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(fr) France, Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif #254 - « Affaire de Labège », l’Etat réprime sans compter

Date Mon, 21 Dec 2015 13:27:03 +0200


Le 29 septembre a été jugée à Toulouse l’« affaire de Labège ». Une centaine de per-
sonnes ont apporté leur soutien aux cinq inculpé-e-s en participant au pique-nique
organisé devant le palais de justice ; et après un fort blocage policier pour empê-
cher l’accès au tribunal une soixantaine d’entre elles ont pu remplir la salle de ce
« procès à risque » (dixit une policière). Voici le récit qui en a été fait sur le site
IAATA le 5 octobre. Verdict le 3 novembre. ---- Au bout d’un acharnement policier et judiciaire représentatif de l’appareil répressif, le procès a enfin eu lieu pour accoucher d’une souris. Une procureure qui s’emmêle dans les faits et un juge qui s’excuserait presque de la tenue du procès ; même le journal local, pourtant peu enclin au doute, trouve s. Le théâtre judiciaire a donné, encore une fois ce mardi 29 septembre, une preuve de son rôle dans le maintien de l’ordre. Tentative de décryptage.

Retour en arrière

Les faits sont connus : une action
contre les locaux de la Protection judi-
ciaire de la jeunesse (PJJ) en solidarité
avec . Quelques tags, du « liquide nau-
séabond », du bordel, des tracts, et dis-
parition illico presto, classique. C’était
en juillet 2011. Les pandores sont rapi-
dement au travail, cravachés par un pro-
cureur qui s’était, le jour même, déplacé
sur les lieux et avait promis de laver cet
outrage. Au bout de quatre mois d’en-
quête, une opération monstre mobili-
sant 350 flics, dont l’antiterrorisme
réalise des . 11 arrestations, 48 heures de
garde à vue pour 6 personnes, et au bout
du compte 5 mises en examen, un té-
moin assisté et surtout 4 détentions
provisoires. Là on rigole plus, la déme-
sure entre les faits et l’opération poli-
cière laisse sans voix. Il a fallu
s’organiser, gérer les peurs, organiser la
solidarité et préparer, tant bien que mal,
la riposte. La détention durera trois
mois, où les méthodes vexatoires de la
pénitentiaire ne seront pas sans effets,
notamment sur la santé d’une cama-
rade. Une manifestation de solidarité, le
17 décembre 2011, connaîtra une ré-
pression alors sans précédent dans la
ville (1), mais qui se reproduira à l’occa-
sion des manifestations de novembre
2014 à la suite de la mort de Rémi
Fraysse.

Eléments de contexte

Voilà enfin le jour du procès, on va
donc pouvoir mesurer les résultats du
travail des gendarmes et de la justice...
Ben on n’est pas déçu-e-s. La procu-
reure va, à plusieurs reprises, alléguer
des choses fausses : Que l’un des préve-
nus (absent) est sous contrôle judi-
ciaire – il n’y en a plus depuis la fin de
l’instruction, voici plus d’un an ; qu’il y
a eu trois personnes incarcérées dans
cette affaires – ce sont bien quatre per-
sonne qui ont subi les affres de l’enfer-
mement ; que le portable d’une des
prévenues a activé une borne sur le
lieux des faits – là on n’est plus dans
l’erreur, on est dans la fabrication de
preuve... Et, à cette incompétence, elle
ajoute un raisonnement alambiqué dif-
ficile à suivre : 1. l’action relève de la
« désobéissance civique », 2. mais les
prévenus n’ont pas revendiqué, déro-
geant à la règle de ce mode d’action,
alors là ils ont tout faux donc c’est par «
désœuvrement » que l’action a eu lieu,
3. mais ils-elles étaient quand même
super organisées... On ne comprend
plus, en fait, l’action ne serait politique
que si elle était assumée ? Pourtant,
celle-ci a bien fait l’objet d’une revendi-
cation, et si la police et la presse avaient
du mal à en situer l’origine (un temps,
la piste de jeunes « victimes » des EPM
ayant agi par vengeance a été évoquée),
que la raison soit l’implication de la PJJ
dans l’enfermement des mineurs ne fai-
sait pas l’ombre d’un doute.

Le juge fait de longues déclarations
pédagogiques sur la preuve en matière
pénale et les « éléments de contexte ».
En effet, il est clair que dans les incul-
pations ces derniers ont eu une place
déterminante. Un élément de contexte,
c’est un livre, une brochure, des fré-
quentations... En creux, le juge semble
douter du bien-fondé de l’accusation. Il
soulignera qu’il n’est pas responsable
du renvoi devant sa juridiction... Entre
les un-e-s à côté de la plaque et les
autres pas vraiment convaincu-e-s, la
scène prend un caractère un peu gui-
gnol... Les avocat-e-s ne relèvent pas
vraiment le niveau, livrant une presta-
tion sans flamme et ne dénonçant que
trop mollement l’acharnement qu’ont
subi les camarades dans cette affaire.

Tout ça pour ça ?!

Donc toute cette débauche d’énergie
répressive, tous ces coups de pression
pour un procès qui n’a été qu’une révé-
lation de la vacuité de l’accusation. Le
moment du jugement, parce qu’il est
encore soumis à la nécessité de la
preuve (2), ne peut rester dans le roulage
de mécaniques policier. Il faut prouver
la culpabilité, pas seulement désigner
de probables coupables. Bien sûr, il y a
peu de chances qu’il y ait relaxe, et en-
core moins acquittement. Cela voudrait
dire que le tribunal juge l’enquête et
l’instruction mauvaises, et ça serait bien
étonnant. Cela n’empêche évidemment
pas d’espérer un tel miracle. Il nous fau-
dra attendre le 3 novembre pour en
avoir le cœur net ; d’ici là, les paris sont
ouverts. Même dans le cas d’une
condamnation, on s’interroge sur le fait
que les peines demandées soient égales
ou inférieures à celles demandées lors
des procès de novembre à la suite des
manifestations. Six mois ferme deman-
dés pour l’un des prévenus et six mois
avec sursis pour tout-e-s les autres.
C’est d’une part l’illustration de l’ex-
trême sévérité des comparutions immé-
diates, et d’autre part un aveu de
faiblesse du parquet qui cherche à obte-
nir une condamnation a minima pour
enterrer l’affaire avec les honneurs et
sans faire de vagues. Entendons-nous
bien : il est évident qu’un jour en prison
est un jour de trop, mais la justice a ses
barèmes et là vraiment c’est le tarif in-
nocent (3).

A quoi bon ?

Peut-être que l’essentiel n’est pas la
condamnation. Ce qui compte, c’est
d’isoler un espace politique, celui d’une
contestation frontale à l’Etat et ses ap-
pareils. En criminalisant les opinions
bien avant que celles-ci aient pu fomen-
ter des actes réellement subversifs, il y a
un isolement qui est recherché. C’est
que cette histoire doit être remise dans
une longue série de coups de pression
répressifs (4), dont l’affaire de Tarnac est
sans aucun doute la plus connue. Ce qui
compte, c’est l’intimidation : n’allez pas
aux manifs non déclarées, ne faites pas
d’action directe ou il vous en coûtera...
Il faut aussi faire le parallèle avec ce qui
se passe dans les quartiers populaires,
où les descentes de police démesurées
sont chose courante, souvent sans réel
motif valable (5) et qui accouchent là
aussi de souris. Non sans avoir permis
le contrôle, l’identification, et réaffirmé
qui commande. Tout en désignant un
ennemi et en indiquant la division entre
les bons et les mauvais... Le but de tout
cela est la division, la méfiance et la
peur, mamelles d’un maintien de l’ordre
bien mené. Comme pour une manifes-
tation que l’on va désigner comme dan-
gereuse afin d’éviter que trop de monde
s’y rende, que l’on va isoler, séparer du
reste, pour ensuite intimider avec toute
la férocité possible ceux et celles qui s’y
trouvent...

Cette affaire touche à sa fin et c’est
tant mieux. Nous ne savons pas ce que
décidera le juge, mais nous sortons en-
core une fois convaincus que, la police,
la justice et la prison, ça ne sert qu’à
maintenir l’ordre injuste qui nous op-
prime et nous exploite...

P.-S. : Sur l’« affaire de Labège »,un
blog existe réunissant énormément
d’infos ; pour tous les détails, c’est le
mieux.

3. Une blague circulait en URSS sur le gou-
lag : un détenu récemment arrivé pour dix
ans, ses camarades d’infortune l’interro-
gent sur ce qui l’amène là. « Rien, je suis
innocent », dit-il. Et les autres de
répondre : « Des nèfles, innocent c’est cinq
ans. »

4. U avait été établie par le Comité poite-
vin contre la répression des mouvements
sociaux à l’époque, et elle était déjà assez
éloquente.
5. Non pas qu’il y aurait une bonne raison
de faire ce genre d’ignominie, mais il y a
des règles de droit édictées par eux et on
va pas se gêner pour souligner quand ils
ne les respectent pas.


Acharnement contre
Christine Ribailly

(suite... voir CA n°251, juin 2015 )

Suite à un mouvement collectif des détenues du
centre pénitentiaire de Vivonne en décembre 2014,
Christine Ribailly devait comparaître ce mardi 6 oc-
tobre au tribunal de Poitiers pour « violences », « ou-
trages », « menaces » envers divers membres de
l'Administration pénitentiaire. Actuellement détenue
à la prison d'Orléans-Saran, Christine a été déplacée
jusqu'à la salle d'audience où l'attendaient une qua-
rantaine de personnes venues la soutenir et témoigner
leur solidarité envers les résistances individuelles et
collectives face à l'incarcération et à la violence des
matons.

Mais l'audience n'a pu avoir lieu et est reportée au
15 mars 2016 à 14 heures.

En effet, à la lecture faite par la juge de la longue
convocation de Christine, énumérant les multiples
faits qui lui sont reprochés, l'avocat de Christine a ob-
servé que la copie qui lui en avait été envoyée était in-
complète et faisait état de 6 faits, au lieu des 11 cités
par la juge. Le procureur n'acceptant pas que ces 6 faits
passent à la trappe du jugement, Christine et sa dé-
fense ont opté pour le renvoi.

Il apparaît d'ores et déjà que les multiples plaintes
rapportées par les membres de l'AP se sont ajoutées
les unes après les autres à un dossier qui promettait
aux accusateurs quelques recettes pour arrondir leurs
fins de mois sur le dos de l'accusée. Chacun y est allé
de sa petite plainte, aussi ridicules les unes que les
autres.

Double peine pour de nombreux prisonniers, les
mois d'emprisonnement à la suite de ce genre de
plaintes s'ajoutent à des sanctions disciplinaires déjà
prononcées, et ne cessent de gonfler les durées d'in-
carcération dans la plus totale impunité des matons.
Nous nous retrouverons donc aux côtés de Chris-
tine le 15 mars 2016 au tribunal de Poitiers à 14
heures.


1. Constitution
d’une nasse poli-
cière faite de gen-
darmes et CRS, et
permettant aux
BAC de faire un
travail d’intimida-
tion-identification.
Un grand moment
de férocité policière
destiné à empêcher
totalement une
manifestation, ce
qui n’avait
d’ailleurs pas com-
plètement réussi. .
2. Bon, c’est très
relatif. Les compa-
rutions immé-
diates sont un bel
exemple que la
justice s’arrange
très bien du
manque de
preuves.
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