(Fr)Radio Contrabanda(Eng),(Esp),(It)

neil birrell (neil@lds.co.uk)
Wed, 13 Sep 1995 11:02:33 +0200


RADIO CONTRABANDA F.M. (BARCELONA)

Les ondes repre'sentent pour la radio libre ce que le
papier repre'sente pour les journaux. Sans les ondes
la radio libre ne saura pas diffuser ses emissions et
bien sur, purement par hasard, c'est l'e'tat qui a
toujours monopolise' ces endroits. Dans chaque pays
du monde entier l'e'tat a saisi le controle exclusif
dans ce domaine et n'a juste ce'de', surtout a cause de
l'initiative prive'e/commerciale dans le monde des
affaires, qu'une partie de ce controle avec des 'Permis
d'Utiliser'. Meme pas les gouvernements de la
gauche, qui tiennent actuellement le pouvoir, ont
accepte' de faire du media radiophonique un endroit
de communication et non pas tout simplement un
moyen de disseminer l'information et les autres
choses qui ont toujours tipifie' son propre caractere.
Pour ces raisons les radios libres, a part de
revendiquer la liberte' d'expression, chose que nous
pourrions dire que jusqu'a un certain point nous
avons atteint, mais aussi demander la liberte' de
transmettre, ce qui necessite, bien sur que nous leur
de'collions quelques miettes de ce controle exclusif
des ondes e'tatal. Nous en voulons un morceau, un
tout petit morceau, pour que ce que l'e'tat de'signe
comme liberte' d'expression devienne une possibilite'
ve'ritable. L'ide'e de la Radio Libre en elle meme,
repre'sente de'ja un coup contre l'ide'e de souveranete'
de l'e'tat sur les ondes et les Radios Libres ont
demande' en effet non pas la le'galisation mais la
simple reconnaissance d'un droit fondamental: la
concession d'un morceau d'espace sur les ondes.

On pourrait dire que les Radios Libres sont ne'es a
Paris en 1978 lorsqu'on a fonde' la Fe'de'ration
Internationale des Stations de Radio Libre pendant
un collocoque de l'Association pour la Liberation
des Ondes (ALO) et la Federacione de Radio
Emitenti Democratiche (FRED) qu'on a finalement
appele' ALFREDO 78. Beaucoup de camarades
catalans et espagnoles e'taient a la rencontre ce qui a
donne' naissance aux premieres expe'riences de la
Radio Libre espagnole en Catalunya en 1978 avec
des emissions de Ona Lliure d'abord venant de Santa
Maria de Corco et depuis lors a Barcelone
actuellement du Centre Civic, Calle de Blay en
Poble Sec, Barcelona. Contrabande la station avec
laquelle je travaille, s'est immerge'e dans la
philosophie de la radio libre. Radio Contrabanda
n'est pas une station libertaire au sens le plus stricte
du terme. Chez Contrabanda il y a des libertaires
mais il y a aussi des autres qu'on pourrait dire sont
vaguement marxistes ou des gens qui proclament les
ide'es de l'inde'pendance Catalan, l'ecologie ou le
feminisme. Personnellement je l'aime ainsi. Je ne
partage pas les complexes des autres et c'est bien
qu'il y ait une grande varie'te' d'opinions dans une
radio libre comme la notre.

Contrabanda a commence' a diffuser au mois de
septembre 1988 lorsque, pendant un meeting de gens
venant des milieux ide'ologiques varie's, des
professions etcetera, on a de'cide' de fonder une
Association Culturelle tout le'galement avec
l'intention fixe de fonder une station de radio libre.
D'abord il nous fallait un local, des abonne's pour
nous aider avec les fonds minimals, acheter tout le
mate'riel ne'cessaire et de mettre en marche une
varie'te' d'initiatives comme vendre des 'titres de
solidarite'' ou les excursions avec de la nouriture
fourni par nous memes pour acquerir du fric. Un
autre probleme des le de'but e'tait le vote le'gislatif en
de'cembre 1988 qui a permis au ministre de continuer
avec son projet de nettoyer toutes les stations
existantes et les stations pirates (qui difusent des
pubs). La derniere qu'on a ferme' a e'te' Radio Pica.
Des lors il est devenu extremement dificile de meme
conside'rer mettre quelque chose en marche malgre' le
fait qu'il y a eu des appels de, par exemple, les
Fe'de'rations Internationales qui demmandaient la
radio libre en Espagne. On a beau essaye'. La
nouvelle le'gislation a fini tout simplement de
promouvoir les inte'rets des socie'te's prive'es et le
secteur etatique, compris les communications
militaires etc. Contrabanda, ou bien le groupe qui
essayait de le faire marcher a l'e'poque a de'cide' qu'il
ne valait pas la peine essayer de faire les choses
durement et pour cette raison il est entre' dans les
negotiations avec la Generalitat (municpalite'
catalan) et des groupes qu'elle comprend qui
pourraient e'couter avec sympathie les revendications
pour la liberte' de diffuser. On a pense' que si on ne
faisait pas les choses ainsi il serait impossible de
diffuser les emissions a un niveau de qualite'
acceptable puisque l'nterdiction e'tait une sorte
d'e'pe'e de Damocles, toujours mena=E7ant et offrant le
risque qu'on saisira tout le mate'riel comme on l'avait
fait chez Radio Pica et il ne serait pas possible
d'emmettre les programmes a volonte'. Ces
negotiations ont dure' longtemps avant de donner
lieu a, grace a une pe'tition faite par les stations libres
et le groupe parlementaire Esquerra Republicana,
l'introduction d'un appel, non pas une loi, qui
revendiquait la reconnaissance de l'existence ou le
droit d'exister pour les stations libres et que comme
re'sultat de ceci le gouvernement du Generalitat
devrait accepter le'gallement ce droit a exister. Par
curiosite', ou par miracle, ceci a e'te' accepte'. Et je dis
par miracle parceque au Pays Basque une pe'tition
pour un projet semblable qui a e'te' propose' au
parlement basquais par Euskadiko Ezquerra a e'te'
rejete'. Le Generalitat, se voyant force' a proposer de
la legislature sur ce sujet a de'cide' de former une
pe'riode experimentale pour les radios libres jusqu'a
la fin de 1990 qui e'tait acceptable dans le cadre de
la legislation existante. Ceci n'est pas ce que
voulaient les radios libres mais ils ont de'cide' de
l'accepter.

Toutesfois les autorite's ont identifie' trois fre'quences
qu'on ferait disponibles aux et qui pourraient etre
utilise's par les stations libres. En meme temps nous
e'tions six dans la metropole et nous avons partage'
les fre'quences donne'es. En janvier 1991
Contrabanda FM a commence' a diffuser avec Radio
Pica sur 91.0 FM 24 heures sur 24. Contrabanda de
3h00 jusqu'a 15h00 et le reste pour Radio Pica. Ceci
a continue' jusqu'a-ce que Radio Pica s'est de'menage'
a 91.8.

Contrabanda est une station de radio autonome.
Nous travaillons par assemble', nos moyens sont
collectifs. Les animateurs paient pour soutenir la
collective et tous ceux qui produisent les
programmes ont une voix et une vote sur l'assemble'e.
Comme j'ai de'ja dit Contrabanda est, parlant d'une
maniere le'gale, une Association Culturelle et parmi
d'autres initiative nous avons re'cemment forme' une
Agence de Contre-information. Notre philosophie
pourrait etre de'finie comme le melting pot culturel.
D'un cote' nous devons souligner que nous e'mettons
en catalan. Nous croyons que notre langue a e'te'
monopolise'e par la bourgeoisie ce qui a permis qu'on
se trompe l'un pour l'autre. Nous voulons utiliser la
langue diffe'rement pas si pure, pas si correcte
gramaticalement mais la donnant nos propres forces.
Alors notre langue est le catalan et notre philosophie
celle des stations libres c'est a dire de donner une
voix a ceux qui n'ont pas d'autres plateforms. Un
nombre de collectifs produisent les programmes. Il y
a entre 36 et 40 dont 21 sont produits sur les lieux, 9
par des collectifs exte'rieurs et 6 par des individus.
Les informations constituent 31% de nos heures
d'emission, la culture 14.6% les programmes de
musique 27% et du non-stop musique pour l'autre
26%. Les collectifs implique's sont en effet tres
varie'es. Par ememple il y a une emission en Serbo-
Croat, une autre qui s'appelle Demanem la Paraula,
une heure africaine - un programme con=E7u par des
femmes venant du Guine'e - et aussi l'Agence des
Informations Alternatives qui est encore un groupe
libertaire qui travaille dans la domaine des
informations produisant deux programmes par
semaine et avec lequel Contrabanda travaille assez
de pres sur un projet pour des informations
alternatives. Puis il y a , 'Le Point de Vue des
Immigre's' produit par un collectif mahgre'bin, le
Programme MOC ( pour les objecteurs de
conscience), Le Missile Rouge (Gay). Voila ce que
produit Contrabanda pour permettre une espace
libre pour ces collectifs et individus qui n'ont pas
d'autre maniere pour se faire e'couter. La finance,
comme je l'ai de'ja dit vient partiellement des 'titres
de solidarite'' qui sont paye's par ceux qui ne sont pas
ne'cessairement implique'e dans la production des
programmes. Ils paient environ 500ptas chaque mois.
Puis-je dire ici que la meilleure fa=E7on de soutenir les
stations libres et de les e'couter pour etre certain qu'il
existe une autre maniere de communiquer.
Contrabanda n'a meme pas trois ans.* Pendant les
premieres anne'es on n'a fait que, comme c'est
toujours le cas, apprendre les techniques et nous
nous conside'rons maintenant dans une bonne
position de tous points de vue. Nous en sommes bien
sortis...

Dans un autre domaine nous avons produit des
programmes spe'ciaux comme par exemple pendant
la derniere greve ge'ne'rale de 5h jusqu'a 22h difusant
les dernieres informations d'un foyer d'un grand
magasin! La Journe'e des Femmes Travailleuses le 8
mars est une autre tradition. Pour conclure j'aimerais
simplement dire que nous comptons sur vous pour
nous aider dans les manieres de'ja de'crites. Si nous
joiuissons de ce soutien du peuple il n'y a pas de
raison pour que nous perdions cette espace que nous
avons trouve' comme on a de'montre' avec les
expe'riences de Radio Klara en Valence et des autres
dans le Pays Basque. Nous esperons un de ces jours
feter notre dixieme anniversaire.

*Contrabanda continue de diffuser en 1995