(fr) G7 - sur le neo-liberalisme [3/3]

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Sat, 25 May 1996 14:46:34 +0200


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CONFLITS_L
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V. IL Y A UNE ALTERNATIVE!

La publication du Livre Blanc co=EFncide avec une nouvelle offensive de la
droite ne'o-libe'rale, qui dirige notre pays vers une socie'te' toujours
plus ine'galitaire, sans solidarite', toujours plus livre'e au chantage des
posse'dants. Les re`gles e'conomiques de ce projet social, e'rige'es en
soi-disantes "ne'cessite's" priment syste'matiquement sur les objectifs
sociaux et e'cologiques. Nous affirmons qu'un projet alternatif de
socie'te' est possible, ne'cessaire, urgent.

La lutte pour un autre avenir combine force'ment des aspects de'fensifs et
offensifs. Il faut bien sur de'fendre les acquis mate'riels, les principes
et me'canismes de solidarite' qui ont atte'nue' les violences du
capitalisme, mais sans oublier que le "compromis" social-de'mocrate n'a
jamais mis en question l'exploitation en tant que telle, et encore moins la
surexploitation impe'rialiste du Sud. Il faut bien de'fendre certaines
fonctions de l'Etat, puisqu'elles repre'sentent (meme si tre`s mal) la
politique, les besoins de la socie'te', face aux exigences des maitres de
l'e'conomie. Mais il ne faut pas oublier que l'Etat a toujours e'te' tout
autant un instrument de re'pression et de manipulation au service des
memes. La vraie force de la socie'te' face au capital est dans sa capacite'
d'auto-organisation et de lutte.

Nous ne pouvons, ni ne voulons retourner en arrie`re. Le capital
multinational pose maintenant le proble`me social au niveau mondial. Les
Etats seront des champs de bataille essentiels, mais jamais une solution.
Si nous voulons de'fendre les acquis, ce n'est pas pour retourner en
arrie`re, mais pour avoir la force d' aller plus loin.

-- Se de'fendre. Contre la Puryfication de la pense'e!

Il faut avoir le courage de rompre les tabous de la "pense'e unique". Tant
que nous restons dans un syste`me capitaliste, il ne faudra pas moins mais
plus de re'glementation, de redistribution et de protection, car c'est
seulement par ces moyens qu'on peut lutter contre les tendances a` cre'er
l'ine'galite' inhe'rentes au syste`me capitaliste.

- Oui a` la re'gulation!

Peut-on "de're'glementer"? Il est e'vident que tout syste`me doit avoir des
re`gles. En re'alite', de're'glementer signifie que des re`gles prive'es,
de'finies par les entreprises les plus puissantes, supplantent les re`gles
publiques. C'est la substance meme de la de'mocratie qui est ainsi
attaque'e. Exemple, la cynique Loi sur le Travail, que le parlement vient
de voter. Si la collectivite' ne dit pas "On ne travaille pas la nuit et le
dimanche.", ce sont les patrons qui diront "Si tu veux un travail, tu
accepteras les horaires que nous imposons."

Autre exemple: la Commission Europe'enne a de'cide' que l'irradiation des
denre'es ne doit pas etre signale'e sur les emballages. Ainsi aveugle's,
"les marche's" imposeront cette nourriture a` tous.

Les ne'olibe'raux pre'tendent interdire les "inge'rences" politiques dans
l'e'conomie. Normal! Maitres absolus de l'e'conomie, ils veulent bloquer
toute intervention politique qui pourrait mode'rer leurs attaques contre
les salarie's du pays. Pour cela ils ne he'sitent pas d'employer des moyens
politiques! Le Livre Blanc propose un blocage absolu du budget et
l'inscription de l'e'quilibre budge'taire dans la constitution. De meme,
dans le domaine de l'e'nergie, ses auteurs s'attaquent aux timides efforts
entrepris pour encourager les e'conomies d'e'nergie, et comptent en tirer
de`s be'ne'fices supple'mentaires au de'triment de l'environnement.

Deux sie`cles de capitalisme, et notamment la re'gression des deux
dernie`res de'cennies, illustrent un fait e'conomique incontestable: le
marche' sans re'gulation ne trouve pas un "optimum" social. Il peut
sacrifier des ge'ne'rations entie`res a` la mise`re et au ch=F4mage, comme i=
l
peut de'truire l'environnement, ou encore disloquer le tissu- social et
culturel qui donne sens a` la vie humaine. Une e'conomie (surtout
capitaliste!) ne peut pas fonctionner sans re'gulation politique. Par
exemple, une re'duction significative du temps de travail, seule mesure
susceptible de vraiment enrayer le ch=F4mage, ne pourra se faire que par des
moyens politiques.

- Oui a` la redistribution!

Le marche' capitaliste est tout sauf juste. Depuis des anne'es les
ine'galite's se renforcent sans rapport avec un quelconque me'rite ou
e'quite'. L'ensemble des salarie's voient baisser leur part des richesses
produites, alors que rentiers parasitaires, spe'culateurs, grands commis du
capital et trafiquants divers roulent sur l'or.

Tant que l'argent ou la terre pourront "travailler" tout seuls pour des
proprie'taires qui dorment, il faudra bien une redistribution par l'Etat.
Pre'fe'reraient ils que nous venions de nuit avec un couteau reprendre
notre part?
Par son fonctionnement "naturel" le capitalisme accroit sans cesse
l'ine'galite'. Sans me'canismes de redistribution, il me`ne au de'sastre
social et e'conomique. Dans le passe', la redistribution, obtenue a`
travers un rapport de force politique, a e'te' indispensable pour assurer
suffisamment de pouvoir d'achat pour faire fonctionner le syste`me.
Aujourd'hui, alors que la mondialisation et la de'stabilisation des
me'tiers ont encore affaibli la position des salarie's, la redistribution
est plus ne'cessaire que jamais. Sans parler de l'ordre e'conomique plus
juste que nous devons cre'er, on ne sortira pas de la crise capitaliste
actuelle sans une redistribution massive de la richesse et du pouvoir
accapare's aujourd'hui par une infime minorite'. "Faire payer les riches"
est la seule solution re'elle.

- Oui a` la protection!

Il est important de savoir que les sacrifices impose's aux salarie's du
Nord ne be'ne'ficient qu'au grand capital multinational, et nullement au
Sud. Au contraire, ici comme la`-bas, un de'veloppement autocentre', une
large autosuffisance et la possibilite' de protection du marche' interne
seraient ne'cessaires a` un de'veloppement stable, oriente' en fonction des
besoins re'els de chaque pays ou re'gion.

Le fonctionnement meme du libre e'change produit syste'matiquement
l'appauvrissement relatif du pays ayant le travail le moins productif. Il
s'ave`re ne'faste, meme pour les pays du Sud relativement "bien places". Le
"miracle" du de'veloppement des "Maquilladoras", les usines de'localise'es
au nord du Mexique, (re'alise' avec une main d'oeuvre essentiellement
fe'minine dans des conditions proches de l'esclavage) s'est fait
paralle`lement a` la destruction de pans entiers des industries nationales,
la mise au pas des syndicats, l'expulsion des paysans de leur terres, etc.
Le marche' interne, l'autosuffisance alimentaire, et un de'but de
de'veloppement autocentre' ont e'te' de'truits en e'change... de la mise en
faillite du pays, la valeur des importations grandissant bien plus vite que
celle des exportations. Les sacrifices involontaires des ouvriers de
De'troit n'ont en rien profite' au prole'taires du Sud.

Il est vrai que les pays pauvres doivent pouvoir exporter pour survivre, et
ceci d'autant plus que le syste`me cre'e' une situation de de'pendance
croissante, mais cela est de loin insuffisant! Pour stopper l'he'morragie
de valeur, ils doivent pouvoir exporter en recevant un prix juste pour leur
travail. (Les zapatistes vont jusqu'a` revendiquer des salaires e'gaux pour
tous les ouvriers d'une multinationale, ou` qu'il se trouvent.)

Aussi bien les jeunes industries encore peu compe'titives du Sud, que le
niveau de vie des travailleurs du Nord, me'ritent une protection. Celle-ci
passera force'ment par une re'glementation des e'changes (notamment entre
partenaires ayant des niveaux de salaires et de productivite's tre`s
diffe'rents), une sorte de Clause Sociale au niveau des Etats, des re'gions
ou par accords internationaux.

Un premier pas serait l'imposition d'une taxe sur les mouvements
internationaux des capitaux spe'culatifs, propose' par le Prix Nobel
d'e'conomie, James Tobin.

-- Prendre l'offensive. D'autres valeurs que le chacun pour soi.

Pour nous, la lutte politique et syndicale n'est pas seulement une
re'gulation des tendances autodestructrices du syste`me capitaliste, c'est
aussi la preuve pratique, imme'diate, que les rapports de force
e'conomiques et la concurrence ne sont pas les seules fac,ons de re'gler
les relations entre les hommes et les femmes d'une socie'te'.

Occuper des logements vides en affirmant que "Le droit au logement passe
avant le droit a` la proprie'te'", de'fendre les besoins pre'ponde'rants de
la population contre les requins de l'immobilier, ou encore refuser une
e'lectricite' nucle'aire franc,aise qui menace la vie (meme vendue a` des
prix de "dumping") c'est mettre de'ja` la valeur d'usage, la qualite' de la
vie et des choses, avant leur valeur marchande.

Dire que tous les jeunes ont le droit d'etre forme's, inde'pendamment du
revenu de leurs parents, n'est pas seulement une politique de formation
avise'e et rentable pour le pays a` plus Long terme ("If you think
education is expensive, try ignorance!" Les ame'ricains ont essaye'.) C'est
dire que la culture (comme toute richesse sociale) est une cre'ation et une
proprie'te' collective de la socie'te', qui revient de droit a` l'ensemble
de chaque ge'ne'ration. Elle n'est pas seulement un "facteur de
compe'titivite'" ni un passe-droit vers les privile`ges re'serve' aux
enfants de M de Pury et ses accointances. De meme, on cherche explicitement
a` assujettir la recherche a` la seule poursuite d'applications
e'conomiques et d'avantages compe'titifs sur le marche' international. Ce
n'est pas seulement contre-productif a` long terme, c'est profonde'ment
de'cadent. Mais e'videmment, avec des universite's finance'es a` 90% par
les patrons (comme la Hochschule de St. Gall, haut lieu de la pense'e
ne'olibe'rale suisse), ceux-ci ne manqueront jamais "d'experts" pour
pre'coniser de nouveaux sacrifices en leur faveur! La concentration de la
presse 1' alignant toujours mieux sur la "pense'e unique", il ne reste qu'
a` mettre au pas les universite's.

Dire que les ch=F4meurs, les vieux ou les malades doivent etre soutenus par
la collectivite' c'est affirmer une solidarite', une responsabilite'
collective, que toutes les socie'te's humaines dignes de ce nom ont
toujours reconnues d'une fac,on ou d'une autre. Meme s'il participe parfois
aux tares de la socie'te' capitaliste - anonymat, centralisation,
hie'rarchie - "I'Etat paternaliste" qu'attaque de Pury a e'te' une re'ponse
a` la destruction par le de'veloppement capitaliste des filets de
se'curite' traditionnels de notre socie'te'. Chercher mieux, oui ! Eliminer
la responsabilite' collective au profit du chacun pour soi, non!

L'assurance ch=F4mage en particulier est la re'ponse aux mutations toujours
plus rapides et impre'visibles des demandes de main-d'oeuvre, et a`
l'e'limination massive de celle-ci. Ces processus, plus violents que
jamais, sont le re'sultat de de'cisions prises par M de Pury et ses amis,
en fonction de leurs seuls inte'rets financiers. Mais ils ne reconnaissent
aucune responsabilite' pour cela. Quelle dose de cynisme faut-il avoir pour
dire qu'il faut encore diminuer les allocations ch=F4mage pour "stimuler" la
re'insertion des ch=F4meurs, pre'sente's comme des parasites satisfaits de
leur e'tat, alors qu'on a pris soi-meme les de'cisions qui font qu'il n'y a
tout simplement plus assez de places de travail pour tout }e monde!

Dans la mesure ou` nous parviendrons a` imposer ou re'-imposer les
principes politiques d'e'quite', e'galite' et solidarite' (ce que M. de
Pury appelle de'daigneusement "la politique de 1' arrosoir") nous aurons
re'affirme' les droits de la politique sur l'e'conomie, ou plus exactement
les droits de la socie'te' sur ceux qui monopolisent son capital. En chemin
on aura de'ja` commence' a` sortir la socie'te' de la logique exclusive de
l'argent.

- Perspectives

Mais il faut viser plus loin encore. Le "mode`le" de socie'te' propose' au
monde est d'e'vidence socialement et e'cologiquement insoutenable.

Les re`gles de notre syste`me e'conomique rendent destructives les forces
techniques fabuleuses qu'il commande: dopage constant de nos industries
avec des de'penses militaires colossalement dangereuses et inutiles,
"agri-business" qui se`me la famine et les catastrophes e'cologiques a`
travers le monde, progre`s technique au service de la dislocation et de
l'asservissement social, la liste serait longue... et le serait encore plus
si cette "croissance" stupide reprenait pour de bon.

Pour que notre civilisation (le terme est peut-etre pre'somptueux) survive,
il faudrait s'attaquer d'urgence a` des de'fis mondiaux gigantesques. Les
militaires comptent de'ja` la`-dessus: au sie`cle prochain on s 'e'gorgera
par millions pour l'eau, qui manquera sur de vastes zones de du Moyen
Orient, d'Asie, d'Afrique et des Etats-Unis. La perte de terres arables
sera un proble`me tout aussi grave, sans parler de la de'mographie et
l'effet de serre. Mais la classe dirigeante, dans sa logique actuelle, ne
peut meme pas voir des proble`mes qui ne sont pas des marche's solvables.
La logique aveugle du capitalisme menace la vie de fac,on plus radicale que
jamais.

Nous ne pouvons pas nous contenter d'imposer une hypothe'tique "relance" de
leur e'conomie (qui du fait des progre`s de la productivite' ne
ge'ne'rerait de toute fac,on gue`re d'emplois), ou un retour au compromis
social d'apre`s guerre. Il faut une re'orientation de'cisive pour mettre
l'e'conomie au service des besoins sociaux, au lieu du contraire.

Les progre`s techniques et de productivite' sont des cre'ations collectives
de la socie'te'. Ils peuvent, doivent, etre utilise's pour re'duire le
temps de travail, laissant toujours plus de place a` d'autres formes
d'activite' sociale que le travail salarie'. De ce c=F4te' la` il y a de
vraies alternatives, aussi bien a` l'Etat qu'a` la consommation stupide.
Mais il faudra des luttes tre`s dures pour changer de cap.

Tous ceux qui refusent ou ont e'te' exclus de la course a` l'asservissement
peuvent chercher a` s'organiser, dans les "friches" cre'es par la crise,
pour organiser la re'sistance et faire vivre un mode`le alternatif de
socie'te'.

Les squatters, par exemple, cherchent a` s'organiser pour vivre autant que
possible en dehors de la logique dominante du travail, de l'argent et de la
consommation. Leurs luttes sont comple'mentaires a` celles pour le salaire
et la re'duction du temps de travail.

Les re'ponses au proble`me du ch=F4mage de longue dure'e (cre'ation
d'emplois, revenu minimum, etc.) seront un enjeu tre`s important. Au mieux,
celles-ci pourraient permettre d'expe'rimenter un nouveau secteur
d'activite' non marchand, un mode d'insertion sociale e'chappant au
salariat traditionnel. Au pire, elles donneront naissance a` une nouvelle
classe de travailleurs pre'caires et sous-paye's, comme en France, ou` des
dizaines de milliers de personnes remplacent au rabais des employe's des
administrations. De plus en plus de personnes seront expulse'es du travail.
Se laisseront-elles ge'rer sans une sorte de re'serve d'exclus, ou
pourront-elles saisir l'occasion pour e'laborer des relations sociales
nouvelles?

Au Sud, la production et les techniques doivent etre encore plus
radicalement re'oriente'es pour re'pondre aux besoins des peuples, et non
plus pour les asservir au marche' international.

- De`s maintenant, toute re'sistance est utile

Depuis longtemps chacun sent que les choses ne vont pas dans la bonne
direction, mais peut-on re'sister a` "l'ine'luctable" e'volution du monde
"moderne"?

Un ve'ritable changement de direction impliquera l'e'mergence d'une
re'sistance europe'enne et internationale qui est entie`rement a`
construire. Par de'finition, une telle re'sistance se construit partout,
donc ici. D'abord, il faut prendre conscience de la situation re'elle et
des inte'rets des camps en pre'sence, comme nous nous efforc,ons de le
faire avec ce texte.

Le changement passe ensuite par des actes de re'sistance encore isole's,
mais qui d'emble'e commencent a` modifier le rapport de force, car celui-ci
est moins e'conomique que politique (c'est a` dire dans la tete de chacun).
En premier lieu, la re'sistance de'truit les mystifications et les
fatalismes de la pense'e dominante re've`le les enjeux.

Seules les mobilisations et les luttes, dans la rue et les entreprises,
pourront secouer la re'signation et la "pense'e unique". Les de'marches
institutionnelles (re'fe'rendums, initiatives, etc.), seules, sont voue'es
a` l'e'chec.

Une re'sistance forte transforme imme'diatement les re'alite's
"ine'luctables". La gre`ve de de'cembre 1995 en France a probablement fait
chavirer la formule pre'vue pour la cre'ation de la monnaie unique, qui
impliquait un nouveau tour de vis dans les programmes d'auste'rite'.
"Ine'luctable" hier, il a suffit d'une gre`ve pour faire apparaitre la
possibilite' de retenir d'autres "crite`res de convergence" mone'taires.

Peut-etre le plus important: cette longue gre`ve de fonctionnaires, de
"garantis" du service public, loin, de s'alie'ner l'opinion, a suscite' une
solidarite' e'norme, malgre' les de'sagre'ments encourus. Les salarie's du
prive' ont compris que ceux du public, en se de'fendant, de'fendaient
l'inte'ret ge'ne'ral, et ont manifeste' par dizaines de milliers pour les
soutenir.

Apre`s les grandes gre`ves italiennes contre la re'vision de la retraite,
la gre`ve franc,aise est un signe. Les peuples d'Europe ont accorde' une
bien longue pe'riode de grace aux mystificateurs ne'olibe'raux. C'est
bient=F4t fini.

La re'sistance en encourage aussi d'autres. Au Mexique, par exemple, la
gre`ve en France a` e'te' perc,ue comme un encouragement, un renfort,
l'e'cho de leur "Ya Basta!" qui revenait enfin du Premier Monde.

En Suisse aussi la pense'e unique commence a` perdre son he'ge'monie. Des
re'sistances se de'veloppent, comme par exemple la mobilisation sans
pre'ce'dent de la fonction publique en pays de Vaud.

La force et les capacite's de travail en Suisse repre'sentent une richesse
e'norme pour les patrons, qu'ils n'abandonneraient pas si facilement qu'ils
le pre'tendent. Nous sommes donc bien place's pour re'sister a` leurs
bluffs et chantages. Face aux coups de force patronaux, en Suisse aussi
nous pouvons dire: "C,a suffit"

Y a-t-il un re'el espoir de pouvoir changer le cours des choses? On peut en
trouver un dans le caracte`re ine'luctable des proble`mes que l'humanite'
devra affronter. Il y a un espoir aussi dans la convergence objective des
inte'rets de luttes tre`s diverses: les conditions de travail au premier
monde, la de'fense de l'environnement, les luttes du Sud, des femmes, etc.
La mondialisation du pouvoir et de l'organisation capitaliste pourrait
faire apparaitre l'ennemi commun.

-En Suisse, le refus des"re'formes" de l'assurance ch=F4mage, du re'gime de
retraites ou du droit d'asile, le de'mante`lement des services publics et
les provocations militaristes ont de'ja` commencer a` regrouper des forces
diverses. Cependant, pour que les ve'ritables enjeux apparaissent et pour
que les forces s'unifient, il est essentiel que les batailles
particulie`res qui se livrent soient situe'es dans la perspective d'une
re'sistance a` un projet ne'o-libe'ral qui est mondial, et que les luttes
autonomes et particulie`res enrichissent en retour l'analyse d'ensemble.
Ainsi des antinucle'aires, des antimilitaristes, des locataires ou des
squatters, par exemple, devront apprendre a` se sentir re'ellement
implique's par une lutte syndicale ou une lutte des femmes, et vice versa.
De meme, les travailleurs du prive' peuvent se sentir solidaires du public
(comme lors des gre`ves en France). Pour l'heure, ce n'est souvent pas le
cas. La gauche est fractionne'e en couches, secteurs et pratiques diverses.
La socie'te' civile doit apprendre a` se parler et se comple'ter,
construire son unite' et sa force.

Quelques e'che'ances:

- En Suisse

Nous appelons plus particulie`rement la socie'te' civile entie`re a`
soutenir activement le re'fe'rendum contre la nouvelle loi sur le travail.
Ve'ritable provocation de la droite parlementaire, elle sera une bataille
importante dans une guerre longue -et qui devra se livrer aussi ailleurs
que dans l'isoloir!. (voir Loi sur le Travail)

Sur un autre front, une majorite' du parlement vient d'appeler a` lever
toute restriction sur les loyers et la spe'culation immobilie`re.

Par rapport au Sud, et notamment aux luttes du peuple mexicain, il faut
exiger du Conseil des Etats qu'il inclut dans la loi sur l'exportation de
mate'riel de guerre les avions Pilatus a` usage militaire. Depuis plus de
vingt ans ceux-ci sont utilise's pour re'primer les peuples en re'volte en
Afrique du Sud, Salvador,

Guatemala, et aujourd'hui au Mexique et en Birmanie. Il faut aussi que
soient rendus au peuple mexicain les centaines de millions de dollars
vole's par l'ex-pre'sident Salinas, et cache's a` l'UBS et autres repaires
bancaires du pays.

- International

Pour pre'parer la Rencontre Intercontinental contre le Ne'o-libe'ralisme,
convoque'e par les zapatistes, une Rencontre Europe'enne se tiendra a`
Berlin du 30 mai au 2 juin.
Une mobilisation importante contre la re'union du G7 (pays les plus
riches), qui se re'unit fin juin a` Lyon sur le the`me de l'emploi, sera
une occasion d'agir au niveau international. Plus de 150 organisations
appellent a` des rencontres et manifestations du 21 au 23 juin

Le Collectif "Re'ponse au Livre Blanc"

[ Texte extrait d'une brochure "Contre la puryfication de la pense'e" et
diffuse'e par le Comite' "Viva Zapata" de Gene`ve, en Suisse ]

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