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Thu, 22 Aug 1996 18:03:53 +0200


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CONTRE INFOS
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22 aout 1996 / N- 10
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SPECIAL LUTTE DES SANS-PAPIERS

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OCCUPATION DU SIEGE DU RPR
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Le Collectif des papiers pour tous occupe aujourd'hui le sie`ge du RPR au
123 rue de Lille. Ce parti, croyant sans doute damer le pion au FN en
adoptant ses positions, n'a cesse' de pr=F4ner une issue re'pressive au
conflit en cours. Mais a` la collaboration re'pond toujours la re'sistance.
L'attitude intransigeante du gouvernement a e'choue' face a` la
de'termination des sans papiers en lutte. Une partie d'entre eux risquent
leur vie avec l'appui croissant de la population de ce pays.

Cette situation contraint l'=C9tat franc,ais a` chercher une porte de sortie=
.
La saisie du Conseil d'=C9tat, ou l'ouverture de "ne'gociations" au cas par
cas ne sont que des manoeuvres dilatoires qui visent a` esquiver la
question pose'e: ceux qui vivent ici doivent pouvoir le faire librement.
Nous re'affirmons notre refus de la politique xe'nophobe du gouvernement
qui fait de l'e'tranger un bouc-e'missaire. La libre circulation des
hommes et des femmes constitue une liberte' fondamentale que la circulation
de'bride'e des marchandises et des capitaux ne saurait faire oublier.

Nous exigeons donc que soit de'battue et vote'e une loi de re'gularisation
de tous les sans-papiers re'sidant sur le territoire. Fort de son
e'crasante majorite' a` l'Assemble'e Nationale, le RPR peut trouver la`
l'occasion de sortir de l'ornie`re collaborationniste dans laquelle il
verse. Tel est du moins l'espoir qui pre'side a` notre visite de
courtoisie.

Collectif "Des papiers pour tous"

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QUI SONT LES SANS-PAPIERS ?
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Nous, sans-papiers de "Saint-Ambroise", aujourd'hui re'fugie's dans
l'e'glise Saint-Bernard-de-la-Chapelle, avons engage' une lutte commune le
18 mars dernier, a` Paris, en occupant l'e'glise Saint-Ambroise, pour
attirer l'attention sur la situation aberrante dans laquelle nous placent
les lois discriminatoires et exiger notre re'gularisation.

Parmi nous se trouvent :

- des de'boute's du droit d'asile pre'sents en France depuis de longues anne=
'es
- des conjoints de franc,ais ou de personnes en situation re'gulie`re
- des couples a` qui on refuse le regroupement familial
- des e'tudiants e'trangers
- des parents d'enfants non franc,ais pourtant ne's ici
- des parents d'enfants franc,ais

Purs produits des textes en vigueur depuis une dizaine d'anne'es, qui,
re'forme apre's re'forme, ont tous en commun d'empecher de plus en plus
d'e'trangers d'obtenir des papiers quand ils ne cherchent pas, comme les
lois Pasqua-Me'haignerie-Toubon et l'actuel projet de loi Debre', a`
retirer des papiers a` ceux qui en posse'dent nous, e'trangers en lutte, ne
sommes pas des clandestins. Nous sommes des sans-papiers qui, a` plusieurs
reprises, avons essaye' d'obtenir la carte de se'jour et l'autorisation de
travail auxquelles nous avons humainement droit. Notre situation n'est
nullement l'expression d'un gout immode're' pour la clandestinite'.

Aujourd'hui en France, pour un sans-papiers, vivre est un ve'ritable
parcours du combattant.

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DES PAPIERS POUR TOUS ET TOUTES
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Le collectif "des papiers pour tous" est ne' lors du mouvement des
sans-papiers de St-Ambroise. Il regroupe des membres des collectifs Apache,
Cargo, OCL, REFLEX-SCALP, Travailleurs-ch=F4meurs-pre'caires en cole`re, des
squatters, des e'tudiants du local Tranxhaine de Censier et du CLAP 8 de St
Denis, ainsi que des personnes inorganise'es. Le collectif s'est cre'e' en
re'action aux manoeuvres des associations lors du mouvement de St-Ambroise,
qui ne laissaient personne d'autres qu'elles participer au soutien aux
sans-papiers (sauf pour servir de main d'oeuvre sans prendre part aux
de'cisions).

De plus nous e'tions en de'saccord avec leur fac,on de concevoir la lutte :
contre la logique du cas par cas, qui est celle de la division entre bons
et mauvais e'trangers, et pour une lutte collective qui rassemble tous les
e'trangers victimes de la xe'nophobie d'Etat; plut=F4t que la lutte
humanitaire, nous mettions en avant une lutte politique et la constitution
d'un rapport de force conse'quent pour pouvoir imposer la re'gularisation
collective a` l'Etat.

Le collectif "Des papiers pour tous" s'est organise' autour de deux axes:
le suivi des luttes et une prise de contact avec les associations de
soutien aux e'trangers (une formation avec le groupe d'information et de
solidarite' avec les travailleurs immigre's - GISTI - a eu lieu), et
l'initiative d'actions visant a` populariser le soutien aux sans-papiers:
venue des de'le'gue's de Pajol dans les facs de Censier, Tolbiac, St-Denis,
journe'e de soutien a` la fac de St-Denis avec expos, meeting, concert;
fete de soutien a` la Butte aux Cailles (13e), ainsi qu'une se'rie
d'actions visant a` interpeller et de'signer les participants a` la radio
Skyrock, l'occupation d'une ANPE a` Denfert-Rochereau (14e) ou` un
guet-apens policier avait e'te' monte'e contre un sans-papier, l'occupation
de l'agence commerciale d'Air France sur les Champs-Elyse'es pour de'noncer
la participation de la compagnie aux expulsions, l'occupation d'une annexe
de la Pre'fecture de police de Paris traitant des e'tudiants e'trangers,
d'ou` certains se sont fait parfois emmene's en centres de re'tention puis
expulse's. (L.V.)

Article extrait de "No Pasaran!", numero 38, juillet-aout 1996

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NON AUX EXPULSIONS !
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Des centaines d'e'trangers sont entre's en lutte depuis cinq mois.
L'exigence d'une re'gularisation des sans-papiers a de'ja` suscite' une
vingtaine de luttes locales. Alors que dix d'entre eux sont en gre`ve de la
faim depuis maintenant 50 jours, la solidarite' ne cesse de se de'velopper,
allant jusqu'a` e'bre'cher le consensus be'tonne' des partis politiques
institutionnels sur le pre'tendu proble`me de l'immigration.

Le gouvernement franc,ais attend-il un mort ? Apre`s avoir mis fin aux
ne'gociations, il a choisi la re'pression en hospitalisant de force les
sans-papiers a` leur 39e`me jours de gre`ve. La menace permanente d'une
expulsion massive plane sur le principal p=F4le de la lutte. Mais si le
mouvement commence' le 18 mars a` Saint-Ambroise a permis de rompre le
silence me'diatique quant aux conditions de survie impose'es aux plus
pre'carise's d'entre nous, l'Etat franc,ais s'est, lui, enferme' dans la
grisaille de ses bureaux et distille son discours monotone. "Il n'y aura
pas de re'gularisation, (...) je ne peux pas violer la loi, (...) ce n'est
pas parce qu'on est dans l'ille'galite' qu'on est au dessus des lois"
ergote ainsi Debre' ze'ro. Le Ministre de la Re'pression inte'rieure feint
d'oublier que ces principes sont loin de s'appliquer a` tous: son chef de
Gouvernement, n'est-il pas me'daille d'or du de'tournement de m2 parisiens.
Lorsque ce meme premier ministre dit vouloir envoyer "un signal fort dans
les pays d'immigrations", tout porte a` se demander s'il compte le faire a`
coup de cercueil.

Une poigne'e de personnes sans identite' le'gale se sont dresse'es contre
les politiques xe'nophobes mises en place depuis 20 ans. Car, au dela` de
la revendication de la re'gularisation, ces luttes remettent en cause tant
les lois Pasqua et Joxe, que la circulaire Sauve'-Marchand ou l'application
de la double peine (prison puis expulsion). Bref, c'est toute la manie`re
dont le the`me de l'immigration est utilise' qui est remis en question. Le
"proble`me de l'immigration" est exploite' pour renforcer la concurrence de
tous contre toutes. Lorsqu'il fabrique des clandestins ou interdit le Rmi
aux moins de 25 ans, l'Etat tient un r=F4le de premier plan dans ce
me'canisme d'atomisation et de production d'ine'galite'. En restant
intransigeant, le gouvernement s'imagine servir ses inte'rets e'lectoraux.
Mais a` croire limiter la monte'e du FN en chassant sur ses terres, il ne
fait qu'appliquer progressivement le programme lepe'niste.

La position tie`dement humanitaire du PS et de ses satellites, qui se
contentent de mendier la re'ouverture des ne'gociations et la
re'gularisation selon des crite`res restrictifs, participe de la meme
logique. Chacun refuse de se poser la question fatale: la liberte' de
circulation des hommes et des femmes doit-elle etre de'finitivement
sacrifie'e au nom du capitalisme et de ses conse'quences, ch=F4mage,
exclusion, mise`re mondialise'e.

Et si demain d'autres foyers de luttes s'organisent, si des milliers de
sans-papiers et autres sans-droits sortent de l'ombre, que leur
proposera-t-on ? Leur enverra-t-on les nouveaux CRS-Robocop pour sauver les
grands principes de la Re'publique ? Car ceux-ci sont bien menace's. Un
syste`me mondial qui, tandis que la production de richesses ne cesse de
croitre, laisse crever des centaines de millions de personnes, en gre`ve de
la faim quasi-permanente, et construit l'apartheid dans les banlieues de
ses villes, ne peut espe'rer se maintenir exempt de contradictions
explosives.

Entre deux nuits a` Saint-Bernard, pour de'battre des perspectives ouvertes
par la lutte des sans papiers, imaginer de nouvelles initiatives...

27 aout 1996
Collectif "Des papiers pour tous"

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BREVE CHRONOLOGIE DE LA LUTTE
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* Lundi 18 mars 1996
Arrive'e des Familles a` 10 heures a` Saint-Ambroise.

* Mercredi 20 mars 1996
Expulsion de l'e'glise Saint-Ambroise a` 5 heures.
Arrive'e a` 15 heures au gymnase Japy.

* Dimanche 24 mars 1996
Expulsion du gymnase Japy a` 6h03.
He'bergement dans les locaux de la LCR. 79 personnes arrete'es.

* Lundi 25 mars 1996
Hebergement dans les locaux de Droits Devant !

* Mardi 26 mars 1996
He'bergement dans la salle paroissiale Me`re de la Mise'ricorde de'pendant
de l'Eglise Saint Jean-Baptiste de la Salle, 34 bis rue du Contentin.

* Mercredi 27 mars 1996
He'bergement dans les locaux de Sud-PTT.

* Samedi 6 avril 1996
Constitution du colle`ge des me'diateurs : les sans papiers sursoient a` la
gre`ve de la faim de'cide'e.

* Vendredi 29 mars 1996
Accueil, a` la Cartoucherie, des familles de Saint-Ambroise, ainsi que de
tous les militants.

* Mercredi 10 avril 1996
Arrive'e dans des locaux appartenant a` la SNCF, rue Pajol.
Cinq repre'sentants du colle`ge des me'diateurs sont rec,us au cabinet du
Premier Ministre.

* Mardi 16 avril 1996
Cre'ation d'un collectif "Des papiers pour tous".

* Samedi 20 avril 1996
Journe'e portes ouvertes a` Pajol.

* Lundi 22 avril 1996
Quatre repre'sentants des me'diateurs sont rec,us par le Directeur
ge'ne'ral de la Police.

* Mercredi 1er mai 1996
Demande d'audience au Premier Ministre.
Les Africains participent au de'file' du 1er mai 1996.

* Jeudi 2 mai 1996
Gre`ve de la faim de 43 hommes et 13 femmes parmi les Africains de Pajol.

* Lundi 6 mai 1996
Des repre'sentants des me'diateurs sont rec,us a` Matignon.

* Samedi 11 mai 1996
Marche des femmes et sit-in.

* Lundi 20 mai 1996
Des repre'sentants des me'diateurs sont rec,us par le Pre'fet de Police qui
leur remet 205 convocations pour les Africains.

* Mercredi 22 mai 1996
Les Africains suspendent leur gre`ve de la faim.

* Lundi 3 juin 1996
Confe'rence de presse des mouvements de sans papiers : mise en place d'une
Coordination nationale.

* Samedi 15 juin 1996
Manifestation contre le racisme. De Bastille a` Nation, environ 6000
personnes de'filent avec la participation des Africains.

* Samedi 22 juin 1996
Manifestation des Africains de la Re'publique a` Pajol.

* Mardi 25 juin 1996
Occupation de la Mairie du 18e arrondissement de Paris.

* Mercredi 26 juin 1996
Des repre'sentants des me'diateurs sont rec,us a` Matignon pour
communication des re'sultats de la me'diation.
Communique' du Ministe`re de l'Inte'rieur. Seuls 22 des 205 " sans-papiers
de Saint Ambroise " qui ont de'pose' un dossier seront re'gularise's,
temporairement, en recevant une carte de se'jour valable un an. Les autres
ont un mois pour quitter le territoire.

* Vendredi 28 juin 1996
Une partie des Africains "sans papiers" de la rue Pajol occupent l'e'glise
Saint-Bernard-de-la-Chapelle (18e arrondissement de Paris).

* Lundi 1er juillet 1996
Confe'rence de presse des me'diateurs a` la Cartoucherie de Vincennes. Les
me'diateurs annoncent :
- la tenue d'assises nationales "Pour une nouvelle politique de
l'immigration" a` l'automne prochain,
- l'envoi a` Jacques Chirac d'une demande d'audience.
=C0 l'e'glise Saint-Hippolyte a` Paris (13e`me arrondissement), des
"sans-papiers" entament une gre`ve de la faim.

* Mercredi 3 juillet 1996
Manifestation de soutien aux " sans-papiers ". Entre 1500 et 2000 personnes
ont de'file' a` Paris, de Belleville a` la Place de la Nation.
Les gre'vistes de la faim de Saint-Denis (14 jours de jeune) e'taient
pousse's dans des fauteuils roulants. De nombreux e'trangers d'origine
asiatique s'e'taient joints a` la manifestation.

* Vendredi 5 juillet 1996
Dix Africains commencent une gre`ve de la faim a` Saint-Bernard.

* Mardi 9 juillet 1996
Circulaire du Ministe`re de l'Inte'rieur reprenant les circulaires des 5
mai et 13 juin 1995 : les pre'fets sont une nouvelle fois invite's a`
re'gulariser les situations de parents e'trangers d'enfants franc,ais.

* Mercredi 10 juillet 1996
Vingt-et-unie`me " charter " de l'actuel Ministre de l'Inte'rieur
Jean-Louis Debre' (75 e'trangers maliens et marocains sont expulse's du
territoire franc,ais).

* Vendredi 12 juillet 1996
18h. Rassemblement Place de la Re'publique a` Paris et devant la Boursedu
Travail. Les de'le'gue's des " sans papiers de Saint-Ambroise " annoncent
qu'une partie d'entre eux vont occuper les locaux de la Bourse du Travail
pendant le week-end.

* Mardi 16 juillet 1996
Au 11e`me jour de leur gre`ve de la faim, la Pre'fecture de Police de
Paris impose aux gre'vistes de Saint-Bernard la visite quotidienne d'un
me'decin du SAMU (en mai, une gre`ve de la faim de 21 jours n'avait
suscite' aucune re'action de la Pre'fecture). Me'decins du Monde, qui
suivait jusque la` les gre'vistes, publie a` cette occasion un bulletin de
sante'.

* Samedi 20 juillet 1996
A 9h, a` la Bourse du Travail a` Paris, premie`re re'union de la
Coordination nationale des mouvements des "sans papiers", qui se termine en
fin d'apre`s-midi Place de la Re'publique... sur la pelouse du square.
Communique' de presse.
Les occupant de Saint-Hippolyte interrompent leur gre`ve de la faim (20e`me
jour de jeune).

* Mercredi 24 juillet 1996
Au 19e`me jour de jeune, l'e'tat de sante' de l'un des gre'vistes de
Saint-Bernard en crise d'hypoglyce'mie ne'cessite l'intervention du SAMU.

* Jeudi 25 juillet 1996
11h. Confe'rence de presse des "sans papiers" a` l'e'glise Saint-Bernard,
avec le philosophe Jacques Derrida.
18h. Manifestation pre'vue devant la Pre'fecture de Police de Paris (me'tro
Cite'), mais finalement interdite par les autorite's. Sur place,
e'ploiement important de forces de police et fermeture de la station de
me'tro.

* Mercredi 31 juillet 1996
2h du matin. Naissance de la petite Omou dans l'e'glise Saint-Bernard.
18h. Nouvelle tentative de manifestation devant la Pre'fecture de Police de
Paris, de nouveau interdite par les autorite's.

* Jeudi 1er aout 1996
Jusqu'a` l'aube, nuit de solidarite' avec les " sans papiers de
Saint-Ambroise ", qui deviennent expulsables a` partir du 2 aout
(expiration du de'lai d'un mois qui leur e'tait accorde' pour quitter le
territoire).
Dans la journe'e, Jacques Chirac a rec,u Fode' Sylla (pre'sident de
SOS-Racisme), et annonce' par cet interme'diaire impre'vu que les
situations des familles de Saint-Bernard seront re'examine'es au cas par
cas. Dans une lettre a` Henri Leclerc (pre'sident de la Ligue des Droits de
l'Homme) date'e du 30 juillet 1996, il informe celui-ci qu'il a demande' au
Ministre de l'Inte'rieur de le recevoir. Dans une lettre aux me'diateurs du
29 juillet 1996, il leur refuse l'audience que ceux-ci avaient sollicite'e.

* Lundi 5 aout 1996
Au 31e`me jour de gre`ve de la faim, les sans-papiers e'crivent une lettre
a` Jacques Chirac.

* Mercredi 7 aout 1996
17h. De'file' de la Tour Eiffel au parvis des Droits-de-l'homme place du
Trocade'ro rassemblant 1000 a` 2000 personnes. Une manifestation
silencieuse de protestation pre'vue de la place de l'Ope'ra a` l'=C9lyse'e a
e'te' interdite par les autorite's.

* Samedi 10 aout 1996
15h. Rassemblement de solidarite' a` Saint-Bernard. Les sans-papiers
offrent le the'.

* Lundi 12 aout 1996
6h. Quatre cars de CRS se garent pre`s de l'e'glise. Au 39e`me jour de
jeune, les dix gre'vistes de la faim sont emmene's de force, et re'partis
dans diffe'rents h=F4pitaux. Douze volontaires les remplacent, mais le soir,
les gre'vistes avaient tous rejoints l'e'glise Saint-Bernard pour
poursuivre le jeune.
8h. Rassemblement de soutien sur le parvis de Notre-Dame, re'unissant
lusieurs centaines de personnes.

* Mardi 13 aout 1996
Jeune de solidarite' avec les gre'vistes dans l'e'glise Saint-Bernard.

* Vendredi 16 aout 1996
Impressionnante veille'e de solidarite' a` Saint-Bernard. Des centaines de
personnes ont converge' a` l'e'glise et campent sur le trottoir. Deux
grandes tentes ont e'te' installe'es. Dans la journe'e, de nombreuses
personnalite's avaient rendu visite aux sans-papiers, parmi lesquelles
Danielle Mitterrand, Emmanuelle Be'art, Ariane Mnouchkine, Albert Jacquart,
Marina Vlady, Monseigneur Gaillot, Le'on Schwartzenberg, etc.
En signe de solidarite', certaines s'e'taient enchaine'es a` un
sans-papiers. D'autres encore ont passe' la nuit sur un matelas a`
l'inte'rieur de l'e'glise.

* Samedi 17 aout 1996
Nouvelle veille'e de solidarite' a` Saint-Bernard.
Six syndicats d'Air France (CFDT, SNPIT, CGT, UGICT, SNPNC, USPNT) efusent
toute utilisation des appareils de la compagnie ae'rienne pour des
expulsions de sans-papiers.

* Dimanche 18 aout 1996
Nouvelle veille'e de solidarite'. Durant le week-end, Jean-Louis Debre',
Alain Juppe', =C9ric Raoult ont de leur c=F4te' re'affirme' le refus de tout=
e
ne'gociation de la part du gouvernement.

* Mercredi 21 aout 1996
18h. Manifestation de Re'publique a` Saint-Bernard : plus de dix mille
personnes !

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=46IN - [1/1]
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