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(fr) Traités européens, autoritaires et austéritaires

Date Mon, 24 Sep 2012 11:21:19 +0200


La question du nouveau traité européen agite l'actualité. Il contient des mesures
qui vont nous concerner très directement, causant probablement une catastrophe
sociale... Mais quel est le contenu exact de ce traité?
Tout d'abord, il faut savoir qu'il n'y a pas un mais deux traités, souvent confondus
: le MES et le TSCG. Que cachent ces sigles barbares ? Le premier, le MES, ratifié
le 21 février 2012, concerne le mécanisme européen de stabilité. Celui-ci est censé
remédier aux faillites des États comme par exemple les demandes d'aide à l'Union
européenne de la Grèce, l'Irlande ou encore l'Espagne. Il consiste en une
gigantesque réserve de 700 milliards d'euros qui peuvent être prêtés à des taux
assez bas aux États. Évidemment, la carotte ne va pas sans le bâton : dès qu'une
demande d'aide est enclenchée, il faut appliquer des réformes structurelles décidées
par la Banque centrale européenne et la Commission européenne.

Celles-ci peuvent être des privatisations, des réductions de salaires ou encore la
casse de la sécurité sociale... En gros, ce mécanisme est la création d'un FMI
interne à l'Europe qui permettra d'imposer toujours plus d'austérité et de réformes
structurelles.

On notera au passage qu'il coute 142 milliards à la France soit l'équivalent de
trois fois le budget annuel de l'Éducation nationale... Ce traité ne concerne que
les États déjà en faillite qui doivent faire appel à l'Union européenne.
Heureusement, pour faire appliquer l'austérité aux États qui ne sont pas encore en
faillite, il y a le frère jumeau du MES, le Traité sur la stabilité, la coordination
et la gouvernance (TSGC). Sous prétexte de complexes règles dont nous épargnerons
les détails aux lecteurs et lectrices, ce traité impose un taux maximum de déficit
public (variable). Celui-ci est connu sous le nom de «règle d'or».

Concrètement, cela veut dire qu'un État qui dépasse un certain taux de déficit a
l'obligation de le réduire, et comme l'argent ne se trouve pas sous le sabot d'un
cheval, appliquer une cure d'austérité dont nous ne connaissons que trop bien le
contenu. A cela s'ajoutent des sanctions automatiques dès que le déficit atteint
plus de 3 % du PIB.

En France, le déficit s'élève en 2012, à environ 4,5 % du PIB. Si le traité TSCG
rentre en application, en 2014, celui-ci ne devra pas s'élever à plus de 1,22 % du
PIB. Cela signifie qu'en un an, afin de se plier aux obligations du traité, les
socialistes devront trouver de 70 à 80 milliards d'euros, ce qui implique une cure
d'austérité massive.


L'austérité: une guerre aux classes populaires!

Depuis le début de la crise, les plans d'austérité se succèdent. Les deux nouveaux
traités ne sont que des étapes de ce mécanisme d'austérité qui est à l'oeuvre à
l'échelle européenne. Faire une liste exhaustive de toutes les mesures prendrait
bien trop de place.

Contentons-nous de dire que la plupart des mesures d'austérité touchent
prioritairement, les salarié-e-s, le prolétariat, que ce soit à travers des baisses
du salaire indirect (des baisses de prestation de la sécurité sociale comme
l'assurance maladie les retraites ou chômage), une diminution des services publics
ou encore des attaques directe contre les salaires (ex : en Grèce moins 20% sur les
salaires des fonctionnaires).

Si ces mesures augmentent temporairement le taux de profit de la bourgeoisie, il est
très probable qu'elles auront des conséquences quasi apocalyptiques pour l'économie
de la zone euro. En effet, une baisse globale de la masse salariale ajoutée à une
baisse des dépenses étatiques dans un contexte économique de crise mène à une
récession. Celle-ci, qui est une contraction de l'activité économique, va mener à
une diminution des recettes fiscales, et donc a un fort déficit des finances
publiques. En retour, le fort déficit va mener à de nouvelles mesures d'austérité et
ainsi de suite. La boucle est bouclée.

Ce mécanisme est à l'oeuvre en Grèce où un nouveau plan d'austérité de 14 milliards
d'euros va prendre effet en septembre alors que le pays connait une récession de 7
%. Il l'est aussi en Espagne, pays en récession depuis 2010, mais aussi dans une
moindre mesure dans l'ensemble de la zone euro qui devrait connaître une récession
de 0,4% en 2012.

Plus globalement, ces politiques d'austérité risquent d'approfondir la crise à
l'échelle planétaire. En effet, l'Union européenne est le plus gros marché mondial :
son affaiblissement risque d'entraîner à sa suite l'ensemble de l'économie globale.

Les politiques d'austérité qui vont être gravées dans la roche par les traités
européens ne bénéficient qu'à une seule classe sociale : la bourgeoisie européenne.
L'austérité consiste à baisser les salaires et les cotisations sociales. Il y a
aussi un transfert du poids de la fiscalité sur les plus pauvres par le biais
d'impôts indirects comme la TVA qui a augmenté dans la plupart des pays européens.
Pour la bourgeoisie, pour les plus riches, cela signifie une augmentation des
revenus, de leur taux de profit. Elle est obtenue au prix d'attaques massives contre
la classe salariée européenne. Ces attaques, suite aux mécanismes décrits ci-dessus,
présentent une réelle possibilité de mener l'économie mondiale au fond du gouffre.


Perspectives

Face à ces perspectives d'effondrement, une réponse qui gagne du terrain consiste à
proposer une autre gestion de la crise comme peuvent le faire une myriade
d'intellectuels, des colonnes de Marianne à la fondation Copernic en passant par
Attac.

Le discours antilibéral propose en filigrane une autre gestion de l'économie
capitaliste à base d'investissements publics, de relance monétaire et de
protectionnisme. Les mesures qu'il prône comme la monétisation de la dette ou la
relance keynésienne (à l'exception du protectionnisme) sont en application dans
d'autres pays industrialisés comme les USA ou le Royaume-Uni (qui a refusé les
traités) sans pour autant obtenir des résultats très probants.

Pour nous, cette perspective n'est ni réaliste ni souhaitable. Le capitalisme est un
système mortifère qui détruit l'environnement, pour produire des biens en grande
partie inutiles aux prix de l'exploitation toujours croissante de la majeure partie
de l'humanité.

La crise majeure qu'il traverse est un moment où il faut se demander comment sortir
du capitalisme et non comment l'amender.

Le deuxième traité (TSCG) n'est pas encore ratifié en France. La question du
référendum sur la question nous semble insuffisante. S'il y a résistance à ces
traités, c'est dans la rue qu'elle se fera.

Les multiples plans d'austérité ont déjà suscité de nombreuses et fortes résistances
que ce soit en Espagne, en Italie, en Grèce mais aussi au Royaume-Uni et en
Roumanie.

Avant d'être à la rue, soyons dans la rue ! La cure d'austérité en France est d'ores
et déjà annoncée et entérinée par les nouveaux traités européens. Elle consistera en
une attaque directe et massive sur nos salaires et nos droits à la sécurité sociale.
Il importe de construire dès aujourd'hui les résistances à cette attaque et de se
poser dès maintenant la question d'aller plus loin que la simple résistance à
l'austérité...

Matthijs - AL-Montpellier


http://www.alternativelibertaire.org
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