(fr) ContreInfosEcn#12 [2/2]

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Sun, 29 Sep 1996 03:31:10 +0200


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LILLE, ACTION EN COURS !
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=C0 Lille, la lutte des sans-papiers est ne'e sous la conduite d'un re'seau
local d'associations (notamment, la LDH, la LCR, le Mrap, le collectif pour
la de'mocratie en Alge'rie... ) constitue' en 1993 avec pour objectif
l'abrogation des lois Pasqua. Cette lutte, limite'e de juin a` aout au cas
des parents e'trangers d'enfants franc,ais, a pris la forme d'une gre`ve de
la faim de 13 pe`res de familles. Stoppe'e par les engagements de
re'gularisation, cette premie`re e'tape a de'bouche' sur une situation
incertaine, la Pre'fecture faisant trainer les ne'gociations autour des 269
dossiers de parents d'enfants franc,ais de'pose's par les associations. =C0
la suite de l'expulsion de Saint Bernard, le 23 aout , un Comite' de
sans-papiers se constitue sur la base des mots d'ordre de la Coordination
nationale des collectifs de sans-papiers. Les 40 personnes qui le
composent, et c'est la` une diffe'rence importante avec Saint-Bernard, ne
se connaissaient pas auparavant.

Ces personnes ont d'abord manifeste' une he'sitation a` aller au-dela` de
la logique des ne'gociations sur une cate'gorie spe'cifique de sans
papiers, mais leur de'termination a` sortir de l'ombre s'est renforce'e au
fil des jours.

Accueillies par la Pastorale des migrants dans une salle de mission
e'vange'lique, elles y sont demeure's pre's de 15 jours dans des conditions
rendant l'organisation de la lutte tre`s difficile (15 personnes maximum du
fait du manque de place, pas de te'le'phone, pas de bruit apre`s 22
heures...) Depuis le 12 septembre, le comite' occupe un local de la Cimade
(avec son accord tardif), en plein quartier de Wazemmes, il regroupe
aujourd'hui 72 personnes. Depuis que des diffusions de tracts ont e'te'
organise'es afin d'appeler tous les sans papiers a` rejoindre la lutte on
compte 5 a` 10 personnes de plus par jour. La lutte en est probablement a
un tournant: tout de'pendra de la capacite' du comite' a` instaurer une
confiance re'elle entre ses protagonistes.

Le 14 septembre
Collectif "Des Papiers pour Tous" de Lille

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LA LONGUE LUTTE DES SANS PAPIERS A LILLE
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Cela fait maintenant plus de 20 ans que les immigre's sans papiers luttent
pour faire reconnaitre leur droit a` rester en France.

A Lille, de'ja` en 1974, des immigre's gre'vistes de la faim occupe`rent
l'Eglise Sainte Catherine pour lutter contre les expulsions.

Entre 1974 et 1981, sous la pre'sidence de Giscard d'Estaing, I'Etat
franc,ais s'inge'nie a` mettre de nouvelles barrie`res a` l'entre'e des
immigre's: lois Bonnet-Barre-Stole'ru contre les e'tudiants e'trangers,
instauration de la fameuse "aide au retour" qui vise a` empecher les
travailleurs immigre's licencie's ou retraite's de percevoir leurs droits.
A Lille comme ailleurs des luttes ponctuelles vont se de'rouler contre ces
mesures et les expulsions qu'elles entraine`rent.

En 1981 I'arrive'e de Mitterand marque un changement: certaines
revendications avance'es de longue date sont satisfaites: obtention de la
carte de 10 ans, reconnaissance du caracte`re non-transitoire de la
pre'sence en France de toute une se'rie de personne d'origine e'trange`re
(non expulsabilite' des mineurs...).

Intervient aussi la "re'gularisation des sans papiers". Alors qu'on
estimait leur nombre entre 300 et 400 000, 140 000 personnes se
pre'sente`rent dans les pre'fectures, 90 000 obtinrent leur
re'gularisation. Ceci ne se fit pas sans mal: la loi exigeait une pre'sence
en France depuis plus d'un an et un contrat de travail d'au moins 12 mois.
Ces conditions, difficiles a` re'unir pour ceux qui avaient passe' la
frontie`re clandestinement ou qui travaillaient au noir ou de manie`re
pre'caire (saisonniers, marchands ambulants), allaient provoquer des luttes
importantes.

[ Extrait de "Apatride", bulletin lillois de soutien a` la lutte des sans
papiers , nume'ro 1, 21 septembre 1996 ]

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ETES VOUS COLOMBOPHILES?
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C'est avec Le soutien actif de L'ASTI (Association de Soutien aux
travailleurs Immigre's), de L'ATMF (Association des travailleurs Marocains
de France) et du GISTI (Groupe d'information et de soutien aux travailleurs
Immigre's) que Le Collectif des sans papiers de Colombes ont investi depuis
Le 12 septembre une maison de quartier de'saffecte'e au 10 rue Jules
Michelet a` Colombes dans Les Hauts de Seine. Le comite' de soutien s'est
e'largi au point inclure des groupes politiques (PS, Verts) de La majorite'
municipale (PCF) qui connait un porte a` faux similaire a` celui qui a
conduit Brard a` envoyer La police contre Les sans foyers de Montreuil.
Sauf qu'il s'agit ici d'une Lutte pour Les papiers que Le PCF entend
soutenir depuis que Les me'dias ont, Lors de L'occupation de Saint Bernard,
pousse' Les forces de La gauche institutionnelle a` une attitude plus
re'ceptive a` ces luttes de l'immigration.

A Colombes 89 dossiers de demandes de re'gularisation ont e'te' de'pose's
en Pre'fecture et ce sont pour L'instant 400 dossiers au total qui sont en
voie de constitution. Chaque jour qui passe contribue a` faire de cette
maison du pre'caire quartier des Fosse's Jean un Lieu de passage
incontournable pour Les sans papiers des environs qui rejoignent Le
collectif. La Pre'fecture, inquie`te de cet e'largissement semble
actuellement faire mine assouplir sa position. Voila` ou` en est La Lutte
pour La re'gularisation a` Colombes, a` vous de de'couvrir La suite et d'y
contribuer. Pourquoi ne pas commencer par une visite?

[ Extrait du bulletin du Collectif "Des papiers pour tous",
nume'ro 2, 16 septembre 1996 ]

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EN BRETAGNE, UNE COORDINATION DES COMITE DE SOUTIEN
AUX INCULPES DU DROIT D'ASILE
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Une histoire ancienne En Bretagne un mouvement de solidarite' s'est
de'veloppe' depuis quatre ans sans beaucoup d'e'cho. En 1992, l'Etat
franc,ais aux ordres du PS avait de'cide' de liquider l'he'bergement en
Bretagne des re'fugie's basques. Ceux-ci fuyaient les tortures de la
Guardia Civil au sud des Pyre'ne'es et les escadrons de la mort du GAL au
nord (responsables de 27 morts et 28 blesse's entre 1983 et 1987). En juin
1981, le ministre de l'Inte'rieur franc,ais Deferre pre'sentait les basques
de l'ETA comme des "re'sistants", mais en 1983, les "re'sistants"
devenaient des "terroristes"... le PS e'tait a` Paris et le PSOE a` Madrid,
la France vendait son TGV a` l'Espagne. La torture a continue' dans les
casernes de la Guardia Civil, les commandos de la mort du GAL, commandite's
par Madrid avec l'accord de Paris et l'aide de policiers franc,ais
corrompus, se sont de'chaine's contre les re'fugie's au Pays basque nord.
Aussi, la population bretonne ne changea pas d'habitude a` l'e'gard des
re'fugie's basques.

Le pouvoir face a` la solidarite'
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L'Etat franc,ais de'cidait en 1982 de trancher cette solidarite' en
criminalisant massivement les he'bergeants. Depuis 4 ans, pre`s de 200
personnes ont e'te' arrete'es ou interroge'es en Bretagne, avec brutalite's
policie`res et vexations gratuites pour les intimider et faire leur peur.
Mais contrairement a` l'attente du pouvoir (qui stigmatisait les inculpe's
sous l'accusation de "terrorisme" comme il stigmatise les sans-papiers en
les traitant de "re'fugie's e'conomiques"), une re'sistance s'est
organise'e.

Actuellement, une quinzaine de comite's participent a` une coordination, un
bulletin disponible par abonnement (1) est diffuse' une contre-information
est faites dans de tre`s nombreux rassemblements en Bretagne. Mieux, la
coordination contre-attaque puisqu'elle pointe la collaboration entre Paris
et Madrid qui se traduit par la poursuite de la livraison aux tortionnaires
espagnols des re'fugie's basques arrete's dans l'Hexagone. Le dernier cas
connu est celui de Luis Iruretagoiena, expulse' le 8 juin 1996 sans que
l'Espagne ait demande' son extradition et qui a e'te' remis a` la Guardia
Civil : torture' pendant les quatre jours de sa garde a` vue
(e'lectricite', suffocation par poche en plastique, coups), il a ensuite
e'te' mis au secret. Reconnu innocent, il a e'te' remis en liberte' ! C'est
bien une politique de'libe're'e de terreur contre les militants basques qui
s'est de'veloppe'e. A ce sujet, la politique de l'Etat espagnol a` l'e'gard
des sans papiers n'est pas plus progressiste; cet e'te' des "clandestins"
drogue's par les flics ont e'te' livre's par charter a` leurs pays
d'origine, et certains ont e'te' fusille's a` leur arrive'e, d'autres ont
disparu.

=46ace a` cette politique de terreur, il est important de savoir que la
mobilisation paye. Ainsi, lorsque la coordination des comite's bretons a
mene' campagne lors de l'extradition de re'fugie's basques, ceux-ci ont
e'chappe' a` la torture et ont e'te' remis a` l'autorite' judiciaire.
Petite victoire mais qui prouve que les pouvoirs franc,ais et espagnols ne
se sentent pas trop libres de massacrer lorsqu'ils savent qu'un soutien
exte'rieur aux personnes pour suivies s'exerce, pret a` de'noncer leur
actes.

Le proce`s tu droit d'asile
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En novembre 1995, pre`s de 80 personnes sont passe'es en proce`s a` Paris
pour accusation de terrorisme. Le jugement a lourdement frappe' les
re'fugie's mais a e'vite', a` une exception pre`s ( un an de prison ferme
pour une Bretonne), de sanctionner les he'bergeants - accuse's
d'association de malfaiteurs" - au dela` des de'tentions pre'ventives
de'ja` applique'es. La` aussi, il apparait que la mobilisation des comite's
bretons a pese' dans cette volonte' de de'samorcer l'escalade. Le but d'un
tel proce`s est de cre'er, par la peur, un vide autour d'e'ventuels
nouveaux re'fugie's basques. La re'pression qui frappe les Basques et leurs
he'bergeants sous couvert d'antiterrorisme est la meme qui frappera demain
les immigre's clandestins et ceux qui se montrent solidaires de leur sort.

Les attentats de l'e'te' 95 sont arrive' a` point nomme' pour permettre au
gouvernement de tenter de faire passer un projet de fichage informatise' de
l'ensemble des he'bergeants de ressortissants e'trangers, ce qui doit
repre'senter au moins plusieurs centaines de milliers de personnes. Ce qui
se passe en Bretagne indique le futur sort re'serve' aux ressortissants
hexagonaux trop solidaires des sans papiers. A Nantes, un couple de
militants antiracistes qui avaient fourni un certificat d'he'bergement a`
un immigre' za=EFrois a e'te' condamne' en septembre 96 a` 4 mois de prison
avec sursis et 3000 francs d'amende chacun, le certificat ayant e'te' juge'
de complaisance! Mais le mouvement de solidarite' bretonne enseigne aussi
que la re'sistance est essentielle et utile: toutes les personnes isole'es
ont subi un emprisonnement plus lourd que celles be'ne'ficiant d'une
solidarite' de la coordination.

Une rencontre tes luttes Dans les C=F4tes d'Armor, a` Rennes, Nantes,... des
comite's sont non seulement solidaires des re'fugie's basques mais aussi
des immigre's en ge'ne'ral. Ainsi a` Morlaix, le Collectif de solidarite'
avec les re'fugie's de Carantes qui s'oppose a` l'expulsion de trois
familles (bulgare, roumaine, za=EFroise) et le comite' de Be'gard coope`rent
activement. A Rennes, le comite' de soutien aux inculpe's du droit d'asile
participe a` des initiatives unitaires en faveurs des sans-papiers.

=46ace a` un meme ennemi qui se nomme la raison d'Etat, il est essentiel que
toutes les dynamiques de solidarite' et de tole'rance envers les re'fugie's
et les immigre's convergent pour arreter une de'rive juridico-policie`re de
l'Etat franc,ais menac,ant des liberte's aussi essentielles que le droit
d'asile et la liberte' de circulation, corollaires d'une donne'e politique
centrale; la situation de l'Autre, de l'Etranger, dans la socie'te'
hexagonale de cette fin de XXe sie`cle.

Correspondance Nantes

(1) 100 francs les 20 nume'ros : Comite' rennais de soutien aux inculpe' du
droit d'asile, 15 rue F.Chopin, Vezin-le-Coquet.

[ Extrait du bulletin du Collectif "Des papiers pour tous",
nume'ro 2, 16 septembre 1996 ]

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CONTACTS DIVERS
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Le collectif "Des papiers pour tous"
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21ter, rue Voltaire, 75011 Paris (Me'tro Boulet-Montreuil)
Te'l. 43 48 54 95 - Fax 43 72 15 77
http://www.anet.fr/~aris/dppt.html
Re'unions publiques les premiers et troisie`mes mardi du mois a` 19 heures.

Les Africains sans-papiers de St Ambroise
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32, rue du Faubourg-Poissonnie`re, 75010 Paris
Te'l. 02 42 46 27
http://bok.net/pajol/
Messages de soutien : pajol@bok.net

Coordination nationale des collectifs de sans-papiers
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21ter, rue Voltaire, 75011 Paris (Me'tro Boulet-Montreuil)
Te'l. 43 72 15 73 - Fax : 43 72 15 77

Informations en italien sur la lutte des sans papiers
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http:/www.ecn.org/lists/internazionale/

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=46IN - [2/2]
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Ecn c/o Reflex - 21 ter, rue Voltaire, 75011 Paris (France)
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