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(fr) Monde Libertaire - Trois habitants de la ZAD incarcérés et une nouvelle attaque d'ampleur contre l'avenir qui s'est construit dans le bocage

Date Wed, 30 Jan 2019 18:31:50 +0000


Le 22 janvier, à 6h du matin, la ZAD a été réveillée par un dispositif policier digne d'une opération d'expulsion pour arrêter trois personnes, puis deux autres à l'extérieur de la ZAD. Nous avons assisté à une mise en scène spectaculaire avec des perquisitions simultanées, des dizaines de fourgons. Après avoir enduré 48h de garde à vue, les personnes arrêtées mardi sur la ZAD ont été déferrées ce jeudi matin et une instruction ouverte. ---- Nous savons maintenant que le procureur, suivi par le juge d'instruction ont obtenu la mise en détention préventive pour 4 mois renouvelables de 3 des habitant.e.s de la ZAD arrêtées sur cinq. Chacun d'entre eux pouvaient pourtant justifier de domicile fixe et d'emplois stables. L'incarcération revient à les éloigner ainsi durablement de leurs ami.e.s, de leurs enfants, de leurs activités, fermes et troupeaux. Pour un certain nombre d'entre eux, un maintien en détention aura pour conséquence de  les empêcher de finir leur parcours d'installation et de signer des baux, au moment même où ces démarches aboutissaient. ---- Le timing de ce qui apparaît d'ores et déjà comme une machination judiciaire d'ampleur est loin d'être anodin. Un an après l'abandon et alors que les activités menées par les habitants s'enracinent, le moment est sans doute jugé opportun par certains pour salir une nouvelle fois la vie sur la ZAD et donner au  bocage une image la plus anxiogène possible. Après les expulsions du printemps, en est-on à une  nouvelle étape de la vengeance D'État? Après les fantasmes déjà distillés dans la presse par la gendarmerie sur les fausses «caches d'armes» ou les «tunnels vietcongs», on nous sort du chapeau un nouvel épouvantail à base de «bande organisée» et de supposés «règlements de compte». Pour ce que l'on en sait aujourd'hui, le dossier est en train de monter en épingle des faits sur la base de sources fortement questionnables. Ce ne serai pas la première fois que des enquêteurs s'appuient sur des affabulations et brandissent initialement  l' «association de malfaiteurs» pour criminaliser un mouvement.

Ce que nous savons pour notre part, c'est que les personnes arrêtées ont été engagées de longue date dans le mouvement anti-aéroport, sont impliquées dans les diverses activités, liens de voisinages et de solidarité locale, et vivent ici depuis plusieurs années! Nous appelons dès aujourd'hui à ne pas tomber dans le panneau de la diabolisation policière et à les soutenir. Des recours juridiques et mobilisations publiques auront lieu dans les prochains jours contre leur maintien en détention.

Liste de communication de la ZAD de Notre-Dame-Des-Landes.

Note du CRML: ci-dessous le communiqué reçu ce lundi 28 janvier

Mardi dernier, cinq compagnons de lutte ont été arrêtés au petit matin.

La machinerie policière et judiciaire s'est alors mise en route. Deux d'entre eux, Sarah et Guillaume, sont désormais sous contrôle judiciaire avec une interdiction d'aller à la zad, de se voir, et une obligation de pointer au commissariat trois fois par semaine. Les trois autres, F., Ben et Greg, ont été placés en détention «provisoire» dans l'attente d'un procès qui peut mettre des mois, voire des années, à advenir.

Qu'ils soient «libres» ou en prison, ils ont été séparés de nous, soustraits à leurs amis, à leurs familles, à leurs activités, au soin de leurs animaux, à ce qui fait leur vie et la nôtre.

Cette opération visait en premier lieu à réduire le mouvement à un silence gêné, face à des accusations aux noms infamants, elle nous voulait sidérés, effrayés, mutiques. Sur ce plan-là, elle est en train d'échouer, parce que nous connaissons les techniques retorses visant à briser et diviser les luttes pour les avoir déjà rencontrées auparavant.

Et parce que nous savons que les faits sont bien différents du récit journalistique et/ou policier qui en a été fait.

Concernant le plaignant, il s'agit d'un homme qui vivait ici et qui, dans les jours précédant les événements, avait à plusieurs reprises menacé des personnes avec des armes blanches (un couteau de chasse et une hache). Suite à ces comportements inacceptables, il lui avait été signifié de ne plus revenir sur les lieux, c'est-à-dire à la ferme de Bellevue. Mais il y est malgré tout retourné à plusieurs reprises. Le 5 octobre, il est revenu une énième fois, muni d'une hache et d'un bouclier. Il lui a été demandé de partir, ce qu'il n'a pas fait; c'est dans ce contexte qu'il a assené à Greg un coup de hache dans la jambe, puis dans la main qui protégeait sa tête. Ses blessures étaient graves et il a du être immédiatement conduit à l'hôpital et opéré. S'il n'avait pas eu le bon réflexe de se protéger de sa main, le coup aurait pu le tuer. Devant la gravité de ces faits et pour parer au plus pressé, c'est-à-dire empêcher que d'autres coups ne soient donnés ou que la situation n'empire encore, il a été désarmé et éloigné de la zad (c'est cet éloignement qui est qualifié d'enlèvement avec séquestration par le juge d'instruction, sans que l'on sache aujourd'hui ce qui permet d'affirmer que les personnes arrêtées y ont bien pris part). Souffrant de bleus et de contusions, il a alors décidé de porter plainte, et a produit un récit affabulateur, tout en ne niant pas avoir donné des coups de hache. Mercredi dernier, alors que les arrestations avaient été relayées par les médias, deux personnes sont venues faire une déposition sous X à la gendarmerie.

Cette affaire s'appuie donc en partie sur des délations calomnieuses, de la part du plaignant mais aussi d'anonymes, qui peuvent raconter n'importe quoi sans que les inculpés puissent se défendre, sans que les avocats ne puissent faire de réelle contre-enquête sur leurs dires, sans qu'une confrontation n'ait lieu.

Alors que les arrestations étaient en cours, qu'une «bulle stratégique» entourait les lieux de vie des inculpés, un des gendarmes présents nous a dit: «Cela n'a rien à voir avec le mouvement, c'est du droit commun». Comme si nous étions dupes, comme si nous allions répondre que dans ce cas-là, il n'y avait pas de souci... Nous comprenons très bien que ce montage en épingle n'émerge pas, comme ils le prétendent, de conflits politiques internes, mais du conflit politique entre l'État et un mouvement de lutte.

Il y a eu, il y a et il y aura sans doute encore des désaccords entre nous, mais que vient faire cette histoire de violence, de comportement dangereux, là-dedans? Une fois de plus, l'État tente d'instrumentaliser les différends pour affaiblir, diviser et diffamer ceux qui prétendent lui résister. Nous l'avons déjà expérimenté... L'enquête qui a eu lieu a été menée uniquement par le parquet, c'est-à-dire le procureur, c'est-à-dire le ministère. Un juge d'instruction (prétendument indépendant du pouvoir) ne s'en charge que depuis jeudi dernier. Ainsi, c'est l'État qui a décidé à la fois des charges et du calendrier.

Il n'aura échappé à personne ici que ces arrestations ont lieu exactement au moment où nous devons renouveler la signature des Conventions d'Occupation Précaires et donc potentiellement des baux sur les terres que nous cultivons. Deux des emprisonnés sont dans ce cas. La situation qui leur est faite ne met donc pas seulement en péril leur vie personnelle, mais aussi nos projets communs. Tous les trois ont évidemment fait appel de leur détention.

Le mouvement a fait face cette année à deux offensives militaires accompagnées de multiples condamnations, à une offensive administrative, et voici que s'ouvre maintenant une nouvelle offensive judiciaire. Nous nous attendons dans ce cadre à d'autres arrestations, car il semble que n'importe qui puisse accuser des gens de n'importe quoi tout en restant anonyme, et les envoyer en prison. Mais déjà le soutien s'organise.

Lundi 28 janvier, à 20h à la Rolandière une première réunion du comité de soutien aura lieu. Dans les jours qui suivent, nous donnerons une conférence de presse, et dimanche 3 février, des chantiers se dérouleront. Car nous n'allons pas laisser les activités des prévenus s'éteindre avec leur absence forcée, nous les maintiendrons jusqu'à leur retour parmi nous. Car si aujourd'hui il y a un bocage à travers nos fenêtres, si aujourd'hui ce ne sont pas les avions que l'on entend en se levant le matin, c'est parce qu'ils furent là pour s'y opposer. Il y a des souvenirs que rien n'obscurcit. Et un futur que l'on compte bien bâtir avec eux.

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