(fr) Depuis les salons de l'ouest parisien

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Sun, 28 Jul 1996 02:00:00 +0200


DEPUIS LES SALONS DE L'OUEST PARISIEN

Tout le monde se plaignait du silence de "nos" "intellectuelLEs",
"artistes", etc. face aux grands e've'nements de ce monde.

Depuis 25 ans, on ne les entendait plus gue`re, excepte' un petit sursaut
concernant la Yougoslavie. Apre`s etre revenu du stalinisme et/ou du
gauchisme, ils/elles ne trouve`rent rien a` redire a` quatorze anne'es de
politique libe'rale et xe'nophobe. Mais heureusement Marcos est arrive' sur
son destrier, pipe au bec, cartouchie`re a` l'e'paule, humour, poe'sie et
originalite' en sus. malgre' cela nos cherEs penseurs/ses n'ont commence'
a` s'inte'resser au Chiapas qu'avec l'annonce de la Rencontre
intercontinentale contre le ne'olibe'ralisme et pour l'humanite' (qui aura
lieu au Chiapas du 27 juillet au 3 aout), c'est a` dire en janvier 1996,
soit deux ans apre`s le soule`vement de l'EZLN.

De Touraine (ou` le grand e'cart parfait, puisqu'il encense la re'volte des
Zapatistes apre`s avoir nie', me'prise' et enterre' les gre`ves de
de'cembre) a` Danie`le Mitterand en passant par Debray, c'est a` qui se
montrera avec Marcos face aux came'ras, a` qui pondra une analyse sur cette
gue'rilla d'une nouveau type (ah ! bon, on n'avait pas remarque' !), a qui
dira "moi, j'y e'tais". On a meme eu le droit a` une pleine page dans Le
Monde a` la fin du mois de juin. Le comble, sachant que son correspondant
pour l'Ame'rique Centrale et le Mexique, Bertrand de la Grange, ne fait que
relayer la propagande du PRI (parti au pouvoir depuis bientot 70 ans).

Que des intellos de'blate`rent sur le dos de ceux et celles qui vivent les
choses, rien d'e'tonnant. Ils/elles sont paye'Es pour c,a. Qu'ils/elles se
re'approprient ce mouvement pour l'enfermer dans leur sche'ma politique est
habituel! mais reste tout de meme inacceptable.

On comprend aise'ment que les Zapatistes se trouvent dans une situation qui
les contraint a` rechercher le maximum de soutien. certes nous n'avons pas
a` de'cider a` leur place qui ils/elles doivent inviter. Mais nous nous
devons, pour le moins, de les mettre en garde contre des alliances
(contre-nature) avec des gens qui en France ont contribue' au
de'veloppement du ne'olibe'ralisme (ou du capitalisme au choix).

Ils/elles promettent nourriture, soutien moral, etc. aux Zapatistes alors
qu'ils/elles ont soutenu et/ou participe' a` quatorze anne'es de politique
conservatrice, libe'rale, raciste, d'une goche qui expulse, extrade,
pre'carise, emprisonne, assassine, vend des armes (tels les he'licopte`res
et les chars utilise's au Chiapas par l'arme'e fe'de'ral contre les
Zapatistes) .

Se montrer avec des mouvements progressistes qui luttent contre le
ne'olibe'ralisme a` plusieurs milliers de kilome`tres de l'Etat franc,ais
tout en fermant les yeux sur les ravages du capitalisme ici, qui dit mieux
?

Que peuvent apporter ces gens a` une rencontre internationale contre le
ne'olibe'ralisme, si ce n'est confusion et falsification ?! Le risque
qu'ils/elles soient nombreux/ses cet e'te' dans les Aguascalientes est
d'autant plus grand que ceux et celles qui luttent depuis le de'but n'ont,
eux, pas force'ment les moyens financiers d'y aller.

Si le Chiapas est maintenant un enjeu pour les "intellos", politicienNEs,
"artistes", etc., si on peut s'attendre au pire a` la rencontre
intergalactique, la re'sistance au capitalisme continuera, malgre'
eux/elles, ici et la`-bas et la solidarite' politique, e'conomique et
mate'rielle avec les communaute's Zapatistes perse've'rera quoi qu'il en
soit.

Des tricoteurs de cagoules,
Paname, le 8 juillet 1996