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{Info on A-Infos}
(fr) Nacceptons pas lanéantissement des militants dAction Directe
From
abc-gent@ance.xs4all.be (Anarchist Black Cross)
Date
Wed, 16 Dec 1998 18:18:49 +0100
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A - I N F O S N E W S S E R V I C E
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N’acceptons pas l’anéantissement des militants d’Action Directe
(texte de conférence de presse, 16/12/98 à Paris)
En février 1987, étaient arrêtés Joëlle Aubron, Georges Cipriani, Nathalie
Ménigon et Jean-Marc Rouillan.
Dans les colloques sur la prison et autres causeries sur les droits de
l’homme, il est de bon ton de proclamer que la prison ne saurait être que la
privation de la liberté et rien de plus. Après onze ans de détention
‘démocratique’, un bilan s’impose.
*Georges Cipriani, malade en raison de l’isolement et des conditions
d’exception qu’il a subies a sombré dans la folie;
*Nathalie Ménigon, victime le 21 décembre 1996 d’un grave accident
cérèbro-vasculaire, traîne depuis lors une dépression qui ne peut trouver de
solution dans le cadre actuel de sa détention.
Nous ne pouvons plus garder le silence devant la situation créëe.
Depuis leur arrestation, les quatre militants d’Action Directe ont subi de
véritables conditions d’exception. Non suelement ils se sont vus
immédiatement placés, et durant de longues années, en isolement, mais de
plus leurs dossiers judiciaires ont dépendu d’une jurisdiction d’exception.
En septembre 1996, dans le consensus sécuritaire crée par les
attentdats-massacres de l’année, était votées des lois spéciales. Elles
rétablissaient une juridiction hors du droit commun pour les délits et
crimes commies dans d’affontements politiques. Elles évacuaient
soigneusement toute connotation politique pour définir ce que ces actes
pouvaient avoir de particulier, en les associant sous une rubrique
d’entreprises individuelle ou collective de terreur. Elles impliquaient,
entre autres, la centralisation, des dossiers ‘terroristes’ par la XIVe
section du Parquet de Paris et l’instauration d’une Cour d’assises spéciale,
exclusivement composée de magistrats professionels. Le 30 décembre 1986,
contrairement à tous les principes en la matière, ces lois spéciales du 9
décembre étaient rendues rétroactives.
Depuis, des dizaines de militants politiques ont rétroactivement été
impliqués dans des dossiers gérès par la XIVe section, jugés par une Cour
d’assises spéciale. Peu ont dénoncé cette application rétroactive, dont le
seul précédent en droit français furent les Sections spéciales de Pétain.
Parmi ces dossiers, ceux des quatre militants d’Action directe. Dans les
faits qui leur étaient reprochés, seule l’action du commando Pierre Overney
contre G. Besse aurait dû en droit être jugée par cette nouvelle Section
spéciale.
Rappelons le peu de rapport avec une mise en Œuvre sereine de la justice que
furent leurs procés. En grève de la faim depuis plusieurs mois à l’hiver
1988, ils étaient néanmoins estimés en l’état de comparaître. Ils furent
frappés dans les fourgons et les couloirs du Palais parce que ne voulant pas
être dessaissis de documents concernants leur défense. Rappelons encore les
atteintes pérmanentes à la pubicité des débats, aux droit de la défense et
au droit à la parole des accusés.
Tandis qu’il n’est pas exagérè de parler de lynchage pénitentiaire quand on
s’attarde un peu sur les conditions carcérales subies par les quatre
militants d’Action directe depuis leur arrestation, en mars 1987. Ce fut
pour les quatre, pendant de longs mois, l’isolement total, puis l’isolement
partiel et sélectif, les couloirs vides, l’interdiction d’activités, etc.
Aujourd’hui, les deux militants, Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon, bien que
jugées définitivement depuis mai 1994, sont toujours détenues à la Maison
d’arrêt de Fleury, contrairement à ce qui se pratique pour les détenus ayant
de longues peines à effectuer. Enfin, mentionnons pour mémoire le pitoyable
épisode du mariage entre Jean-Marc et Nathalie, annoncé à grand renfort
médiatique et qui n’a toujours pas eu lieu, volontairement rendu impossible
par de basses manŒuvrent de Ministère.
Ne rien faire c’est laisser faire. Nous avons à plusieurs reprises alerté
les autorités compétentes. Deux lettres adressées au Garde des sceaux,
écrites à quelque mois d’intervalles, sont restées sans réponse. Des
demandes de permis de visites pour Nathalie Ménigon et Georges Cipriani,
établies en bonne et due forme, accompagnées des documents nécessaires, ont
été soit systématiques réjetées, soit sont restées sans réponse.
Comment, dans de telles conditions, ne pourrions-nous croire à une
entreprise de destruction délibérée? Si tel n’est pas le cas,
l’administration pénitentiaire peut sans problème pour la sécurité
satisfaire immédiatement une première mesure urgente, compte tenu de l’état
de santé de Nathalie:
*Regroupement des deux militants dans une cellule double: ces cellules
existent à la MAF et ont déjà été utilisées pour des détenues basques.
Et accéder aux revencdications suivantes:
*Transfert dans un même centre de détention adapté aux longues peines qui
permettrait la tenue des engagements de mise en place de parloirs entre ces
prisonniers: pris par le Garde des sceaux Arpaillange en juillet 1989, ils
donnèrent lieu en septembre 1989 à des permis accordés par les juges
Bruguières et Vuillemin;
*Libération des prisonniers dont l’état est incompatible avec la détention,
comme cela se pratique dans le nombreux pays. Il ne s’agit pas des seuls cas
de Nathalie Ménigon et de Georges Cipriani, mais plus généralement de tous
ceux atteints de pathologies graves qui crèvent en prison:
Et n’oublions pas les demandes concernant les bases du quotidien en prison:
- attribution de nouveaux parloirs, notamment à des personnes habitant en
région parisienne permettant un suivi dans les visites;
- suppression de la censure du courrier.
Nous soutenons ces revendications de demandons qu’elles soient satisfaites
au plus vite.
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