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(fr) Alternative libertaire #221 - Dico antisécuritaire : Qu’est-ce que la social-démocratie ? (en)
Date
Sun, 02 Dec 2012 18:15:40 +0200
Chaque mois, un mot ou une expression passée au crible ---- « Espèce de soce-dém ».
Parfois on y rajoute « sale », parfois l’insulte se suffit à elle-même. Dans le petit
milieu révolutionnaire, il n’y a guère que « social-traître » qui ait plus mauvaise
presse. Mais enfin, qu’est-ce donc qu’un « soce-dém », dont la seule évocation fait
hérisser le poil de tout révolutionnaire qui se respecte ? ---- Quand on insulte quelqu’un
en le ou la traitant de « soce-dém », cela revient à indiquer qu’il ou elle serait
social-démocrate. Mais qu’y a-t-il de si horrible à se faire assimiler à un militant ou
une militante de cette tendance politique représentée aujourd’hui par le Parti socialiste
? ---- Pour bien comprendre le pourquoi du comment, il faut faire un bref historique de
cette tendance politique.
Au commencement, il y avait le marxisme. Suite à la scission d’avec le courant
anti-autoritaire de Bakounine 1, les marxistes se répartissent entre révolutionnaires et
réformistes au sein de la IIe Internationale (la socialiste). La Première Guerre mondiale
et surtout la révolution bolchevique de 1917 mettent fin à l’Internationale et les
tendances réformistes et droitières se retrouvent sans les révolutionnaires au sein de
l’Internationale ouvrière socialiste (dont fait partie la SFIO française). L’arrivée sur
le devant de la scène des différents partis communistes, soutenus par l’URSS, oblige les
différents partis se revendiquant du socialisme à affirmer leurs différences, notamment
sur la question de la violence, de la révolution, de la manière d’arriver au pouvoir. Les
termes de « social » (pour socialiste) et « démocrate » (par opposition au communisme),
commencent à être accolés, notamment dans les pays scandinaves. La Seconde Guerre mondiale
et le stalinisme mettent fin aux références marxistes chez les sociaux-démocrates (Guerre
froide oblige). C’est à partir de là que réformisme et social-démocratie vont se confondre
: l’objectif n’est plus de dépasser le capitalisme et d’installer une société nouvelle,
mais bien de « corriger » les erreurs par des réformes sociales.
Depuis, les principaux partis de gauche en Europe et dans le monde se sont convertis à
cette vision plus porteuse électoralement que la rupture révolutionnaire contre le
capitalisme. Selon le dogme social-démocrate, qui nous est généralement ressorti à chaque
grève ou à chaque réforme contestée, il vaut mieux négocier que lutter, « sauver » les
retraites en faisant travailler plus les travailleurs et les travailleuses au lieu de
faire cracher les capitalistes et surtout, s’inspirer des pays scandinaves. Une fois
l’argument sorti, plus aucun autre n’a voix au chapitre.
En France, il n’existe pas, à proprement parler, de parti social-démocrate et le PS
remplit très bien ce rôle. Pour la petite histoire, il a existé un Parti social démocrate
français, fruit de scissions du PS dans les années 1970. Il a été présidé par
l’ex-ministre de Sarkozy et grand amateur de cigares, André Santini. Une preuve de plus
que la social-démocratie n’a rien de bien séduisant pour une militante ou un militant qui
voudrait, ne serait-ce qu’un minimum, améliorer la condition des travailleurs et des
travailleuses. On peut comprendre alors que pour un révolutionnaire, être appelé «
soce-dém » peut légèrement énerver.
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