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Sun, 29 Sep 1996 13:02:24 +0200


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29 septembre 1996 / N- 12
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SPECIAL LUTTE DES SANS-PAPIERS #3

- IL Y A DE PLUS EN PLUS D'E'TRANGERS DANS LE MONDE
- COMMENT SE CONJUGUE L'AIR DU TEMPS
- EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE
- LILLE, ACTION EN COURS !
- LA LONGUE LUTTE DES SANS PAPIERS A LILLE
- ETES VOUS COLOMBOPHILES?
- EN BRETAGNE, UNE COORDINATION DES COMITE DE SOUTIEN
AUX INCULPES DU DROIT D'ASILE
- CONTACTS DIVERS

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IL Y A DE PLUS EN PLUS D'E'TRANGERS DANS LE MONDE
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Parce que seule la libre circulation des prole'taires de tous les pays peut
empecher le triomphe de ce monde urbain incolore, inodore et sans saveur
qu'on veut nous fabriquer=8A Parce que nous n'en avons rien a` cirer de
l'"identite' franc,aise"=8A

Parce que la xe'nophobie d'Etat flatte et encourage le racisme d'une partie
de la population et de'tourne sur les "e'trangers" la cole`re qui monte
face a` un syste`me produisant toujours plus de richesses et toujours plus
de pauvres=8A Parce que cette cole`re est la n=F4tre=8A
Parce que nous savons que ce n'est pas l'immigration qui cre'e le ch=F4mage,
mais bien la course a` la compe'titivite', c'est-a`-dire la logique meme du
syste`me=8A Parce que cette logique folle nous pourrit la vie=8A

Parce que la chasse aux "clandestins" repose sur une e'norme hypocrisie,
puisque ce sont les re`glements eux-memes, toujours plus restrictifs, qui
fabriquent de la "clandestinite'", et que des secteurs entiers de
l'e'conomie vivent de la surexploitation de ces immigre's qui, loin de
repre'senter "toute la mise`re du monde", sont des producteurs de
richesses=8A Parce que cette hypocrisie encrasse les cerveaux, pervertit la
pense'e de ceux qui nous entourent et fonde le consensus de toute la classe
politique depuis plus de vingt ans=8A
Parce que la surexploitation des "clandestins" permet de faire pression sur
nos salaires, et de nous exploiter davantage=8A

Parce que l'e'norme appareil lance' contre eux, avec ses fichiers
informatiques, son espace Schengen, ses fonctionnaires-collabos qui en
rajoutent toujours sur l'infamie re'glementaire, ses flics qui se croient
tout permis et ses juges ze'le's, parce que cet appareil qui sert
aujourd'hui contre eux, pourra fonctionner demain contre d'autres
cate'gories de la population=8A

Parce que, dans un monde qui donne tout le pouvoir a` l'e'conomie,
l'opposition entre re'fugie's politiques et re'fugie's e'conomiques n'a
plus aucun sens=8A

Parce que nous sommes tous victimes d'un syste`me qui acce'le`re sans cesse
la circulation plane'taire des marchandises et des images, en s'opposant
chaque jour un peu plus a` la circulation de la grande majorite' des
humains - les pauvres du Sud et de l'Est et les pre'caires de partout=8A
Parce que nous avons e'te', nous sommes, ou serons tous un jour de ces
pre'caires que menacent la matraque, le re`glement et la "rationalite'"
e'conomique=8A

Parce que nous ne supportons pas que l'absence d'un de'risoire bout de
carton puisse empecher de circuler, de rencontrer, de de'couvrir, d'aimer
et de partir a` l'aventure=8A

Pour toutes ces raisons, et mille autres qui tiennent au parfum de liberte'
qu'ont ramene' dans l'air les mouvements sociaux, le combat des
sans-papiers est le n=F4tre, et nous faisons n=F4tre cette revendication
minimale : des papiers pour tous !

La lutte commence'e avec l'occupation de Saint-Bernard a montre' que les
lois Pasqua, sont non seulement odieuses et inhumaines, mais encore
inapplicables - a` moins de confier de'finitivement la question du droit
des e'trangers et de chacun d'entre nous a` la discre'tion de la police.
Elle a montre' les limites de la ne'gociation "au cas par cas", qui divise
le mouvement et l'enlise dans d'interminables de'marches administratives,
et celles des soutiens humanitaires. L'e'norme de'ploiement policier et son
piteux e'pilogue judiciaire, assorti de rafles au hasard pour remplir les
charters, ont montre' qu'il e'tait plus dangereux de ne rien faire que
d'apparaitre publiquement. De toute manie`re, leur finalite' n'est pas
comme on voudrait le faire croire d'expulser les ille'gaux, mais de les
faire replonger dans la clandestinite', d'exercer une terreur qui les
contraigne a` accepter des conditions de salaire et de travail
intole'rables.

Outre la mobilisation policie`re, la de'cision du gouvernement d'avoir
recours a` son appareil militaire pour ge'rer le "cas Saint-Bernard" dans
ses e'tapes successives (me'decins militaires, h=F4pitaux militaires, avions
militaires de'collant d'une base ae'rienne), au dela` de la mise en
spectacle du gros baton re'pressif de l'Etat- policier, a montre' a` quel
point il ne pouvait plus compter sur la confiance et la collaboration
parfaite de secteurs entiers de la socie'te' dite civile, que le consensus
xe'nophobe commenc,ait a` se fissurer jusque dans les me'diations que
l'Etat utilise habituellement et que seul demeurait disponible et fiable
une politique du fait accompli, de de'monstration de force, de
militarisation.

Contrairement a` ce que veut faire croire le gouvernement, la lutte des
sans-papiers n'est pas termine'e : elle entre dans une nouvelle phase,
marque'e par une volonte' d'extension au niveau he'xagonale et de
ge'ne'ralisation dans l'exigence de la re'gularisation de tous les
sans-papiers. Pour ceux de Saint-Bernard, la lutte continue car sur 270
dossiers de'pose's, seule une cinquantaine de re'gularisations ont e'te'
obtenues. Par ailleurs, la multiplication des collectifs de sans-papiers
dans et hors de la re'gion parisienne, regroupe's dans une coordination
nationale, la naissance publique d'un nouveau collectif parisien avec
l'entre'e en lutte de nouvelles communaute's, l'ouverture de nouveaux lieux
par et pour les sans-papiers comme a` Colombes et a` Lille, sont des signes
tangibles de cette e'volution vers la monte'e en puissance d'un mouvement
autonome des sans-papiers, dont une e'che'ance importante sera la
manifestation nationale du 28 septembre.

La de'termination des re'sidents du Foyer Nouvelle-France dans leur
volonte' de rester ensemble, a` Montreuil, et ceci contre la politique
raciste du maire de gauche ("e'colo-progressiste") JP Brard, qui s'est
illustre'e par l'expulsion et la destruction du foyer, ses "propositions"
de les disperser aux quatre coins de la re'gion parisienne dans des
chambres minuscules et tre`s che`res, les envois re'pe'te's de flics et le
bouclage du centre-ville pour chasser les Africains qui manifestaient
pacifiquement en face de la mairie, met en lumie`re l'e'vidence que
l'apartheid social qui s'est progressivement instaure' dans ce pays depuis
des anne'es ne se limite pas a` telle ou telle loi vote'e par le parlement
(qu'il soit de "droite" ou de "gauche") mais qu'il impre`gne en profondeur
les structures sociales, les sphe`res de la repre'sentation politique et
l'ensemble des rouages administratifs.

En conse'quence de quoi, la re'sistance doit s'engager plus que jamais
contre l'ensemble de l'arsenal re'pressif anti-immigre', contre la
xe'nophobie, qu'elle soit d'Etat, administrative ou municipale, dans la
conque`te de tous les droits sociaux et politiques pour toutes et tous,
dans la de'fense de l'autonomie des luttes et le refus des
manipulations/re'cupe'rations politiciennes et/ou e'lectoralistes.
En s'organisant eux-memes et en luttant pour imposer leurs conditions aux
organisations qui les soutenaient, les occupants de Saint-Bernard avaient
d'ores et de'ja` pose' le proble`me hors des cadres humanitaires ou` on
voulait le cantonner. En tentant de "vider l'abce`s", l'Etat n'a re'ussi
qu'a` re'pandre le virus de la solidarite' et a` permettre que ceux qui
n'avaient pas trouve' place dans l'e'glise cre'ent de nouveaux comite's
ouverts a` tous les sans-papiers. En re'affirmant leur volonte' de ne pas
etre mis hors du "droit commun", les sans-papiers et plus largement
l'immigration attaque'e a` travers eux, portent un coup au processus de
pre'carisation de larges couches de la population, de de'mante`lement des
protections sociales (RMI interdit aux moins de 25 ans, flicage du ch=F4mage=
,
etc.)

C'est le sens de l'engagement du Collectif "Des Papiers pour Tous" depuis
sa cre'ation en avril dernier, a` travers ses multiples interventions et
occupations d'administrations (ANPE, Air France, annexe de la Pre'fecture
de police, Caisse d'allocations familiales=8A), rouages de la xe'nophobie
d'Etat et lieux ave're's de la de'lation, de la chasse aux sans-papiers.

C'est le sens de notre attitude lors de la manifestation du 23 aout, ou`,
en prenant la tete du corte`ge, nous l'avons conduite au cours d'une
hallucinante marche nocturne en plein Bois jusqu'au centre de re'tention de
Vincennes.

C'est le sens de la pre'sence du Collectif a` Montreuil, en particulier les
6 et 7 septembre en solidarite' avec les ex-re'sidents de Nouvelle-France
lorsqu'ils ont de'cide' d'investir un immeuble de bureaux, neuf et vide
depuis 3 ans, appartenant a` la mairie.
C'est le sens de notre pre'sence active aux cote's de 150 sans-papiers du
3e` collectif parisien lors de l'occupation du centre de re'ception des
demandeurs d'asile de Paris le 12 septembre.
C'est le sens des interventions que nous envisageons pour les semaines a` ve=
nir.

La publication que vous avez entre les mains est un outil supple'mentaire
que le Collectif "Des Papiers pour Tous" met en place afin de briser le mur
de la de'sinformation qui se dresse autour des sans-papiers, des
sans-foyers, des sans-droits. Il vise a` offrir une caisse de re'sonnance
a` toutes ces re'sistances et permettre ainsi de jeter des ponts entre
elles. Il ambitionne d'etre un lieu de de'bat et d'expression pour tous
ceux et celles qui entendent construire un mouvement autonome de lutte et
de solidarite'.

L'offensive contre les sans-papiers n'est pas le proble`me des
sans-papiers, c'est notre proble`me a` tous. Prenons l'initiative!

Paris, le 15 Septembre 1996

[ Editorial du bulletin du Collectif "Des papiers pour tous",
16 septembre 1996 ]

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COMMENT SE CONJUGUE L'AIR DU TEMPS
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Pas besoin de papiers pour vivre=8A
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Aujourd'hui, dans le quartier, vous pouvez vivre sans papiers=8A Il vous
suffira de ne jamais prendre le me'tro, de ne pas sortir le soir, de rester
le plus possible cloitre', si possible la` ou` on vous fait travailler pour
des clopinettes, et de dormir par exemple sous votre machine a` coudre=8A Il
vous suffira de ne jamais avoir aucun contact avec une administration, une
ANPE, une poste, une e'cole meme, dans un de ces endroits ou`, au milieu de
gens comme vous et moi, sont tapis des rats a` face humaine prets a` vous
de'noncer pour le seul plaisir de participer a` la Grande Traque aux
Etrangers=8A Il vous suffira d'e'viter les contr=F4les dans la rue, de ne pa=
s
rester en groupe avec des amis de meme couleur de peau, de ne pas vous
faire remarquer et surtout de ne jamais facher ni votre patron ni votre
voisin de palier=8A Il vous suffira d'accepter de vivre dans la peur=8A il v=
ous
suffira d'accepter de servir de bouc e'missaire a` la crise du travail
qu'aucun gouvernement, de droite ou de gauche, depuis vingt ans, n'a pu
contenir.

Hyste'rie xe'nophobe=8A
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Pourtant, les gouvernants savent bien que ce n'est pas l'immigration qui
cre'e le ch=F4mage, mais la course meme a` la compe'titivite'. Et tout le
monde sait que le syste`me repose sur une grande hypocrisie : que
deviendraient les secteurs du BTP et ceux de la confection sans les
" clandestins " ? Tout le monde sait qu'aucune frontie`re, dans le monde
moderne, n'arretera vraiment le flux des gens fuyant la pauvrete' et la
guerre que notre monde produit. " Nous ne pouvons pas accueillir toute la
mise`re du monde ", ge'missent les gouvernants, en ne'gligeant de dire que
cette mise`re, nous contribuons tre`s largement a` la produire, en
soutenant des re'gimes assassins comme en Afrique (quand ce n'est pas en
fomentant des ge'nocides, comme au Rwanda) et plus largement en participant
a` un syste`me e'conomique mondial qui ravage des zones entie`res de la
plane`te. Les dernie`res propositions des commissions Philibert Sauvaigo et
Coubon-Lanard sur l'immigration, pure explosion d'hyste'rie xe'nophobe,
n'ont gue`re de chances d'etre prises en compte. La politique de rejet
absolu qu'elles pre'conisaient est lourde de danger pour la socie'te' dans
son ensemble. Refuser les soins me'dicaux, c'est courir le risque de
provoquer des e'pide'mies : chacun sait que les microbes ne sont pas
racistes et que les maladies de pauvres comme la tuberculose, a` la longue,
n'e'pargnent plus les riches. Aux Etats-Unis, les syndicats de policiers
eux-memes ont combattu l'ide'e d'interdire l'e'cole aux enfants de
clandestins, par peur de les voir occuper la rue. Les gesticulations
anti-immigre's ont donc, d'abord, une fonction e'lectoraliste, pour des
e'lus locaux de'sireux de piquer des voix au FN. Plus ge'ne'ralement, le
renforcement constant des mesures anti-immigre's sert a` cre'er, par le jeu
des re`glementations de plus en plus restrictives, de nouveaux
" clandestins ", c'est-a`-dire de nouvelles couches de population en
position de tre`s grandes pre'carite', afin de faire pression sur le niveau
des salaires. Pour de'tourner aux de'pens des surexploite's la cole`re des
exploite's, on cre'e une atmosphe`re de'testable de de'lation et de
flicage, a` coup d'amalgames et de plans vigipirates.

=8Aet re'sistance a` la base
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Mais ici ou la`, des actes de re'sistance se manifestent, comme le refus du
personnel au sol se'ne'galais et malien de permettre l'aterrissage des
"Charters de la honte", ou encore a` Chatillon-Saint-Jean (Dr=F4me) ou` une
soixantaine d'habitants ont manifeste' devant un commissariat ou` e'tait
retenu un guine'en en instance de reconduite a` la frontie`re. Quand les
" clandestins " ont un visage, qu'on a appris a` les connaitre et a` vivre
avec eux, il arrive assez souvent qu'on se bouge, qu'on manifeste pour
empecher leur expulsion. De tels gestes permettent d'espe'rer que des
iniatives comme celles des sans-papiers et des sans-foyers puissent
rencontrer un jour plus de soutien de la part de la population. Ce sont de
telles initiatives, venues de la base, des quartiers, des voisins et des
colle`gues de travail, bien davantage que l'agitation publicitaire
d'organisations de spectacles antiracistes, qui permettront d'enrayer la
xe'nophobie d'Etat et le climat raciste qui re`gnent dans ce pays. Ce sont
de telles initiatives autonomes que le Collectif "Des Papiers pour Tous"
s'emploiera a` faire connaitre et a` soutenir.

[Extrait du bulletin du Collectif "Des papiers pour tous",
nume'ro 2, 16 septembre 1996]

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EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE
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Il a fallu 5 mois pour que le collectif de Saint-Ambroise brise le mur de
l'indiffe'rence et ouvre la voie au de'veloppement d'un mouvement autonome
des sans papiers. Celui-ci tente de'sormais de se structurer en
coordination nationale de collectifs locaux et en coordinations
re'gionales. Nous sommes encore a` l'ore'e de ce combat pour que les
"mauvais immigre's" ne soit plus la proie de fonctionnaires
collaborationnistes et de leurs employeurs. OEuvrer pour de prestigieuses
entreprises a` la consolidation du be'ne'fice du commerce exte'rieur ou a`
la satisfaction des besoins locaux de salarie's au temps de vie colonise'
par le travail, telle est la fonction productive assigne'e a` ces
travailleurs invisibles que sont les clandestins, figure emble'matique
d'une pre'carite' du travail qui se ge'ne'ralise. Pour faire aboutir ses
revendications imme'diates - re'gularisation globale des sans papiers,
moratoire des expulsions, libe'ration des prisonniers, retour des expulse's
-, la coordination nationale et les coordinations re'gionales travaillent
a` la construction et a` l'extension du mouvement.

La cre'ation partout en France de nouveaux collectifs de sans-papiers, le
recueil de nouveaux dossiers, l'e'mergence publique de fractions immigre'es
jusqu'a` la` discre`tes sont les conditions requises par la construction
patiente de nouvelles communaute's de lutte. Seules de telles agre'gations
collectives peuvent etre a` memes d'opposer un rapport de force re'el a`
l'Etat. A ce jour, le pays compte une quarantaine de collectifs de sans
papiers et 3 coordinations re'gionales (Re'gion parisienne, Bretagne,
Languedoc Roussillon). La journe'e du jeudi 12 septembre a vue se de'rouler
des manifestations dans toute la France, occupations d'administrations
auxquelles ont affaire les sans papiers; ainsi re'quisitions de locaux
vides. Cette journe'e marque une e'tape dans un processus de remise en
cause de l'ensemble de la "politique d'immigration" depuis 20 ans. L'action
du "Troisie`me collectif de Paris", s'inscrit dans cette logique. Ce
collectif a vu le jour de'but septembre a` l'initiative de la coordination
re'gionale. Il regroupe actuellement 350 sans papiers de 22 nationalite's
et des militants et militantes de la LDH, de l'ATMF (Association des
Travailleurs Marocains en France), de l'ATT (Association des Travailleurs
Turcs) et du Collectif "Des Papiers pour Tous".

Pour sa premie`re action publique le 12 septembre a` Paris, le Troisie`me
collectif a occupe' pendant la journe'e le Centre d'accueil des e'trangers
demandeurs d'asile qui de'pend de la Pre'fecture de Paris. Vers 11 h, 200
personnes, dont 120 sans papiers ont investi les locaux en exigeant de
rencontrer un responsable de cette administration. Venus en nombre, les
policiers ont du se contenter du r=F4le de spectateurs, leurs be'taille`res
sont reste'es vides. Le sous directeur aux e'tranger de la Pre'fecture, J.P
Gardiola, a fait le de'placement pour entamer des ne'gociations. Apre`s
avoir e'coute' l'expose' de la situation et les revendications des
de'le'gue's des sans-papiers, ce haut fonctionnaire en charge du dossier
des e'trangers a demande' que le collectif formule par e'crit les crite`res
sur lesquels le re'examen des dossiers de sans papiers devait etre
effectue' en vue de la re'gularisation.

Cette action signe l'acte de naissance du collectif. La pre'sence massive
et remarque'e de ressortissants d'une Chine populaire dont les premiers
repre'sentants e'taient apparus en juin dans les manifestations pour la
re'gularisation ouvre une pe'riode nouvelle des luttes de l'immigration.
L'Etat franc,ais a si bien saisi le pe'ril de cette e'mergence (imaginez
l'effet tienanmesque d'un simple projet de charter vers Pe'kin!) qu'il a
de'ja` envoye' ses cadors fliquer Belleville et le 11eme arrondissement.
Les traducteurs, les juristes, les militants de'sireux de soutenir la lutte
des sans papiers sont invite's a` nous rejoindre pour contribuer a` la
structuration et au renforcement de ce troisie`me collectif. D'autres
fractions de l'immigration sont sur le point d'entrer en lutte. Le
mouvement regroupe aujourd'hui, plusieurs milliers de sans papiers, mais le
nombre de ceux et de celles qui demeurent dans l'ombre reste conside'rable.

Plus que jamais, I'auto-organisation du mouvement des sans papiers est une
ne'cessite'. Deux e'che'ances vont rythmer cette construction, le 18
septembre, la rencontre des sans papiers avec les parlementaires europe'ens
a` Strasbourg peut etre accompagne'e de multiples manifestations locales.
Le 28 septembre la manifestation de Paris a` l'appel de la coordination
nationale doit exprimer la ge'ne'ralisation du mouvement.

[ Extrait du bulletin du Collectif "Des papiers pour tous", 16 septembre=
1996 ]

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=46IN - [1/2]
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