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(fr) France, Alternative Libertair #222 - Biodiversité : Les dégâts de la pêche industrielle (en)
Date
Thu, 27 Dec 2012 10:16:05 +0200
Les énormes bateaux-usines et thoniers congélateurs sont capables de pêcher et de
transformer en quelques jours ce que des flottilles de milliers de bateaux artisanaux ne
pourraient effectuer en une année. Ils sont une des causes majeures de destruction des
écosystèmes marins et contribuent à préparer la crise alimentaire en détruisant la
biodiversité. ---- La pêche industrielle a fait croître le marché des produits de la mer.
De quelques millions de tonnes au début du XXe siècle, on est passé à 70 millions en 1970
et à 145 millions aujourd’hui. Les États, les administrations, les armateurs se sont
comportés comme si les ressources de la mer étaient inépuisables. Aujourd’hui, selon la
FAO – organisation de l’Onu pour l’agriculture et l’alimentation – 8 % des espèces de
poissons recherchées sont épuisées, 17 % sont surexploitées, 52 % sont exploitées à leur
maximum.
Les poissons capturés sont de moins en moins gros et de plus en plus jeunes. « Au moins
les trois quart des principales zones de pêche du monde » sont ou seront rapidement
affectées par la surpêche. Non content d’épuiser les ressources de la mer, la pêche
industrielle [1] est l’objet de gaspillages gigantesques. Environ 30 millions de tonnes,
soit près de 30 % de tout ce qui est pêché est rejeté mort par-dessus bord, car non conforme.
Pénibilité accrue du travail
De plus, les filets de chalutage ne font pas de détail sur les fonds marins et raflent
toute forme de vie. Les énormes rouleaux de métal servant à tracter les filets affectent
chaque année une surface de fond marin égale à deux fois celle des États-Unis ! Et trente
autres millions de tonnes de poissons pêchés sont destinées à être transformé en huiles et
farines pour nourrir volailles, bovins, porcins, poissons d’élevage, détruisant ainsi plus
de protéines que l’élevage n’en fournit pour l’alimentation humaine. Pour maintenir le
niveau des prises, les politiques menées relèvent de la fuite en avant : lancement de
bateaux et d’engins de plus en plus puissants, de plus en plus performants, entraînant une
hausse continuelle des frais d’exploitation des bateaux. D’où une baisse inexorable de la
rentabilité des entreprises de pêche que les pouvoirs publics compensent par des aides à
la construction, à l’équipement, à la stabilisation des prix du gazole, à la démolition
des bateaux vétustes… Sur le plan social, l’allongement et la multiplication des sorties
en mer, l’accélération des cadences à bord des bateaux constituent autant de facteurs qui
ont pour effet de rendre plus pénible le travail accompli par les marins pêcheurs.
Pillage industrielle des ressources
Aujourd’hui en France, la pêche industrielle fournit l’essentiel des captures en poisson
et autres ressources halieutiques. Une différence doit être notée entre la pêche au large,
souvent pratiquée sur des chalutiers de 30 à 50 mètres pour des marées de 10 à 15 jours et
la grande pêche, pratiquée en haute mer pour des campagnes pouvant durer plusieurs mois,
sur des bateaux atteignant 110 mètres de long. C’est cette dernière qui contribue le plus,
et de loin, au pillage des ressources de la planète : depuis les années 1960 on assiste à
une ruée des flottes européennes, russes, japonaises, coréennes et chinoises sur les
stocks de poissons des pays du Sud. Les pêcheurs locaux constatent une baisse continuelle
de leurs prises, alors que les produits de la pêche industrielle sont destinés aux
consommateurs des pays du Nord. Quant à la pêche artisanale, elle est plus diversifiée et
emploie une grande majorité des travailleurs du secteur. Comme dans les pays du Sud, les
petits pécheurs subissent les dégâts de l’industrialisation de la pêche.
Jacques Dubart (AL Agen)
[1] Selon Greenpeace, la flotte industrielle, armée de 35 000 navires, représente 1 % à
peine de la flotte mondiale, mais plus de 50 % de la capacité de pêche mondiale.
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