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{Info on A-Infos}
(fr) 12 ans ca suffit ! 4 pages miliantEs d'AD
From
Nanar <nanar666@club-internet.fr>
Date
Sat, 24 Apr 1999 10:33:27 -0400
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A - I N F O S N E W S S E R V I C E
http://www.ainfos.ca/
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A FAIRE CIRCULER !
militantes et militants d'Action Directe
12 ans ça suffit
brisons l'acharnement judiciaire !
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N'acceptons pas l'anéantissement des militants d'Action Directe !
En février 1987, étaient arrêtés Joëlle Aubron, Georges Cipriani,
Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan.
Dans les colloques sur la prison et autres causeries sur les droits
de l'homme, il est de bon ton de proclamer que la prison ne saurait être
que la privation de la liberté et rien de plus. Après onze ans de détention
"démocratique", un bilan s'impose.
- Georges Cipriani, malade en raison de l'isolement et des conditions
d'exception qu'il a subies a sombré dans la folie;
- Nathalie Ménigon, victime le 21 décembre 1996 d'un grave accident
cérébro-vasculaire, traîne depuis lors une dépression qui ne peut trouver
de solution dans le cadre actuel de sa détention.
Nous ne pouvons plus garder le silence devant la situation créée.
Depuis leur arrestation, les quatre militants d'Action Directe ont
subi de véritables conditions d'exception. Non seulement ils se sont vus
immédiatement placés, et durant de longues années, en isolement, mais de
plus leurs dossiers judiciaires ont dépendu d'une juridiction d'exception.
En septembre 1986, dans le consensus sécuritaire créé par les
attentats-massacres de l'année, étaient votées des lois spéciales. Elles
rétablissaient une juridiction hors du droit commun pour les délits et
crimes commis dans le cadre d'affrontements politiques. Elles évacuaient
soigneusement toute connotation politique pour définir ce que ces actes
pouvaient avoir de particulier, en les associant sous une rubrique
d'entreprises individuelle ou collective de terreur. Elles impliquaient,
entre autres, la centralisation, des dossiers "terroristes" par la XIVe
section du Parquet de Paris et l'instauration d'une Cour d'assises
spéciale, exclusivement composée de magistrats professionnels. Le 30
décembre 1986, contrairement à tous les principes en la matière, ces lois
spéciales du 9 septembre étaient rendues rétroactives.
Depuis, des dizaines de militants politiques ont rétroactivement
été impliqués dans des dossiers gérés par la XIVe section, jugés par une
Cour d'assises spéciale. Peu ont dénoncé cette application rétroactive,
dont le seul précédent en droit français furent les Sections spéciales de
Pétain. Parmi ces dossiers, ceux des quatre militants d'Action Directe.
Dans les faits qui leur étaient reprochés, seule l'action du commando
Pierre Overney contre G. Besse aurait dû en droit être jugée par cette
nouvelle Section spéciale.
Rappelons le peu de rapport avec une mise en oeuvre sereine de la
justice que furent leurs procès. En grève de la faim depuis plusieurs mois
à l'hiver 1988, ils étaient néanmoins estimés en état de comparaître. Ils
furent frappés dans les fourgons et les couloirs du Palais parce que ne
voulant pas être dessaisis de documents concernant leur défense. Rappelons
encore les atteintes permanentes à la publicité des débats, aux droit de la
défense et au droit à la parole des accusés.
Tandis qu'il n'est pas exagéré de parler de lynchage pénitentiaire
quand on s'attarde un peu sur les conditions carcérales subies par les
quatre militants d'Action Directe depuis leur arrestation, en mars 1987. Ce
fut pour les quatre, pendant de longs mois, l'isolement total, puis
l'isolement partiel et sélectif, les couloirs vides, l'interdiction
d'activités, etc..
Aujourd'hui, les deux militantes, Joëlle Aubron et Nathalie
Ménigon, bien que jugées définitivement depuis mai 1994, sont toujours
détenues à la Maison d'arrêt de Fleury, contrairement à ce qui se pratique
pour les détenus ayant de longues peines à effectuer. Enfin, mentionnons
pour mémoire le pitoyable épisode du mariage entre Jean-Marc et Nathalie,
annoncé à grand renfort médiatique et qui n'a toujours pas eu lieu,
volontairement rendu impossible par de basses manoeuvres du Ministère.
Ne rien faire c'est laisser faire. Nous avons à plusieurs reprises
alerté les autorités compétentes. Deux lettres adressées au Garde des
sceaux, écrites à quelque mois d'intervalles, sont restées sans réponse.
Des demandes de permis de visites pour Nathalie Ménigon et Georges
Cipriani, établies en bonne et due forme, accompagnées des documents
nécessaires, ont été soit systématiques rejetées, soit sont restées sans
réponse.
Comment, dans de telles conditions, ne pourrions-nous croire à une
entreprise de destruction délibérée ? Si tel n'est pas le cas,
l'administration pénitentiaire peut sans problème pour la sécurité
satisfaire immédiatement une première mesure urgente, compte tenu de l'état
de santé de Nathalie :
- Regroupement des deux militantes dans une cellule double : ces cellules
existent à la MAF et ont déjà été utilisées pour des détenues basques.
Et accéder aux revendications suivantes :
- Transfert dans un même centre de détention adapté aux longues peines qui
permettrait la tenue des engagements de mise en place de parloirs entre ces
prisonniers : pris par le Garde des sceaux Arpaillange en juillet 1989, ils
donnèrent lieu en septembre 1989 à des permis accordés par les juges
Bruguières et Vuillemin;
- Libération des prisonniers dont l'état est incompatible avec la
détention, comme cela se pratique dans le nombreux pays. Il ne s'agit pas
des seuls cas de Nathalie Ménigon et de Georges Cipriani, mais plus
généralement de tous ceux atteints de pathologies graves qui crèvent en
prison.
Et n'oublions pas les demandes concernant les bases du quotidien en
prison :
- attribution de nouveaux parloirs, notamment à des personnes habitant en
région parisienne, permettant un suivi dans les visites;
- suppression de la censure du courrier.
Les signataires de cette pétition soutiennent ces revendications et
demandent qu'elles soient satisfaites au plus vite.
Plus de 500 personnes ont signé cette pétition dont :
Isabelle COUTANT-PEYRE - Françoise d'EAUBONNE - Claude GUILLON - Gisèle
HALIMI - Jean-Louis HURST - Bernard NOËL - Marc OGERET - Gilles PERRAULT -
Georges LABICA - Jean-Bernard POUY - Leïla SEBBAR - SINÉ - Alexis VIOLET
-...
Signez, faites signer et renvoyez à : Collectif " Ne laissons pas faire "
c/o LPJ, 58 rue Gay-Lussac, 75005 Paris, France.
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L'Europe de l'Union européenne, du traité d'Amsterdam et de l'Euro,
c'est dans les 476 milliards de profits à l'exportation, une capitalisation
boursière de 40 571 milliards, un produit industriel brut de 47 916
milliards*...
Toutes ces richesses seraient une garantie pour nos avenirs au sein
d'une puissance économique solide. Du moins, c'est ce que prétendent les
hérauts de cette Europe où la marchandise et les capitaux circulent plus
librement que les êtres humains, où la démocratie est toujours plus une
coquille vide, un spectacle dans lequel la répression s'allie aux réalités
de la misère.
Car l'Europe de l'Union européenne, du traité d'Amsterdam et de
l'Euro, c'est 20 millions de chômeurs et chômeuses, 60 millions de
travailleurs et travailleuses précaires, des conditions de travail qui se
dégradent sous la menace des licenciements...
C'est encore l'Europe forteresse, le refus de l'asile pour des
milliers de réfugiés, la plupart du temps victimes de guerres et de
politiques dont l'Union européenne est directement responsable. Ce sont les
camps de rétention et prisons pour des milliers d'étrangers, "coupables"
d'avoir cherché un toit et un travail dans la "patrie des coffres forts".
Cette Europe, c'est toujours des centaines de prisonniers politiques.
A la fin des années 60, il y eut en Europe et sur les autres
continents une poussée révolutionnaire générale. Elle pensa pouvoir faire
naître un monde libéré de l'exploitation et de la misère. En finir avec ces
maux du capitalisme semblait à portée de main. Combattre les rapports
économiques et politiques, sociaux, bref humains, que génère l'inégalité de
l'ordre impérialiste exigeait un engagement total et immédiat.
Au cours des années 70 et 80, naissaient en Europe même de nombreuses organisations armées. Elles attaquèrent des grands patrons, des généraux, des "
décideurs" de cette société. Elles perpétraient des attentats contre les
locaux d'institutions et d'entreprises qui contribuent à imposer cette
inégalitaire société du spectacle où les chiffres se télescopent.
Considérée en termes de produit industriel brut, la richesse mondiale a
doublé en 20 ans, depuis 1960, le cinquième des habitants les plus démunis
est devenu 60 fois plus pauvre que le cinquième le plus prospère.
Dès le milieu des années 70, le renforcement de la coopération
entre les États de ce qui allait devenir l'Union Européenne s'intensifiait
dans la répression contre ces mouvements. Il était institué un Espace
Judiciaire Européen permettant d'aligner vers le bas la défense des
militants emprisonnés. A partir du laboratoire européen en matière
d'isolement total qu'avait été la RFA dès le début des années 70, cette
méthode de destruction était exportée dans les autres pays.
Pour condamner ces militants d'organisations de guérilla, pour
criminaliser les mouvements révolutionnaires dont ils faisaient partie,
diverses lois et mesures d'exception ont été utilisées. En Italie, en RFA,
en Espagne, en France... elles permettaient de juger dans des conditions
bafouant les principes démocratiques dont se prévalent ces États ,
tortures, accusations montées de toute pièces, droits de la défense réduits
à la portion congrue. Les sentences de prison à vie tombaient par centaines.
Ces dernières années, aucun État n'a eu le courage politique
d'apurer le passif de ces affrontements. Si quelques prisonniers ont été
libérés suite à des aménagements de peine, les autres supportent toujours
des conditions différenciées de détention. La répression féroce des années
80 assume un poids bien actuel sur les luttes, même si elle est tue et niée.
Pourtant, dans cette Europe des patrons et des polices, persistent
à vivre les légitimes aspirations à changer de société.
La taupe creuse encore
Joëlle Aubron, Nathalie Ménigon, Jean-Marc Rouillan
*chiffres en francs pour l'année 1998, fournis par Eurostat. Le profit à
l'exportation correspond ici à l'excédent commercial pour la période de
janvier à octobre 98.
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Sur la législation d'exception française
C'est en septembre 1986 qu'ont été votées en France les lois dites
anti-terroristes. "Ouvrant la porte à l'arbitraire, attentatoires aux
droits de la défense", en un mot ultra-répressives, elles correspondaient à
une ligne politique internationale que Pasqua résuma alors par "Terroriser
les terroristes".
La guerre internationale contre le terrorisme, alors clamée par les
Reagan, Thatcher and co., n'est pas une idée neuve. Cependant, en cette fin
des années 80, elle prend un nouveau souffle dans la foulée du
néolibéralisme victorieux et de son besoin de "paix" impérialiste.
Ces lois entraînaient le rétablissement d'une juridiction hors du
droit commun pour les délits et crimes commis dans le cadre d'affrontements
politiques. Elles impliquaient, entre autres, la centralisation des
dossiers "terroristes" par la XlVe section du Parquet de Paris et
l'instauration d'une cour d'assises spéciale, exclusivement composée de
magistrats professionnels.
A l'époque, seul le PCF vota contre ces lois.
En janvier 1999, un rapport de la FIDH a recommandé d'en finir avec
les lois d'exception et a proposé pour cela 9 mesures. Parce que, pendant
12 ans, cette juridiction d'exception a pu exister dans l'indifférence
quasi générale des démocrates, ce rapport est un premier pas. Mais il n'est
que cela.
Le montre la manière dont Alain Marsaud, "fondateur" de la XlVe
section du Parquet, peut servir de référent médiatique pour les critiques à
l'encontre de cette juridiction. Comme si "de son temps", elle avait été un
parangon de vertus démocratiques!
Plus grave encore, parce qu'il s'intéresse exclusivement à la
détention provisoire et à l'exercice des droits de la défense, ce rapport
ne dit rien de l'effet rétroactif qu'ont eu ces lois. Le seul précédent en
droit français d'une telle rétroactivité avait été les Sections Spéciales
de Pétain.
Et pourtant, le 30 décembre 1986, contrairement à tous les
principes en la matière, ces lois spéciales du 9 septembre étaient rendues
rétroactives. Des dizaines de militants, des Basques, des communistes, des
révolutionnaires arabes ont vu, rétroactivement, leur délit qualifié
d'"association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste"
(1), ont été jugés par des cours d'assises spéciales et condamnés à
perpétuité avec 18 ans incompressibles.
Un exemple parmi d'autres, celui de Georges Ibrahim Abdalah.
Militant des FARL, arrêté en 1984, il est jugé en février 1987 par la cour
d'assises spéciale pour des faits commis 3 ans avant le vote des lois
d'exception. Requérant en vertu du dossier, le procureur avait demandé 10
ans. Abdalah est condamné à perpétuité avec 18 ans de sûreté par des "jurés
professionnels" n'ayant pas à fonder leur "intime conviction".
Et ce rapport ne dit rien non plus des conditions de détention qui
sont la conséquence de cette requalification des détenus politiques en
criminels idéologiques. Ainsi, il ne dit rien du prétexte sécuritaire au
nom duquel, depuis des années, de nombreux prisonniers sont soumis à
l'isolement, interdits d'activités ou n'y ont qu'un accès limité. Il ne dit
rien de l'éparpillement des prisonniers (les Basques sont ainsi répartis
dans 17 prisons françaises dont aucune en Iparralde). Il ne dit rien de la
censure qui empêche ces prisonniers d'avoir accès aux documents dont ils
ont besoin pour continuer à vivre politiquement.
Or, c'est précisément dans le no man's land d'une juridiction
politique qui est chargée de nier l'identité politique des prisonniers que
se fourbissent les armes pour les détruire. Les conditions de détention des
prisonniers d'Action Directe depuis 12 ans en sont un bon exemple.
- Collectif -
1) De fait, entre 1986 et 1996, l'alinéa permettant de qualifier
des délits comme terroristes disait très précisément "dans le cadre d'une
entreprise individuelle ou collective visant à troubler l'ordre public par
l'intimidation ou la terreur". Chaque mot est soigneusement choisi pour
dépolitiser le plus possible, pour faire comme si, loin de s'occuper
d'organisations politico-militaires, il s'agissait de tout acte
d'"intimidation et de terreur".
Pour autant, aucun des nombreux attentats du GAL contre les
réfugiés basques (28 morts et une trentaine de blessés entre 83 et 86)
n'est jamais tombé sous le coup de la rétroactivité, contrairement aux
militants d'Iparretarrak, d'ETA, d'AD et d'autres encore.
Pas plus que les attentats contre des foyers d'immigrés sur la Côte
d'Azur de la fin des années 80 (1 mort) n'ont été jugés comme "troublant
l'ordre public par l'intimidation ou la terreur",
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Le 21 février 1987, Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie Ménigon et
Jean-Marc Rouillan sont arrêtés.
Février 1987 : Isolement total
1er décembre 1987 au 23 mars 1988: Grève de la faim contre
l'isolement et pour le regroupement. Les quelques aménagements obtenus ne
dureront pas et ils restent dans les Quartiers d'isolement. Plusieurs
procès conduits sans aucun respect des droits de la défense et des accusés.
Ils sont la mise en spectacle de la vengeance de l'Etat. La lutte armée
anticapitaliste et anti-impérialiste est liquidée en France et cela doit se
savoir.
Du 20 avril au 21 juillet 1989: Seconde grève de la faim contre
l'isolement et pour le regroupement. Cette fois, les militants obtiennent
la levée de l'isolement et le regroupement en deux groupes de deux pouvant
communiquer entre eux par le courrier et des parloirs.
Fin septembre 1989 : Isolement partiel
Les engagements pris par le ministère de la Justice sont très
partiellement tenus: Les deux femmes comme les deux hommes peuvent se voir
en promenade, ils et elles peuvent correspondre entre eux, même si dans de
mauvaises conditions; ils ne sont plus dans des Q.I. mais des quartiers
sont aménagés afin de les séparer de la détention normale.
En juin 1993, Georges Cipriani est interné à l'hôpital
psychiatrique de Villejuif. Très gravement perturbé par les conditions
qu'il subissait à Fresnes. Depuis presque 4 ans, Jean-Marc et lui sont, la
plupart du temps, seuls dans une division de la Maison d'arrêt où peuvent
résider au maximum 4 personnes. 3 semaines plus tard, il réintègre cette
division. Il n'en sortira qu'à l'issue d'une grève de la faim de 70 jours.
Mai 1994: ils sont condamnés une 2eme fois à perpétuité pour
complicité dans l'exécution du général Audran, responsable des ventes
d'armes françaises pour l'international, et dans diverses autres actions
revendiquées par leur organisation.
Septembre 1994: Transfert de Jean-Marc à Lannemezan. Après un
retour à Fresnes pour le procès et après une nouvelle grève de la faim de
53 jours, Georges avait été transféré en août à la centrale de Lannemezan.
Juin 1996 : Fin des isolements partiels pour tous
A cette date, bien que condamnées définitives depuis 2 ans, les 2
femmes ont été transférées de la maison d'arrêt de Fresnes à celle de
Fleury-Mérogis. Elles intègrent néanmoins la détention normale. Seul leur
statut de DPS occasionne encore des restrictions. Leur présence en Maison
d'arrêt reste contraire aux procédures en usage.
21 décembre 1996: Nathalie a un accident vasculaire-cérébral. Suite
à celui-ci, sa jambe et son bras gauche sont très faibles, sa vue diminue
et elle souffre d'une dépression.
Tout au long de ces années, les permis de visite leur ont été
accordés au compte-gouttes, en dépit de demandes constantes de la part
d'amis et de camarades. Malgré l'état d'urgence dans lequel l'ont mise les
conséquences de son accident, seul un permis supplémentaire sera accordé à
Nathalie en janvier 1998. Georges quant à lui n'a pas eu un seul nouveau
permis depuis qu'il est à Ensisheim en dépit de la folle détresse dans
laquelle il survit depuis 1993.
Quant aux problèmes de censure, ils n'ont jamais cessé.
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Au regard de cette expérience et de celles des nombreux autres prisonniers
politiques, dans un premier temps, il est déjà nécessaire de parler du
droit à la vie politique (avec toutes les conséquences pratiques que cela
implique en matière de communications des prisonniers entre eux et avec
l'extérieur, des parloirs à la censure, des lieux de réunions au
rapprochement du domicile).
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Des prisonniers malades
Depuis le début des années 1990, en RFA, 5 prisonniers politiques
de la RAF ou de la Résistance Anti-impérialiste au moins, ont été libérés
pour des raisons médicales. Gunther Sonnenberg fut libéré en 1992 ;
gravement blessé à la tête lors de son arrestation, son état de santé était
estimé incompatible avec la détention depuis 1977. Un médecin avait estimé
l'état de santé de Bemd Rossner comme incompatible avec la détention en
1988, il fut libéré en 1994.
En Italie également, il y a plusieurs cas de militants des Brigades
Rouges libérés dans des conditions semblables. Prospero Gallinari, par
exemple, est un chef historique, condamné plusieurs fois à perpétuité dans
le cadre, entre autres, de l'affaire Moro. Arrêté en 1980, sa peine était
suspendue pour raison médicale en mai 1994. Puis sa libération est devenue
conditionnelle.
En Espagne, l'article 62 stipule la libération pour raison
médicale, même si l'acharnement des gouvernements espagnols successifs à
l'égard des prisonniers politiques rend très aléatoire son application.
Ainsi, quand des prisonniers basques sont arrivés à en bénéficier, ce fut,
plus d'une fois, uniquement pour pouvoir mourir près des leurs tant leurs
états de santé étaient irrémédiablement dégradés. Le 17 juin 1995 Jabi
Gorostiza Lejarriaga mourait, un an après sa libération, d'un cancer du
larynx dont le développement rapide était dû au manque de soins. Santiago
Diez, mort le 27 octobre 1997, n'aura quant à lui survécu que sept mois à
sa libération...
Chaque libération fut arrachée après des combats de longue haleine.
En dépit d'expertises médicales alarmantes, il a été très difficile de
faire respecter leurs propres lois aux gouvernements. Néanmoins, ces textes
existent. Il est ainsi à noter qu'en Italie et en Espagne, une pathologie
grave comme le SIDA permet d'accéder à des aménagements de peine.
En France, pour les prisonniers condamnés à de lourdes peines et
dont l'état de santé n'est plus compatible avec la détention, le seul
recours est la grâce présidentielle. Un droit du prince relevant, dans son
principe même, de l'arbitraire.
L'histoire de Ttotte Etcheveste, militant d'Iparretarrak, est
exemplaire de la gestion impossible de telles situations. En février 1988,
lors de son arrestation, il était gravement blessé à la colonne vertébrale.
Il entamait alors un long calvaire où les soins que nécessitait son état ne
pouvaient lui être donnés parce que, même si désormais paralysé des deux
jambes, il avait une étiquette de Détenu Particulièrement Surveillé à
l'hôpital de Fresnes où il était incarcéré. Son état ne cessant de se
dégrader, le collectif des prisonniers politiques d'IK menait une grève de
la faim de 40 jours pour sa libération. En vain.
En juin 1989, il comparaissait devant la l0e chambre
correctionnelle de Paris. Après qu'il se fut évanoui au bout de 30 mn
d'audience, le tribunal ordonnait une expertise, en vertu de laquelle il
était libéré pour raison médicale.
Cependant, en mars 1993, il était arrêté sous prétexte de lui faire
effectuer un reliquat de peine. De nouveau, les mêmes conditions de
détention entraînaient une dégradation rapide de son état. Cette fois, la
force de la mobilisation en sa faveur permit qu'il soit libéré en décembre
1993 suite à une grâce présidentielle.
Mais pour un prisonnier politique, bénéficiant d'un soutien
suffisant, combien d'autres prisonniers sont condamnés à mourir en prison,
de la prison, dans un pays ayant officiellement aboli la peine de mort en
1981 ?
En 1993, mourait du SIDA le militant basque Pello Marineherena.
Arrêté en 1990, le juge d'instruction avait refusé sa mise en liberté
jusqu'à ce qu'il tombe dans le coma quelques jours avant sa mort.
Il suffit de penser à ce mouvement à Nantes en 1996. C'est
seulement grâce à la solidarité de ses codétenus qu'avait pu être connue la
situation de l'un des leurs, sidéen en phase terminale.
Il suffit de penser encore à Patrick Haenen, actuellement incarcéré
à la centrale de Lannemezan. Condamné à perpétuité, il a déjà effectué 25
ans. Il est diabétique insulino-dépendant et souffre de diverses autres
maladies. Son état de santé est tel que la médecin de la centrale a fait un
rapport recommandant, au plus vite, sa libération. Mais cette médecin n'a
aucun pouvoir de décision quant à l'état de son patient. Celui-ci reste en
l'attente d'une très hypothétique grâce présidentielle.
Et pour ces rares exemples connus, combien d'autres restent ignorés ?
Les prisonniers atteints de pathologies graves, les prisonniers
pour qui l'incarcération est synonyme d'une peine de mort, doivent être
libérés.
Il n'y a pas de peines incompressibles qui tiennent. Il n'y a pas
de refus de la part de commissions d'application des peines siégeant dans
le secret des prisons et des ministères qui doivent bloquer une telle
exigence, conforme aux principes des droits humains.
Il n'y a pas de vengeance étatique qui, comme pour Georges Cipriani
et Nathalie Ménigon, puisse justifier qu'ils restent en prison après 12 ans
d'incarcération.
- Collectif -
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Solidarité avec Marilu Bella Bringas
Nous, militantes politiques emprisonnées dans les geôles
impérialistes françaises, exprimons notre entière solidarité avec Marilu
Bella Bringas.
Militante du Mouvement de Libération Nationale Basque, Marilu a été
arrêtée au Pays Basque Nord en août 1995. Condamnée à 5 ans
d'emprisonnement et à5 ans d'Interdiction du Territoire, elle aura accompli
sa peine le 13 avril 1999.
Il y a 13 ans, Marilu était torturée, pendant 10 jours, dans un
commissariat de l'Etat espagnol. Plusieurs fois par jour, elle y était
soumise au supplice de la baignoire, elle était frappée et
psychologiquement violentée. Elle a toujours des séquelles de ces
traitements.
Pour cette raison, Marilu s'est réfugiée en France, supposée
"Patrie des Droits de l'Homme".
Aujourd'hui, Marilu risque d'être expulsée malgré l'avis contraire
de la Commission d'expulsion. Nous savons combien n'est que consultatif
l'avis de cette commission.
Le 30 janvier encore, Josu Etxebarri Elordi était pris en charge
par la police française de la prison à la frontière où il était livré à la
Guardia Civil. Un an auparavant, Josu Arkauz Arana avait pourtant été
soumis à la torture de la "bourse" (un sac plastique, mis autour de la tête
de la victime pour l'asphyxier), frappé..., pendant plusieurs heures, après
35 jours de grève de la faim et 3 de grève de la soif pour protester contre
cette prévisible livraison à ses tortionnaires.
En effet, depuis 1987, l'Etat français, au mépris des droits
humains les plus élémentaires, expulse presque systématiquement les
militants basques. Il les livre ainsi aux mains de la Garde Civile, dont
les pratiques de tortures sont régulièrement dénoncées par les
organisations humanitaires internationales, la Commission des Droits de
l'Homme de l'ONU, les instances européennes et Amnesty International.
Comme de nombreux pays européens, la France ne respecte plus le
principe du droit d'asile. Dans les Etats dits "démocratiques", les
demandeurs d'asile sont soumis à des décisions toujours plus arbitraires,
basées sur des enquêtes bâclées. Désormais, pour qu'ils bénéficient du
statut de réfugié, leurs tortionnaires devraient avoir le "bon goût"
d'attester eux-mêmes de leurs actes !
C'est au nom de cette même logique que la France se permet de
condamner à des interdictions du territoire des personnes risquant la
torture, voire la mort, dans leurs Etats d'origine. En toute connaissance
de cause, l'Etat français fait encourir ce risque à Marilu Bella Bringas.
Rien ne saurait justifier sa livraison à une possible torture !
Aussi, solidaires avec Marilu Bella Bringas, nous vous alertons,
afin de joindre nos voix à la sienne.
Marilu doit pouvoir sortir libre de la M.A.F. de Fleury-Mérogis où
elle est actuellement incarcérée. Elle doit pouvoir disposer d'un délai
raisonnable pour se rendre dans le pays de son choix.
Et nous vous demandons d'écrire à M. Chevènement dans le même sens.
Ministère de l'intérieur
Place Beauvau -
75008 Paris
Des prisonnières politiques à la M.A.F. de Fleury : Joëlle Aubron, Christel
Fröhlich, Bakal Hacer, Stella Lacrimini, Fabienne Maestraci, Nathalie
Ménigon.
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Pour la libération sans condition de tous les prisonniers dont l'état de
santé est incompatible avec la détention.
Droit à la vie politique avec toutes les conséquences pratiques que cela
implique.
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D'autres pétitions circulent...
Au pays Basque des centaines de personnes ont signé la pétition suivante :
Action Directe : les laisserons-nous crever ?
Quatre militants d'Action Directe - Joëlle Aubron, Georges
Cipriani, Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan - sont détenus, depuis
février 1987, dans des conditions d'exception (voir dossier ci-joint).
Depuis, ils n'ont jamais cessé de lutter pour refuser la politique
d'anéantissement à laquelle ils sont soumis.
Aujourd'hui, avec eux, nous exigeons la satisfaction de leurs
revendications :
- regroupement de Joëlle, Nathalie et Jean-Marc dans un même centre de
détention, afin de permettre les parloirs communs qui leur avaient été
concédés au terme de leur seconde grève de la faim, en juillet 1989;
-attribution aux deux militantes de cellules communiquantes leur permettant d'avoir des activités en commun;
- libération sans délai de Nathalie et Georges,
dont les états de santé, après douze ans d'un régime carcéral infernal,
sont fortement altérés et totalement incompatibles avec la détention;
- respect des conditions de détention " ordinaires " : droit de visite,
courrier, documentation, activités etc..
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Le 1er février 1999, Libération publiait l'appel suivant :
Appel en faveur des filles d'Action Directe
Depuis douze ans, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc
Rouillan et Georges Cipriani sont incarcérés pour "association de
malfaiteurs" et "assassinats". Ils étaient membres du groupe "Action
Directe". Condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité avec une peine
de sûreté de 18 ans, ils ne sortiront pas avant de longues années. Et,
comme tous les condamnés à d'aussi longues peines, ils doivent bénéficier
d'un régime qui humanise la vie carcérale. Or, les conditions
exceptionnelles de détention des deux femmes, leur isolement, les visites
qui leur sont accordées avec parcimonie, la censure exercée sur leur
courrier, rendent insupportable leur vie en prison. Pourtant, rien, ni dans
leur comportement, ni dans le danger social qu'elles représentent désormais
ne peut le justifier. D'autant que Nathalie Ménigon et Georges Cipriani
sont gravement malades.
La force d'une démocratie réside en sa capacité de traiter avec
humanité ceux qu'elle considère comme ayant attenté à ses valeurs.
Solennellement, nous demandons qu'un traitement conforme à la dignité de la
personne soit appliqué à Nathalie Ménigon et à Joëlle Aubron.
Signataires :
Daniel Bensaïd (philosophe), Nicole Borvo (sénatrice, PCF), Philippe
Corcuff (sociologue), Dan Franck (écrivain), Jean-François Fontana
(SUD-Education), Henri Leclerc (président de la Ligue des droits de
l'homme), Henri Malberg (conseiller de Paris, PCF), Laurent Schwartz
(mathématicien), Catherine Vieu-Charier (maire-adjoint de Paris XXe, PCF),
Pierre Vidal-Naquet (historien), Anne Crenier, Pierre Gouzenne, Raphaël
Grandfils, Frédéric Paris, Gilles Sainati et Ulrich Schalchi (Syndicat de
la magistrature).
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Écrivez des lettres de solidarité à :
Joëlle Aubron
MAF 31504 U D6E
9, av. des Peupliers
91700 Fleury-Mérogis
Nathalie Ménigon
MAF 32091 G D6E
9, av. des Peupliers
91700 Fleury-Mérogis
Jean-Marc Rouillan
969 B204
B.P. 166
Rue des Saligues
65300 Lannemezan
... et des lettres de protestation à :
Madame Elisabeth Guigou
Ministère de la Justice
13 place Vendôme
75001 Paris
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Contact :
Collectif " Ne laissons pas faire "
adresse postale :
NLPF c/o LPJ
58, rue Gay-Lussac
75005 Paris, France.
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| Site Anti-Prison, RAS-LES-MURS, Mumia ABU-JAMAL, ACTION DIRECTE |
| http://perso.club-internet.fr/nanar666/ |
| http://www.respublica.fr/sap/ http://altern.org/nanar/ |
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