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(fr) UCL Saguenay -[Histoire]1er mai: petite éphéméride anarchiste

Date Sat, 2 May 2020 19:29:09 +0100


Le samedi 1er mai 1886 à Chicago: cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste The Alarm afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendues pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les États-Unis.  ---- Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les «briseurs de grève». La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants. C'est à ce moment-là qu'une bombe est jetée sur les policiers qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers. Cela déclenche l'hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l'explosion. Mais qu'importe leur innocence; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 aout par sept condamnations à mort. Malgré la mobilisation internationale, quatre seront pendus le 11 novembre 1887 (Louis Lingg s'étant suicidé la veille dans sa cellule). Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l'Internationale socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai: journée de lutte à travers le monde.  ---- Le «1er mai» sera d'abord récupéré par les bolcheviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France) qui le transformera en «Fête du travail», sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

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Le 1er mai 1909 à Buenos Aires (Argentine), place Lorea, alors que la manifestation anarchiste appelée par la F.O.R.A réunit plus de 30 000 personnes, le chef de la police, le colonel Ramón Falcón, connu pour ses sentiments anti-anarchistes, fait charger brutalement les manifestants: 8 personnes trouvent la mort et 105 sont blessées. Les socialistes se joindront aux anarchistes et déclareront une grève générale illimitée. À partir du lundi 3 mai, la grève s'étendra aux autres villes de province tandis qu'à Buenos Aires elle mobilisera 220 000 travailleurs. Durant une semaine dite «Semaine Rouge», la ville sera occupée par l'armée qui arrêtera ou expulsera 2 000 militants et provoquera un nouveau massacre en tuant 4 personnes lors de l'enterrement des ouvriers morts le 1er mai. La grève générale prendra fin le 9 mai après que le gouvernement ait promis au comité de grève de respecter certaines exigences des travailleurs. Le colonel Falcón quant à lui sera éliminé le 14 novembre 1909 par l'anarchiste Simón Radowitzky.

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Le 1er mai 1890 à Vienne (département de l'Isère en France), la population ouvrière, répondant à l'appel des anarchistes Louise Michel, Eugène Thennevin, et Pierre Martin, descend dans les rues pour inciter ceux qui travaillent à se mettre en grève. Le cortège arborant drapeaux rouges et drapeaux noirs et chantant «la Carmagnole» ne tarde pas à se heurter aux «forces de l'ordre». Des barricades sont érigées, l'usine d'un patron du textile est pillée, mais les meneurs sont arrêtés. Des grèves spontanées se poursuivront durant une semaine. Pour ces événements, trois militants anarchistes seront lourdement condamnés à Grenoble devant la Cour d'assises de l'Isère en aout 1890.

De nombreux «1er mai» seront marqués par des événements tragiques, comme à Fourmies (France) en 1891, où l'armée tira sur la foule, faisant 10 morts parmi les manifestants.

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Le 1er mai 1891, à Clichy près de Paris, se produisit un événement moins important que le massacre de Fourmies, mais qui aura néanmoins des répercussions inattendues. Quelques dizaines de militants réunis place de la République à Levallois-Perret improvisèrent, drapeau rouge en tête, une manifestation en direction de Clichy (commune voisine). Alors que les manifestants s'étaient arrêtés chez un marchand, des agents de police tentèrent de s'emparer de l'emblème séditieux. Une bagarre puis une fusillade s'ensuivit. Les manifestants parvinrent à s'enfuir à l'exception des anarchistes Henri Decamps, Charles Dardare et Louis Leveillé qui restèrent aux mains de la police, laquelle s'acharnera sur eux. Tabassés et blessés par balle, la police leur refusera les soins nécessaires. Ils seront pourtant lourdement condamnés le 28 aout 1891. Cette injustice envers des compagnons trouvera un écho en la personne de Ravachol qui n'aura de cesse de les venger.

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Pays valencien, Espagne: Le 1er mai 1912, sortie à Elche (ou Elx en valencien) du premier numéro de «Liberación», un périodique anarchiste et de propagande syndicaliste. Ce journal est l'expression de trois groupes libertaires existant dans la ville d'Elche. D'abord mensuel, il passera bimensuel à partir du numéro 4 (21 juillet 1912). Les éditeurs se déclarent anarchistes en politique, socialistes en économie et athées en religion. Le dernier numéro (le 11) paraîtra le 30 novembre 1912. À noter que d'autres journaux anarchistes ont porté ce titre.

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Le 1er mai 1931 à Barcelone, dans un climat de tensions sociales exacerbées, se déroule la manifestation de la CNT. Des délégués du mouvement anarchiste international sont présents: Augustin Souchy (pour l'Allemagne), Ida Mett et Voline (Russie), Camillo Berneri (Italie), Helmut Rüdiger (pour la Suède), Louis Lecoin et Pierre Odéon (France). Un immense cortège évalué à plus de 100 000 personnes est rassemblé pour exiger de la nouvelle République une réforme radicale de la société. À 13 h, la manifestation est bloquée par la Garde Civile. Un officier s'avance revolver au poing, Francisco Ascaso le rejoint pour parlementer, mais alors que le garde civil exige la dissolution immédiate de la manifestation, Ascaso le désarme d'un coup de poing. L'officier désarmé recule alors avec sa troupe. Durruti brandissant un drapeau rouge et noir s'écrie «Passage à la FAI». La foule envahit alors la place de la Constitution, mais à peine des membres de la commission sont-ils entrés dans le palais pour y porter les résolutions du meeting qu'une fusillade partant de l'édifice provoque la panique et les premières victimes dans les rangs des manifestants. Certains groupes d'ouvriers armés ripostent alors aux tirs malgré un appel au calme de Durruti (qui est blessé ainsi qu'Ascaso). Mais une compagnie de fantassins, commandé par le capitaine Miranda, en prenant le parti des manifestants, met fin à l'affrontement. Bilan: 1 mort et 15 blessés du côté des manifestants, 2 morts et plusieurs blessés du côté des gardes civils et des carabiniers.

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Le 1er mai 1936 en Espagne, ce fut la sortie du premier numéro de la revue culturelle et de documentation sociale: «Mujeres Libres», organe des militantes anarchistes féministes espagnoles et de leur mouvement d'émancipation MM.LL. La revue, née deux mois avant que n'éclate la révolution, s'imposera rapidement par la qualité de ses textes et l'esprit révolutionnaire qui l'animera jusqu'en octobre 1938, avant que la défaite ne contraigne les militantes à la mort ou à l'exil.

La collection numérisée se trouve sur cette adresse:
http://www.cgtvalencia.org/cultura/20171018/revista-mujeres-libres/23844.html

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Le 1er mai 1979 à Paris, apparition du groupe armé «Action Directe» qui signe son premier attentat en mitraillant la façade du CNPF (Conseil National du Patronat Français). Mais c'est véritablement à partir de septembre 1979 que la lutte armée de ce groupe d'activistes anarcho-communistes va débuter et enchaîner les attentats, malgré une première arrestation d'une dizaine de militants (dont Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon), le 13 septembre 1980. En 1981, après l'élection de François Mitterrand et la forte mobilisation qui permettra la libération des prisonniers politiques et la dissolution de la Cour de Sureté de l'État, la lutte armée reprend à partir de novembre.

Après de nombreuses actions qui se terminent parfois par des fusillades avec la police et des arrestations (en particulier celles d'Hellyette Bess et Régis Schleicher en mars 1984), la lutte armée passera à un degré supérieur le 25 janvier 1985 avec l'élimination du général Audran, responsable de la politique militariste française et des ventes d'armes, puis le 17 novembre 1986, du PDG de la régie Renault, Georges Besse, patron de choc spécialiste des restructurations musclées. Le 3 décembre 1986, un premier procès contre plusieurs activistes impliqués dans la fusillade de l'avenue Trudaine se déroulera à Paris. Recherchés par toutes les polices, les membres historiques d'Action Directe, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, Jean-Marc Rouillan et Georges Cipriani seront finalement arrêtés le 21 février 1987 dans une ferme de Vitry-aux-Loges dans le Loiret. Placés à l'isolement total ils feront plusieurs grèves de la faim pour rompre ces conditions de détention inhumaines qui auront raison de leurs santés. En mai 1994, ils seront condamnés une seconde fois à perpétuité. Suivre les actions de leur comité de soutien NLPF (Ne laissons pas faire) appelant à leurs libérations.

Toutes ces informations proviennent sur site web Éphéméride Anarchiste. Lien vers le site, ici.[https://www.ephemanar.net/mai01.html]

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2020/05/histoire-1er-mai-petite-ephemeride.html
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