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(fr) Références : Anticolonialisme / États-Unis : Wobblies / 39 Politique : L’Usage de l’Utopie / Les Classiques de la subversion (en)

Date Fri, 04 Jan 2013 18:38:47 +0200


Références : Anticolonialisme pratique aux éditions Les Petits matins ---- Dieu n’existe pas. C’est sûr. Mais le Père Noël, si. Un père Noël bardé de cartouchières, le cocktail molotov à la main et le couteau entre les dents. On rajoutera qu’il est farouchement anticolonialiste, et bien renseigné. Car, du casier du comié de rédaction, sis au local d’Alternative libertaire, ce sont, non pas un, mais quatre ouvrages des éditions Les petits matins qui dégringolent dans les mains gourdes du secrétaire de rédaction bouleversé. ---- Cette maison édite la collection « sortir du colonialisme », qui en est, donc, à sa quatrième livraison. ---- Chaque ouvrage se présente comme un recueil de textes d’époque encadrant le sujet et le rendant à son contexte historique dans toute son épaisseur.

Résister à la guerre d’Algérie, Le 17 octobre 1961, Frantz Fanon… et toujours par les textes de l’époque. Un Guide pratique d’anticolonialisme complète la série actuelle.

L’objectif de cette collection est de relayer le travail de l’association « Sortir du colonialisme », organisatrice depuis 2006 des semaines anticoloniales. Celle-ci s’était créée à l’occasion des dérives patriotico-racistes du précédent gouvernement, culminant dans la loi du 23 février 2005, et son sinistre « rôle positif » de la colonisation.

L’association veut donc contester cette « réhabilitation rampante »,en publiant dans de courts livres, des témoignages, des textes, des articles de propagande, qui rappellent ce que c’était que d’être insoumis au moment de la guerre d’Algérie, d’être noir, ou arabe, en France dans les années soixante… qui rappellent aussi quels furent les luttes de ceux qui dénoncèrent, protégèrent les victimes du colonialisme, s’engagèrent contre un État hyper-violent mais qui commençait à douter.

Le choix des textes est systématiquement original, souvent poignant, mais toujours présenté de manière simple et pratique : on sent en effet que l’éditeur vise à créer un outil pour armer le militant, l’anticolonialiste en le dotant des arguments imparables de l’histoire, des faits, des mots des protagonistes. Cette efficacité on la sent dictée par un sens militant puissant, une colère et une indignation intactes.

Chaque livre est structuré de manière percutante, sous forme parfois d’abécédaire, sans chichis pour intellos, mais présenté par des spécialistes des questions du colonialisme – Gilles Manceron, Achille Mbembe, Tramor Quemeneur. Lecture réellement agréable, rapide, ces ouvrages forment une intelligente introduction aux sujets qu’ils traitent et donnent envie d’en savoir plus, bien sûr, mais surtout de conserver comme essentielle, la vigilance anticolonialiste, antiraciste, au cœur de nos préoccupations militantes.

Cuervo (AL 95-78)

Guide pratique d’anticolonialisme,
Le 17 octobre 1961 par les textes de l’époque,
Frantz Fanon par les textes de l’époque,
Résister à la guerre d’Algérie par les textes de l’époque, de « Sortir du colonialisme » collectif, éditions Les petits matins, 5 €, et 7€ pour le Guide pratique…


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États-Unis : Wobblies et hobos de Joyce Kornbluh, éd. L’Insomniaque

On connaissait les Wobblies, du surnom donné à nos camarades des Industrial Workers of the World (IWW). Et on connaissait aussi les Hobos, ou vagabonds, légendaires des États-Unis des débuts du XXe siècle, immortalisés par Steinbeck, ou par Aldrich dans L’Empereur du Nord.

Ce qu’on sait moins c’est que leurs routes n’ont cessé de se croiser et parfois de se confondre. Obsédés par l’idée d’unifier tous les travailleurs, les Wobblies écument non seulement toutes les corporations de métiers pour créer des sections, mais aussi tous les milieux en franchissant notamment la frontière entre travailleurs et chômeurs, entre blancs et noirs. Du jamais vu en 1905, année de création des IWW.

Pour les Wobblies, l’important était l’appartenance à la classe des défavorisés. Le mineur, forgeron, mécano syndiqué d’aujourd’hui avait été le hobo d’hier, trouvant dans les « jungles » (communautés temporaires de hoboes) chaleur et réconfort, où il se surprenait à entendre les trimardeurs entonner des chants des IWW !

Bien souvent, et notamment après 1917 lorsque les États-Unis rentrent en guerre et liquident les « rouges », ces ouvriers se retrouvaient sur les routes, en quête de travail.

Les ouvriers d’hier pouvaient redevenir des vagabonds de demain. Mais entre temps, ils s’organisent dans les usines de textile à Lawrence, Massachussets, à Paterson, New Jersey, dans les mines de l’Ouest et les scieries du Nord-Ouest. Ils se font massacrer dans les mines de fer de Mesabi, ou Youngstown (chanté par Springsteen) et des grandes villes où des figures emblématiques comme Joe Hill sont exécutées par les Copper bosses – les patrons du cuivre.

Richement illustré, accompagné d’un CD de chants de travail, de chansons syndicalistes, les textes d’époque font véritablement revivre toute une atmosphère. D’une violence et d’un cynisme inouïs, elle fut aussi ce temps où l’idée de révolution était fraîche et vivante, il n’était question que de faire passer la bonne parole, par voie de tracts, de dessins – pour ceux qui ne savaient pas lire – au gré des routes, des fermes et ateliers. Mais loin d’être candides, ces textes démontrent au contraire le sérieux révolutionnaire des Wobblies, et la vivacité d’une conscience de classe dont l’histoire officielle des États-Unis voudrait affirmer qu’elle n’exista jamais. Le CD montre qu’il est difficile de faire taire les voix de bluesmen noirs comme Blind Willie Mc Tell, ou Bukka White qui rappellent que le cri de Unite !, ou One big union (un seul grand syndicat) trouvaient une réponse dans l’action directe de tous et toutes, noirs et blancs, hommes et femmes, salariés et réprouvés.

On remarquera enfin une dédicace de l’éditeur français à Larry Portis, notre camarade disparu l’an passé.

Cuervo (AL 95/78)

• Joyce Kornbluh, Wobblies et Hobos. Agitateurs itinérants aux Etats-unis, 1905-1919, L’Insomniaque. 250 p, 25 euros

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39 Politique : L’Usage de l’Utopie - Les sentiers de l’utopie film-livre de Isabelle Frémeaux et John Jordan

Activistes du mouvement écologiste, acteurs du Camp Climat en 2007 sur l’aéroport d’Heathrow, Isabelle Frémeaux et le cameraman John Jordan sont les fondateurs d’un projet communautaire « d’utopie postcapitaliste » appelé la r.O.n.c.e, dans le Morbihan. Les Sentiers de l’utopie retrace la préhistoire de ce projet. A la recherche d’expériences autogestionnaires pérennes, les auteurs se sont lancés dans un périple de sept mois, à travers onze de ces lieux – villages, quartiers, usines – où l’utopie se conjugue au présent. Leur livre-film flirte avec la littérature de voyage, pour mieux exprimer l’existence concrète de cet ailleurs tenté ici et maintenant.

Christiania, Longo Maï, Marinaleda… la plupart sont des foyers d’autogestion célèbres. L’ouvrage est une mine de renseignements sur ces utopies concrètes et leurs références politiques : action directe, autogestion, techniques d’agriculture durable, nouvelles voies vers la sensualité. Mais ce qui fait la force du discours, c’est de toujours s’attacher à la dimension politique de ces choix de vie. Déjà, aucun de ces projets émancipateurs n’est arbitraire. Moins nés du rêve que de la lutte, ils se sont tous constitués en réponse à des crises sociales bien réelles et concrètement vécues par les protagonistes qui les ont fondés : crise écologique, alimentaire, du logement, de l’emploi. Le second aspect proprement politique réside bien dans le travail de déconstruction des rapports sociaux hérités des hiérarchies morales communes, ou du capitalisme, de la société de consommation-surproduction. Vivre une organisation sociale réinventée, enfin égalitaire, libertaire, respectueuse tant de la nature que de la société et des individus, tel est le pari réussi de ces communautés, l’exemple à suivre. Même si parfois, avec une grande modestie, les deux auteurs pointent aussi les limites de ces « paradis imparfaits », les points d’équilibre non trouvés (entre résistance créatrice et repli sur le mode de vie, entre utopie et principe de réalité…). Tout à leur propre réflexion pour construire une alternative, ils y entraînent le lecteur et c’est là le grand mérite du livre, tandis que le film offre une vision plus personnelle des ponts à faire entre expérience politique, expérience intime, affective, esthétique.

Fanny (AL Saint Denis) Film et livre visibles en version intégrale : http://www.editions-zones.fr/

• Isabelle Frémeaux et John Jordan, Les Sentiers de l’utopie, coédition Zones/la Découverte, 2010, 25,40 euros.

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Les Classiques de la subversion : Rosa Luxemburg par John Peter Netti

La réédition de la biographie de Rosa Luxemburg par les éditions Spartacus est l’occasion de chroniquer cet ouvrage qui permet de retracer l’ensemble des débats, et des évènements qui marquèrent le mouvement révolutionnaire du début du vingtième siècle. Seront abordées la révolution russe de 1905, les grandes controverses sur le révisionnisme, la grande trahison de la social-démocratie lors de la guerre de 1914 et enfin les révolutions russes et allemandes au cours desquelles Rosa Luxemburg connaîtra une fin tragique.

Rosa Luxemburg n’a pas 20 ans quand, déjà militante, elle fuit la Pologne russe où elle est née pour étudier en Suisse. Là, elle partage avec d’autres militants de la même origine une vision spécifique de la lutte pour le socialisme qui l’amène à rejeter le combat pour l’indépendance de la Pologne, à rompre pour cette raison avec le Parti socialiste polonais. Elle s’installe ensuite en Allemagne pour participer aux combats du SPD qui est alors, par sa taille et sa cohérence, le modèle pour tous les partis de l’Internationale socialiste. Pour mieux comprendre la suite, il faut savoir que ce parti ouvrier regroupe aussi bien révolutionnaires que réformistes. Elle y devient propagandiste, journaliste, mais aussi enseignante. On pourra regretter que sa place en tant que femme soit relativement peu abordée alors qu’elle sera régulièrement en butte à des attaques dues à son sexe.

Au sein du SPD, elle contribuera de manière décisive au combat contre le révisionnisme qui prétendait « réviser » la doctrine de Marx en montrant que le socialisme viendrait par la lutte pour les réformes et non par la révolution. La Révolution russe de 1905 sera pour elle l’occasion de théoriser la grève de masse en tant que moyen d’action politique. Ses positions radicales la rendront de plus en plus isolée au sein du SPD. Celui-ci, dans une dérive droitière, soutiendra pleinement la guerre de 1914-18 au coté de l’Allemagne. Elle en sort et participe à la structuration d’une opposition révolutionnaire autour du groupe Spartacus, dont l’action culminera lors de l’hiver 1918-19. Peu après avoir fondé le KPD (Parti Communiste Allemand), Rosa Luxemburg trouvera la mort en janvier 1919 aux mains des Corps Francs (groupes paramilitaires contre révolutionnaires) qui sont alliés à ses anciens camarades du SPD.

On trouvera dans cet ouvrage la description d’une pensée communiste très différente du léninisme. Rosa Luxemburg ne voit pas la révolution comme résultat de l’action du parti représentant une avant-garde seule à même d’en diriger et d’en contrôler le processus. Au contraire, elle la voit comme le résultat d’une dynamique où les conseils de soldats, d’ouvriers, de paysans, qui pratiquent la démocratie de masse, jouent un role déterminant, sans élite dirigeante.

Matthijs (AL Montpellier)

• John Peter Nettl, Rosa Luxemburg, Les Amis de Spartacus, 2012, 568 pages, 28 euros
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