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(fr) Fédération Anarchiste Slovène / IFA - Révoltes massives en Slovénie - Pas de discrimination, ils sont tous finis ! décembre 2012

Date Wed, 26 Dec 2012 11:31:53 +0200


Ces derniers jours ont vu l’histoire de toute sa force s’écraser sur nous. La révolte à Maribor a entrepris ce que peu avaient imaginé possible : les auto organisés ont poussé leur shérif local dans le coin, puis l’ont forcé à fuir en disgrâce. Ce fut l’étincelle qui a déclenché une vaste révolte contre l’élite politico-économique et le système capitaliste dans son ensemble. Nous ne possédons pas une boule de cristal pour dire ce qui suivra, mais ce dont nous sommes certains c’est que nous ne pouvons rien attendre du romantisme et de la naïveté mais beaucoup d’organisation et de courage. ---- Du bas vers le haut et de la périphérie vers le centre ---- Alors que les manifestations réparties dans tout le pays, elles ont versé dans une grande révolte contre l’élite dirigeante et l’ordre existant. De façon créative, les gens de chaque région ont utilisé leurs propres
dialectes locaux pour exprimer le même message aux politiciens :

« Vous êtes fini ». Le caractère décentralisé de la révolte est l’un des aspects
clés des événements à ce jour. L’autre est le fait que l’ensemble du
processus jusqu’à ce point reste totalement ascendant de caractère, il n’y
a pas de dirigeants qui organisent, seulement des personnes qui ne
représentent personne. Afin de défendre cette solidarité entre les peuples
et de bloquer la récupération de la révolte de la part de la classe
politique, c’est exactement cette décentralisation que nous avons besoin
défendre, de promouvoir et de renforcer !

Police partout, justice nulle part pour être vu

La brutalité policière sur les manifestants n’était pas une surprise. Ce
qui est surprenant sont toutes les illusions que la police se joint à
nous. Il est vrai que les policiers ne sont pas la cible principale de
cette révolte et que l’affrontement entre la police et les manifestants
n’est pas son horizon ultime et unique. Ce que les gens visent dans ce
conflit est la classe capitaliste et politique et le système dans son
ensemble. Mais il est aussi tout à fait vrai que les policiers ne sont pas
nos alliés et en raison de leur rôle dans le système ils ne peuvent,
jamais et nulle part, être des alliés de cette révolte. Rappelons-nous :
la police fait partie de l’appareil répressif de l’Etat. Sa fonction
structurelle est de défendre l’ordre existant et les intérêts de la classe
dirigeante. Peu importe comment les individus en uniforme sont exploités !
Alors qu’ils suivent les ordres de leurs supérieurs, ils restent policiers
et policières. Quand ils cesseront de le faire, ils pourront faire partie
de la révolte. Nourrir les illusions qu’ils sont de notre côté est donc
naïf à l’extrême. Étaient leurs interventions sur les manifestations de
ces derniers jours, vraiment si non problématiques comme certains le
présentent et vraiment dans l’intérêt des gens dans la rue ? Avons-nous
déjà oublié la répression brutale des manifestations à Maribor et les
menaces de Gorenak (ministre de l’Intérieur) qu’ils vont traquer tous les
organisateurs de manifestations illégales ?

Nous ne sommes également pas surpris par toute la moralisation des
émeutiers et la violence qui s’est propagé à travers les réseaux sociaux.
Les médias gouvernementaux nous ont jeté un os et certains sont
immédiatement tombés dans le panneau. Mais qu’est-ce que 10 vitres
brisées, une porte défoncée à la mairie et une rue où des pavés ont été
arrachés par rapport à la violence structurelle de l’État ? Jeunesse sans
avenir, chômage, précarité, réduction des bourses, réduction du nombre de
repas dans les écoles qui sont payés par les fonds publics, diminution du
nombre de enseignants dans les écoles maternelles, réduction des droits
aux services de santé, réduction du financement public de l’éducation et
de la recherche, âge de la retraite de plus en plus élevé, baisse des
salaires et des retraites, diminution de jours de repos, pénurie de
logements à but non lucratif, jeunes contraints de vivre avec leurs
parents jusqu’à un âge avancé, déni des droits aux homosexuels, aux
migrants, aux femmes et aux personnes dont l’origine sociale n’est pas
l’une des grandes religions ou d’ethnie. Et nous n’avons même pas parlé de
la corruption, le népotisme, le clientélisme et la criminalité de l’élite
dirigeante. Ils nous obligent à travailler plus, mais le fruit de notre
travail est constamment accaparé par la classe capitaliste. Cette
exploitation est au cœur de ce système. Dites-nous maintenant, qui commet
la violence sur qui ? Comment ose t’on condamner des gens dont l’avenir a
été volé ? La jeunesse est en colère et n’a rien à perdre. Arrêtons de les
condamner, ensemble, nous devons nous recentrer sur les vrais problèmes.

Encore plus dangereux sont les différents appels à l’auto répression et la
coopération avec la police. Ne sommes-nous déjà pas confrontés à des
niveaux inacceptables de la surveillance, l’utilisation de
vidéosurveillance et de la répression ? Ce sont ces gens qui proposent
d’aider la police à la recherche de émeutiers, de les livrer à la police
et donc d’exclure un grand nombre de jeunes de la révolte à laquelle ils
ont contribué de manière significative ? Coopérer avec la police pour se
tirer une balle dans le pied pour condamner les jeunes qui expriment leurs
positions de manière plus directe consiste à jouer un rôle de blocage dans
le potentiel de la réalisation future de cette révolte.

Aujourd’hui, briser une fenêtre est défini comme un acte de violence par
les autorités. Pourtant il doit être clair que cette même définition peut
rapidement être appliquée à toutes les formes de protestations qui ne
seront pas approuvées ou autorisées par ces autorités, qui ne seront pas
assez passives et donc pas totalement bénignes. Qu’il soit clair que dans
les yeux du système qui nous humilie, nous vole année après année, nous
sommes tous des émeutiers.

Une fois de plus, nous affirmons notre entière solidarité avec toutes les
personnes détenues, et demandons leur libération immédiate et appelons à
la fin de poursuite judiciaire et la persécution par les médias et
l’annulation de toutes les sanctions financières et autres qui ont été
délivrés aux personnes en raison de leur participation aux manifestations.

Le pouvoir au peuple, pas aux partis politiques

Après l’agitation initiale spontanée de la révolte, où la créativité des
masses a été manifeste, un nouvel espace de réflexions stratégiques est
ouvert. Si nous voulons que la révolte se transforme en mouvement social
avec des demandes concrètes, des objectifs et des visions, nous devons
trouver des façons d’articuler ces exigences, et d’aboutir à une forme
d’organisation qui peut rendre ce processus possible. Sinon la révolte
disparaîtra rapidement et les choses resteront les mêmes.

En ce qui concerne les exigences, nous devons procéder étape par étape et
commencer par celles qui ont déjà été formulées dans la révolte. Pour sûr,
nous devons préserver les structures sociales telles que la santé publique
et le système éducatif. Nous devons également préserver les droits
existants des travailleurs. Après avoir déclaré que nous ne luttons pas
pour la préservation de l’ancien système. Bien que nous ne permettons pas
aux droits qui ont été acquis dans les luttes du passé d’être remis en
question, nous devons maintenir aussi bien un point de vue stratégique
essentiel. Tant que le capital et l’Etat existeront, les modes
d’exploitation et d’oppression resteront dans le système du bien être
public d’éducation, de santé et du social. C’est pourquoi nous devons
aussi nous auto organiser au sein de ces structures, et pas seulement
négocier des miettes. Les droits ne sont jamais garantis, il faut les
défendre !

Une partie de l’élite politique corrompue se rend compte qu’ils sont finis
et quittent la scène politique. Ils sont remplacés assez rapidement par de
nouveaux politiciens, sans que nous leur donnons une quelconque
légitimité, qui prennent des décisions en notre nom. Leur intérêts ne sont
pas les nôtres et ils nous montrent chaque jour par de nombreux exemples
de népotisme, de la corruption et par des réformes de « divers anti-crise
» et des lois qui nous poussent encore plus loin en marge de la société et
au-delà.

C’est pourquoi chacun d’entre eux doit s’en aller, du premier au dernier.
Il serait de pure naïveté de croire qu’il y a des gens purs, non
corrompus, quelque part, qui portent notre intérêt dans leur cœur et
qu’ils nous sortirons de la crise, et qu’il suffit pour cela de voter pour
eux aux prochaines élections. C’est le système politique et économique
avec son autoritarisme inhérent et son caractère hiérarchique qui rend
impossible pour nous de vivre d’une manière non aliénée, selon nos désirs
et nos besoins. Tant que le capitalisme existera où les règles d’une
minorité imposent sur la majorité, nous poussant aux marges économiques et
sociales, nos vies seront vides. Si nous ne résistons pas et ne luttons
pas pour des alternatives, il y aura toujours quelqu’un qui régnera sur
nous : patriarches dans nos foyers, doyens et représentants des étudiants
dans nos facultés, patrons de nos emplois et politiciens dans le
gouvernement. La fausse démocratie qu’ils nous offrent en forme
d’élections n’est pas la seule forme possible d’organiser notre vie
sociale.

Nous allons organiser où nous vivons, travaillons et étudions

Si nous voulons que la révolte et ses exigences produisent une réelle
puissance sociale, il faut s’auto organiser. Quand on parle de
l’organisation de la révolte nous devons nécessairement penser à des
formes différentes de développement socio politiques auxquelles que nous
sommes habituées. Nous devons nous organiser d’en bas, sans hiérarchie ni
dirigeant, partout où nous sommes exploités et opprimés : dans nos
quartiers, sur nos lieux de travail, dans nos établissements
d’enseignement. Les agriculteurs doivent s’organiser en coopératives, les
coopératives doivent se connecter avec l’environnement urbain. L’auto
organisation doit être spontanée et créative, elle doit développer des
relations libres et établir des structures qui permettront la pleine
émancipation de tous les individus. Ils doivent suivre les principes de la
démocratie directe, solidarité mutuelle, non autoritaire et anti-fasciste.

Pour la méthode initiale de l’organisation, nous suggérons l’établissement
de la démocratie de l’assemblée directe qui a été une pratique de
mouvements insurrectionnels dans le monde entier ces deux dernières
années. Nous pouvons nous organiser localement en petits groupes et ainsi
façonner l’avenir en définissant nos besoins et les besoins de nos villes
et villages. Ensemble, nous pouvons formuler des propositions et découvrir
nos potentialités, ce qui nous permettrait aussi de réaliser que nous
sommes capables de le faire par nous-mêmes. C’est ainsi que nous
construirons la fraternité et l’unité pour tout le monde, mais rien pour
ceux qui voudront régner sur nous.

Pour la prochaine étape, nous suggérons la coordination mutuelle de ces
groupes et de mettre en place de nouvelles formes d’organisation de cette
dispersion de la révolte et son développement. Nous suggérons que, sur la
base de nos principes communs, nous nous unissons dans un front de
groupes, d’organisations et de particuliers. Ce front doit être
idéologiquement ouvert, inclusif et basé sur des revendications communes.
Elles doivent être organisées horizontalement, sans organes centraux et
fonctionnaires et sur la base de l’autonomie des individus et dans un
processus décisionnel de la démocratique directe.

Nous appelons tous les groupes, les organisations et les individus qui
trouvent ces idées convenables, d’organiser dans nos communautés locales
des assemblées ouvertes, qui peuvent ensuite se connecter les unes avec
les autres. Prenons ensemble nos vies en main !

Des rues et des places, 6. décembre 2012

Fédération pour l’organisation anarchiste (FAO), de la Slovénie

a-federacija.org //// inter@a-federacija.org

Traduction par Fédération Anarchiste

relations-internationales@federation-anarchiste.org
Date:
12/24/2012 01:56 PM
To:
a-infos-fr@ainfos.ca

Lien : http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1103

[SOURCE : http://www.a-federacija.org/2012/12...]
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