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(fr) Coordination des Groupes Anarchites CGA IAL #93 - le capitalisme est malade ? Achevons-le avant qu'il nous tue ! (en)

Date Thu, 20 Dec 2012 10:59:59 +0200


Sanofi, vous connaissez ? C'est un groupe qui fait de l'argent et sur le dos des travailleurs et des travailleuses et sur le dos des malades. Explications. ---- 2012, année du changement ? ---- La crise s'aggrave, s'installe durablement. Mais pas partout : Sanofi continue de faire des bénéfices exorbitants (5,7 milliards d'euros) sur le dos de "ses" 100 000 salarié-e-s (dont 28 000 en France). ---- Malgré cela, le groupe a annoncé fin septembre une "réorganisation" des services de recherche installés sur le territoire français. La direction prétend qu'il n'y aura "que" 900 emplois supprimés, et le PS s'en félicite (comme si les grands discours patriotes et productivistes de Montebourg faisaient peur au patronat !). En réalité, il est plus que probable que ce chiffre n'inclue pas le site de Toulouse, où travaillent plus de 600 personnes, site qui risque la fermeture.

Et les syndicats rappellent que "depuis 2009, la stratégie des dirigeants de Sanofi a conduit à des milliers de suppressions d'emplois dans toutes les activités dans le seul but d'augmenter la rentabilité financière"... Sans compter les sous-traitants et les emplois précaires de Sanofi (CDD, Intérim...).

Bref, derrière ce langage policé, c'est bien des milliers de personnes qui sont laissées sur le carreau pour maintenir les profits des actionnaires !

Car si PSA tient le haut du tableau médiatique, les licenciements du "fleuron de l'automobile français" sont loin d'être des cas isolés. En réalité, on fait face actuellement à une offensive patronale généralisée. Partout en France, et même dans beaucoup d'autres pays dans le monde, des grandes entreprises (PSA, Sanofi, Carrefour, Air France...) licencient à tour de bras alors qu'elles font des profits monstres. Et derrière cela, il y a tous les licenciements qu'on ne voit pas, qui ne passent pas à la télé : ceux des PME sous-traitantes, des précaires (CDD, Intérim), des très petites entreprises qui coulent... A tel point que les instituts de l'Etat en arrivent à prévoir qu'en 2013 ce sont 400 000 emplois qui seront supprimés, soit plus de 1000 emplois par jour qui partent en fumée (non renouvellement de postes ou licenciements) !

Refuser tous les licenciements est un combat nécessaire. Les travailleurs et les travailleuses de Sanofi commencent à le faire. Dans d'autres boîtes aussi, les bagarres et la solidarité de classe s'organisent face au patronat. Nous nous devons de soutenir ces luttes.

On nous fait travailler pour des miettes quand l'économie marche, et on nous jette dès qu'on n'a plus besoin de nous ?! Si nous voulons faire cesser ce cycle infernal de l'exploitation, nous devons travailler à unifier les luttes et à construire un mouvement global de résistance aux attaques patronales et au capitalisme.

Rendre malade pour soigner plus : les logiques capitalistes dans la santé

Pour en revenir à Sanofi, rappelons que le groupe reste l'un des trois plus grands trusts pharmaceutiques au monde. C'est l'un des piliers du système de santé capitaliste. Comme toutes les sphères de la société, la santé est, pour les capitalistes, avant tout une affaire d'argent, de rentabilité : un marché.

Comme tout marché en société capitaliste, la santé a son offre et sa demande. Seulement, là, la demande, c'est la maladie. Comme le logement ou la nourriture, la santé est un besoin vital. S'il n'y a pas assez d'offre (d'accès à la prévention, aux soins et aux médicaments), on crève. Or actuellement, notre santé à toutes et à tous dépend de quelques groupes pharmaceutiques internationaux qui n'ont pour seul objectif que d'engraisser le portefeuille de leurs actionnaires. Plus encore que d'autres domaines, la concurrence sur le "marché" de la santé, c'est la mise en danger de nos vies! Leur logique de profit, c'est bel et bien une logique de mort !

Alors que le SIDA tue partout dans le monde des centaines de milliers de personnes chaque année (1.8 millions de morts en 2010) et que beaucoup d'autres maladies que l'on sait déjà soigner continuent de faire des ravages dans les pays du Sud, les groupes pharmaceutiques n'orientent leur activité qu'en fonction des débouchés économiques. La recherche est largement orientée vers les maladies qui touchent les plus riches, que ce soit à travers les départements de recherche des groupes privés (dont ceux touchés par les licenciements à Sanofi) ou les "financements fléchés" pour les recherches publiques, les thèses etc. D'ailleurs, il faut rappeler qu'en France, c'est l'argent de tou-te-s (les impôts) qui financent ces recherches pour les groupes privés et les malades les plus riches : ainsi, Sanofi a récupéré l'an dernier 150 millions d'euros en crédit-recherche et se sert des labos du CNRS et cie comme de vulgaires sous-traitants à sa solde. Une fois les recherches abouties, les groupes pharmaceutiques posent des brevets qui leur garantissent l'exclusivité (le monopole) et donc l'exercice de prix exorbitants. A ce rythme, seuls les plus riches peuvent se soigner, sauf dans les pays où le financement de la santé est encore un effort politique collectif. En France, les attaques contre la CMU et la Sécu (franchises médicales, déremboursement des médocs...) et les dépassements d'honoraires des médecins capitalistes fragilisent chaque jour davantage notre système de santé basé sur la solidarité (alors qu'il appelerait bien davantage des réformes de fond pour l'améliorer, dans son accès pour les populations les plus fragiles et dans son fonctionnement très bureaucratique, cogestionnaire et sécuritaire). Même, beaucoup de pays n'ont tout simplement pas accès à certains médicaments parce que les malades n'ont pas l'argent pour acheter le remède adéquat, qui existe pourtant et pourrait faire disparaitre des maladies (comme la tuberculose, par exemple). Ainsi, moins de 50% des séropositifs dans le monde ont accès à un traitement et les malades des régions les plus pauvres du monde développent des résistances aux traitements de première ligne, alors que des traitements de seconde et de troisième ligne existent et permettraient d'éradiquer des maladies. A l'inverse, la situation actuelle, conséquence directe des logiques capitalistes, entraîne une propagation rapide des souches virales résistantes qui menacent et tuent des populations entières. La santé mondiale est donc gouvernée par quelques trusts internationaux et reproduit de façon extrêmement violente les inégalités de classe et les inégalités liés aux pays de résidence (mauvaise approvisionnement des pays du Sud, qui offre moins de débouchés économiques aux entreprises) et au statut au sein de ceux-ci (difficultés d'accès à la santé pour les immigré-e-s, et en particulier pour les personnes sans-papiers).

La concurrence entre les grands groupes pharmaceutiques entraîne aussi une course à l'établissement de remèdes. Chaque labo, chaque entreprise doit trouver avant les autres LA pillule miracle qui enlève le cancer du sein et le mal de crâne, permet d'arrêter de fumer et d'avoir les fesses roses. A grand renfort de pub, on nous incite à acheter des produits aux molécules de plus en plus complexes. Or, les tests obligatoires pour en comprendre tous les impacts sur la santé des humains sont parfois négligés, sous pression des capitalistes de la santé (patrons et actionnaires) et de leurs lobbys, afin d'accélerer la mise en circulation de leur dernière trouvaille. Mais, comme on l'a vu avec l'affaire du Médiator, quand ce sont les logiques financières qui priment, ce sont toujours les malades qui trinquent. Or, pas besoin d'être épidémiologiste pour savoir que ce sont les pauvres qui souffrent le plus de maladies (mauvaises conditions de vie, travail à l'extérieur et/ou physique et/ou aux contacts de produits dangereux (solvants, amiante...)) et risquent donc plus de complications pour contenter l'appétit des requins capitalistes.

Pour nous refourguer leur came, les grands labos ne lésinent pas sur les moyens. Tout est prétexte à un nouveau médicament, un nouveau remède absolument miraculeux... Ces dernières années, le deuil est ainsi entrée dans le DSM, la grand Bible des médecins qui recensent les différentes maladies. Certes, on peut se féliciter que certaines pratiques (homosexualité, trans-identité) soit retirées peu à peu de ce grand annuaire des pathologies (après des luttes de longue haleine menée par les mouvements Lesbiens, Gays, Bis et Trans) mais il faut garder un oeil sur la tendance actuelle à tout pathologiser (et donc à tout médicaliser). La notion d'hyperactivité a été progressivement élargie pour comprendre des symptômes très larges qui sont traités avec des médicaments qui assomment littéralement celles et ceux qui les prennent. Ce phénomène n'est pas anodin : plus il y a de comportements pathologiques, plus il y a de gens à soigner et plus les ventes de médicaments explosent !

En réalité, s'il y a bien des maladies à soigner, et parfois des maladies nouvelles qui apparaissent, elles sont souvent le résultat d'une économie qui cherche à produire de plus en plus et de plus en plus vite, en rognant sur les conditions de travail des travailleuses et des travailleurs, sur la qualité des produits, en polluant la terre et en détruisant les matières premières. Cette logique rend le monde de plus en plus invivable... mais les bourgeois s'en foutent, ça fait de la croissance ! Et même si le taux de maladies augmente et qu'il faut fournir de plus en plus de médicaments pour soigner les maux du productivisme ? Tant mieux, ça fait de nouveaux débouchés !

Perspectives anarchistes sur la santé

Non Oui, plus que jamais, nous devons penser à un système qui garantit les besoins vitaux de tou-te-s. Parmi ceux-là, il y a la santé. Dans la lutte contre l'austérité, nous devons défendre la sortie du capitalisme comme la seule issue viable pour la santé des individus et de notre environnement. Nous devons défendre, dans la lutte contre les licenciements, le droit à un travail digne, avec des conditions qui garantissent la sécurité physique, mentale et sociale. Nous devons défendre la répartition du temps de travail (nécessaire à la production des besoins humaines, non aux logiques productivistes) et des richesses.

En termes de santé, nous devons défendre un système tourné vers l'éradication des maladies de tou-te-s et non les profits pour une minorité. Défendre le droit à la vie digne pour tou-te-s, c'est combattre les mêmes logiques qui jettent des travailleuses et des travailleurs à la rue et fragilisent la santé des malades. C'est revendiquer, avec les salarié-e-s de Sanofi en lutte, le droit à un système de santé différent : où les soins sont gratuits, où les professionnels gèrent elles-mêmes et eux-mêmes un vrai service public de la santé (Sécu, hopitaux, pharmacies, industries pharmaceutiques...) en lien avec les usagers et les usagères. C'est aussi une santé dans nos pays solidaire avec les pays du Sud, en cassant les brevets, en généralisant la production des médicaments génériques et en aidant à la formation et à la structuration de systèmes de santé solides partout dans le monde.



En tant que travailleuses/travailleurs ou en tant que malades (potentiel-le-s),

le combat des Sanofi, c'est notre combat à tou-te-s !
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