A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours

Links to indexes of first few lines of all posts of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) Pour info : Monsieur le Président, je vous écris une lettre

Date Thu, 22 Nov 2012 20:28:23 +0200


CONFEDERATION NATIONALE DU TRAVAIL Syndicat CNT EPICS-FP aquitaine UL Pessac/ aquitaine
06 02 34 06 29 aquitaine@ouvaton.org http://cnt-aquitaine.revolublog.com
et http://seldelaterre.ouvaton.org A faire circuler :
Monsieur le Président,
Monsieur le Président de la République, je remets entre vos mains qui
peuvent tant une demande pour des humains qui n’en peuvent plus.
Monsieur le Président, j’ai reçu un message par internet de mon ami Ziad
Medhouk. Mon ami qui demeure à Gaza. Mon ami poète et brillant enseignant de
français. Mon ami sous les bombes, cette fois encore, et encore, et
toujours. Mon ami enfermé et sans pays, ailleurs qu’en son cœur.

Monsieur le Président, ce soir j’ai reçu un e-mail de mon ami. Un e-mail
terrible, un e-mail horrible. Il me dit que l’immeuble qui jouxte le sien a
été soufflé par les bombes. Il me dit que, lui qui ne pleure jamais, pleure
aujourd’hui les larmes de son corps. Il me dit que dans cet immeuble de 5
étages qui n’existe plus vivait la famille Dalou. Dans cette immeuble
pulvérisé, 12 morts, 12 cadavres, 12 horreurs. Et une montagne de larmes et
de souffrances. Et le regard sans âme d’une barbarie méprisante…

Monsieur le Président, vous n’avez pas le temps, je ne vous parlerai pas des
blessés, pas des angoisses, pas des deuils impossibles, pas même de tous ces
morts. Je vous parlerai des enfants, juste des enfants… Vous aurez bien un
tout petit peu de temps, pour des enfants, pour ces obscurs enfants entrés
dans la mort. Il est important que vous pensiez à eux, eux pour qui il est
trop tard. Pour eux vous ne pouvez plus rien. Puis vous pensez aux autres,
envers qui vous pouvez tant.

Monsieur le Président, j’ai vu ces enfants, ces enfants sortis des photos,
sortis de ce trou et des gravats, souvenir de ce qui fut un immeuble de vie.
Je vois ce sauveteur, ce voisin, ce parent ( ?) sortant ce petit corps
pantelant. Sur une autre photo je vois un brancard, un pauvre brancard tout
petit où sont posés collés l’un à l’autre ces corps minuscules, comme
endormis, comme se touchant l’un l’autre pour se rassurer, comme pour se
dire que ce n’est que la mort.

Monsieur le Président, ne me dites pas que vous ne pouvez rien. Que vous
compatissez mais ne pouvez rien.

Monsieur le Président, je dois aussi vous parler de Nathan Blanc. Il a 19
ans et demeurait à Haifa. Il est israélien. Aujourd’hui il demeure en
prison. Nathan n’avait pas connaissance de ce témoignage de Ziad, mais il
savait ce qui était en train d’advenir. Nathan a eu le courage de dire non,
au prix de la prison.

Monsieur le Président, vous ne pouvez pas abandonner Nathan, ce tout jeune
pacifiste israélien, et dans le même mouvement tourner le dos à mes amis
israéliens, juifs comme moi, qui ont le courage d’affronter cette folie
guerrière. Au nom de mon pays la France, au nom de ce pays qu’ont rejoint
mes grand parents avec un énorme espoir de liberté et de dignité vous devez
vous engager, clairement, fermement. Monsieur le Président, les pacifistes
israéliens attendent de nous, les pacifistes palestiniens attendent de nous.
N’abandonnez pas au désespoir Leïla Shahid confrontée au mur colonial.

Après l’horrible opération « plomb durci » qui avait vu le massacre d’un
habitant sur 1000, 5 sur 1000 blessés, le « crime de guerre voir contre
l’humanité » avait été évoqué. Et puis rien. Et puis le silence. Et puis pas
de Tribunal. Alors, alors ça recommence, cette danse macabre des êtres sans
conscience, sans dignité, sans humanité. Monsieur le Président, les
silences, les lâchetés, libèrent les bêtes sauvages. Monsieur le Président,
le silence est un crime de lâcheté. Simplement appeler à « de la retenue »
est un silence, une fuite devant les responsabilités.

Monsieur le Président, vous pouvez tant pour mettre fin à cette horreur.
Vous pouvez clamer que la France ne se taira plus, que ça suffit. Vous
pouvez affirmer l’engagement de la France pour l’application du Droit
International, sans faiblesse, pour que la Palestine entre à l’ONU, pour que
les frontières intégrales de 67 soient reconnues et imposées.

Vous pouvez, Monsieur le Président, appeler à la convocation du Tribunal
International pour que ceux qui commettent ces morts répondent de leurs
actes.

Monsieur le Président, la paix demande du courage. La paix demande de la
détermination. La paix demande du Droit. En vous honorant d’œuvrer pour le
Droit vous défendrez la vie, vous porterez la place et l’histoire de notre
pays.

Serge Grossvak

Le, 19 novembre 2012

_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr


A-Infos Information Center