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(fr) France, Coordination Groups Anarchistes CGA IAL #93 - Incendies, crise : A st Denis la saison des expulsions et la guerre de classe ne connaissent pas de trêve (en)

Date Mon, 31 Dec 2012 10:00:54 +0200


La crise financière et la crise de la dette viennent renforcer une crise durable et profonde : la crise du logement. Fabriquée de toutes pièces par les propriétaires, l’état et les mairies, le traditionnel levier du capitalisme pour maintenir l’exploitation, il est à constater qu’elle s’est accrue dans le sillage des attaques liées à ces crises. Si les villes populaires sont les premières touchées, la multiplication des expulsions de locataires, de squatteur-euses risque bien de devenir une réalité quotidienne pour toutes et tous. C’est bien ce qui se passe dans d’autres pays voisins où les attaques liées à la crise sont plus fortes : Espagne, Grèce, Etats-Unis. ---- ST Denis rénovation rime avec expulsion ---- A Saint Denis, la ville croule sous les travaux : cible de la rénovation urbaine, la ville a signé en 2010 le PNRQAD (Plan National de Requalification des Quartiers Anciens Dégradés).

Associant état, mairies, et promoteurs elle constitue une aubaine pour la chasse au pauvre menée dans les quartiers populaires. En effet, sous prétexte de rénover les logements et de lutter contre l’insalubrité, ils déplacent, expulsent, exproprient et rendent impossibles aux ancien-e-s habitant-e-s l’accès aux nouveaux logements (trop chers, plafonds plus élevés pour les baux sociaux). A St Denis où 34 % des logements sont insalubres dans le centre, le plan prévoit 150 démolitions et 1 200 réhabilitations de logements. La saison des expulsions ne connait aucune trêve.

A Saint Denis, mairie et préfecture continuent d’accroître les expulsions d’immeubles. Cet été dans un quartier près de la gare Charles Michel, des immeubles sont expulsés, après l’incendie, un autre immeuble dans le quartier gare est expulsé. Et lorsque l’incendie ravage un immeuble insalubre comme un feu de paille, mairie et état marquent dans le sang leur mépris de ces locataires : pas de relogement, deux nuits d’hôtel social arrachées après la menace d’occupation de la bourse du travail. Une fable raciste au regard d’autres exemples de drame de ce type. En effet, une large partie des habitant-e-s étaient sans papiers, et tou-te-s racisés (subissant le racisme). Il faudra la mobilisation des sinistré-e-s eux-mêmes, encore en état de choc pour que la mairie et l’état soient poussés à trouver des solutions.

Incendie : l’arbre qui cache la forêt

Ce qui s’est passé à St Denis au moment de l’incendie, c’est l’arbre qui cache la forêt, l’exemple même de cette guerre de classe menée aux pauvres. Dans la nuit du samedi 8 au dimanche 9 septembre, un incendie se déclare au 39, rue Gabriel Péri, à Saint-Denis, provoquant la mort de deux personnes et laissant une quarantaine de personnes sans logement. Malgré l'annonce de la ministre C. Duflot du relogement immédiat des sinistré-e-s, certain-e-s des habitant-e-s du 39 n'avaient même pas de solution d'hébergement d'urgence dans la soirée du 9 septembre (certain-e-s d'entre eux et d’entre elles se sont vu refuser l'accès aux soins dans les hôpitaux, et, sans papier officiel de la mairie de Saint-Denis, à l'arrivée à l'hôtel social de Noisy-le-Sec, ont été contraint-e-s de dormir dehors). La nuit suivante, les solutions d'urgence ne sont connu-e-s pour tous et toutes que très tard dans la soirée. Un rassemblement a lieu le mardi 11 septembre devant l'immeuble incendié, où habitant-e-s et militant-e-s se retrouvent et décident d'investir une salle de la Bourse du Travail pour se réunir et réfléchir à la suite à donner à la lutte pour le relogement des habitant-e-s. Dès lors, les militant-e-s, permanent-e-s des associations (DAL ...), parfois proches de la mairie en place, posent un cadre de lutte fortement hiérarchisé (empreint d'un paternalisme latent), dédouanant la mairie de sa responsabilité et orientant les habitant-e-s à porter leurs revendications devant le ministère, quand on sait que la mairie a la possibilité de réquisitionner des logements inoccupés. Une manifestation est programmée pour le lendemain, des communiqués sont rédigés pour organiser la lutte et le rapport de force face à la mairie. Avant la manifestation, et dans un contexte plus dur encore, puisqu’ une nouvelle personne vient de succomber à ses blessures, les habitant-e-s décident d'occuper la basilique de Saint-Denis pour faire pression sur la mairie et la préfecture afin de faire valoir leur droit à un relogement immédiat et pérenne, sur Saint-Denis. Après une nuit d'occupation et des tractations avec le préfet, les sinistré-e-s se voient proposer une solution qui n'est pas satisfaisante : ils seront hébergé-e-s, jusqu'au 1er octobre, dans un hôtel social de Saint-Denis. Les hébergements ont été reconduits mais la lutte reste à mener !

Mais l’insalubrité c’est quoi ? C’est les marchands de sommeil qui ont pleine place dans la ville, c’est le droit de propriété et les lois qui marquent leur soutien inconditionnel aux propriétaires, c’est la mairie qui durcit les conditions de reconnaissance de l’insalubrité et laisse faire les marchands de sommeil. Dans le centre, de nombreux marchands de sommeil font le jour et la nuit pour nombre de locataires et sous-locataires. Ils laissent pourrir les logements et rackettent tous les mois les locataires des loyers faramineux. Fabriquée de toute pièce, l’insalubrité n’a rien d’une fatalité.

Et la mairie ne recule devant rien pour sauver la face ! Un courrier distribué le lendemain de l’occupation de la basilique de St Denis dans toutes les boîtes de la ville en fait état ; « Après l’incendie survenu dans la nuit du 8 au 9 septembre, qui a causé la mort de deux personnes, l’ensemble de la municipalité est mobilisée au côté des victimes et de leurs familles » (courrier « Résorber l’habitat insalubre privé est une urgence »). « Mobilisée » ? Arraché dans un premier temps par la mobilisation des sinistrés : deux nuits d’hôtel social, un forfait de 8 euros par jour proposé pendant quatre jours aux sinistré-e-s qui ont perdu tous leurs papiers, et n’avaient pas de toit sur la tête le lendemain du drame.

Quelles leçons peut-on retenir de cette lutte et quelles perspectives d'intervention sont à envisager pour être actifs, en tant qu'anarchistes, dans les luttes logement ?

-Sortir de l'urgence, c'est non pas intervenir par charité comme des soutiens à des sinistré-e-s ou à des expulsé-e-s, mais comme des personnes concerné-e-s par les problèmes de mal-logement et/ou expulsables. Nous sommes tous et toutes concerné-e-s par les politiques de logement qui visent à faire la guerre aux pauvres sous prétexte de lutte contre l'insalubrité : qu’on paie un loyer ruinant, qu’on soit mal-logé-e-s, qu’on connaisse l’insalubrité

-Sortir de l'urgence, c'est agir en amont des expulsions afin de créer des solidarités de classe qui sont fondées sur les intérêts de chacun-e à s'organiser avec son voisin-e.

-Sortir de l'urgence, c'est s'implanter dans un quartier, agir localement, par le biais des diffusions de tracts, par le biais des collages afin de visibiliser la présence des militants, afin de sensibiliser les habitant-e-s à ce sujet, afin de créer des solidarités horizontales entre les principaux et principales concerné-e-s.


Groupe de la région parisienne.
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