R=C9SEAU-INFOS-FACS
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Provocations polici=E8res et arrestations arbitraires
La manifestation du 30 novembre =E0 Paris a =E9t=E9 le cadre de violents
incidents entre forces de l'ordre et manifestants. La coordination
nationale qui devait se tenir le soir =E0 Jussieu a =E9t=E9 repouss=E9e au
lendemain.
Plusieurs faits troublants ont =E9t=E9 remarqu=E9s lors de la manifestation
=E9tudiante et lyc=E9enne du 30 novembre =E0 Paris. Apr=E8s l'arriv=E9e du c=
ort=E8ge
aux abords de l'esplanade des Invalides, vers 17h, plusieurs manifestants
sont pris =E0 partie par des policiers des tristement c=E9l=E8bres Brigades
anti-criminalit=E9 (BAC). C'est un secteur pourtant calme, et plusieurs
personnes s'interposent. Les policiers en civil leur r=E9pondent par des
mensonges ou menaces du style "ils ont cass=E9 200 voitures rue de
Solf=E9rino", ou encore "rentre chez toi et =E9coute ce que tu dois faire =
=E0 la
t=E9l=E9". Ambiance.
Une heure plus tard, Boulevard Saint Michel, l'un des cort=E8ges =E9tudiants
(environ 1.500 personnes), partis des Invalides dans le sens inverse de la
premi=E8re manifestation, tente, dans le calme (pas de bris de vitrines, pas
d'agressions...), de rallier Jussieu o=F9 doit se tenir la coordination
nationale. Erreur de commandement ou provocation d=E9lib=E9r=E9e, les =E9tud=
iants
croisent une colonne de cars d'une compagnie de district (75 policiers en
tenue) qui remontent vers le jardin du Luxembourg. La colonne s'arr=EAte
(pourquoi ?), les policiers descendent, boucliers et matraques en =E9vidence
(pourquoi ?), et se positionnent sur la longueur du cort=E8ge. La provocatio=
n
des forces de l'ordre r=E9ussit : des insultes et quelques projectiles
fusent, et malgr=E9 quelques manifestants qui tentent de s'interposer, les
policiers en tenue, assist=E9s par des BAC, chargent sauvagement. Plusieurs
=E9tudiants et =E9tudiantes paniqu=E9s tombent, quatre des personnes qui ont
tent=E9 de s'interposer sont violemment interpell=E9es. L'un deux, pris en
chasse par des policiers en civil, est matraqu=E9 =E0 terre. Il r=E9coltera
plusieurs contusions sur le corps et des points de souture =E0 la t=EAte. Un
t=E9moin fait remarquer =E0 un journaliste : "vous voyez bien qu'ils n'ont r=
ien
fait". Le journaliste : "qu'est-ce que vous voulez que j'y fasse ?". Le
t=E9moin : "faites votre m=E9tier".
Le cort=E8ge se regroupe au niveau de la place de la Sorbonne. Les
manifestants ont assist=E9 =E0 l'arrestation de plusieurs de leurs camarades=
.
La provocation a r=E9ussi : le d=E9foulement collectif peut commenc=E9. Les
journalistes feront le travail que les autorit=E9s leur auront ordonn=E9 de
faire.
A Jussieu, les diff=E9rents cort=E8ges se retrouvent. L'=E9meute "s'organise=
",
avec tout ce qu'elle peut comporter de bons et de mauvais c=F4t=E9s. Dans la
soir=E9e, le pr=E9sident de l'universit=E9 donne l'autorisation aux forces d=
e
l'ordre d'intervenir sur le campus. Seuls quelques policiers en civil
p=E9n=E9treront sur le parvis de Jussieu... pour participer et agraver le
pillage. Ainsi, un camarade de la CNT est bless=E9 au bras apr=E8s avoir re=
=E7u
une table lanc=E9e par un inconnu, un bandeau orange fluo d=E9passant de sa
poche droite... Dehors, CRS et autres gardes mobiles sont utilis=E9s comme
une muleta - la cape rouge qui sert =E0 exciter le taureau lors d'une corrid=
a
: ils re=E7oivent l'ordre d'intervenir d=E8s que l'agitation se calme et se
retirent quand les d=E9foulements individuels et collectifs reviennent =E0 l=
eur
paroxysme. 25 pr=E9sum=E9s "casseurs", mais vrais =E9tudiants, vrais=
ch=F4meurs ou
vrais travailleurs, sont interpell=E9s.
Bizarrement, tout cela arrange le gouvernement comme les bureaucraties
syndicales =E9tudiantes (opportunistes de l'UNEF-id et brejn=E9viens de l'UN=
EF)
qui n'attendaient qu'une seule chose : que la coordination nationale ne
puisse pas se tenir. Marqu=E9s par cette nuit de folie, les =E9tudiants
parisiens risquent de se replier dans leur corporatisme latent . Devant le
spectre des "casseurs" venus de nul part, mythe entretenu comme par hasard
par les m=E9dias, les forces de l'ordre et leurs partenaires sociaux,
=E9tuduants et lyc=E9ens seront tent=E9s de se d=E9solidariser de tout ce=
qui n'est
pas universitaire. Il ne faut pas dissocier les =E9tudiants, travailleurs,
pr=E9caires ou ch=F4meurs.
Exigeons l'amnistie indissociable de tous les interpell=E9s.
Koinsky.
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