|
A - I n f o s
|
|
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 30 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
Our
archives of old posts
The last 100 posts, according
to language
Greek_
中文 Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours
Links to indexes of first few lines of all posts
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012
Syndication Of A-Infos - including
RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
(fr) Courant Alternatif OCL #223 - Pour un arrêt immédiat du nucléaire. Changeons d’ère, sortons du capitalisme (en)
Date
Sat, 01 Dec 2012 12:57:15 +0200
Porter un message clair dans ces manifs : Ni rose ni vert arrêt immédiat ! par Courant
Alternatif ---- Nous assistons en direct à un psychodrame médiatisé à dessein à propos du
traité européen et du refus d’EELV d’appeler à le voter tandis que ses ministres vont
devoir faire la preuve de leur solidarité gouvernementale. Pendant ce temps, des
manifestations antinucléaires se préparent. Ne seront-elles qu’un soutien critique au
gouvernement ou bien seront-elles marquées par un rejet franc et massif du nucléaire rose
ou vert? ---- Comment interpréter ce psychodrame ? Une partition bien huilée entre deux
acteurs/auteurs de la même pièce pour donner l’impression qu’EELV n’est pas encore
absorbée par le PS, qu’elle garde une capacité de critique et d’indépendance, calmant
ainsi ceux qui, à la base ou dans les milieux écolos, commençaient à douter sérieusement
de la pertinence de l’accord passé avec les socialistes ?
Un soupçon d’impertinence à propos du traité européen, mais qui n’ira pas jusqu’à
décrédibiliser (contrairement à ce qu’exprime l’éditorial du Monde du 25 septembre) une
image de responsabilité et de capacité à assumer le pouvoir patiemment tricoté au fil des
ans ?
Ou bien alors une crise réelle qui va s’accentuer dans les semaines et mois à venir, et
qui n’est maîtrisée ni par les uns ni par les autres ? Une crise dont on avait déjà senti
la présence lorsque la base avait imposé E. Joly contre N. Hulot et les futurs
apparatchiks gouvernementaux alors que le parti écolo subissait une hémorragie militante
conséquente.
Il est à noter que cette « crise », réelle ou mise en scène, intervient quelques jours
après la quasi-standing ovation que les écolos dans leur presque totalité ont accordée à
F. Hollande lors de la récente conférence environnementale. Cet étalage d’autosatisfaction
accréditait ainsi, aux yeux du grand public, que l’extraction du gaz de schiste n’aurait
pas lieu, que Fessenheim allait fermer… dans six ans, et que 800 000 logements écolos
allaient voir le jour, autant d’affirmations mensongères mais rendues crédibles par une
façon d’utiliser des mots en faisant croire qu’on en utilise d’autres ! Ainsi, ce qui est
condamné ce n’est pas le gaz de schiste mais la fracturation hydraulique (et encore !) ;
Fessenheim fermera peut-être, mais non sans avoir absorbé des millions pour la mettre aux
normes et rendre ainsi possible sa prolongation ; et puis les formules utilisées, comme «
transition énergétique » qu’il faut traduire par « promotion du nucléaire ». Quelques
jours plus tard, deux ministres PS assistaient aux journées parlementaires d’EELV à Nantes
pour démontrer l’entente cordiale censée régner.
Après cela, il fallait bien un point de discorde pour ne pas donner l’impression d’une
totale inféodation !
C’est dans ce contexte politique bien particulier que vont se dérouler les prochaines
mobilisations antinucléaires, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre les
projets concernant le gaz de schiste.
Des manifs instrumentalisées
Le 13 octobre, à Laval, Lyon, Bordeaux, Strasbourg, Paris, Metz, Lille et Narbonne auront
lieu des manifestations organisées par le réseau Sortir du nucléaire et des associations
locales, et soutenues par EELV, pour exiger les arrêts de la construction EPR de
Flammanville, de sa ligne THT Cotentin-Maine, et des réacteurs de plus de trente ans, en
particulier celui de Fessenheim.
Changer d’ère et sortir du nucléaire, disent-ils. Oui, mais quand ? Doit-on y être
présents ou non ? Beaucoup de camarades sont assez réticents. Le risque existe, en effet,
de servir de marchepied à des forces que nous combattons et de ne pas y être assez
nombreux pour éviter toute récupération. Nous pencherions plutôt, quant à nous, pour
tenter une présence visible et claire afin de ne laisser aucun terrain entièrement libre à
ces forces qui œuvrent de fait à la poursuite de la production nucléaire.
Le clivage qui oppose les tenants de l’« arrêt immédiat » à ceux qui prônent un arrêt «
progressif » est ancien dans le mouvement antinucléaire. Il rebondit aujourd’hui tout
simplement parce que, après Fukushima, l’« arrêt immédiat » est devenu une revendication
tellement évidente que les tenants de l’arrêt progressif (avec toutes ses variantes) sont
obligés d’intégrer cette donnée en se livrant à toutes les contorsions politiciennes et
linguistiques possibles. Le terme « immédiat » étant devenu symbolique, il suffisait de le
détourner. C’est ainsi qu’est né ce concept tordu de « décision immédiate » qui permet de
l’assortir de toutes les variantes : certes, « décision immédiate de sortie immédiate »,
mais aussi « décision immédiate de sortie dans… » 10, 20 ou 30 ans, ou encore décision de
commencer immédiatement à sortir…
Seulement voilà, l’« arrêt immédiat » que nous mettons en avant ne peut être réduit, et ce
depuis longtemps, à une simple question de date ! Cet « arrêt immédiat » n’est pas un
fétiche, il est devenu le symbole d’un clivage politique plus général entre une écologie
sociale et de classe qui s’insère dans une perspective anticapitaliste et
antiproductiviste et les tenants d’un néocapitalisme vert pour lesquels les questions
énergétiques peuvent servir à relancer une fois encore une économie de marché en crise.
SI LE JAPON L’A FAIT…
Nous savons bien qu’on n’arrête pas une centrale en appuyant simplement sur un bouton.
Nous savons aussi que si on arrêtait toutes les centrales il n’y aurait pas assez
d’électricité pour faire fonctionner la société telle qu’elle fonctionne actuellement.
Mais, justement, nous ne voulons plus qu’elle fonctionne ainsi ! Et les « économies
d’énergie » prônées par les écolos ne sont que pures paroles si on ne précise pas ce qu’on
veut garder et ce qu’on veut supprimer, ou du moins si on n’en débat pas. L’arrêt immédiat
est donc un marqueur politique, et non une revendication précise comme une augmentation de
salaire de 3 ou 5 % ! Un marqueur politique, parce que nous savons bien que derrière le «
progressif » se cache très mal la volonté 1. de ne pas toucher à l’appareil productif et
aux rapports sociaux qu’il engendre et 2. de laisser le temps nécessaire aux grands
groupes capitalistes pour se recycler progressivement dans le renouvelable industriel avec
autant de bonheur qu’ils l’ont fait dans le nucléaire.
On peut toujours trouver des slogans ou des marqueurs politiques insuffisants, n’allant
pas assez au fond des choses ou cachant mal un soutien au « Vieux Monde ». Il est sans
doute possible de faire subir à l’« arrêt immédiat » ce sort-là sort et de couper des
têtes. Mais nous pensons qu’il va falloir échapper au « plus radical que moi tu meurs »
stérile et démobilisateur pour celles et ceux qui se retrouvent à compter les points. Nous
devons éviter que chacun ne se positionne qu’en se différenciant du voisin sans imaginer
des mobilisations ni proposer des objectifs à court et moyen terme. Il est temps de
formuler des « discours » audibles, compréhensibles par des gens qui, simplement,
s’interrogent, se méfient du nucléaire, et pourraient peut-être se retrouver dans des
formes de mobilisation à inventer aussi « pour eux », afin qu’elles deviennent ensuite «
avec » eux. Et qui permettent d’établir des rapports de forces sur le terrain et pas
seulement sur celui des idées, si pertinentes soient-elles.
Rappelons-nous qu’en 2002 des manifestations antinucléaires étaient organisées dans cinq
ou six villes de France. Elles avaient été dans l’ensemble un double succès,
principalement à Nantes et à Toulouse. Double parce que, d’un côté, elles avaient réuni
plus de gens que prévu et parce que, de l’autre, nous avons assisté à l’émergence d’un
fort courant « arrêt immédiat » qui marquait déjà des clivages qui n’ont fait que
s’accentuer ensuite. On ne sert certes pas deux fois la même soupe, mais on peut
s’inspirer de la recette. Il y aura sans doute moins de monde qu’en 2002. Mais rien ne
nous empêche de réactualiser le « Ni rose ni vert arrêt immédiat du nucléaire » qui avait
servi alors de ralliement et d’être vigoureusement présents dans les manifs du 13 octobre
afin de donner un corps et une perspective aux différents regroupements, tentatives de
coordination et réunions qui parsèment l’agenda des milieux antinucléaires s’opposant aux
écolos de gouvernement, et qui, surtout, entendent lier entre elles des luttes proches.
Des liens qui ne sont pas seulement géographiques, mais logiques et cohérents, parce que
les motifs qui les font naître s’auto-entretiennent les uns avec les autres : ainsi, d’un
côté, les grands projets d’aménagement du territoire comme l’aéroport de Nantes (NDDL),
les lignes ferroviaires à grande vitesse, les lignes à haute tension, le Grand Paris, la
métropolisation du territoire sur de grands pôles urbains, etc., font le pari de la
disponibilité indiscutable et à coût réduit d’une croissance continue de la production
électrique ; de l’autre, les lobbies du nucléaire, des parcs d’éoliennes, du gaz de
schiste font de la croissance continue de ces « besoins », tout aussi indiscutés et
indiscutables, des prétextes pour développer de nouvelles activités génératrices
d’électricité et de profits pour les groupes capitalistes concernés.
L’abandon du nucléaire et d’autres équipements et projets nuisibles doit se comprendre en
termes de mobilisation et de coûts politiques pour ceux qui les défendent et les
implantent. La classe dirigeante n’est pas à une contradiction près. Alors qu’elle cherche
à nous accabler et à nous discipliner sous le fardeau de la « dette », la poursuite du
nucléaire comme le démarrage de grands projets plus ou moins pharaoniques ne peut se
réaliser que par un surcroît d’endettement alors que, paraît-il, les caisses sont vides,
par de nouveaux emprunts massifs garantis par l’Etat français et peut-être demain par le
super-Etat européen…
Cette mobilisation antinucléaire doit aussi se comprendre comme un moment d’affirmation et
d’extension d’un courant d’opinion encore diffus, mais qui s’oppose de plus en plus à la
logique productiviste, qui rejette le chantage à l’emploi et à la « bonne santé » des
entreprises pour accepter n’importe quoi dès lors que cela relancerait la machine à
fabriquer des profits (voir l’article sur l’Italie dans ce numéro). Un mouvement qui, en
creux ou explicitement, dessinerait un courant refusant de se laisser imposer des
décisions dangereuses et mortifères permettant ensuite de justifier un Etat sécuritaire et
une course sans fin au consumérisme, à la rentabilité et à notre adaptabilité optimale aux
sources et mécanismes de la réalisation des profits, parce que, n’est-ce pas, « on n’a pas
le choix » ! ; un mouvement qui, à partir des luttes de site, des mobilisations solidaires
et des refus déterminés manifestés dans de multiples initiatives locales, repose,
précisément, la question du choix de société, de ce qui est juste et ce qui ne l’est pas,
de ce qu’il est convenable et souhaitable de faire et ce dont il est préférable de se
débarrasser sans attendre.
OCL
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center