(Fr) La Guyane en ebullition

Francois Coquet (Francois.Coquet@univ-rennes1.fr)
Fri, 13 Dec 1996 12:00:50 +0100


Here is an excerpt from Le Monde Libertaire 1060, 11-27, 1996. It is a
brief report by fellows living in French Guyane about the present movement
in the last sheet of the French Imperial State in continental America.

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La Guyane en ebullition

La Guyane, ultime colonie franc,aise de l'Ame'rique du Sud, subit de plein
fouet le diktat de l'Etat. Commence' par l'expression des le'gitimes
revendications des Iyce'ens de Guyane, inquiets de leur avenir dans une
socie'te' pre'sente'e comme une vitrine de l'Europe, avec des proble`mes
de sous- de'veloppement e'quivalents a` ceux de nos proches voisins
(sous-emploi, pre'carite', logement, sous-e'quipement me'dical,
sous-quipement e'ducatif, drogue, de'linquance), le mouvement de
protestation s'est heurte' a` la plus violente des re'pressions.

Une provocation

Le pre'fet - repre'sentant de l'Etat colonialiste franc,ais - a fait
charger ses troupes, alors que rien ne le justifiait, contre les Iyce'ens
et les colle`giens, s'en prenant tant a` leurs propres personnes qu'a`
leurs maigres possessions (ve'los, boosters, etc.). Ce personnage a
de'libe're'ment provoque' une e'meute, e'tincelle qui a fait exploser la
poudrie`re sociale qu'est
actuellement la Guyane.
Avec environ 140.000 habitants et une population active d'a` peu pre`s
60.000 personnes, le taux de cho^mage est de plus de 30 % avec 9.000
Rmistes et 50.000 enfants scolarise's dans des conditions infa^mes. Ainsi,
a` l'e'cole primaire d'Apatou, la cantine scolaire a lieu a` me^me le
sol... Apre`s huit jours d'insurrection et le ralliement de la population
indigne'e, force est de constater que les Guyanais ont e'te' abandonne's
par toutes leurs instances politiques e'lues, toutes collaboratrices de
l'Etat franc,ais sous des formes diverses. Le mouvement syndical, quant a`
lui, s'est caracte'rise' par un mutisme total, a` l'exception de la FSU qui
s'est positionne'e comme briseur de
gre`ve. Seule l'Union des travailleurs guyanais (UTG) a appele' a` une
gre`ve ge'ne'rale et a` une manifestation, le 13 novembre, en soutien a` la
jeunesse, mobilisant pre`s de 7.000 personnes a` Cayenne. Reporte' a`
l'e'chelle de la re'gion parisienne, cela e'quivaudrait a` deux millions de
manifestants dans la rue.
La premie`re re'ponse de l'Etat est actuellement d'organiser un complot
contre les radios libres qui ont relaye' la ve'ritable information. Une
radio syndicale fut ainsi l'objet de tentatives de casse et de menaces de
mort, avec une accusation de complicite' formule'e par le pre'fet, reprise
par un de'pute' lors de la se'ance des questions orales a` l'Assemble'e
nationale.
A ce jour, le nombre des arrestations s'e'le`ve a` vingt, et
septinculpe's ont e'te' condamne's a` de la prison ferme.
Alors que la France de'nonce la re'cupe'ration des revendications de la
jeunesse par des groupuscules inde'pentantistes, nous de'clarons que l'Etat
tente, par diverses manoeuvres, d'instaurer un climat social explosif afin
de justifier ses projets de changement de statut. Situation impose'e par le
Parlement europe'en et qui doit e^tre boucle'e en de'cembre 1996, a`
Dublin.
Ce changement de statut est re'clame' depuis de nombreuses anne'es par le
pouvoir capitaliste local ; il a commence' par l'instauration de zones
franches dans lesquelles une main-d'oeuvre a` bon marche' est exploite'e
sans avoir la possibilite' de s'organiser pour lutter contre le patronat.
Aujourd'hui, le capitalisme voudrait bien voir brade' le statut d'autonomie
local.
Sylvie et Catherine

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