A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2015 | of 2016 | of 2017

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) ucl-saguenay: La menace néolibérale du Revenu minimum garanti par Collectif Emma Goldman

Date Sun, 5 Nov 2017 09:36:37 +0200


Le Collectif anarchiste Emma Goldman est signataire de la présente déclaration sur le Revenu minimum garanti de l'Ontario Coalition Against Poverty (OCAP). Nous souhaitons partager une voix critique et susciter le débat sur la pertinence de celui-ci. C'est une revendication partagée ici, dans le mouvement communautaire notamment, depuis plusieurs décennies. Sous le néolibéralisme, de plus en plus de gouvernements songent à instaurer des régimes de revenu minimum garanti. Derrière la formule tape-à-l'oeil se cache en fait de nouvelles coupures dans le filet social et les services publics et de nouvelles attaques sur les droits des travailleurs et des travailleuses à l'heure du Précariat. Combattre la pauvreté, cela passe pour nous par les luttes sociales, l'autonomie et la construction de contre-pouvoirs et d'alternatives. Nous préférons détruire le système que lui demander de se détruire, c'est comme ça!

Déclaration en vue d'appuis: Nous avons préparé la déclaration suivante sur le revenu minimum garanti (RMG). Elle met de l'avant que malgré les espoirs progressistes affirmant le contraire, le RMG est partie prenante de l'offensive néolibérale et doit être opposé. Nous invitons les organisations progressistes et les individus qui interviennent dans les organismes publics ou les institutions scolaires qui sont en accord avec nos positions à cosigner cette déclaration. Nous espérons qu'elle fera connaître une voix d'opposition et qu'elle contribuera à susciter l'échange d'information et des formes de collaboration parmi ceux et celles qui, à l'échelle internationale, rejettent l'idée que le RMG représente une forme de réponse réaliste à l'attaque néolibérale.

Les appuis et d'autres formes de réponses peuvent nous être acheminées à ocap@tao.ca.

La menace néolibérale du revenu minimum garanti

Nous, les soussigné-es, sommes convaincu-es que le modèle émergent de revenu minimum garanti, reflété dans des projets pilotes et autres initiatives dans un nombre de pays et de juridictions, en est un qui intensifierait l'initiative néolibérale. L'espoir qu'il y ait une chance réaliste d'assurer un paiement vraiment adéquat et universel qui n'est pas financé par la diminution de d'autres éléments vitaux de couverture sociale est non fondé à notre avis.

Nous sommes loin de laisser entendre que les programmes existants de soutien au revenu sont même près de répondre aux besoins. Ils fournissent un revenu précaire sous le seuil de la pauvreté dans des conditions qui sont marquées par des réglementations intrusives et des formes de contrôle moralisantes. De plus, des décennies d'austérité néolibérale ont considérablement diminué ces programmes.

Mais, aussi misérables et inadéquats fussent-ils, la présomption que le RMG serait ou même pourrait constituer une amélioration du statut quo doit d'abord être soumise à la considération d'un certain nombre de facteurs. Historiquement, le soutien au revenu a été accordé par les pouvoirs politiques en place parce que ceux-ci croyaient que l'abandon pur et simple de ceux et de celles qui sont exclu-es de la force de travail causerait des niveaux d'agitation et de dislocation sociale inacceptables. Dans la tradition toujours vivante des English Poor Laws (Loi sur les indigents), le soutien au revenu a été fixé à des niveaux assez bas pour maintenir une réserve de travailleurs et de travailleuses les plus mal payé-es, dans des conditions les plus dégradantes et punitives possibles. Nous rappelons que les années néolibérales ont intensifié ces caractéristiques dans ce que nous reconnaissons avoir été une offensive très efficace pour créer un climat de désespoir et une réserve abondante de travailleurs et de travailleuses précaires et mal payé-es.

Si les gouvernements obsédés par l'austérité et les institutions du capitalisme mondial voient aujourd'hui d'un bon oeil le RMG, ce n'est pas parce qu'ils et elles veulent avancer dans le sens d'une plus grande égalité, renverser les effets du néolibéralisme et améliorer le pouvoir de négociation des travailleurs et des travailleuses. Ces forces réalisent plutôt qu'un modèle régressif de RMG peut être mis en place qui offre un paiement inadéquat et selon les moyens jugés disponibles aux personne les plus appauvries, mais aussi que ce programme s'intéresse principalement et directement aux plus mal-rémunéré-es des travailleurs et des travailleuses salarié-es. Ce serait en effet une subvention directe aux employeurs, payée par les revenus d'impôt et qui serait financée par des compressions aux services publiques dans leur ensemble. Un tel modèle servirait bien à passer outre aux besoins particuliers des personnes handicapées et, en tant que «revenu citoyen», pourrait très bien être refusé à bon nombre d'immigrant-es, particulièrement aux sans-papiers. Sous un tel système, nous aurions à naviguer à travers les décombres de l'infrastructure sociale avec notre maigre RMG. Le genre de projets pilotes et les autres initiatives émergentes offrent de sévères avertissements à cet égard.

Néanmoins, certaines personnes suggèrent qu'alors que des modèles régressifs peuvent être développés et puissent poser un danger, une forme progressiste et même «émancipatrice» du RMG est un objectif possible et réaliste. Souvent, cette position s'accompagne de l'idée de préparer un «futur sans travail» dans lequel des nombres importants de travailleurs et de travailleuses mis-es de côté par les avancements technologiques pourraient être soutenu-es. La notion voudrait qu'un RMG soit accordé sans condition et qu'il soit suffisant, de sorte que le travail salarié, s'il était disponible serait une question de choix plutôt que de nécessité. Alors qu'il y a un petit nombre de personnes qui croit que cela pourrait être gagné par une mobilisation sociale à large échelle, les soutiens à un RMG progressiste semblent penser la plupart du temps que l'appui des capitaliste et l'acceptation par l'État peuvent être gagnés par un effort de lobbying vigoureux.

De notre point de vue, un RMG vraiment adéquat et redistributif, (oublier l'idée même de transformateur), n'est pas possible dans le cadre du système économique actuel. D'abord, le rapport de force dans notre société, après des décennies de néolibéralisme, ne tend pas vers la conclusion qu'une imposante mesure de réforme sociale qui renverserait la vapeur est à l'ordre du jour. Au delà de cela cependant, un système de soutien au revenu qui enlève la coercition économique de la manière dont les adeptes d'un RMG progressiste le suggèrent serait plus qu'un revirement de la vague néolibéral. Cela voudrait dire que l'État fournirait à la classe ouvrière un fond de grève illimité. Cela minerait la base même du marché de l'emploi capitaliste. Cela constituerait une transformation sociale, un changement révolutionnaire qui serait, pour le moins qu'on puisse dire, au-delà de la capacité de toute mise en oeuvre possible de politique sociale.

Si le RMG en tant que mesure émancipatrice n'est pas possible, il ne peut que trop aisément prendre la forme d'une intensification de l'offensive néolibérale. Pourtant, malheureusement, ses adeptes progressistes finissent par offrir une légitimité à cette alternative régressive en mettant de l'espoir dans les rêveries sur le RMG par les milliardaires de Silicon Valley ou en présentant les projets pilotes cyniques, mis en place par des gouvernements tout dévoués à l'austérité, comme des premiers pas viciés mais importants. Autant ils et elles l'espèrent autrement, il faut le dire: on ne peut tirer de la farine d'un sac de son.

Si l'espoir d'un RMG progressiste est clairement déplacé, nous aimerions pouvoir offrir une alternative attrayante et aisément atteignable, mais cela n'est pas possible. Nous menons pour l'essentiel un combat défensif contre une offensive virulente qui mine la provision sociale et accroît le taux d'exploitation. Nous ne pouvons offrir que le travail ardu de bâtir des mouvements plus forts et plus inclusifs de résistance sociale, de régénérer les syndicats et de construire une alternative politique au néolibéralisme. Ce faisant, nous devons continuer la lutte pour des services publics plus développés, accessibles et gratuits. Nous devons arracher des salaires décents et des droits ouvriers. Nous devons nous battre pour des systèmes de soutien au revenu fondés sur leur caractère adéquat, l'accessibilité universel et s'assurer qu'ils soient purgés des règlements intrusifs et des mesures de contrôles moralisantes. Nous devons nourrir tous ces mouvements et ces luttes de la perspective d'une société fort différente de la société capitaliste que nous combattons. Cela n'a pas le lustre du rêve d'un RMG progressiste, mais reconnaît cette réalité qu'il n'y a pas de politique sociale qui nous permette de contourner le néolibéralisme et la longue lutte que nous devons lui mener. Sortir le tapis de bienvenue progressiste au RMG est une très importante erreur.

Signatures:
1. La Coalition ontarienne contre la pauvreté/ The Ontario Coalition against Poverty
2. CUPE Ontario
3. Disabled People Against Cuts (DPAC) (UK)
4. Toronto Airport Workers Council
5. Socialist Project (Canada)
6. Recovery in the Bin (UK)
7. Socialist Action (Canada)
8. David McNally, Professor of Political Science, York University, Toronto
9. Gary Kinsman, Professor Emeritus Sociology, Laurentian University, Sudbury, Ontario
10. Evan Johnston, CUPE Local 1281
11. Mike Bryck, Co-Chair, CUPE Ontario Injured Workers Advocacy Committee
12. David Camfield, Associate Professor, Labour Studies and Sociology, University of Manitoba
13. Stefan Kipfer, Faculty of Environmental Studies, York University,Toronto
14. Michael Truscello, Associate Professor, Department of English, Mount Royal University, Calgary, Alberta
15. Craig Fortier, Assistant Professor of Social Development Studies, Renison University College (University of Waterloo)
16. Stephen Pender, Professor, English, University of Windsor, Windsor, Ontario
17. Dr. Alex Khasnabish, Associate Professor, Department of Sociology/Anthropology, Mount Saint Vincent University, Halifax, Nova Scotia
18. Anti-Poverty Newfoundland and Labrador
19. Doug Nesbitt, co-founder and editor at Rankandfile.ca (Canada)
20. Ken Luckhardt, Retired Canadian Auto Workers National Representative
21. David Bush, Editor at RankandFile.ca
22. Paul Tulloch, LivingWork Analytics. Ottawa.
23. People's Health Movement Canada/Mouvement populaire pour la santé au Canada.
24. Parkdale Community Legal Services
25. Northumberland Coalition Against Poverty (Ontario)
26. Greg Albo, political science, York University
27. Evan Coole, founding member Nova Scotia ACORN
28. Network of Women with Disabilities NOW (International)
29. Communist Party of Canada (Ontario)
30. Alliance Against Displacement (BC, Canada)
31. International Socialists (Canada).
32. Hamilton Tenants Solidarity Network (Ontario)
33. Educators for Peace and Justice (Toronto)
34. Put Food in the Budget (Ontario)
35. Raise the Rates Coalition. (Ontario)
36. Socialist Alternative, Canada
37. Raise the Rates (British Columbia)
38. Justin Podur, York University, (Toronto)
39. Donald Swartz, Carleton University[ret](Ottawa)
40. Pam Frache, Labour and Social Justice Activist, Toronto
41. Collectif anarchiste Emma Goldman (Saguenay, Quebec)

http://ucl-saguenay.blogspot.co.il/2017/10/la-menace-neoliberale-du-revenu-minimum.html
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center