(Fr) Nouvelles de Russie (Eng).(Cast)

neil birrell (neil@lds.co.uk)
Tue, 30 Jan 1996 00:39:02 +0100


NOUVELLES DE RUSSIE

LA DERNI=C8RE =C9TAPE de l'offensive des classes dirigeantes sur les
droits et conqu=EAtes des travailleurs approche de sa fin. En Russie, le
partage primaire de la propri=E9t=E9 d'Etat entre les cliques
bureaucratiques et bourgeoises s'ach=E8ve, et une lutte aigu=EB pour sa
redistribution commence. En Bi=E9lorussie et en Ukraine, le processus
de privatisation bat son plein. En modifiant les formes d'exploitation=20
du capitalisme d'Etat en capitalisme priv=E9-d'Etat, les classes=20
dominantes s'efforcent de rejeter le poids de la crise sur les =E9paules
des salari=E9s. Leur politique est violemment antisociale: hausse ou
"lib=E9ralisation" des prix, restriction de la croissance des salaires,=
forte
diminution des prestations sociales, enti=E8re commercialisation des=20
services publics, suppression d'emplois, augmentation de la=20
discrimination des femmes. Les collectifs de travail sont priv=E9s des
derniers vestiges de leurs droits; la dictature de l'administration sur la
production devient absolue. La paup=E9risation des travailleurs atteint
des dimensions sans pr=E9c=E9dents. La croissance des prix d=E9passe de=20
plusieurs fois l'augmentation des salaires moyens, la sous
consommation et sous-alimentation chroniques se transforment en
norme. Dans tous les Etats h=E9ritiers de "l'ex-Union", se produit une
concentration du pouvoir dans les mains d'une =E9troite oligarchie =E0 la
t=EAte de laquelle se trouvent des despotes-pr=E9sidents. La militarisation
de la soci=E9t=E9 progresse rapidement et le nationalisme grandit =E0 un
rythme inou=EF. Les droits civiques d=E9j=E0 =E9triqu=E9s et la libert=E9=
sont
restreints. Des cas de r=E9pression ont lieu de plus en plus souvent
contre les nonconformistes, dont les anarchistes, les =E9cologistes et
autres mouvements ind=E9pendants.

Pourtant, la d=E9t=E9rioration de la situation des salari=E9s ne
s'accompagne pas d'une augmentation des dispositions
r=E9volutionnaires ou de la radicalisation des manifestations pour ses
droits. La majorit=E9 des travailleurs reste passive et n'exprime son
m=E9contentement que par le refus de participer aux bouffonnades
=E9lectorales. Les mouvements sociaux de 1988-1990, avec leur
potentiel d'autoorganisation et d'autogestion, se sont dissous, et
nombre de leurs leaders ont int=E9gr=E9 le syst=E8me. La lutte gr=E9viste
assure, pour l'essentiel, un caract=E8re purement d=E9fensif, et tr=E8s
souvent les gr=E8ves sont men=E9es avec des moyens extr=EAmement
mod=E9r=E9s, isol=E9ment les unes des autres, et sous le contr=F4le des=
anciens
et nouveaux syndicats bureaucratiques, qui se font les propagandistes
du "partenariat social", refoulent les revendications des travailleurs, et
en fin de compte, concluent des accords dans leur dos. Il n'est pas rare
que l'administration d'une entreprise, en accord avec les syndicats,
utilise la lutte des travailleurs pour des groupes de pression sur les
organes du pouvoir.

Le niveau extr=EAmement bas de la lutte de classes s'explique par
l'absence de pratiques d'auto-organisation de longue dur=E9e,
syst=E9matiquement an=E9anties dans la p=E9riode de la dictature=
stalinienne.
Pr=E9dominent soit un d=E9sespoir passif, soit une croyance paternaliste
en ce que le remplacement des dirigeants r=E9soudra automatiquement
tous les probl=E8mes urgents. Tout ceci apporte des proies faciles aux
partis politiques "d'opposition" qui, parvenus au pouvoir, continuent
exactement la m=EAme politique d'offensive contre les acquis des
travailleurs. Les campagnes =E9lectorales servent =E0 d=E9tourner=
l'attention
des salari=E9s de la lutte directe pour leurs int=E9r=EAts essentiels, des=
gr=E8ves
et protestations, et =E0 transmettre leur destin =E0 une nouvelle clique de
d=E9mago-politicailleurs.

La propagation de l'=E9go=EFsme et de la scission des travailleurs par=
des
tentatives de corruption de ceux qui sont dans les secteurs de
l'=E9conomie strat=E9giquement importants ou dans des firmes priv=E9es, est
l'une des m=E9thodes favorites des autorit=E9s, en pr=E9vention des
explosions sociales.

Le chemin vers l'auto-organisation sociale et la r=E9volution sera
difficile. De nos jours c'est l'unique possibilit=E9 de faire cesser les
souffrances des travailleurs. C'est seulement une lutte r=E9solue,
obstin=E9e et quotidienne des exploit=E9s dans toutes les sph=E8res o=F9 ils=
se
heurtent =E0 la domination et =E0 l'oppression du capital et de l'Etat, une
lutte de classes ind=E9pendante des organes =E9tatiques, des partis
politiques et des syndicats bureaucratiques, qui pourra former en eux
les pratiques de l'auto-organisation sociale et l'aspiration =E0 une vie
nouvelle libre. =20

Dans ces conditions de violente offensive des exploiteurs, il est
extr=EAmement important de sauvegarder les int=E9r=EAts socio=E9conomiques
quotidiens des travailleurs. Il est bien =E9vident que les conciliateurs
poltrons des syndicats bureaucratiques ne souhaitent pas proposer de
revendications salariales =E9l=E9mentaires, ni lutter contre les
licenciements. Seuls les syndicats r=E9volutionnaires de travailleurs
peuvent remplir cette t=E2che.

L'urgence aujourd'hui est la cr=E9ation, en Europe de l'Est et en Asie
du Nord, d'organisations syndicales qui pourraient faire co=EFncider la
lutte =E9conomique quotidienne avec celle pour la pr=E9paration et la
r=E9alisation de la r=E9volution sociale universelle. Bien s=FBr, la=
cr=E9ation
simultan=E9e de tels syndicats est impossible. C'est pourquoi nous
sommes pour l'organisation souple d'initiatives autonomes de
travailleurs, bas=E9es sur les principes anarcho-syndicalistes. De telles
initiatives peuvent avoir une totale ind=E9pendance organisationnelle ou
bien former des fractions anarchosyndicalistes dans d'autres unions
syndicales et comit=E9s de gr=E8ve. Nous sommes pour la cr=E9ation de
r=E9seaux des secteurs d'activit=E9s, consistant en diverses initiatives
syndicales locales, ou n'entrant dans aucune de ces initiatives.

Les revendications essentielles d'aujourd'hui sont: la totale
indexation des salaires et prestations sociales =E0 partir du calcul du ler
avril 1991 (c'est-=E0-dire au moment de la premi=E8re augmentation des
prix); le versement =E0 temps des salaires; la r=E9duction des imp=F4ts
indirects; la conservation de chaque emploi et l'interdiction de toute
aggravation des conditions de travail; le r=E9tablissement de tous les
droits des collectifs de travail de la p=E9riode 1987-1990; le droit
absolu de gr=E8ve.

Il est indispensable d'entrer de fa=E7on active dans chaque conflit du
travail, en prenant part aux d=E9bats et en d=E9fendant ces revendications,
en contribuant =E0 la radicalisation des luttes et ce exclusivement dans
les formes de l'action directe.=20

Action directe n=B0 5, oct. 1995 =20
Traduit du russe. =20
Relations internationales de =20
la F=E9d=E9ration anarchiste=20

FREEDOM PRESS
http://www.lglobal.com/TAO/Freedom