(fr) repression en allemagne

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Thu, 14 Mar 1996 20:01:33 +0100


PROCES CONTRE LES ANTIFAS ALLEMANDS

Le plus grand proces contre des antifas dans l'histoire de la RFA debutera
le 14 ao=FBt 1996 a L=FCneburg. 17 antifas sont accuses, en vertu de l'artic=
le
129 de la constitution, de creation d'une organisation criminelle en
reference a l'Autonome Antifa (M) de Gottigen en Basse-Saxe. Ce proces
etablirera si l'Autonome Antifa (M) est une organisation criminelle. Selon
le plus haut tribunal federal, le groupe constitue "une menace a l'ordre
public et a la securite", en organisant des manifs et des actions contre
les neofascistes. Les plaintes se concentrent sur 7 manifs ayant lieu entre
1991-94. A chacune d'elles ont participe plusieurs milliers de manifestants
de diverses couleurs politiques, empechant le fascisme de se repandre dans
la region. Les proces auront des consequences serieuses, non seulement pour
les accuse(e)s et la politique par l'Autonome Antifa (M), mais aussi pour
toute la gauche en RFA. Il s'agit d'un essai de rendre toute politique
antifasciste impossible. Si l'Etat gagne ce proces anti-antifa, toute autre
organisation antifascistes legale deviendra une cible de repression et le
droit de manifester seront restreints. Meme des organisations comme
Greenpeace pourraient etre poursuivies comme organisations criminelles.
Tandis que, dans la rue, les fascistes continuent a semer la terreur par
des attentats a la bombe et des meurtres, la Nouvelle Droite et les vieux
nazis font tourner leur machine de propagande, propageant ainsi des idees
fascistes dans les universites, dans les institutions subventionnees par
l'Etat et la radio. La police allemande figure de nouveau dans la presse
internationale, suite a un rapport d'Amnesty International accusant la
police d'etre raciste et s'appuyant sur des documents prouvant l'existence
de violences policieres sur des etrangers. Cependant, la Justice et les
services nationaux et federaux de police se donnent tous les moyens pour
reprimer les organisations gauchistes. Le travail antifa est combattu de
toutes es forces par la Justice et la police. Le directeur des RG
allemands, Joachim Bloch, declara en 1990 que l'antifascisme servait en
effet a diffamer la RFA et que "une democratie libre n'est pas une
democratie antifasciste". Les investigations et les proces montrent bien
jusqu'o=F9 l'Etat est pret a aller pour criminaliser des antifas. Deja, le
tribunal a fixe 131 dates de mise en examen pour la premiere annee de
proces. Le procureur de la Republique a introduit 115 classeurs de pieces a
conviction avec l'intention d'utiliser chacune d'elles. Comme les charges
se basent sur l'article 129, chacun des accuses doit prendre deux avocats.
Le tribunal a des difficultes a trouver un immeuble suffisamment grand pour
accueillir 17 accuses, 34 avocats, les temoins et le personnel de la cour.
La date initiale, fixe au 8 mai (ironiquement le 51e anniversaire de la
liberation du fascisme nazi) a du etre reporte afin qu'un manege puisse
etre transforme en salle d'audience. Ce plan echoua a la fin janvier, quand
la Justice denia les 300000 DM necessaires pour l'installation du
chauffage. 5 ans d'investigations par la police en Basse-Saxe sont a la
base des proces. Une brigade speciale, composee de 28 officiers de police,
a ete forme. Pendant des mois, des individus et des reunions des groupes
ont ete surveilles, parfois 24 sur 24. En tout juste 7 mois, 13929 appels
telephoniques ont ete enregistre et transcrits. 143 personnes ont ete
contr=F4lees afin de determiner leur appartenance a l'Autonome antifa (M). E=
n
juillet 94 les domiciles de 17 personnes, les lieux de travail et les
maisons des parents ont ete perquisitionnes par la police, qui esperait
ainsi detruire l'infrastructure de l'Autonome antifa (M). Des archives, des
affaires personnelles et des ordinateurs d'une valeur d'une dizaine de
milliers de DM ont ete confisques. Lors du debut des investigations, le
bruit courait que l'Autonome Antifa (M) etait responsable de 52 attentats
commis entre 1981-1991. Finalement le procureur s'est vu force d'admettre
que l'Autonome Antifa (M) n'avait rien a voir avec ces attentats.
L'accusation n'etait pour eux qu'un moyen d'arriver a leurs fins :
justifier l'ampleur des investigations et delegitimiser la politique
antifasciste aux yeux d'une grande partie de la population. Ce ne sont pas
les antifascistes qui doivent etre sur le banc des accuses mais plut=F4t les
politiciens qui feignent la sympathie envers les victimes de violences
racistes et fascistes tout en aidant et encouragent le developpement de
l'extreme droite en Allemagne.

fevrier 1996
Autonome Antifa (M)