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(fr) "sans-titres" #1 (Qu'est-ce que l'action directe non-violente?)

From Maloka Anarcho Collective <maloka@chez.com>
Date Sat, 20 Nov 1999 16:36:04 -0500


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Sans-Titres - bulletin n°1 - 
Spécial '30 novembre' : pour l'ouverture des
négociations de l'Organisation Mondiale du Commerce.
Une journée mondiale d'action contre le capitalisme !

Qu'est-ce que l'action directe non-violente ? :

Cette expression a été appliquée à une variété énorme
d'activités et se lever et agir est bien plus
important que de se disputer éternellement autour des
définitions ! En bref, l'action directe implique
d'agir soi-même, de façon à peser directement sur le
problème auquel vous êtes confrontés et sans avoir
besoin pour ce faire de la médiation des politiciens,
bureaucrates, etc. Ainsi, si vous voyez des bulldozers
en train de ravager un endroit auquel vous tenez, vous
faîtes de l'action directe en intervenant directement
pour essayer de les arrêter.

L'action directe place la conscience morale au-dessus
de la loi officielle. L'action directe implique de ne
pas se soucier des règles et procédures qu'appliquent
les économistes et politiciens, et de décider soi-même
ce qui est juste et ce à quoi il faut résister. Bien
que l'action directe puisse être considérée comme un
simple des nombreux outils à la disposition du
militant, c'est aussi bien plus que cela.  Cela veut
dire que l'on est prêt à se battre pour prendre le
contrôle de sa vie et à essayer directement d'agir sur
le monde qui nous entoure, à prendre ses
responsabilités quant à ses actions et aux buts
poursuivis. L'action directe non-violente est
nécessaire au sens où il est nécessaire de sortir de
la routine stérile des modes d'actions politiques
traditionnels tel que le lobbying ou les défilés
mornes et sage en ville sur un parcours bien établi,
tracts, meetings et pétitions non pas que ceux -ci ne
puisse par représenter une étape utile à tel ou tel
moment d'une lutte mais parce que l'action politique
limitée à ces éléments apparaît bien souvent, aussi
bien aux yeux du plus grand nombre de nos concitoyens
que des personnes ou organisations qui sont la cible
de ces actions (gouvernements, institutions, patrons,
etc), comme un grand jeu inoffensif, prévisible,
ennuyeux et manquant de l'impact nécessaire à faire
plier nos adversaires. Dans ces conditions, il n'est
pas surprenant de voir un nombre important de
personnes jeter  des regards désabusé ou même se
désintéresser complètement de l'action politique. 

L'action directe non-violente a pour but de replacer
l'action politique dans un domaine de confrontation,
concrète, ludique, créative dont le but est de causer
directement des troubles ou dommages économiques à
ceux sur qui l'on souhaitent faire pression, de les
empêcher de mener leur projet à bien (dans le cadre de
l'expulsion d'un sans papier ou de l'exécution d'un
projet routier par exemple) ou encore de marquer
fortement l'esprit des gens ou des médias par des
actions symboliques, spectaculaires, imagées ou
subversives. Elle doit permettre à la fois d'amener un
changement réfléchi dans le comportement des individus
et de s'attaquer directement à l'image des structures
économiques ou politiques. Le terme d'action directe
non-violente ou de désobéissance civile regroupe à
notre sens un ensemble de possibilités d'actions
extrêmement variées : bloquages, occupations, théâtre
de rue, réappropriation de bien, fête de rue et
carnavals anti-capitalistes, détournement
publicitaires, création d'espace de vie et d'activités
dans des lieux laissés vide, mise en place
d'alternatives concrètes au système tel que des
coopératives ouvrières, système d'échange locaux,
système d'agriculture locale, sabotages, meetings
communautaires, distribution de nourriture dans la
rue... (voir la liste d'actions proposées dans l'appel
du 30 novembre)

L'action directe non-violente se propose de montrer
que l'action politique peut avoir un impact réel sans
pour autant que cela nécessite le rassemblement
simultané de plusieurs milliers de personnes dans la
rue ( des actions retentissantes peuvent être
effectuée à 1, 2, 3, 4, 5 personnes) et même arriver à
prouver que l'action politique peut parfois aussi être
quelque chose d'extrêmement amusant. Elle permet aux
personnes de développer leur confiance en elles et de
leur faire prendre conscience de leur force
individuelle et collective.

L'action directe n'est pas seulement une tactique, ce
sont des individus affirmant leur capacité à prendre
le contrôle de leur vie et à participer à la vie
sociale sans que la médiation ou le contrôle des
bureaucrates ou hommes politiques professionnels soit
nécessaire.  

Le type de lutte que nous empruntons est généralement
qualifié d'action directe non-violente car si elle
peut parfois s'attaquer à des biens matériels, elle
refuse catégoriquement de s'attaquer à des personnes
physiques.

Partout dans le monde, il ne faut pas sous-estimer le
pouvoir de l'action des peuples en lutte : Les 'unes'
dont la presse ne parle pas et certaines actions
fortes survenues au cours de l'année 99

-Une grève générale a immobilisé à 80 %  l'économie
péruvienne grâce à l'union des étudiants, des
travailleurs et des paysans.

-Plus de 100 personnes sont arrêtées chaque jour parce
qu'elles résistent à la construction d'une décharge
nucléaire sur un site indigène protégé du territoire
australien.

-Les cheminots grecs ont bloqué un train transportant
de l'équipement militaire au sol pour le Kosovo

-Des paysans français démontent un MacDonald's en
construction et amené un débat public sur l'OMC et la
nourriture industrielle.

-Les indiens U'wa en Colombie menacent de se suicider
en masse si les compagnies pétrolières ne se retirent
pas de leur terres .

-Les écologistes de Reclaim the Streets, agissent en
solidarité avec les travailleurs du métro londonien,
occupent le siège de la compagnie, et organisent une
fête du premier mai à l'intérieur de rames de métro.

-L'opposition aux O.G.M se répand sur les cinq
continents, en France et en Angleterre des militants
détériorent un grand nombre de champ-test, des paysans
indiens et français sabotent des laboratoires de
recherche sur les O.G.M à Montpellier, tandis qu'en
Inde l'opération 'brûlons Monsanto' est inauguré par
la mise à feu de champs d'O.G.M.

-Les dockers de la côte ouest américaine se mettent en
grève pour protester contre l'exécution programmée du
prisonnier politique noir-américain Mumia Abu-Jamal.

-Des milliers d'indien menacent de se noyer avec leur
maison , pour résister à une série de barrages
hydro-électriques qui vont détruire des centaines de
villages sur les rives de la rivière Narmada.

-Des sans-papiers à qui il avait refusé l'obtention
d'un train gratuit pour aller manifester à Paris
passent la nuit à faire la fête dans un tunnel
ferroviaire.

-Tandis que des militants écologistes fêtent un an
d'occupation d'un arbre pour protéger les forêts
ancestrales de l'Oregon, des activistes anglais
résistent 17 jours terrés sous terre dans un tunnel
afin d'empêcher la destruction d'un parc communautaire
et coûtent ainsi des centaines de milliers de francs
aux compagnies de construction.

-Les travailleurs russes occupent des usines pour
protester contre le non-versement de leur payes.

-Des lycéens grecs occupent des dizaines d'école.

-En Equateur, Jamaïque et Nicaragua, la hausse des
prix du pétrole entraîne d'importantes émeutes.

-Des amérindiens, des militants écologistes radicaux
et des syndicalistes s'unissent avec des communautées
locales pour protester contre des projets de
construction d'autoroutes.

-Au Nigeria, les jeunes Ijaw lancent l'opération
'changement climatique' et occupent un grand nombre de
plates-formes pétrolières.

-Des femmes et enfants indigènes bloquent un bulldozer
appartenant à une compagnie pétrolière dans la jungle
équatorienne et prennent ses conducteurs en otage,
afin de demander l'arrêt des de la construction d'un
oléoduc qui avait contaminé leurs ressources en eau
potable.

-Le dirigeant de  l'Organisation Mondiale du Commerce
est pris en embuscade et entarté par le la Biotic
Baking Brigade, organisation spécialisée dans le
lançage de tartes à la crème qui s'est déjà attaqué
dans la seule année 1999 à quelques dizaines de
criminels en costumes 3 pièces et autres P.D.G de
multinationales. 

-Le gouvernement Coréen réprime les syndicats après
que des milliers d'employés aient participé à des
démonstrations et qu'un mouvement de grève se soit
répandu à travers le pays.

-La résistance non-violente continue contre la
construction de l'autoroute trans-israélienne qui
menace des détruire des dizaines de village.

-Des centaines de zapatistes continuent à s'organiser
en 'municipalités autonomes' afin de reprendre le
contrôle de leur vie face aux propriétaires terriens,
aux grosses compagnies et aux 70 ans de dictature du
parti au pouvoir.

-2500 pilotes d'American Airlines se mettent d'un
commun accord simultanément en congés maladies.

-Lors de la reprise des chantiers de construction de
l'axe E7 dans la vallée d'Aspes, paysans, habitants
locaux et militants écologistes s'unissent pour
occuper le terrain et empêchent les travaux en campant
autour des bulldozers.

-A Prague, des squatters empêchent l'expulsion de leur
maison par les forces de police en restant sur le toit
pendant 3 jours.

-Le 18 juillet 1999, 700 militants  se réunissent pour
détruire un champ de tournesol génétiquement modifié
de la taille de 24 terrains de football.

-Au Brésil sur les dix dernières années, 140 000
familles ont pu être relogées sur des terres prises
grâce à l'action directe.

-A Londres, des militants s'introduisent dans le siège
général de Shell, se barricadent dans le bureau du
directeur pendant une matinée et y envoient des
messages de solidarité aux peuples du delta du niger. 
 

-De Genêve à Prague en passant par Berlin, des
squatters reprennent des espaces vides pour en faire
des lieux d'activités autogérés : crèches,
bibliothèques, ateliers, salles de spectacle, jardins
communautaires etc...

-En Ecosse, 2 militantes pacifistes nagent pendant une
heure et demi en direction d'une base militaire puis
s'attaquent à un sous-marin nucléaire qu'elles
repeignent et endommagent, causant des dégâts 
économiques considérables.


Qu'est-ce qu'une fête de rue ? Drôle de question, tout
le monde voit ce que peut être une fête de rue.
Pourtant il  semble intéressant de parler d'une
certaine forme de fête de rue 'anticapitaliste' telles
qu'elles se sont répandues à travers le monde depuis
quelques années. Ces 'fêtes de rue' sont en effet dans
un certain nombre de pays devenus un des modes
d'actions  (et d'amusement) privilégiés des mouvements
politiques alternatifs utilisant l'action directe. En
1994, le groupe d'action directe anglais, Reclaim The
Streets, alors engagé dans une lutte contre la
'culture de la voiture' organisa un faux carambolage à
l'intersection de 2 grands boulevards londoniens. Très
vite des militants apparurent, installèrent un café,
un système de son et une ambiance de carnaval autour
des 2 voitures bloquées au milieu de la voie publique
et se réapproprièrent pendant quelques heures cet
espace réservé aux bagnoles. Cet action retentissante
donna le coup d'envoi du mouvement des fêtes de rue en
Angleterre avec Reclaim The Streets Londres ainsi que
des groupes locaux disséminés sur le territoire qui
multiplièrent des actions surprises de ce type avec
une imagination débordante, de l'humour mais souvent
aussi pas mal de confrontation avec la police. 

Assez rapidement, le discours qui sous-tendait ces
'carnavals révolutionnaires' pris une orientation plus
globale  de dénonciation du système capitaliste dans
son ensemble. Inspiré, par le discours situationniste,
Reclaim The Streets prônent la contestation ludique,
la réappropriation spectaculaire et subversive
d'espaces livrés aux commerce, à la voiture, à la
consommation, au travail, etc. Une des plus belles
réussites du mouvement fut sans doute l'occupation, le
13 juillet 1996,  après une bonne partie de chat et
souris avec la police, d'une autoroute du nord de
Londres pendant 9 heures par plus de 9000 personne qui
y dansèrent, communièrent, attaquèrent la route au
marteau piqueur pour y replanter des arbres, etc. Le
16 mai 1998, une fête de rue globale contre l'O.M.C,
eut lieu dans diverses grandes villes du monde. En
France la première 'fête de rue ' de ce type eut lieu
lors des assises internationales pour des villes sans
voitures en novembre 1998 avec l'utilisation d'un
tripod (trépied de 7 à 9 m de haut au sommet duquel
vient s'accrocher un manifestant que la police a
ensuite énormément de mal à faire redescendre) pour
réaliser le blocage.

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