(fr) G7 - Mondialisation

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Mon, 15 Apr 1996 16:07:33 +0200


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CONFLITS_L
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LA MONDIALISATION

Au sortir de la seconde guerre mondiale, se met en place un nouveau mode
d'exploitation qui s'est concretise par la consommation et la production de
masse. La pensee economique, de l'epoque, etait fondee sur les idees de
Keynes ; pour resoudre les crises engendrees par la surproduction - par
exemple la crise de 29 -, il importe de s'appuyer sur le marche interieur
que constitue l'ensemble de la population d'un pays. On assiste donc a la
mise en place d'economies nationales autocentrees en occident. =AB Y ont
contribue la recherche, sous l'egide de l'Etat, de la coherence et de
l'autosuffisance de leur appareil industriel, et le mecanisme meme de
regulation du fordisme , impliquant que la demande nationale s'adresse en
priorite a l'offre nationale. Inversement, en reaction a la crise latente
du fordisme qui se developpe a partir du milieu des annees 1960, on va
assister a une internationalisation croissante des marches : la part des
importations et des exportations va cro=EEtre dans le volume global des
echange, de meme que la part des investissements a l'etranger

Ceci ne sera pas sans consequence quant a l'organisation du monde :
l'instauration de la mondialisation de l'economie. On va donc assister a
une interpenetration et une interdependance accrues des economies centrales
(c'est-a-dire les pays du Centre) ; en complement la concurrence entre les
differents pays ne va cesser d'augmenter avec pour consequence la
specialisation de chacun d'entre eux : chacun tendant a se concentrer sur
ses secteurs competitifs.

Autre phenomene, le role de l'Etat s'est affaibli ; il n'a plus guere de
capacite d'intervention dans cette nouvelle variante du capitalisme : il ne
peut plus garantir une adequation nationale entre la sphere de production
et celle de la consommation. L'objectif est toujours d'offrir des
conditions d'exploitation de la force de travail les plus profitables pour
les investisseurs. Mais maintenant cela passe par une dereglementation des
conditions de travail (developpement du travail precaire) et par une
reduction drastique des co=FBts d'entretien et de reproduction de la force d=
e
travail (reduction des budgets sociaux - par exemple la sante -,
d'education=8A).

En outre l'investissement direct a l'etranger (IDE) a pris le pas sur les
echanges dans le processus d'internationalisation. "L'IDE est marque par
un degre eleve de concentration au sein des pays avances=8A Le recentrage a
lieu aux depens des pays en developpement." Le monde se construit autour
de trois poles hegemoniques et concurrentiels entre eux : le continent nord
americain (ALENA), l'Europe de Maastricht et le Japon avec le Sud Est
asiatique. Un veritable developpement separe se met en place a l'echelle de
la planete qui se fonde sur l'enrichissement toujours plus important des
regions et des secteurs deja riches et se situant dans la region dominante
et un appauvrissement grandissant, pouvant aller jusqu'a l'abandon, de
regions entieres.

Autre phenomene, les marches et les multinationales acquierent de plus en
plus de puissance, limitant a la portion congrue la realite du pouvoir que
detiennent les Etats ; ils ne peuvent plus determiner ni controler les
politiques monetaires, industrielles=8A =AB En 1990, les liquidites
concentrees entre les mains des fonds d'investissement mutuels (SICAV), les
compagnies d'assurances et les fonts de pensions atteignaient=8A 133 % du PI=
B
americain et 108 % du PIB britannique. La meme annee, les gestionnaires
americains et europeens de ces fonds (moins de 500 parmi ceux qui comptent)
concentraient entre leurs mains=8A 8 000 milliards de dollars. Meme si
environ 5 % seulement des fonds etaient investis a l'epoque sous forme de
portefeuilles de devises - cette proportions pourrait s'elever jusqu'a 12 %
en 1995 - ce sont 400 milliards de dollars que ce seul groupe d'operateurs
peut mobiliser. Des lors, on comprend que les 300 milliards de dollars, que
la Banque de France et la Bundesbank (la Banque d'Allemagne) coalisees ont
engages pour tenter de preserver le systeme monetaire europeen en juillet
1993, n'aient pas suffi pour arreter les attaques contre le franc et que
les banques centrales n'ont plus les moyens de "punir" les speculateurs. =BB
En clair les marches imposent de plus en plus leurs diktats ; ce sont eux
qui determinent les choix politiques en fonction des finalites qu'ils se
sont fixes ; ils detiennent ainsi le pouvoir et sur lequel aucun controle
ne peut etre exerce tant leur autonomie est grande. Les Etats deviennent de
gros ministeres de l'interieur charges de reduire les co=FBts de la force de
travail, d'en alleger les modes d'exploitation et de se doter des moyens de
repressions suffisants pour parer a toutes eventualites si les exploites et
les opprimes en viennent a remettre en cause cet ordre mondial.

Ainsi la democratie bourgeoise - ou parlementaire - n'est qu'une notion
vide de realite concrete. Le clivage droite/gauche n'a plus guere de sens ;
il se situe bien plus entre ceux qui defendent l'Europe de Maastricht et
ceux qui s'y opposent. Cette opposition traverse l'ensemble de la caste
politique faisant fi des frontieres entre les partis. Les
anti-maastrichiens sont pour la plupart reactionnaires voulant reconstruire
un Etat-nation fort ; cette "perspective" ne peut etre fonde uniquement sur
un renforcement du nationalisme et donc le recours a une economie
autocentree. Cela conduit a une impasse car ils ne pourront jamais lutter
contre la puissance des marches qui ont les moyens de detruire tous projets
allant a l'encontre de la mondialisation. La lutte contre celle-ci impose
la destruction du capitalisme en participant a la construction d'un
mouvement autonome vis-a-vis de l'Etat et de toute structure gestionnaire,
pour creer des alternatives au systeme marchand. Autrement dit, il nous
prendre nos affaires en mains, c'est-a-dire se donner les moyens de
conna=EEtre et ma=EEtriser ses conditions d'existence.

No Pasaran !

(1) Le fordisme est le mode d'exploitation que nous avons subi de la fin de
la seconde guerre mondiale jusqu'au d=E9but de la crise actuelle. Il se
traduit donc par l'instauration de la production et de la consommation de
masse avec comme corollaire le renforcement de l'Etat providence qui
permettait d'assurer un minimum vital pour les travailleurs : sant=E9,
logement, =E9ducation, etc.
(2) Pour en finir avec le Front national, A. Bihr, Syros 1992, page 108.
(3) La mondialisation du capital, F. Chesnais, Syros 1994, page 23.
(4) idem, page 20.

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