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(fr) Britain, Grande-Bretagne, Anarchist Federation, Organise ! nÂ79 â Instantan×s de Saint-Imier : Pens×es d'un jeune camarade + L'h×ritage de SaiInstantanÃs de Saint-Imier : PensÃes d'un jeune camarade + L'hÃritage de Saint-Imier

Date Fri, 21 Dec 2012 21:20:52 +0200


Quoique investi dans mon groupe local de l'AF depuis 4 ans, je suppose qu'à 22 ans je suis du cÃtà jeune de la pyramide d'Ãge des prÃsents. Pour moi, aller au rassemblement de Saint-Imier Ãtait une occasion rÃvÃe de prendre contact avec des camarades venant de partout dans le monde, et de situer ce que nous faisons maintenant dans un contexte global et historique. Parfois il peut Ãtre difficile de prendre du recul par rapport à la vie quotidienne, de faire le lien entre vos propres problÃmes et luttes et ceux des autres ; parfois il est difficile de ne pas Ãtre englouti par un travail de forÃat ou l'angoisse et la frustration de rester assis au milieu du monde du travail. Pour moi, une des choses qui me maintient est la force et la solidarità de mes amis et camarades. Quand nous nous organisons ensemble à un niveau local, national ou international, on se sent plus puissant.

Le mot qui pour moi dÃfinit le mieux Saint-Imier est le mot possibilitÃ.
Possibilità de s'organiser de maniÃres de plus en plus efficaces, de
dÃvelopper simultanÃment notre thÃorie et notre pratique, de nous servir
de ce que nous savons dÃjà faire et de l'amÃliorer. Bien sÃr, il y a eu
des tas de problÃmes pendant cet ÃvÃnement, certains sÃrieux et
endÃmiques, mais j'espÃre que nous saurons en tirer des leÃons.

Nous en avons fait, du chemin, en 140 ans, et ce qui me passionne le plus
est de voir tout ce que nous allons encore parcourir.


--------------------------------

L'hÃritage de Saint-Imier

L'article ci-dessous, Ãcrit par Brian Morris, est le texte d'une
intervention auprÃs du groupe de Londres de l'Anarchist Federation le 19
mai 2012

Dans la prÃface de mon livre sur Bakounine (1993), j'ai cità le poÃte
GhanÃen Ayi Kwei Armah, qui Ãcrivait  le prÃsent est là oà nous nous
perdons si nous oublions notre passà et n'avons pas de vision de notre
futur Â. Cette phrase me vient à l'esprit alors que nous allons cÃlÃbrer
la fondation emblÃmatique du mouvement anarchiste à Saint-Imier en Suisse,
en septembre 2012.

Se rÃfÃrer au passà ne suppose pas une sorte de culte des ancÃtres, pas
plus qu'envisager un meilleur futur pour l'humanità ne nous impose de nous
perdre dans des rÃves utopiques. Les anarchistes ne devraient certainement
avoir aucune gÃne à cÃlÃbrer les rÃalisations d'une gÃnÃration prÃcÃdente
de socialistes libertaires, non pas comme des curiositÃs historiques mais
en tant que source d'inspiration et d'idÃes. Je veux simplement proposer
ici quelques rÃflexions sur le type d'anarchisme, ou de socialisme
rÃvolutionnaire, qui a Ãmergà des luttes politiques entre membres de la
PremiÃre Internationale dans les annÃes 1870.

L'anarchisme, en tant que philosophie politique, a peut-Ãtre la pire
presse possible. Il a Ãtà ignorÃ, dÃformÃ, ridiculisÃ, vilipendÃ, mal
compris et mal interprÃtà par des auteurs de tous les bords de la scÃne
politique : marxistes, dÃmocrates, conservateurs et libÃraux. ThÃodore
Roosevelt, prÃsident des Etats-Unis, a prÃsentà l'anarchisme dans une
formule cÃlÃbre comme un  crime contre l'intÃgralità de la race humaine
 et, dans le langage courant, l'anarchie est invariablement liÃe au
dÃsordre, à la violence et au nihilisme. Un obstacle supplÃmentaire à une
comprÃhension claire de l'anarchisme est le fait que le terme Â
anarchiste  a Ãtà appliquà à une grande variÃtà de philosophies et
d'individus. Ainsi Ghandi, Spencer, TolstoÃ, Berdyaev, Stirner, Ayn Rand,
Nietzsche, à cÃtà de figures plus familiÃres comme Proudhon, Bakounine et
Goldman, ont tous Ãtà qualifiÃs d'anarchistes. Cela a conduit des
critiques marxistes, comme John Molyneux, a discrÃditer l' Â anarchisme
 comme une philosophie politique complÃtement incohÃrente tant dans sa
thÃorie que dans sa stratÃgie de changement social.

Mais ce n'est pas le cas, car il faut reconnaÃtre que l'anarchisme est
fondamentalement un mouvement historique et une tradition politique qui
ont Ãmergà vers 1870, principalement parmi les membres de la classe
ouvriÃre rÃunis dans l'Association Internationale des Travailleurs, plus
connue sous le nom de PremiÃre Internationale. Cela a produit une
scission, ou  grand schisme  (selon l'expression de James Toll) Ã
l'intÃrieur de l'Association. On la dÃcrit gÃnÃralement comme si elle
s'Ãtait concentrÃe autour d'une querelle personnelle entre Karl Marx et
Michel Bakounine. Mais, ainsi que Cole et d'autres l'ont soulignÃ, ce
schisme n'Ãtait pas seulement un clash de personnalitÃs. Il impliquait
deux factions à l'intÃrieur du mouvement socialiste, et des conceptions
trÃs diffÃrentes du socialisme, des processus du changement
rÃvolutionnaire et des conditions de la libÃration humaine. La faction
anarchiste ne s'est pas dÃcrite au dÃpart sous le terme  anarchistes Â,
mais plutÃt comme des  fÃdÃralistes  ou des  socialistes
anti-autoritaires Â, mais ils ont fini par adopter le label de leurs
opposants marxistes et se sont dÃfinis comme  communistes anarchistes
Â. L'anarchisme a ainsi Ãmergà en tant que mouvement politique parmi les
travailleurs d'Espagne, de France, d'Italie et de Suisse dans la foulÃe de
la Commune de Paris. Parmi ses promoteurs les plus connus, il y avait
ElisÃe Reclus, Francois Dumertheray, James Guillaume, Errico Malatesta,
Carlo
Cafiero, Jean Grave et Pierre Kropotkine. (Louise Michel Ãtait aussi
Ãgalement associÃe au mouvement, mais elle avait Ãtà dÃportÃe en Nouvelle
CalÃdonie aprÃs la dÃfaite de la Commune de Paris, ainsi que des milliers
de communards. Elle passa six annÃes en exil). Entre 1870 et 1930,
l'anarchisme, ou socialisme rÃvolutionnaire/libertaire, se rÃpandit Ã
travers le monde et donc ne fut plus du tout restreint à l'Europe. Vers la
fin du 19Ãme siÃcle, il y avait bien entendu d'autres branches de
l'anarchisme, mais le communisme anarchiste Ãtait certainement la tendance
dominante. Il est important de noter que l'anarchisme de lutte de classe
ne fut pas la crÃation d'intellectuels, mais a Ãmergà du militantisme de
la classe ouvriÃre, et a exprimà une rÃvolte contre les conditions de
travail et de vie imposÃes par le capitalisme industriel. Les premiers
Ãcrits de Kropotkine Ãtait intitulÃs  Paroles d'un rebelle  (1885),
d'aprÃs le pÃriodique anarchiste suisse  Le rÃvoltà Â. Kropotkine, qui
joignit la Section GÃnÃrale de la PremiÃre Internationale en FÃvrier 1872,
dÃcrivait l'anarchisme comme une sorte de synthÃse entre le libÃralisme
radical, avec son accent sur la libertà de l'individu, et le socialisme ou
le communisme, qui impliquait la rÃpudiation du capitalisme et un accent
sur la vie communale et l'association volontaire. Cette synthÃse est bien
illustrÃe par le fameux adage de Bakounine :  que la libertà dans
socialisme n'est que privilÃge et injustice, et que le socialisme sans
libertà n'est qu'esclavage et brutalità Â.

La tendance des philosophes universitaires marxistes et des
individualistes (ou ÃgoÃstes) stirnÃriens à fabriquer une dichotomie
radicale entre l'anarchisme et le socialisme est donc, d'un point de vue
conceptuel aussi bien qu'historique, trÃs trompeuse et corrompt notre
comprÃhension du socialisme.

L'anarchisme, ou du moins le type d'anarchisme de lutte de classes promu
par les partisans de la rÃvolution sociale à l'intÃrieur de la PremiÃre
Internationale, peut Ãtre dÃfini à partir de quatre principes essentiels.

PremiÃrement, un rejet du pouvoir d'Etat et de toute forme de hiÃrarchie
et d'oppression ; une critique de toutes les formes de pouvoir et
d'autorità qui inhibent la libertà de l'individu considÃrÃ, bien entendu,
comme un Ãtre social, pas comme un ego dÃsincarnà ou une espÃce d'individu
abstrait et inaliÃnable, encore moins comme une essence bienveillante
fixÃe. Comme l'Ãcrivait une rÃsolution du CongrÃs de Saint-Imier, la
premiÃre tÃche du prolÃtariat est la  destruction de tout pouvoir
politique Â.

DeuxiÃmement, la rÃpudiation totale de l'Ãconomie capitaliste de marchÃ,
ainsi que de son systÃme de salariat, propriÃtà privÃe, son Ãthique de
compÃtition, et l'idÃologie de l'individualisme forcenÃ. En fait les
premiers anarchistes de lutte de classe Ãtaient de fervents
anti-capitalistes, qui qualifiait le systÃme salarial d'Â esclavage
salarial Â.

TroisiÃmement, la vision d'une sociÃtà basÃe uniquement sur l'entr'aide et
la coopÃration volontaire, une forme d'organisation sociale qui fournirait
l'expression la plus complÃte de la libertà humaine et toutes les formes
de vie sociale indÃpendantes de l'Ãtat et du capitalisme. Les anarchistes
de lutte des classes croyaient ainsi en l'organisation volontaire, pas au
chaos, Ã l'ÃphÃmÃre ou au laisser-faire, et il considÃraient les sociÃtÃs
basÃes sur la tribu ou la famille, mais aussi la vie sociale quotidienne
dans des sociÃtÃs plus complexes comme montrant certains des principes de
l'anarchie. ElisÃe Reclus et Kropotkine se sont tous les deux intÃressÃs Ã
la vie sociale des peuples tribaux, ou  sociÃtÃs sans gouvernement Â.

QuatriÃmement, les premiers anarchistes, comme les marxistes, se sont
appropriÃs les aspects radicaux des LumiÃres : insistance sur
l'importance de la raison critique et de la science empirique : rejet de
tous les dogmes basÃs sur la tradition, le mysticisme et la rÃvÃlation
divine ; et une affirmation de valeurs humaines universelles comme la
libertÃ, l'Ãgalità et la solidaritÃ. L'anarchisme Ãtait ainsi une forme de
socialisme Ãthique.

Au fur et à mesure du dÃveloppement du socialisme rÃvolutionnaire, ou
anarchisme, dans les 20 annÃes suivant la Commune de Paris de 1871, il
tendit à critiquer, et à se dÃfinir en relation à trois autres formes de
radicalisme politique. Ceux-ci sont toujours prÃsents et on leurs
thurifÃraires contemporains. Il s'agit du mutualisme, de l'individualisme
radical, et du marxisme.

Bien que Kropotkine et les anarchistes de lutte de classe aient toujours
reconnu que Proudhon avait exprimà des sentiments libertaires, et avait
Ãtà un pionnier et une source d'inspiration dans le dÃveloppement de
l'anarchisme, ils ont toujours Ãtà critiques de la tradition radicale qui
devaient Ãtre connue sous le nom de Mutualisme. AdoptÃe par beaucoup
d'anarchistes individualistes amÃricains tels que Warren, Spooner et
Tucker, cette tradition prÃnait l'Ãconomie de marchÃ, la propriÃtà privÃe
et la production de marchandise à petite Ãchelle, toutes notions rejetÃes
par les communistes anarchistes.

Ils Ãtaient tout aussi critiques de l'espÃce d'individualisme radical
(ÃgoÃsme) exprimÃe par Max Stirner, considÃrant qu'il s'agissait d'une
doctrine mÃtaphysique coupÃe des rÃalitÃs sociales et à la frontiÃre du
nihilisme. Kropotkine faisait remarquer qu'il n'y avait aucun sens Ã
mettre l'accent sur la suprÃmatie de l' unique  dans une situation
d'oppression et d'exploitation Ãconomique, et avait le sentiment que
l'ÃgoÃsme strident de Stirner allait à l'encontre des sentiments
d'entraide et d'Ãgalità reconnus par la plupart des gens.

Enfin, bien sÃr, depuis leur naissance, les anarchistes ont Ãtà hautement
critiques envers le systÃme politique prÃnà par Marx et Engels,et qui
devait par la suite Ãtre connu sous le nom de social-dÃmocratie, ou plus
simplement marxisme. Dans leur cÃlÃbre  Manifeste communiste  (1846),
Marx et Engels insistaient sur le fait que le parti communiste devait
organiser la classe ouvriÃre afin d'accomplir  la conquÃte du pouvoir
politique Â.

Cela entraÃnerait l'Ãtablissement d'un  Ãtat ouvrier  ou  la
dictature du prolÃtariat Â, sous laquelle toutes les formes de production
(y compris l'agriculture), ainsi que les transports, la communication et
la finance, seraient  possÃdÃs  et administrÃs par lâÃtat National.
Cela impliquerait, comme l'Ãcrivaient Marx et Engels, Â la centralisation
du pouvoir la plus dÃcisive entre les mains de l'autorità de lâÃtat Â.
Bakounine et les anarchistes communistes ont bien sÃr toujours clamà que
la route parlementaire vers le socialisme conduisait au rÃformisme, et que
la  prise du pouvoir Ãtatique  par le parti communiste au nom de la
classe ouvriÃre conduisait à la tyrannie et au capitalisme dâÃtat. Et
l'histoire semble leur avoir donnà raison sur ces deux points.

Par contraste avec l' action politique  -engagement dans le pouvoir
Ãtatique, dont les anarchistes ont toujours senti qu'il Ãtait en relation
symbiotique avec le capitalisme-, les premiers anarchistes ont prÃnà l'Â
action directe Â. Elle pouvait s'exprimer via l'insurrectionnisme,
l'anarcho-syndicalisme, ou la politique sur une base communautaire. Ces
derniers temps, l'anarchisme de luttes de classes, tel qu'il Ãtait prÃnÃ
et pratiquà par les gÃnÃrations prÃcÃdentes d'anarchistes communistes, a
Ãtà dÃclarÃe  obsolÃte Â, ou  dÃmodÃe Â, ou dÃnoncÃe comme du Â
gauchisme  par des anarchistes contemporains, notamment ceux bien au
chaud dans leur universitÃ. On nous dit qu'Ã la fin du 20Ãme siÃcle, un Â
nouvel  anarchisme a fait surface, un anarchisme  post-gauche Â.
Celui-ci semble consister en un pastiche assez ÃsotÃrique de plusieurs
tendances politiques, Ã savoir : anarcho-primitivisme,
l'anarcho-capitalisme de Rothbard et Ayn Rand, le  terrorisme poÃtique
 issu de Nietzsche et de l'avant-garde, adoptà avec ferveur par Hakim
Bey, l'individualisme radical (ÃgoÃsme) des dÃvots contemporains de Max
Stirner, et le soi-disant  post-anarchisme  issu des Ãcrits de
mandarins universitaires tels que Derrida, Lyotard, Foucault et Deleuze.
Il n'y a rien de neuf ni d'original dans ces divers courants de pensÃe, et
l'idÃe que les anarchistes du temps passà aient Ãtà en faveur de la
modernitÃ, ou du modernisme, est trÃs perverse. En effet, les  anciens
 anarchistes, les socialistes libertaires, ont complÃtement rÃpudià trois
composants essentiels de la prÃtendue  modernità  : l'Etat
dÃmocratique, l'Ãconomie capitaliste de marchÃ, et l'individu  abstrait
 de la philosophie bourgeoise.

C'est pourquoi nous devons continuer de nous rÃclamer de l'hÃritage du
communisme anarchiste, tel qu'il fut formulà pour la premiÃre fois il y a
longtemps au congrÃs de Saint-Imier, et rendre cet hÃritage en phase avec
les luttes sociales et politiques contemporaines.

Traduction par FÃdÃration Anarchiste

[Texte complet : http://www.federation-anarchiste.org/spip.php?article1101]
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