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(fr) France, Alternative Libertair #222 - Universités : Des syndicalistes traqués (en)
Date
Thu, 20 Dec 2012 11:11:14 +0200
En mai 2012, l’université Paris I a notifié à quatre de ses étudiants qu’ils allaient être
traduits devant un conseil de discipline. La direction de la fac continue sur sa ligne
antisyndicale et autoritaire. ---- Parmi les étudiants incriminés, trois d’entre eux
étaient accusés d’avoir passé à tabac Antoine Diers, président du MET [1] et conseiller
municipal de Lambersart, lors des élections aux conseils centraux. Le quatrième était
censé avoir agressé le président du centre et le chef de la sécurité qui ont chacun déposé
plainte. Aucun militant du MET n’était mis en cause alors que plusieurs étaient nommés
dans le rapport de saisine de l’université. Il était même précisé qu’ils étaient
extérieurs à l’université. Il faut dire que plusieurs ministres [2] dont celui de
l’enseignement supérieur s’étaient répandus dans la presse pour dénoncer ces événements,
pourtant inqualifiables selon eux.
En somme, la version diffusée par le MET et reprise par le gouvernement était la bonne, y
compris pour une partie des syndicats de Paris I, qu’il a fallu convaincre. La réalité est
tout autre : une vingtaine de militants du MET sont venus à Tolbiac avec l’intention d’en
découdre, alors qu’ils n’y ont pas mis les pieds de l’année. Antoine Diers a pris un coup
après avoir lui même frappé un militant de Sud Étudiant – ce qui ne correspond pas
vraiment au « passage à tabac par des individus munis de barres de fers » qui a été
décrit. Quant au quatrième étudiant, il est poursuivi pour des violences, en réalité
commises par les vigiles qui ont attaqué un meeting qu’il organisait, blessant gravement
une étudiante. Ces vigiles privés sont allés jusqu’à jeter des chaises sur les étudiants.
Aucune suite n’a été donnée, là encore, par l’université. Pas étonnant que les vigiles de
Paris VIII se sentent autorisés à agresser des étudiants gratuitement. Paris I ne protège
pas ses étudiants mais ne perd pas une occasion pour tenter de se débarrasser des gêneurs,
comprendre les syndicalistes. En effet, les quatre étudiants ont le point commun d’être
tous militants syndicaux. À Sud Étudiant pour les trois premiers et à l’Unef pour le
quatrième. Difficile de croire à une coïncidence. Trois d’entre eux sont même élus à
l’université. L’enquête, menée entièrement à charge, fourmille de vices de procédures et
confirme la volonté de cibler des personnes jugées trop remuantes.
Se débarrasser des gêneurs
Le grossier montage du dossier n’a pu faire entièrement illusion et deux militants de Sud
Étudiant ont été relaxés après cinq mois de procédure. Le troisième a été exclu un an avec
sursis, tandis que le camarade de l’Unef a été exclu un an ferme. A ces sanctions
s’ajoutent les diverses pressions subies, les rattrapages (et donc l’année) ratés pour se
présenter aux commissions d’instruction. L’université pousse le vice jusqu’à réclamer le
paiement des frais de photocopie et d’envoi en recommandé A/R des dossiers disciplinaires.
Aujourd’hui, la mobilisation continue pour obtenir la levée des sanctions et la
réintégration du camarade exclu. La répression ne nous fera pas taire. Deux assemblées
générales ont déjà eu lieu à Tolbiac contre les actions anti-syndicales et le budget
d’austérité que la fac veut adopter.
A. (Paris Nord-Est)
[1] Branche étudiante de l’Uni. Organisation très à droite créée après mai 68 avec la
soutien du Sac.
[2] Laurent Wauquiez et Jeannette Bougrab auxquels il faut ajouter Jean-François Copé,
secrétaire général de l’UMP.
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