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(fr) CGA Un Autre Future - Fac de droit de Montpellier: réouverture sous tension après l'agression du 22 mars

Date Wed, 4 Apr 2018 20:03:53 +0100


Un seul enseignant sur la dizaine d'hommes armés et cagoulés ayant participé à la violente agression
contre des étudiants à la fac de droit de Montpellier a été identifié et mis en examen en même temps
que le doyen Philippe Pétel. Les cours reprennent mardi 3 avril alors que les étudiants mobilisés
contre la loi Vidal accusent d'autres membres du corps enseignant d'avoir participé aux
violences. Ambiance! ---- Agresseurs et agressés reprennent le chemin de la fac. C'est dans un
climat de tension lourde que l'université de droit de Montpellier rouvre ses portes mardi aux seuls
étudiants inscrits dans les filières juridiques et politiques de la rue de l'École Mage. Elle avait
été fermée par son président, Philippe Augé, au lendemain de l'agression violente du 22 mars ayant
conduit trois étudiants à l'hôpital. ---- Les images tournent en boucle depuis dix jours. Une
dizaine d'hommes armés de bâtons font irruption dans l'amphithéâtre de l'université de droit de
Montpellier. Ils tabassent les étudiants présents, les délogent et les évacuent jusque dans la rue,
puis ferment les grilles. Le doyen de l'université est présent derrière les grilles avec quelques
enseignants, ainsi que des membres de la sécurité de la fac et des étudiants hostiles au
blocage. Les hommes du commando sont cagoulés. En fait, pas tous.

La plupart des agresseurs ne sont toujours pas inquiétés

À visage découvert pendant l'attaque, Jean-Luc Coronel de Boissezon a été identifié. Convoqué au
commissariat, interrogé, placé en garde à vue, il a été mis en examen, avant d'être relâché sous
contrôle judiciaire. Il a admis avoir donné des coups à des étudiants, reconnaissant ainsi sa
participation au commando. De son côté, le doyen Philippe Pétel a admis avoir laissé entrer le
commando pensant qu'il s'agissait de policiers. Une défense étonnante pour un juriste. Il a été mis
en examen également. Par contre, les autres membres du commando n'ont pas été inquiétés pour
l'heure.

En dehors des deux personnes mises en examen, aucune autre garde à vue à l'horizon. Le parquet
considère qu'aucun élément ne permet d'identifier d'autres personnes. L'affaire a été confiée
directement à un juge d'instruction, sans investigations préalables supplémentaires. Un temps long
commence: celui de l'instruction. Pourtant, Jean-Luc Coronel de Boissezon n'est pas le seul à
pénétrer sans sa cagoule à l'intérieur de l'amphithéâtre, comme le montre une vidéo mise en
ligne. De plus, une autre vidéo montre des membres du commando se réjouissant de leur opération une
fois les étudiants contestataires expulsés et les grilles fermées. Une jubilation en communion avec
des membres de l'université, eux à visage découvert et reconnaissable. Des noms circulent d'ailleurs
sur les réseaux sociaux accusant des enseignants et des chargés de TD.

Mais aucune autre poursuite pour le moment malgré les neuf plaintes déposées au total. Les agents de
l'entreprise de sécurité présents de bout en bout sans montrer, sur les images, un empressement à
s'interposer, ont été interrogés. Sans suites. Enfin, pointée par une photo publiée sur la page
Facebook de «Paul Va lève toi», la présence de militants d'extrême droite devant l'université pour
un rassemblement en soutien au doyen le lendemain n'a pas non plus, semble-t-il, aiguillé les
enquêteurs. Pourtant au moins un d'entre eux, Martial Roudier, fils du patron de la Ligue du Midi, a
été condamné en 2013 à quatre ans de prison dont deux fermes pour avoir poignardé un jeune
antifasciste de 16 ans à Nîmes.

Fac de non-droit?

Violence et sentiment d'impunité laissent une impression étrange au sein d'une institution comme
l'université, de plus en droit. Un climat malsain qui inquiète les étudiants en droit molestés le 22
mars avant la reprise des cours et des examens à compter du mardi 3 avril. Certains d'entre eux ont
porté plainte, d'autres témoigné. Ils angoissent de se retrouver face à face avec des professeurs
qu'ils soupçonnent de les avoir molestés dix jours plus tôt. La volonté d'un professeur de droit
civil, Rémy Cabrillac, de prononcer un discours soutenant son ex-doyen mardi matin à 8 h n'étant pas
de nature à les rassurer sur la bienveillance à leur égard. Autre motif d'inquiétude, les étudiants
hostiles au blocage, notamment les plus virulents d'entre eux à l'extrême droite.

Outre la présence devant l'université, le lendemain de l'attaque, de membres de Génération
identitaire et de la Ligue du Midi, un obscur Cercle Guilhem V semble agir à son aise au sein de
l'université. Depuis plusieurs mois, il organise des conférences assez peu ambiguës. La dernière en
date sur Carl Schmitt, théoricien du droit et président de l'Union des juristes
nationaux-socialistes en 1933, laisse peu planer le doute. Pas plus que leur invitation de Steven
Bissuel, ex-patron du GUD lyonnais et président du Bastion social. Dans le même gout, une conférence
sur le 6 février 1934 puis l'invitation du général François Gaubert, élu du Front national.

Alors, les conditions d'une réouverture sereine de l'université de droit sont-elles réunies? En tout
cas, le comité d'hygiène et de sécurité a demandé à Philippe Augé, le président de l'université,
d'avoir accès aux enregistrements des caméras de vidéosurveillance. Mais pour ce qui est de
l'amphithéâtre A, il n'y en a pas selon la présidence. Les membres du CHSCT, où siègent les
organisations syndicales, ont malgré tout réclamé de visiter cet amphi mardi matin pour vérifier par
eux-mêmes. Il pourrait par ailleurs déclencher une procédure de droit d'alerte pour danger grave et
imminent (GDI), permettant un droit de retrait. Pour les étudiants mobilisés contre la sélection,
leur droit de retrait mardi 3 avril sera probablement la grève. Cette date-là étant une journée de
mobilisation étudiante en convergence avec les cheminots.

Origine: https://rapportsdeforce.fr/societe/fac-de-droit-de-montpellier-reouverture-sous-tension-apres-lagression-du-22-mars-04011716
http://unautrefutur.org/fac-de-droit-de-montpellier-reouverture-tension-apres-lagression-22-mars/
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