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Fri, 26 Jan 1996 12:15:12 +0100


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24 janvier 1996 / N- 05
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--BOYCOTTONS ACKERMAN !

--5000 FRANCS POUR UN BOMBAGE

--SOLIDARITE AVEC LES NETTOYEURS DU METRO

--POUR LES VOEUX 1996... PRISUNIC LICENCIE SON PERSONNEL !

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BOYCOTTONS ACKERMAN !
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Aux gre'vistes, manifestants et sympathisants du mouvement de de'cembre 1995=
.

A tous ceux qui refusent de baisser la tete devant l'arrogance des puissants=
.

Le mouvement social qui a leve' a` la faveur des gre`ves de
novembre-de'cembre est ne' autour de questions e'conomiques, mais il porte
dans ses profondeurs l'insurrection de la dignite' contre l'arrogance. Nous
n'avons pas encore pu mettre a` bas le "plan Juppe'" mais unis nous sommes
assez forts pour assener un bon coup de trique a` l'ennemi.

Qu'un travailleur soit re'primande' parce qu'il ose, en pleine canicule,
travailler torse nu dans un entrepot dont le syste`me de ventilation est en
panne, constitue de'ja` un abus. Qu'il soit jete' a` la rue est un crime.
C'est ce qui est arrive' en juillet 1994 a` un ouvrier d'une grosse
entreprise de Saumur: les vins effervescents Ackerman. Ce que l'Etat nomme
une "de'cision de justice" a confirme' le licenciement pour faute grave' le
14 novembre 1995.

La morgue, le cynisme et le me'pris de ce "jugement" s'adressent a` tous
ceux qui n'ont d'autre moyen pour survivre que de louer leurs bras ou leur
cerveau. Il serait suicidaire, de'shonorant et impardonnable de ne pas
re'pondre. Le mouvement qui vient de se mettre en marche perdrait son sens
s'il choisissait d'ignorer un camouflet aussi scandaleux.

De toute la force de leur petit nombre, les signataires de ce texte
appellent l'ensemble du mouvement a` lancer une vaste ope'ration de boycott
sur la firme Ackerman jusqu'a` la re'inte'gration de l'ouvrier humilie' et
jete' au chomage. S'ils prennent cette initiative, c'est dans l'espoir de
pouvoir s'effacer au plus tot devant l'action pour se fondre a` nouveau
dans la communaute' re'cemment reconstitue'e. Rien ne serait pire que
d'utiliser cette affaire a` des fins de publicite' partisane. Nous ne
connaissons pas l'ouvrier dont il est question, nous ne savons pas, et nous
nous foutons de s'avoir, s'il est syndique' ou appartient a` quelque
organisation que ce soit.

Camarades, soeurs et fre`res, si tous ensemble nous e'chouons dans ce
combat pour notre dignite' d'humains, nous aurons au moins connu le bonheur
de fraterniser une fois de plus. Si nous re'ussissons, tous ensemble, nous
aurons e'largi le champs des possibles.
Un pour tous, tous pour un !

Union locale de Paris - 2e Union re'gionale de la CNT
39, rue de la Tour-d'Auvergne, 75009 Paris
Te'l. 48 78 78 64

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5000 FRANCS POUR UN BOMBAGE
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Paul Lambinet, le militant antinucle'aire appre'hende' en flagrant de'lit,
le 31 auut dernier, pour avoir bombe' sur un mur: "Non aux essais
nucle'aires, non a` la bombe !", "Contre le colonialisme
militaro-atomique", "Autode'termination des peuples du Pacifigue", a e'te'
condamne', le 13 de'cembre 1995, par le tribunal de grande instance, a`
1000 F d'amende et 4000 F de dommages et inte'rets pour le proprie'taire du
mur.

Rappelons, au passage, que Paul est chomeur et per=E7oit a` ce titre une
rente de l'Etat atteignant la somme "colossale" de... 2 000 F par mois !

Lors du proce`s en correctionnel le 8 novembre, une cinquantaine de
personnes sont venues apporte' leur soutien, et deux banderoles avait e'te'
de'ploye'es devant le tribunal durant la dure'e du proce`s.

Cette fois-ci, le proces de Paul e'te' l'occasion d'expe'rimenter un
nouveau type de solidarite' : nous avions passe' un message sur le re'seau
Internet, en donnant le nume'ro de fax du quotidien local l'Ardennais et
l'adresse du tribunal. L'Ardennais s'est fait l'e'cho d'une lettre, re=E7ue
a` sa re'daction, envoye'e par le docteur Coeli J. Geefhuysen de Brisbane
(Australie), pour manifester son appui a` Paul. Un nouveau moyen d'action
a` de'velopper ?

[ correspondance ]

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SOLIDARITE AVEC LES NETTOYEURS DU METRO
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En 1995 la RATP a de'cide de renouer avec ses vieilles pratiques de
division du nettoyage du me'tro et du RER entre plusieurs entreprises:
COMATEC, ONET, PENAUILLE...

La logique est simple, c'est celle des enche`res a` la baisse: on lance une
offre de marche' et l'entreprise la plus compe'titive remporte l'offre.
Cette me'thode est tre`s inte'ressante pour le patron, en l'occurence la
RATP, puisque les couts de main d'oeuvre se trouvent re'duits. La situation
n'est pas la meme pour les ouvriers. En effet cette pratique, qui tend a`
se ge'ne'raliser sur Paris, a provoque', ces dix dernie`res anne'es, une
e'norme baisse des conditions de travail et des salaires des ouvriers du
nettoyage.

C'est cette menace qui concerne de'sormais les ouvriers du me'tro. Le
premier janvier plus de 400 ouvriers de la COMATEC ont e'te' transfe're's
vers d'autres entreprises. La Convention Collective leur garantissait le
maintien de leur contrat de travail. Or pour 9 d'entre eux la situation
tient de'ja` du calvaire. Leur nouvelle entreprise, PENAUILLE, a de'cide'
de les reprendre mais en amputant leur journe'e quotidienne de travail de 3
heures. PENAUILLE a meme fait venir des ouvriers exte'rieurs au me'tro afin
de remplacer les 9 personnes concerne'es, ce qui est rigoureusement
interdit par le code du travail. L'intervention de nombreux militants CNT
dans !e me'tro, vendredi 19 janvier, a empeche' que cela se reproduise.

Ce conflit du travail n'est pas e'tonnant. Le ve'ritable responsable est la
RATP car PENAUILLE est bien connu sur le marche' Parisien comme une
entreprise qui casse les prix mais aussi qui pratique des me'thodes dures
de gestion du personnel. La gre`ve qui menace de toucher massivement les
nettoyeurs du me'tro a donc des racines profondes: la loi du marche' qui
vient briser la vie des travailleurs et en premier lieu ceux qui sont les
plus expose's: les ouvriers immigre's, tre`s majoritaires dans le me'tro.

C'est pourquoi nous appelons les salarie's de la RATP mais aussi les
usagers du me'tro a` soutenir les nettoyeurs. Car il faut savoir que
l'objectif de la RATP est de re'duire de plusieurs centaines le nombre de
nettoyeurs, la` aussi pour abaisser les couts. Ce qui veut dire une
proprete' plus limite'e et des conditions de transports qui empirent.

Vous pouvez protester aupre`s de la direction de la RATP au nume'ro
suivant: 44.68.20 20 (demander la Direction des Ressources humaines)

24 janvier 1996

Confe'de'ration Nationale du Travail
Syndicat des transports d'Ile-de-France - Section RATP
33, rue des Vignoles, 75020 Paris.

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POUR LES VOEUX 1996...
PRISUNIC LICENCIE SON PERSONNEL !
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Le 6 novembre 1995, une employe'e de PRISUNIC Saint-Ouen est licencie'e
sans motif re'el ni se'rieux apre`s six anne'es d'anciennete'.

L'ambiance de travail dans cet e'tablissement se de'grade de plus en plus;
la Direction n'est pas a` sa premie`re attaque contre le droit du travail:
il y a de'ja` eu un licenciement abusif en 1992; les salarie's sont sujets
a` des brimades, une surveillance continue, des pressions; re'cemment, la
Direction a refuse' la participation d'un repre'sentant syndical a` une
re'union syndicale dans ses locaux.

Depuis 10 ans, la politique de cette socie'te' vise a` pre'cariser le
personnel: en supprimant les contrats a` dure'e inde'termine'e, en
favorisant les contrats a` dure'e de'termine'e, en incitant le travail a`
temps partiel plutot qu'a` temps complet, en diminuant le nombre de
salarie's: de 90 a` 50 en 5 ans. Outre un surcro=EEt de travail, plus de
t=E2ches polyvalentes sont impose'es aux salarie's.

Ces mesures d'intimidation et de pression sur le personnel correspondent
aux directives prises dans l'ensemble des magasins largement
be'ne'ficiaires du GROUPE PINAUL-PRINTEMPS-REDOUTE (comprenant e'galement
=46NAC, CONFORAMA et PRISUNIC, entre autres).

Aujourd'hui, c'est a` Malika, chef caissie`re a` temps plein, pre'sente
depuis 6 ans dans l'entreprise, de faire les frais de cette politique.

Le motif initial de son licenciement e'tait:
en faisant la comptabilite' le soir, apre`s la fermeture, cette employe'e
aurait camoufle' une erreur de caisse commise par des caissiers;
au lieu de cela, elle a constate' une erreur de 200 F qu'elle ? notifie'e
et corrige'e, comme le re`glement le lui recommandait; elle en a e'galement
avise' son supe'rieur hie'rarchique.

Meme le Directeur du PRISUNIC de Saint-Ouen, en la personne de J.-C.
MORAND, a reconnu que ce motif de licenciement n'e'tait pas fonde' mais
de'clare "avoir perdu confiance" en elle..
... et maintient sa de'cision a` ce seul-titre !

Cette ope'ration est un pre'texte pour se de'barrasser d'un poste a` temps
plein occupe' par cette salarie'e.

Le Comite' de Soutien

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=46IN
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