais il faudra pour cela reconsidérer l’affiliation de nos
organisations syndicales à cette centrale réformiste.
Grégoire (AL Orléans)
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