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(pt) Anarkismo.net: Intervista col Kurdistan Anarchists Forum (KAF) sulla situazione in Iraq/Kurdistan (en, it)

Date Wed, 05 Nov 2014 00:57:56 +0200


Un reportage de Zaher Baher, du Kurdish Anarchists Forum et du Haringey Solidarity Group (Londres), juillet 2014. ---- Traduit par Alain KMS, avec Alternative libertaire. ---- Le texte ci-dessous est un des rares témoignages sur l'expérience d'au-organisation populaire du Kurdistan syrien. C'est la raison pour laquelle il était nécessaire de le rendre accessible aux francophones, en dépit de ses lacunes et de certaines confusions. L'auteur n'ayant pu répondre à nos questions, nous avons recoupé certaines informations avec d'autres sources (merci au journaliste Maxime Azadi, d'Actukurde.fr). ---- Nous avons fait le choix d'utiliser la version kurde des noms de lieu, tout en indiquant, dans certains cas, leur nom en arabe et en français. ---- L'intégralité du texte est reproduite, à l'exception d'un passage de géopolitique trop long et trop peu pertinent à notre sens. L'ensemble des analyses appartiennent qu'à leur auteur, et n'engagent pas Anarkismo.

Les notes sont de l'équipe de traduction.

Manifestation dans la Cizîrê, en soutien à Kobanê (octobre 2014) © Firat News
Manifestation dans la Cizîrê, en soutien à Kobanê (octobre 2014) © Firat News

En mai 2014, j'ai parcouru pendant quelques semaines le Kurdistan syrien -- « le Rojava » [1] -- au nord-est du pays, avec un ami. Durant ce séjour, nous avons eu toute latitude pour rencontrer qui nous voulions : femmes, hommes, jeunes, partis politiques. Dans cette région, il y a plus de 20 partis, qu'ils soient étiquetés « kurdes », « chrétiens », ou autres. Quelques-uns participent à l'« auto-administration démocratique » (Democratic Self Administration, DSA) ou d'« autogestion démocratique » (Democratic Self Management) de la région de la Cizîrê [2].

La Cizîrê est l'un des trois cantons du Rojava. Nous avons également rencontré des partis politiques kurdes et chrétiens qui ne participent pas à l'auto-administration. En outre, nous avons rencontré des responsables de l'auto-administration, membres de divers comités, groupes et communes, ainsi que des hommes d'affaires, des commerçants, des ouvriers, ou de simples badauds sur le marché et dans la rue.

Le contexte

Le Kurdistan est un territoire peuplé d'environ 40 millions d'habitantes et d'habitants, partagé, à la fin de la Première Guerre mondiale, entre l'Irak, la Syrie, l'Iran et la Turquie. Au cours de l'histoire, le peuple kurde a subi des massacres et même un génocide de la part des régimes qui se sont succédé, principalement en Irak et en Turquie. Depuis lors, il a été continuellement opprimé par les gouvernement centraux. En Irak, sous la dictature de Saddam Hussein, les Kurdes ont subi des massacres à l'arme chimique au cours de l'opération Anfal [3].

En Turquie, il n'y a pas si longtemps encore, les Kurdes n'avaient pas le droit de parler leur propre langue, et ils n'étaient reconnus que comme « Turcs des montagnes » - allusion au relief montagneux du Kurdistan de Turquie. En Syrie, la situation des Kurdes était un peu meilleure qu'en Turquie. L'Iran, lui, les reconnaît comme un peuple distinct des Perses et leur a octroyé des droits, mais pas d'autonomie politique.

Après la 1re guerre du Golfe (1991) s'est constitué en Irak un Gouvernement régional du Kurdistan (GRK). Après la 2e guerre du Golfe (2003), l'invasion et l'occupation de l'Irak, le GRK a profité de la situation pour se renforcer et se doter d'une administration, d'un budget et d'une armée - les peshmergas - autonomes. A Bagdad, le gouvernement central n'a pu qu'entériner cette autonomisation et, dans une certaine mesure, l'a même soutenue. Ceci a encouragé les autres parties du Kurdistan, particulièrement en Turquie et en Syrie.

Au cours de cette même année 2003, des Kurdes de Syrie ont fondé le Parti de l'union démocratique (PYD, pour Partiya Yekîtiya Demokrat), qui est venu s'ajouter aux partis et organisations kurdes déjà existants dans la région. La plupart remontaient aux années 1960 mais s'étaient révélées peu efficients en comparaison du rapide développement du PYD.

Le Printemps arabe

Le Printemps arabe a secoué la Syrie au début de 2011 et, au bout de quelque temps, s'est propagé dans les régions de la Cizîrê, de Kobanê et d'Efrîn. La protestation populaire y a été profonde et constante. Elle a contribué au retrait de l'armée des cantons kurdes, à l'exception de certains territoires de la Cizîrê dont nous parlerons plus loin.

Pendant ce temps, se constituait - avec l'appui du PKK [4] et du PYD - le Mouvement de la société démocratique (Tev-Dem, pour Tevgera Civaka Demokratîk), qui a rapidement acquis une solide assise populaire [5]. Après le départ de l'armée et de l'administration syrienne, la situation est devenue chaotique - nous verrons pourquoi - et le Tev-Dem s'est trouvé dans l'obligation de mettre en application son programme avant que les choses n'empirent.

Le programme du Tev-Dem était très fédérateur, et couvrait tous les sujets de société. Beaucoup de gens du peuple, venus de différents milieux - kurde, arabe, musulman, chrétien, assyrien et yézidi - s'y sont impliqués. Son premier travail a été de mettre sur pieds toute une série de groupes, de comités et de communes [6], dans les rues, les quartiers, les villages, les cantons, les petites et les grandes villes.

Leur rôle a été de s'occuper de toutes les questions sociales : les problèmes des femmes, l'économie, l'environnement, l'éducation, la santé, l'entraide, les centres pour les familles endeuillées, le commerce et les affaires, les relations avec les pays étrangers. Des groupes ont même été chargés d'arbitrer les contentieux, pour éviter aux plaignants qui le souhaitaient d'avoir à engager des procédures judiciaires.

Généralement, ces groupes se réunissent chaque semaine pour faire le point sur la situation sociale. Ils ont leur propre représentant dans le conseil du village ou de la ville, nommé « maison du peuple ».

Le Tev-Dem, à mon sens, est un mouvement des plus efficaces, et assume toutes les tâches qu'il s'est fixé. Je pense que les raisons de son succès sont les suivantes :

La volonté, la détermination et l'énergie de gens convaincus qu'ils peuvent changer les choses ;
La participation volontaire d'une majorité de la population, à tous les niveaux, pour assurer la réussite de cette expérience ;
La mise en place d'une de forces défensives reposant sur trois composantes : les Unités de protection populaire (YPG, pour Yekîneyên Parastina Gel), les Unités de protection féminines (YPJ, pour Yekîneyên Parastina Jin) et l'Asayesh (une force mixte présente dans les villes et sur les points de contrôle). En plus de ces trois composantes, il existe une unité spéciale féminine non mixte, pour traiter les questions de violences sexuelles et domestiques.

De ce que j'ai vu, le Kurdistan syrien a suivi - à raison, à mon avis - une voie différente de celle des autres pays touchés par le « Printemps arabe ». Les différences sont flagrantes.

1. Les pays du « Printemps arabe » ont été bouleversés par de grands événements, et plusieurs ont chassé leurs dictateurs. Mais le « Printemps arabe », dans le cas de l'Egypte, a engendré un gouvernement islamiste, puis une nouvelle dictature militaire. D'autres pays n'ont guère fait mieux. Cela montre la puissance du peuple qui peut, à un moment donné, être le héros de l'histoire, mais n'est pas forcément en mesure d'inscrire son succès dans la durée. C'est l'une des principales différences entre le « Printemps arabe » et le « Printemps kurde » du Rojava, qui pourrait bien durer - et qui dure, en tout cas, jusqu'à présent.

2. Au Kurdistan syrien, les gens étaient prêts et savaient ce qu'ils voulaient. Que la révolution devait se faire de bas en haut, et non l'inverse. Que ce devait être une révolution sociale, culturelle et éducative autant que politique. Qu'elle devait se faire contre l'Etat, le pouvoir et l'autorité. Que le dernier mot dans les prises de décision devait revenir aux communautés de base. Ce sont les quatre principes du Tev-Dem. On ne peut que saluer ceux et celles qui ont lancé ces grandes idées et les ont mis en pratique, qu'il s'agisse d'Abdullah Öcalan, de ses camarades ou de quiconque. En conséquence, les Kurdes de Syrie ont créé leurs propres institutions pour mener la révolution. Dans les autres pays du « Printemps arabe », les gens n'étaient pas préparés. Ils voulaient certes renverser le gouvernement, mais pas le système. La majorité pensait que la seule révolution possible se faisait au sommet. La création de groupes de base n'a pas été entreprise, hormis par une minorité d'anarchistes et de libertaires.
L'auto-administration démocratique

Après de longs débats et un dur travail, le Tev-Dem a abouti à la conclusion qu'il était nécessaire d'instituer une auto-administration (DSA) dans chaque canton du Rojava (Cizîrê, Kobanê et Efrîn).

A la mi-janvier 2014, l'Assemblée du peuple de Cizîrê a élu sa propre DSA [7], pour mettre en oeuvre les décisions des maisons du peuple du Tev-Dem, et prendre en main une partie des tâches administratives locales -- éducation, santé, commerce, défense, justice, etc. La DSA est composée de 22 hommes et femmes ayant chacun deux adjoints (un homme et une femme). Au total, près de la moitié sont des femmes. Des gens de toutes origines, nationalités et confessions peuvent y participer. Cela permet une atmosphère de confiance, détendue et fraternelle.

En peu de temps, cette auto-administration a fourni beaucoup de travail, et a rédigé une Constitution -- nommée Contrat social --, une loi sur les transports, une lois sur les partis, et un programme pour le Tev-Dem [8].

La première page du Contrat social stipule que « les territoires de démocratie autogestionnaire n'admettent pas les concepts d'État-nation, d'armée nationale ou de religion d'État, de gestion centralisée et de pouvoir central, mais sont ouvertes à des formes compatibles avec les traditions démocratiques pluralistes, ouvertes à tous les groupes sociaux et toutes les identités culturelles, à la démocratie athénienne, et à l'expression des nationalités à travers leurs organisations. »

Le Contrat social compte de nombreux articles dont quelques uns sont extrêmement importants pour la société, par exemple :

La séparation de l'État et des religions ;
L'interdiction du mariage en dessous de l'âge de 18 ans ;
La protection des droits des femmes et des enfants ;
La prohibition de l'excision ;
La prohibition de la polygamie ;
La révolution doit se faire à la base de la société et être durable ;
La liberté, l'égalité, l'équité et la non-discrimination ;
L'égalité hommes-femmes ;
La reconnaissance de toutes les langues usitées : l'arabe, le kurde et le syriaque sont langues officielles dans la Cizîrê ;
La garantie d'une vie décente aux détenus, afin de faire de la prison un lieu de réhabilitation ;
La reconnaissance du droit d'asile : aucun réfugié ne doit être contraint de partir.

La situation économique de la Cizîrê

La Cizîrê compte plus d'un million d'habitants, kurdes à 80%, mais aussi arabes, chrétiens, tchétchènes, yézidis, turkmènes, assyriens et arméniens. Il y a de nombreux villages arabes et yézidis, ainsi que 43 villages chrétiens.

Dans les années 1960, le régime syrien a appliqué dans les zones kurdes une politique dite « de la ceinture verte » [9], que le parti Baas a poursuivi quand il est arrivé au pouvoir. Elle consistait en une marginalisation des Kurdes sur les plans politique, économique, social et éducatif. L'objectif de la « ceinture verte » était d'implanter une population arabe dans les zones kurdes, en lui distribuant des terres confisquées aux Kurdes. Bref, sous Assad, les Kurdes étaient des citoyens de troisième rang, après les Arabes et les chrétiens.

Une autre politique a été de cantonner la Cizîrê à la production de blé et de pétrole : pas d'usines, d'entreprises ni d'industrie. La Cizîrê produit 70% du blé syrien et est riche en pétrole, gaz et phosphates. La majorité de la population y est employée dans l'agriculture et le petit commerce, et il faut y ajouter les employés de l'éducation, de la santé, des services publics, les militaires et les petits entrepreneurs.

Après 2008, la situation s'est dégradée quand le régime Assad a promulgué un décret spécial interdisant la construction de grands bâtiments, en raison de la situation de guerre larvée dans cette région périphérique et frontalière.

Actuellement, la situation est mauvaise, du fait des sanctions imposées par la Turquie et par le Gouvernement régional du Kurdistan (on verra pourquoi plus loin). Le quotidien dans la Cizîrê est frugal, le niveau de vie est bas, mais ce n'est pas non plus la pauvreté. Les gens, en général, sont heureux de ce qu'ils ont accompli.

On trouve dans le Rojava les biens de première nécessité indispensables à toute société, ce qui est important, au moins pour le moment, pour éviter la famine, se tenir debout et résister aux sanctions de la Turquie et du GRK. Il y a du blé en quantité suffisante pour produire du pain et des pâtisseries. Le pain, du coup, est quasi gratuit.

Le pétrole, est lui aussi très bon marché -- on l'a « au prix de l'eau », comme on dit là-bas. On utilise le pétrole pour tout : à la maison, pour les véhicules, pour certains équipements industriels. Le Tev-Dem a rouvert certains puits de pétrole et dépôts de raffinage. A l'heure actuelle, la région produit plus de pétrole que ce dont elle a besoin : elle peut donc en exporter mais aussi stocker les surplus.

L'électricité est un problème, parce qu'elle est en bonne partie produite dans la région voisine, contrôlée par l'État islamique (Daech). Par conséquent, les gens n'ont accès à l'électricité que six heures par jours -- mais, au moins, elle est gratuite. Le Tev-Dem a amélioré la situation en vendant du diesel à bas prix aux propriétaires de groupes électrogènes, à la condition qu'ils vendent de l'électricité au voisinage à un prix plafonné.

Pour ce qui est de la téléphonie mobile, les appareils captent, selon la zone, soit le réseau du GRK, soit celui de la Turquie. Les lignes terrestres sont sous le contrôle du Tev-Dem et de la DSA, et semblent bien fonctionner. Là encore, c'est gratuit.

En ville, les boutiques et les marchés sont ouverts tôt le matin, jusqu'à 23 heures. On trouve beaucoup de marchandises de contrebande importées des pays voisins. D'autres produits viennent du reste de la Syrie, mais ils coûtent cher, en raison des taxes prélevées par les forces syriennes ou par les différents groupes armés qui contrôlent les circuits d'approvisionnement.

La situation politique dans la Cizîrê

Comme on l'a dit, la majorité des troupes du d'Assad se sont retirées de la région, ne conservant leurs positions que dans certaines localités. Elles tiennent la moitié de la ville principale, Hesîçe [10], face aux YPG-YPJ. Dans la deuxième ville de la région, Qamislo [11], 6.000 à 7.000 soldats réguliers occupent toujours l'aéroport et une portion du centre-ville autour de la Poste - évitée du coup par la plupart des habitants.

Les deux parties se toisent et évitent de se frotter l'une à l'autre. Je qualifierais cette situation de « ni paix ni guerre ». Il y a certes déjà eu des affrontements, à Hesîçe comme à Qamislo, avec des morts de chaque côté, mais jusqu'ici, le chef des tribus arabes a oeuvré à maintenir la coexistence.

Le repli de l'armée syrienne profite en fait aux deux parties.

D'un côté, Assad s'épargne un affrontement inévitable avec les Kurdes, et s'exonère d'avoir à défendre la région contre d'autres forces insurgées [12], puisque les YPG s'en chargent. Ses troupes ont ainsi pu se porter sur d'autres fronts, prioritaires pour le régime. Les YPG-YPJ protègeront de toute façon mieux le Rojava - y compris vis-à-vis de la Turquie - que l'armée syrienne.

D'un autre côté, les Kurdes ont tiré de cette situation des avantages substantiels :

Ils ont cessé de combattre le régime Assad, ce qui a garanti la paix et la liberté pour la population, la sécurité de leurs terres et de leurs biens, et a épargné bien des vies.
Le gouvernement continue de verser les salaires des fonctionnaires, bien que la quasi totalité travaillent à présent sous le contrôle de la DSA. Cela améliore évidemment la situation économique.
La population y a gagné en autonomie dans sa vie et dans ses choix, dans le cadre du Tev-Dem et de la DSA. Plus cette situation se prolonge, et plus elle a de chances de s'enraciner.
Les YPG-YPJ ont eu l'occasion par elles-mêmes, d'engager le combat avec les groupes terroristes, en particulier Daech, quand elles l'ont jugé nécessaire.

Dans la Cizîrê, il existe plus de 20 partis au sein des populations kurdes et chrétiennes. La majorité sont opposés au PYD, au Tev-Dem et à la DSA pour des raisons qui leur appartiennent - j'y reviendrai. Ils ont cependant la liberté de mener leurs activités sans aucune restriction [13]. La seule chose qui leur soit interdite, c'est de posséder leur propre milice armée.

Les femmes et leur rôle

Les femmes sont largement acceptées et occupent une place importante, à tous les niveaux du Tev-Dem, du PYD et de la DSA. En vertu du système dit des « codirigeants » et des « coorganisateurs » (joint leaders and joint organizers), chaque direction de bureau, d'administration ou d'unité combattante doit inclure des femmes. En outre, les femmes ont leurs propres forces armées. Au sein des institutions, l'égalité hommes-femmes est complète.

Les femmes sont une force majeure, et sont très impliquées dans toutes les commissions des maisons du peuple, dans les comités, les groupes et les communes. Les femmes du Rojava ne forment pas seulement la moitié de la société : elles sont la moitié la plus efficace et la plus importante car si elles arrêtaient de travailler dans ces comités ou s'en retiraient, la société kurde pourrait bien s'effondrer. Beaucoup de femmes actives dans la politique ou dans la défense ont longtemps combattu avec le PKK dans les montagnes. Elles sont aguerries, résolues, dynamiques, responsables et courageuses.

Dans le Rojava, les femmes sont sacrées, et Abdullah Öcalan et les autres dirigeants du PKK-PYD ont pris très au sérieux leur rôle dans la reconstruction de la société, sous tous ses aspects. Dans la philosophie d'Öcalan, on ne verra le meilleur de la nature humaine que si la société redevient matriarcale, d'une façon moderne bien sûr [14].

Malgré cette situation, et bien que toutes les femmes soient libres, les relations amoureuses et sexuelles sont rares pour les combattantes. Les militantes et les militants que nous avons rencontrés estiment que tout cela -- amour, sexualité, relations -- n'est pas d'époque car leur investissement dans la révolution passe avant tout. Quand j'ai demandé ce qui advenait lorsque deux combattant.e.s ou deux responsables politiques tombaient amoureux, on m'a répondu que nul ne pouvait l'empêcher, mais qu'il valait mieux qu'elles soient mutées des postes plus appropriés.

Cela ébahira bien des Européens. Comment peut-on vivre sans amour, ni sexe, ni relations amoureuses ? Pour moi, c'est tout à fait compréhensible. Je pense que c'est leur choix et, si les gens sont libres de choisir, alors il doit être respecté.

Néanmoins, si on laisse de côté les unités combattantes, le Tev-Dem et les autres partis, j'ai fait une curieuse observation : je n'ai pas vu une seule femme travaillant dans un magasin, une station-service, un marché, un café ou un restaurant. Pourtant, les femmes et les questions féminines sont bien plus avancées ici qu'au Kurdistan irakien, qui a pourtant disposé de vingt-deux ans pour établir ses propres lois, avec une marge de manoeuvre bien supérieure. Ceci dit, on ne peut pas non plus dire qu'il y ait un mouvement de femmes spécifique ou indépendant au Kurdistan syrien.

Les communes

Les communes sont les cellules les plus actives des maisons du peuple. Il y en a partout, qui se réunissent une fois par semaine pour discuter des affaires courantes. Chaque commune est basée dans un quartier, un village ou une ville, et a son propre représentant à la maison du peuple.

Ci-dessous, la définition de la commune, tirée du Manifeste du Tev-Dem, traduit de l'arabe :

Les commes sont les plus petites cellules et les plus actives. En pratique, elles constituent une société prenant en compte la liberté des femmes, l'écologie, et où est instituée la démocratie directe.

Les communes oeuvrent à développer et à promouvoir des commissions. Sans rien attendre de l'État, celles-ci cherchent par elles-mêmes des solutions aux questions sociales, politiques, éducatives, de sécurité et d'autodéfense. Les communes instituent leur propre pouvoir en construisant des organismes tels que les communes agricoles dans les villages, mais aussi des communes, coopératives et associations dans les quartiers.

Il faut former des communes dans la rue, les villages et les villes, avec la participation de toutes et tous les habitants. Les communes se réunissent chaque semaine, et prennent leurs décisions au grand jour, avec leurs membres de plus de 16 ans.


Nous sommes allés à une réunion d'une des communes basée dans le quartier de Cornish, à Qamislo. Il y avait là 16 à 17 personnes, pour la plupart des jeunes femmes. Nous avons pu discuter de façon approfondie de leurs activités et de leurs tâches. Elles nous ont dit qu'il y avait 10 communes dans le quartier, composées chacune de 16 personnes. « Nous agissons un peu comme des travailleurs sociaux, nous ont-elles dit, avec tout ce que ça comporte : rencontrer les gens, assister aux réunions hebdomadaires, démêler les problèmes, veiller à la sécurité et à la tranquillité publique, collecter les ordures, protéger l'environnement et assister à la grande réunion pour débriefer ce qui s'est passé durant la semaine. »

Elles m'ont confirmé que personne, pas même les partis politiques, ne s'ingère dans les décisions prises collectivement, et en ont cité quelques-unes : « Nous souhaitions utiliser une vaste parcelle, dans une zone résidentielle, pour créer un petit parc. Nous avons demandé une aide financière à la mairie. Elle n'avait que 100 dollars à nous donner. Nous avons pris l'argent, et collecté 100 dollars supplémentaires auprès des habitants. » Elles nous ont fait visiter ce parc en nous expliquant : « Beaucoup de gens ont travaillé bénévolement pour terminer le travail, sans dépenser davantage d'argent. »

Elles nous ont donné un autre exemple : « Le maire voulait lancer un projet dans le quartier. Nous lui avons répondu que rien ne se ferait sans qu'on ait, au préalable, recueilli l'assentiment des habitants. Nous avons tenu une réunion, qui a rejeté le projet. Tout le monde n'ayant pas pu venir à la réunion, nous sommes allés maison par maison pour recueillir les opinions. Le rejet du projet a été confirmé à l'unanimité. »

Quand, à leur tour, elles ont voulu savoir s'il existait des structures similaires à Londres, je leur ai répondu qu'il y avait certes plusieurs groupements, mais malheureusement aucun qui ressemble au leur -- uni, progressiste et engagé. Bref, je leur ai avoué qu'elles étaient bien plus avancées que nous. Surprise, déception et même frustration de leur part : comment leur région pouvait-elle être à un stade plus avancé qu'un pays qui a connu la révolution industrielle il y a des siècles !

L'opposition kurde et chrétienne

Comme je l'ai dit, il y a plus de 20 partis politiques kurdes dans le Rojava. Quelques-uns se sont ralliés à l'auto-administration, mais 16 autres non. Tandis que certains se retiraient de la scène, 12 autres s'unissaient au sein d'une coalition nommée Assemblée patriotique du Kurdistan en Syrie, plus ou moins pro-Barzani, c'est-à-dire dans l'orbite du Parti démocrate kurde (PDK) et du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) en Irak.

Dans les années 1990, le sang a coulé entre le PKK et le PDK. De violents affrontements ont opposé les deux partis au Kurdistan irakien, faisant des milliers de morts. La plaie est encore à vif. Il faut avoir à l'esprit que le gouvernement turc soutenait le PDK dans sa lutte contre le PKK, aux confins de l'Irak et de la Turquie.

Le clan Barzani fait surtout grief à Abdullah Öcalan de se poser comme le leader national de tous les Kurdes.

L'auto-administration démocratique (DSA) mise en place au Kurdistan syrien sous l'égide du PYD et du PKK ne pouvait donc que déplaire à la Turquie et au GRK, son allié.

Tout ceci pour expliquer pourquoi le GRK s'oppose au Tev-Dem et à la DSA au Kurdistan syrien. Le PDK se préoccupe beaucoup de ce qui se passe dans le Rojava et, quoiqu'il advienne, cherche à tirer les marrons du feu. Il fournit donc une aide financière et des armes à certains partis locaux, dans l'idée de déstabiliser la région.

Notre rencontre avec les partis d'opposition a duré plus de deux heures, et la majorité d'entre eux étaient là. Nous leur avons demandé quels étaient leurs rapports avec le PYD, la DSA et le Tev-Dem. Sont-ils libres ? Ont-ils eu des militants persécutés ou arrêtés par les YPG-YPJ ? Disposent-ils de la liberté de s'organiser, de manifester ? Et d'autres questions de la sorte. A chaque fois, leur réponse a été : pas d'arrestation, pas de restriction à la liberté de manifester. Mais pas question pour eux de participer à la DSA.

Ils ont trois contentieux avec le PYD et la DSA.

Selon eux le PYD et le Tev-Dem ont trahi le peuple kurde, parce qu'ils ont laissé la moitié de Hesîçe (Hassaké) et une partie de Qamislo (Kameshli) aux mains du régime de Damas, même si ses forces y sont limitées. Pour eux, cela revient à une compromission avec Bachar el-Assad.

Nous avons suggéré que cette politique "ni paix ni guerre" visait à stabiliser une situation qui a bénéficié à tout le monde dans la région, y compris aux partis d'opposition. Nous leur avons également dit, et ils devaient le savoir mieux que nous, que le PYD pourrait aisément chasser les soldats d'Assad de ces deux villes, au prix de quelques morts, mais la question est : qu'est-ce qui se passe après ?!

Assad ne veut pas renoncer à Hesîçe et, par conséquent, la guerre recommencerait avec son cortège de crimes, de persécutions, de bombardements, de villes et de villages détruits. Cela faciliterait par ailleurs une attaque de Daech ou d'Al Nosra. Cela provoquerait peut-être un affrontement général entre les troupes d'Assad, l'ASL et les organisations terroristes au sein du Rojava, détruisant tout ce qui a été accompli jusqu'ici. Ils n'ont pas répondu à cet argument.

L'opposition ne veut pas participer à la DSA, ni à la prochaine élection, qui aura lieu dans quelques mois si tout va bien. Primo, ils continuent d'accuser le PYD de collaborer avec le régime Assad, sans en apporter la preuve. Secundo, ils estiment que les élections ne seront pas libres puisque le PYD n'est pas un parti démocratique, mais bureaucratique. Pourtant, nous savons qu'il y a à peu près autant de militants du PYD que d'autres partis au sein de la DSA. Nous leur avons dit que s'ils croient dans le processus électoral, ils devraient y participer, pour une DSA plus démocratique et moins bureaucratique. Ils ont accusé le PYD de s'être retiré de la Conférence nationale kurde, impulsée par le GRK en août 2013 à Erbil.

Interrogés par la suite, les militants du PYD et du Tev-Dem ont protesté qu'ils avaient la preuve écrite qu'ils s'étaient engagés dans ce pacte, contrairement à l'opposition.

L'opposition veut mettre sur pieds ses propres milices, mais n'y est pas autorisée par le PYD. Interrogés, le PYD et le Tev-Dem ont confirmé : l'opposition peut avoir ses propres combattants, à la conditon qu'ils soient sous le commandement des YPG-YPJ. Pour eux, la situation est sensible et très tendue. Ils redoutent des heurts armés entre factions, et veulent pas laisser cela advenir. Le PYD dit qu'il ne veut pas reproduire les erreurs commises au Kurdistan irakien où, durant toute la seconde moitié du XXe siècle, des organisations kurdes rivales se sont livrées des combats sanglants.

A la fin, ils nous ont demandé de retourner voir les partis d'opposition pour leur proposer, au nom du PYD et du Tev-Dem, tout ce qu'ils voulaient à l'exception de la liberté de créer leurs propres milices.

Quelques jours plus tard, à Qamislo, nous avons rencontré, pendant près de trois heures, les leaders de trois partis kurdes : la branche syrienne du PDK (Partiya Demokrat a Kurdistanê li Sûriyê), le Parti du Kurdistan pour la démocratie et l'égalité en Syrie (Partiya Wekhevî ya Demokrat a Kurdî li Sûriyê) et le Parti de la démocratie patriotique kurde en Syrie. Ils ont plus ou moins répété leurs griefs contre la DSA et le Tev-Dem. Nous avons longtemps essayé de les convaincre que s'ils voulaient résoudre la question kurde, il fallait il soient indépendant du GRK et du PDK, et travaillent dans le seul intérêt de la population du Rojava. La plupart du temps, ils sont restés silencieux, sans répondre à nos arguments.

Quelques jours après, nous avons également rencontré les représentants de deux partis chrétiens et l'organisation de jeunesse chrétienne de Qamislo, qui se participaient pas à la DSA ni au Tev-Dem, mais reconnaissaient qu'ils n'avaient rien contre et approuvaient leur politique. Ils reconnaissaient aussi le mérite des YPG-YPJ qui ont protégé la région contre l'armée syrienne et les groupes terroristes.

Malgré tout, les jeunes militants de Qamislo n'étaient pas contents de la DSA et du Tev-Dem. Ils se plaignaient du manque d'électricité et de possibilité pour la jeunesse de s'impliquer. Ils cherchent donc une alternative à la DSA et au Tev-Dem car si la situation perdure, disent-ils, il n'y aura d'autre choix que l'émigration vers l'Europe.

Un responsable d'un parti présent à la réunion leur a répondu : « Que dis-tu, fils ? Nous sommes en pleine guerre. Ne voyez-vous pas combien de femmes, d'hommes, de personnes âgées et d'enfants sont tués tous les jours ?!! C'est un sujet grave. Dans cette situation, être au pouvoir n'a pas une grande importance ; nous pouvons utiliser d'autres moyens. Ce qui est important en ce moment c'est : être chez soi sans crainte d'être tué, pouvoir laisser nos enfants jouer dans la rue sans qu'ils soient enlevés ou tués. Nous sommes libres de nos activités, comme d'habitude, personne ne nous en empêche, nous ne sommes ni agressés ni insultés. Nous avons la paix, la liberté et la justice sociale... » Les membres des autres partis approuvèrent.

Avant de quitter la région, nous avons parlé avec des commerçants, des hommes d'affaires et des gens sur le marché. Tout le monde avait une opinion plutôt positive sur la DSA et le Tev-Dem. Ils étaient satisfaient de la paix, de la sécurité et de la liberté et pouvaient gérer leurs activités sans subir l'ingérence d'un parti ou d'un groupe.

La tranchée de la honte

En 2013, avec l'aide du gouvernement irakien, le Gouvernement régional kurde (GRK) a creusé une tranchée de deux mètres de profondeur et de deux mètres de large, sur environ 35 kilomètres de long, le long de la frontière avec le Kurdistan syrien. Les 12 premiers kilomètres ont été réalisés par le GRK, les 18 derniers par Bagdad. Sur la portion restante, le fleuve Tigre constitue un obstacle naturel.

Le KRG et le gouvernement irakien prétendent que la tranchée était une mesure de protection nécessaire à la paix et à la sécurité en Irak, y compris au Kurdistan. Ici, les gens se posent beaucoup de questions sur cette « protection ». Contre qui ? Contre quoi ? Daech ? Mais Daech ne peut pénétrer dans cette partie de la Syrie, gardée par les YPG-YPJ.

La majorité des Kurdes voient en réalité deux raisons à cette tranchée. D'une part, empêcher des réfugiés syriens, mais aussi le PKK et le PYD, d'entrer au Kurdistan irakien ; d'autre part, accroître l'efficacité des sanctions économiques prises contre le Kurdistan syrien pour l'obliger à accepter les conditions du GRK. Toutefois, je pense que les Kurdes de Syrie préfèreront subir la famine plutôt que de passer sous les fourches caudines du GRK. C'est pourquoi, dans tout le Kurdistan, a surnommé cette tranchée la « Tranchée de la honte ».

Les sanctions économiques ont fortement perturbé la vie dans la Cizîrê, où l'on manque de tout : médicaments, argent, médecins, infirmières, enseignants, techniciens et ingénieurs de l'industrie, notamment dans le secteur pétrolier. La Cizîrê, qui a des milliers de tonnes de blé à exporter, est contrainte de vendre son grain 200 à 250 dollars la tonne au gouvernement irakien, alors que celui-ci paie 600 à 700 dollars la tonne quand il l'achète ailleurs.

Dans le Rojava, cette attitude du GRK de Massoud Barzani -- qui se qualifie lui-même de grand leader kurde -- provoque l'incompréhension. Le 9 mai 2014, une grande manifestation pacifique contre la « Tranchée de la honte » a réuni plusieurs milliers de personnes à Qamislo, à l'appel du Tev-Dem. On a pu y entendre plusieurs forts discours de différentes organisations, maisons du peuple, groupes et comités. Aucun de ces discours n'a créé de tensions. Les gens se rassemblaient principalement autour de l'idée qu'il fallait rétablir la fraternité, la coopération, et une bonne entente de chaque côté de la frontière, que tous les partis devaient se réconcilier et prononcer des paroles de paix et de liberté. La manifestation s'est achevée en fête de rue avec danses, chansons et hymnes.

Attentes et craintes

Où va le mouvement populaire du Rojava ? C'est difficile à dire, mais cela ne doit pas nous empêcher d'analyser et de réfléchir à son avenir. La victoire ou la défaite complète d'une expérience telle que la région n'en a pas connu depuis longtemps dépend de facteurs internes et externes.

Quoi qu'il arrive, nous devrons y faire face ; ce qui compte, c'est de résister, d'être volontaire et ambitieux, de ne pas capituler, de ne pas se décourager et de croire au changement. Rejeter le système actuel, saisir chaque occasion, cela est plus important, je pense, qu'une victoire temporaire. C'est la clef pour atteindre le but final.

[...]

L'affaiblissement du Tev-Dem

Comme nous l'avons vu, le Tev-Dem est l'âme du mouvement populaire, avec ses groupes, ses comités, ses maisons du peuple. Sans le Tev-Dem, pas d'Auto-administration démocratique (DSA). De façon générale, de l'existence du Tev-Dem dépend l'avenir du Rojava, et du modèle qu'il peut représenter pour l'ensemble de la région.

Il est difficile d'évaluer l'équilibre des forces entre le Tev-Dem et la DSA. J'ai eu le sentiment que quand le pouvoir de la DSA croissait, celui du Tev-Dem diminuait. L'inverse peut être vrai aussi.

J'ai soulevé cette question avec les camarades du Tev-Dem. Ils n'étaient pas d'accord. Ils estiment que plus la DSA sera forte, plus le Tev-Dem sera fort. En effet, ils voient la DSA comme un simple organe exécutif, mettant en oeuvre les décisions prises par le Tev-Dem et ses organes. J'ai du mal à fixer mon opinion à ce sujet, l'avenir tranchera.

Le PYD et les structures des partis

Ce sont le PYD et le PKK qui sont derrière le Tev-Dem, et ces deux partis présentent toutes les caractéristiques des grands partis dans cette région du monde : hiérarchie dirigeants-dirigés, tous les ordres descendant du sommet vers la base. Les militants sont peu consultés sur les orientations mais sont très disciplinés, ont des règles des ordres à appliquer, et des relations confidentielles avec différents partis, au pouvoir ou non dans différentes régions du monde.

Et pourtant, le Tev-Dem est tout l'inverse. Beaucoup de ses militants ne sont membres ni du PKK ni du PYD. Ils croient à la révolution par en bas, n'attendent rien de l'État et des autorités, et participent aux réunions où les décisions sont prises souverainement, dans l'intérêt supérieur des habitants. Ensuite, ils demandent à la DSA de mettre en application leurs décisions. Et il y a encore beaucoup d'autres différences entre le PYD-PKK et le Tev-Dem.

La question est : comment se fait le compromis ? Est-ce le Tev-Dem qui suit le PYD-PKK, où bien est-ce eux qui suivent le Tev-Dem ? Qui contrôle qui ?

Je n'ai pas la réponse, je cherche encore, mais je pense qu'on sera bientôt fixés.

Une crainte : la sacralisation de l'idéologie et des idéologues

L'idéologie est un point de vue. Tout voir par le prisme de l'idéologie peut conduire à un désastre, car cela peut donner des réponses toutes faites, et des solutions déconnectées de la réalité. La plupart du temps, les idéologues cherchent le juste mot dans de vieux livres qui ne sont plus pertinents pour comprendre la situation actuelle.

Les idéologues peuvent être dangereux quand ils veulent imposer leurs idées tirées de ces vieux livres. Ils peuvent être bornés, rigides, inflexibles. Ils ne respectent pas les points de vue différents. Ils ont beaucoup de points communs avec les religieux, et certains marxistes ou communistes. Pour résumer, ils croient que l'idéologie, ou la pensée, crée l'insurrection ou les révolutions. Pour des non-idéologues comme quoi, c'est le contraire qui est vrai.

Il est regrettable que j'aie trouvé de nombreux idéologues au sein du PYD et du Tev-Dem, surtout quand nous en sommes venus à parler des idées d'Abdullah Öcalan. Il y a des gens qui ramènent Öcalan à tout propos dans les discussions. Ils ont une confiance totale en lui et, dans une certaine mesure, ils le sacralisent. Que ce soit de la foi ou de la crainte envers le leader, c'est effrayant, et cela ne présage rien de bon. Pour moi, rien ne doit être sacré et tout doit pouvoir être critiqué, et rejeté si besoin.

Le pire, c'est à la Maison des enfants et dans les centres de jeunesse, où les enfants apprennent les idées nouvelles, la révolution et beaucoup de choses positives qu'ils devront savoir pour être utiles à la société. Cependant, en plus, ces enfants apprennent l'idéologie et la pensée d'Öcalan, et à quel point il est le leader du peuple kurde. A mon sens, les enfants ne devraient pas être endoctrinés. On ne devrait pas leur enseigner la religion, la nationalité, la race ou la couleur. Ils devraient avoir leur liberté de conscience et qu'on les laisse tranquille jusqu'à ce qu'à l'âge adulte ils fassent leurs propres choix.

Le rôle des communes

J'ai déjà expliqué ce qu'étaient les communes. Leur mission doit évoluer. Elles ne peuvent pas rester cantonnées au traitement des problèmes locaux. Elles doivent accroître leur rôle, leurs prérogatives et leurs pouvoirs. Certes, il est vrai que le Rojava est dépourvu d'usines, d'entreprises et d'une véritable infrastructure industrielle. Mais dans la Cizîrê, qui produit surtout du blé, l'agriculture occupe beaucoup de monde dans les petites villes et les villages. Et la région est riche en pétrole, gaz et phosphates, bien que la plupart des gisements soient hors d'usage du fait de la guerre ou du manque d'entretien avant même le soulèvement.

Les communes pourraient donc investir ces domaines, les placer sous contrôle collectif et distribuer leurs produits aux gens en fonction de leurs besoins. Ce qu'il resterait après la distribution pourrait être soit vendu, soit échangé contre du matériel, soit stocké. Si les communes ne s'élèvent pas à ces tâches et se limitent à ce qu'elles font actuellement, évidemment, leur tâche restera inachevée.

En conclusion

Il y a beaucoup de choses à dire sur l'expérience du Rojava, et une foule de points de vue, de droite comme de gauche, des indépendantistes, des trotskistes, des marxistes, des communistes, des socialistes, des anarchistes et des libertaires. Pour ma part, en tant qu'anarchiste, je ne vois pas tout en blanc ou tout en noir, je n'ai pas de solution toute faite, et je ne la cherche jamais dans de vieux livres. Je pense que la réalité et les événements créent les idées et la pensée, pas l'inverse. Je les observe avec l'esprit ouvert, et je m'efforce de les relier entre eux.

Quelques mots importants, cependant, au sujet des insurrections et des révolutions. La révolution ne se limite pas à l'expression d'une colère, elle ne se fait pas sur ordonnance ou sur commande, elle ne survient pas en vingt-quatre heures, n'est pas un coup d'État militaire, bolchevique ou une conjuration politicienne. Elle ne se limite pas au démantèlement de l'infrastructure économique et à l'abolition des classes sociales. Tout cela, c'est le point de vue des gauchistes, des marxistes, des communistes et de leurs partis. Ils voient la révolution ainsi parce qu'ils sont dogmatiques et mécanistes. Pour eux, la révolution et l'abolition des classes signifie le socialisme et la fin de l'histoire.

A mon avis, même si la révolution réussit, le désir d'autorité peut survivre au sein de la famille, dans les entreprises, les usines, les écoles, les universités et d'autres lieux et institutions. A cela peut s'ajouter la persistance des différences hommes-femmes et l'autorité des premiers, même sous le socialisme. En outre, il restera nécessairement un résidu de culture égoïste et cupide, hérité du capitalisme. Tout cela ne peut s'évaporer ou disparaître en peu de temps. Cela peut être une menace pour la révolution.

L'évolution de l'infrastructure économique et la victoire sur la société de classe ne garantissent pas la pérennité de la révolution. Je pense qu'une révolution culturelle, éducative et intellectuelle est nécessaire. Les gens n'aiment pas le système actuel et pensent pouvoir le changer. La tendance à la rébellion, le refus d'être exploité, l'esprit de révolte sont des choses très importantes pour maintenir la flamme de la révolution.

A partir de là, que dire de l'expérience du Rojava ?

Cette expérience dure depuis deux ans et marquera des générations. Les Kurdes de Syrie ont l'esprit rebelle, ils vivent en harmonie, dans une atmosphère de liberté, et s'accoutument à une culture nouvelle : une culture du vivre-ensemble dans la paix et la liberté, une culture de tolérance, de partage, de confiance en soi et de fierté, une culture de dévouement et de solidarité. En même temps, il est vrai que la vie est dure, qu'il y a pénurie de biens de première nécessité, et que le niveau de vie est bas, mais les gens sont accueillants, conviviaux, souriants, attentifs et simples. L'écart entre les riches et les pauvres est faible. Tout cela aide les gens à surmonter les difficultés.

Ensuite, les événements et l'environnement actuels ont changé beaucoup de choses. Ils ne supporteront pas une nouvelle dictature ; ils se battront pour leurs acquis ; ils ne tolèreront pas qu'on décide à leur place. Pour toutes ces raisons, ils résisteront au découragement, se dresseront de nouveau, lutteront pour leurs droits et résisteront au retour de l'ordre ancien.

Certains disent que tant que cette expérience aura Abdullah Öcalan, le PKK et le PYD derrière elle, elle court le risque de prendre fin et d'être remplacée par une dictature. C'est possible en effet. Mais même ainsi, je ne pense pas qu'en Syrie ou au Rojava, les gens puissent, plus longtemps, tolérer une dictature ou un gouvernement de type bolchevique. Nous ne sommes plus à l'époque où le gouvernement de Damas pouvait massacrer 30.000 personnes à Alep en quelques jours. Le monde a changé.

Il me reste à dire que tout ce qui s'est passé dans le Kurdistan syrien n'est pas seulement l'idée d'Öcalan, comme beaucoup le croient. En fait, cette idée est très ancienne, et Öcalan l'a développée en prison, en lisant des centaines de livres, en analysant les expériences et les échecs des mouvements nationalistes et communistes dans la région et dans le reste du monde. La base de tout, c'est qu'il est convaincu que l'État, quelle que soit son nom et sa forme, reste l'État, et ne peut disparaître s'il est remplacé par un autre État. Pour cela, il mérite d'être entendu.

Zaher Baher

Notes

[1] Kurdistana Rojava signifie "Kurdistan occidental".

[2] Cizîrê est le nom kurde de cette région appelée Djézireh en français, et Al Jazera en arabe.

[3] L'opération Anfal, conduite par Ali Hassan al-Majid (« Ali le Chimique ») a duré de février à septembre 1988. Environ 2.000 villages ont été détruits et 182.000 personnes assassinées.

[4] Le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) est le principal parti révolutionnaire kurde en Turquie. Il fait référence pour toute la gauche kurde, qu'elle soit en Syrie (PYD) en Iran (PJAK) ou en Irak (PÇDK).

[5] De fait, le Tev-Dem est une coalition d'organisations dont le PYD est le centre de gravité.

[6] Les communes sont des conseils de quartier qui s'efforcent d'organiser la vie sociale (voir le passage qui leur est consacré.

[7] Élue le 21 janvier, l'Assemblée de la Cizîrê compte 101 sièges. La DSA est en fait une sorte de gouvernement autonome, doté de 22 commissions. Le canton de Kobanê a élu ses propres institutions le 22 janvier 2014 ; celui d'Efrîn, le 29 janvier. Lire Lire : « Les Kurdes syriens formeront leur gouvernement » sur Actukurdes.fr, le 10 juillet 2013, et « Syrie : Une ville libérée et 30 'djihadistes' capturés par les Kurdes », le 17 février 2014.

[8] En réalité le "Contrat social" a été promulgué le 6 janvier 2014, donc avant l'élection de l'auto-administration.

[9] La politique de la "ceinture verte" était également dite de la « ceinture arabe ».

[10] En arabe, Al Hasaka ; en français, Hassaké.

[11] En arabe, Al Qamisli ; en français, Kameshli.

[12] Notamment l'Armée syrienne libre, le front Al Nosra ou l'État islamique.

[13] Un rapport de Human Rights Watch en date du 19 juin 2014 a en réalité signalé des arrestations arbitraires d'opposants politiques au PYD, des exactions commises à l'encontre de détenus et des affaires non élucidées d'enlèvement et de meurtre.

[14] A partir de la fin des annés 1980, Abdullah Öcalan a élaboré la théorie de la « Femme libre », évoquant un « âge d'or » mésopotamien fondé sur le matriarcat. Il ne s'agit pas d'une théorie féministe, mais elle a puissamment contribué à promouvoir la parité dans le mouvement kurde. A ce sujet, lire Grojean Olivier, « Théorie et construction des rapports de genre dans la guérilla kurde de Turquie », Critique internationale 3/ 2013 (N° 60), p. 21-35.
Related Link:
http://alternativelibertaire.org/?Dossier-Kurdistan-Oui-le-peuple
http://alternativelibertaire.org/?Dossier-Kurdistan-Oui...euple

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anarkismo.net

La sperimentazione del Kurdistan Occidentale (Kurdistan siriano) ha dimostrato che il popolo può cambiare le cose by Zaher Baher (en, fr)
Ciò che leggerete di seguito è l'esperienza della mia visita di un paio di settimane nel maggio di quest'anno, 2014, nel Nord Est della Siria o Kurdistan siriano (Ovest del Kurdistan) con un mio caro amico. Durante la visita abbiamo avuto piena libertà e l'opportunità di vedere e di parlare con chiunque. Incluse donne, uomini, giovani e partiti politici. Ci sono più di 20 partiti dai curdi ai cristiani, alcuni sono nell'Auto-Amministrazione Democratica (DSA) o Autogestione Democratica (DSM) della regione di Al-Jazera. Al-Jazera è una delle tre regioni (cantoni) del Kurdistan dell'Ovest [noto anche come Kurdistan siriano o Rojava - ndt.]. Abbiamo incontrato anche i partiti politici curdi e cristiani che non fanno parte della DSA o della DSM. Inoltre abbiamo incontrato i vertici della DSM, membri di diversi comitati, gruppi locali e comuni così come uomini d'affari, negozianti, lavoratori, persone al mercato e gente che semplicemente camminava per strada.
Il contesto

Il Kurdistan è un territorio abitato da circa 40 milioni di persone che è stato diviso tra l'Iraq, la Siria, l'Iran e la Turchia dopo la Prima Guerra Mondiale. Storicamente i curdi hanno subito massacri e genocidi per mano dei regimi che si sono succeduti, specialmente in Iraq e in Turchia. Da allora sono stati continuamente oppressi dai governi centrali dei paesi ai quali il Kurdistan era annesso. Nel Kurdistan iraniano, durante il regime di Saddam Hussein, i curdi hanno subito attacchi con armi chimiche nel corso dell'Operazione Anfal [1]. In Turchia, fino a poco tempo fa, i curdi non avevano nemmeno il diritto di parlare nella loro propria lingua. Storicamente sono stati conosciuti come i turchi che vivono nelle montagne (in riferimento alla regione del Kurdistan in cui si trovano molte montagne). In Siria la situazione dei curdi era un po' migliore rispetto a quella in Turchia. In Iran vengono loro riconosciuti dei diritti basilari e vengono riconosciuti come una nazione distinta dai persiani, ma non hanno autonomia.

Dopo la Prima Guerra del Golfo nel 1991, i curdi iracheni riuscirono a costituire il loro proprio governo regionale, il Governo Regionale del Kurdistan (KRG). Dopo l'invasione e l'occupazione dell'Iraq nel 2003, i curdi approfittarono della situazione per rafforzare il loro potere a livello locale. Riuscirono a conquistare il diritto ad avere una propria auto- amministrazione, un budget, dei parlamenti e un esercito. Questi sono stati ora riconosciuti del governo centrale iracheno e, fino ad un certo punto, sono sostenuti dal governo centrale. Questo ha incoraggiato ed ha avuto un impatto positivo sulle altre parti del Kurdistan, specialmente in Turchia e in Siria.

Nello stesso anno dell'invasione dell'Iraq (2003), i curdi siriani costituirono il loro partito, il Partito dell'Unione Democratica (PYD - Partiya Yekîtiya Demokrat), nonostante esistessero già diversi partiti e organizzazioni curde nella regione. Alcuni risalgono agli anni '60, ma sono risultati inefficaci in confronto al PYD che si è sviluppato e si è diffuso rapidamente tra i curdi.
La primavera araba

La Primavera araba ha raggiunto la Siria all'inizio del 2011 e dopo poco tempo si è diffusa nelle regioni/cantoni di Al-Jazera, Kobani e Afrin che fanno parte del Kurdistan siriano. La protesta tra i curdi in questi tre cantoni è stata molto dura ed efficace. Questo ha contribuito in parte al ritiro dell'esercito siriano dai cantoni curdi, ad eccezione di alcuni territori di Al-Jazera di cui parlerò in seguito.

Nel frattempo, le persone, con il sostegno del PYD e del Partito dei Lavoratori Curdi (PKK- Partiya Karkerên Kurdistan), avevano formato il Tevgera Civaka Demokratîk (Tev-Dem - Movimento della Società Democrazia). Questo movimento è diventato rapidamente molto forte e popolare tra la popolazione della regione. Dopo il ritiro dell'esercito e dell'amministrazione siriani, la situazione è diventata molto caotica (spiegherò poi il perché). Questo ha costretto il Tev-Dem ad accelerare i suoi piani ed i suoi programmi prima che la situazione peggiorasse.

Il programma del Tev-Dem era molto inclusivo e comprendeva ogni singola questione sociale. Molte persone della base del partito e di diversa provenienza, inclusi curdi, arabi, musulmani, cristiani, assiri e yazidi sono ne sono state coinvolte. Il primo obiettivo era stabilire una varietà di gruppi, comitati e comuni nelle strade di quartieri, villaggi, paesi e piccole e grandi città. Il ruolo di questi gruppi era quello di impegnarsi in tutte le problematiche che riguardavano la società. I gruppi venivano costituiti per trattare una serie di questioni che includevano: le donne, l'economia, l'ambiente, l'educazione, la salute, il sostegno e la solidarietà, centri per le famiglie dei martiri, il commercio, le relazioni diplomatiche con le nazioni straniere e molto altro. C'erano persino gruppi che si erano costituiti per risolvere le dispute tra singole persone o fazioni per evitare che le stesse finissero in tribunale, a meno che i gruppi non fossero stati in grado di risolverle.

Questi gruppi si incontrano di solito una volta alla settimana per parlare dei problemi che le persone affrontano nel luogo in cui vivono; ogni gruppo possiede un rappresentante all'interno di gruppi più grandi che si trovano nei villaggi e nelle città, che vengono chiamati "Case del popolo".

Il Tev-Dem, secondo il mio parere, è l'organo più efficiente in questo tipo di società e può raggiungere tutti gli obiettivi che sono stati prefissati. Io credo che le ragioni del suo successo siano:
la volontà, la determinazione e il potere delle persone che credono di poter cambiare le cose;

la maggior parte delle persone crede nel lavoro volontario a tutti i livelli per fare in modo che l'azione/esperimento funzioni;

è stato costituito un esercito di difesa formato da tre diverse parti: le Unità di Difesa del Popolo (PDU), le Unità di Difesa delle Donne (WDU) e gli Asayish (un forza mista di uomini e donne presente nelle città e in tutti i posti di controllo fuori dalle città per proteggere i civili da minacce esterne). Oltre a queste unità, c'è un'unità speciale solo per donne, che si occupa di questioni legate agli stupri e alle violenze domestiche.
Da quel che ho visto, il Kurdistan siriano ha preso una strada diversa (che secondo me è quella giusta) dalla "Primavera araba" e le due esperienze non possono essere comparate. Ci sono due grandi differenze tra loro.

1. Nei paesi che sono stati parte della "Primavera araba" si è trattato di grandi eventi e molti sono riusciti ad abbattere la tirannia in questi paesi. Nel caso dell'Egitto la "Primavera araba" ha prodotto uno Stato islamico e poi una dittatura militare. Altri paesi se la sono cavata un po' meglio. Questo mostra che le persone sono potenti e possono essere protagoniste della storia in un momento particolare, ma non sono nella posizione di raggiungere ciò che vogliono a lungo termine. Questa è una delle differenze più grandi tra la "Primavera araba" e la "Primavera curda" nel Kurdistan siriano dove l'ultimo può ottenere dei risultati a lungo termine - o almeno fino ad oggi.

2. Nel Kurdistan siriano le persone erano preparate e sapevano quello che volevano. Credevano che la rivoluzione doveva cominciare dal basso e non dall'alto. Doveva essere una rivoluzione sociale, culturale, educativa e politica. Doveva essere una rivoluzione contro lo stato, il potere e l'autorità. Dovevano essere le persone nelle comunità ad avere le responsabilità delle decisioni finali. Questi sono i quattro principi del Tev-Dem. Bisogna dare credito a chiunque stia dietro queste grandi idee e agli sforzi che sono stati fatti per metterle in pratica, non importa se è Abdullah Öcalan e i suoi compagni o chiunque altro. In più, il popolo del Kurdistan siriano ha costituito molti gruppi locali con diversi nomi per fare in modo che la rivoluzione avesse successo. Nei paesi in cui ha avuto luogo la "Primavera araba" la gente non era preparata e sapevano quello che volevano per liberarsi dall'attuale governo, ma non dal sistema. Inoltre la grande maggioranza delle persone pensavano che la sola rivoluzione era quella dall'alto. La costituzione di gruppi locali non era stata contemplata ad eccezione di una piccola minoranza di anarchici e libertari.
L'auto-amministrazione democratica (DSA)

Dopo un duro lavoro, discussioni e idee, il Tev-Dem è giunto alla conclusione di aver bisogno di una DSA in tutti e tre i cantoni del Kurdistan (Al-Jazera, Kobani e Afrin). Verso la metà di gennaio, 2014, l'Assemblea del popolo ha eletto la propria DSA, con autonomia, per implementare e rendere esecutive le decisioni della "Casa del Popolo" (il comitato principale del Tev-Dem) e per rilevare alcuni lavori di amministrazione nelle autorità locali, nelle municipalità, nell'educazione e nei settori sanitari, nel commercio e nelle organizzazioni aziendali, nella difesa e nel sistema giudiziario, ecc. La DSA è composta da 22 uomini e donne, ognuno dei quali ha due delegati (un uomo e una donna). Quasi la metà dei rappresentanti sono donne. È organizzata in modo tale che possano partecipare persone di diversa provenienza, nazionalità, religione e genere. Questo ha contribuito a creare un'ottima atmosfera di pace, fratellanza e sorellanza, soddisfazione e libertà.

In un breve lasso di tempo, questa amministrazione ha svolto un grande lavoro ed ha stipulato un Contratto sociale, emanato leggi per il trasporto, per i partiti ed un programma o piano per il Tev-Dem. Nel Contratto sociale, nella prima pagina si afferma, "le aree di democrazia autogestita non accettano il concetto di nazionalismo di stato, militare o religioso o di una gestione centralizzata e di regole provenienti da un'autorità centrale, ma sono aperte a forme compatibili con le tradizioni di democrazia e di pluralismo e sono disponibili nei confronti di tutti i gruppi sociali e le identità culturali e della democrazia ateniese e dell'espressione nazionale attraverso la loro organizzazione...". Ci sono molti decreti nel Contratto Sociale. Alcuni sono estremamente importanti per la società, inclusi:
separazione tra stato e religione;
abolizione del matrimonio al di sotto dei 18 anni di età;
i diritti di donne e bambini devono essere riconosciuti, protetti e rafforzati;
abolizione della circoncisione femminile;
abolizione della poligamia;
la rivoluzione deve avere luogo dal basso della società ed essere sostenibile;
la libertà, l'uguaglianza, le pari opportunità e la non-discriminazione;
uguaglianza tra uomini e donne;
tutte le lingue parlate devono essere riconosciute e l'arabo, il curdo e il siriano sono le lingue ufficiali in Al-Jazera;
assicurare una vita dignitosa ai prigionieri e fare della prigione un luogo di riabilitazione e di riforma;
ogni essere umano ha il diritto di cercare asilo e i rifugiati non possono essere rimpatriati senza il loro consenso.
La situazione economica nel cantone di Al-Jazera

La popolazione di al-Jazera conta più di un milione di persone. La popolazione include curdi, arabi, cristiani, ceceni, yazidi, turkmeni, assiri, caldei e armeni. L'80% della popolazione è curda. Ci sono molti villaggi arabi e yazidi, oltre 43 villaggi cristiani.

L'estensione territoriale di Jazera è superiore a quella di Israele e della Palestina insieme. Negli anni '60, il regime siriano ha rafforzato nell'area curda una politica chiamata "Greenbelt" che il partito Ba'ath ha continuato a perseguire quando è giunto al potere. Questo conferma il fatto che le condizioni politiche, economiche, sociali ed educative per i curdi sono peggiori se confrontate con quelle dei siriani. L'obiettivo principale della Greenbelt era quello di portare gli arabi provenienti da diverse zone a stabilirsi nelle zone curde, confiscando terre ai curdi che poi venivano redistribuite tra la popolazione araba appena arrivata. In breve, i cittadini curdi venivano per terzi, dopo gli arabi e i cristiani.

Un'altra politica era quella che voleva che Al-Jazera producesse solo grano e olio. Questo significa che il governo ha fatto in modo che non ci sarebbero state fattorie, imprese o industrie nella zona. Al-Jazera produce il 70% del grano siriano ed è molto ricca di olio, gas e fosfati. In questo modo la maggior parte delle persone sono dedite all'agricoltura nelle piccole città e nei villaggi, mentre nelle città più grandi si trovano commercianti e negozianti. In più molte persone lavorano per il governo nel settore educativo, sanitario e a livello di amministrazione locale, nel servizio militare come soldati e come piccoli imprenditori nelle amministrazioni locali.

Dal 2008, la situazione è peggiorata quando il regime di Assad ha emanato un decreto speciale per bandire la costruzione di grandi edifici a causa dell'insorgere della guerra (riferendosi ad una situazione di conflitto continuativa nella regione) e anche perché quest'area è lontana e si trova ai confini. Attualmente, la situazione è difficile. Ci sono molte sanzioni imposte da entrambi i governi, dalla Turchia e dal governo regionale del Kurdistan (KRG) nel Kurdistan iracheno (di questo parlerò in un altro capitolo). La vita ad Al-Jazera è molto semplice e gli standard di vita sono molto bassi, ma non c'è povertà. Le persone, in generale, tendono a dare la priorità a ciò che hanno conquistato.

Alcune delle necessità di cui ogni società ha bisogno per sopravvivere sono disponibili anche nel Kurdistan occidentale, cosa importante almeno per il momento per evitare la fame, restare in piedi e resistere al boicottaggio da parte della Turchia e del KRG. Queste necessità comprendono le quantità di grano per fare il pane ed altri farinacei. Di conseguenza il prezzo del pane è alquanto libero. La seconda cosa è il basso costo del petrolio che come dice la gente "costa come l'acqua". Le persone usano il petrolio per ogni cosa: in casa, per i veicoli e per i macchinari necessari a certe industrie. Per facilitare questa dipendenza dal petrolio, il Tev-Dem a riaperto alcuni dei pozzi petroliferi e raffinato il grezzo. Al momento, si sta producendo più di quello che occorre alla regione, per cui è possibile esportarne una parte e stoccare la parte in eccesso.

L'elettricità è un problema perché la maggior parte viene prodotta nella vicina regione sotto il controllo dell'ISIS (attualmente IS, lo Stato Islamico dell'Iraq e del Levante o Stato Islamico). Pertanto, la gente può accedere all'elettricità per sole 6 ore al giorno. Ma è gratis, la persone non devono pagare per averla. Questo problema è stato risolto in parte dal Tev-Dem vendendo diesel, ad un prezzo molto basso, a chiunque avesse un generatore privato, a condizione che questi provvedessero a rifornire di energia i residenti locali ad un tasso molto economico.

Per quanto riguarda la comunicazione telefonica, tutti i telefoni cellulari usano entrambe le reti, quella del KRG e quella turca; a seconda di dove ti trovi. Le linee di terra sono sotto il controllo del Tev-Dem e della DSA e sembrano funzionare bene... Inoltre, sono gratuite.

I negozi e i supermercati in città sono aperti normalmente dal mattino presto fino alle 11 di sera. Molti beni provenienti dai paesi vicini sono contrabbandati all'interno della regione. Altri beni vengono da altre parti della Siria, ma sono costosi a causa delle tasse che vengono imposte dalle forze siriane o dai gruppi terroristi che fanno entrare beni nella regione di Al Jazera.
La situazione politica in Al Jazera

Come ho già detto, la maggior parte dell'esercito di Assad si è ritirato dalla regione, ma ancora è ancora presente in un paio di città nella regione di Al Jazera. Il regime ha ancora il controllo sulla metà della città principale (Al-Hasakah) mentre l'altra metà è nelle mani delle PDU (le Unità di Difesa del Popolo). Le forze governative sono rimaste nella seconda città della regione (Kamishlié), dove controllano una piccola area nel centro della città. Ad ogni modo, nell'area occupata, la grande maggioranza delle persone non usano gli uffici e i servizi del centro. Il numero della forze del regime in questa città si aggira intorno ai 6/7.000 soldati che hanno il controllo solo dell'aeroporto e dell'ufficio postale.

Entrambe le parti sembrano riconoscere la posizione, il potere e l'autorità dell'altra e sono restie allo scontro e al confronto. Io chiamo questa situazione, la politica del "niente pace, niente guerra". Questo non significa che non ci siano stati scontri tra loro ad Al-Hassakah o a Kamishlié. Gli scontri ci sono e hanno causato la morte di diverse persone da entrambe le parti, ma, fino ad ora, il vertice delle tribù arabe ha fatto in modo che le due parti convivessero.

Entrambe le parti hanno tratto vantaggio dal ritiro dell'esercito siriano, mentre l'assenza di combattimenti contro i curdi ribelli e contro le sue forze militari ha risparmiato molti costi. In più il governo non deve difendere la zona dalle forze di opposizione, in quanto sono le forze curde a farlo. Inoltre con il ritiro delle truppe dai territori curdi, Assad ha liberato forze che possono essere utilizzate altrove contro gli oppositori. In secondo luogo, con l'abbandono del Kurdistan da parte delle forze di Assad, il territorio è protetto e difeso dal popolo curdo. Infatti, le unità che difendono le persone e le donne proteggono anche la loro stessa gente da ogni attacco o da ogni forza, inclusa la Turchia, molto meglio dell'esercito siriano.

I curdi ne hanno tratto vantaggio nei seguenti modi:
Hanno fermato gli scontri con il governo e questo ha protetto la loro terra e la loro proprietà, salvando molte vite, permettendo alle persone di vivere libere e in pace. Questo ha creato l'opportunità per tutti di vivere in pace e senza paura nello svolgimento della propria attività.

Il governo ancora paga i salari dei suoi vecchi impiegati nonostante molti di loro al momento lavorino sotto il controllo della DSA. Questo ovviamente aiuta la situazione economica in alcune zone.

Questa situazione permette alla gente di gestire la propria vita e di prendere le proprie decisioni. Significa anche che si può vivere sotto l'autorità del Tev-Dem e della DSA. Più a lungo dura questa situazione, più possibilità avrà di stabilizzarsi e di acquistare forza.

Questo dà alle Unità di Difesa del Popolo e alle Unità di Difesa delle Donne l'opportunità di combattere i gruppi terroristi, specialmente l'ISIS/IS, come e quando ciò si renda necessario.
Ad al-Jazera, ci sono più di venti partiti politici tra curdi e cristiani. La maggior parte di questi sono in opposizione al PYD, al Tev-Dem e alla DSA per ragioni diverse (un punto che svilupperò più avanti) e non vogliono unirsi né al Tev-Dem, né alla DSA. Ad ogni modo, hanno totale libertà di portare aventi le loro attività senza restrizioni. L'unica cosa che non possono fare è riunire combattenti o costituire milizie sotto il loro controllo.
Le donne ed il loro ruolo

Non vi è dubbio che le donne ed il loro ruolo sono oggi ampiamente riconosciuti con l'attribuzione di compiti di responsabilità nelle leve alte e meno alte del Tev-Dem, del PYD e della DSA. Questi partiti hanno un sistema chiamato Leaders Uniti ed Organizzatori Uniti. Questo significa che ci devono essere delle donne in ogni ufficio a capo dell'amministrazione o dell'esercito. Inoltre, le donne hanno le loro proprie forze militari. Vi è una totale uguaglianza tra le donne e gli uomini. Le donne sono una forza molto importante e sono ampiamente coinvolte in ogni sezione della Casa del Popolo, nei comitati, in gruppi e quartieri. Le donne del Kurdistan Occidentale non solo costituiscono la metà della società, ma si tratta di una metà così attiva ed importante nella società al punto che senza la partecipazione delle donne , la società curda potrebbe collassare. Ci sono molte donne professioniste nella politica e nell'esercito che sono state sui monti col PKK per lungo tempo. Si tratta di donne molto ferme, molto determinate, molto attive, molto responsabili ed estremamemte coraggiose.

L'importanza della equa partecipazione delle donne alla ricostruzione della società ed a tutte le questioni e problemi connessi è stata presa seriamente in carico da Abdullah Öcalan e dagli altri dirigenti del PKK/PYD fino al punto che le donne del Kurdistan occidentale (Kurdistan siriano) sono considerate sacre. Nel pensiero, nei sogni e nelle convinzioni di Öcalan vi è la visione di un ritorno alle condizioni della società matriarcale, seppure in uno stato avanzato, quale condizione per realizzare al meglio la natura umana.

Sebbene le donne abbiano raggiunto questa posizione e sebbene siano del tutto libere, è invece raro che possano coinvolgersi in un rapporto collegato all'amore ed al sesso. Le donne e gli uomini con cui abbiamo parlato ritengono che l'amore, il sesso ed i rapporti non siano prioritari in questa fase in cui sono impegnati nella rivoluzione e devono dare tutto alla rivoluzione affinché questa vinca. Quando ho chiesto cosa accadrebbe se due persone in divisa o in posizioni sensibili si innamorassero l'una dell'altra, mi hanno detto, ovviamente, che nessuno può impedirlo ma che verrebbero spostate su incarichi più consoni.

Il che può essere difficile da capire per un europeo. Come possono le persone vivere senza amore, senza sesso e senza rapporti? Ma per me è del tutto comprensibile. Credo che si tratti di una loro scelta e, se le persone sono libere di scegliere, allora vanno rispettate. Tuttavia, c'è un'interessante osservazione da fare e che non c'entra col servizio militare, col Tev-Dem e con gli altri partiti. Non ho visto una sola donna lavorare in un negozio, in un pozzo di petrolio, in un supermercato, in un caffè o in un ristorante. Ma le donne ed i temi delle donne nel Kurdistan siriano sono miglia avanti rispetto a quelle del Kurdistan iracheno dove hanno avuto 22 anni di auto-governo e molte più opportunità. Con questo, non sono in grado di dire che ci sia un movimento speciale o indipendente delle donne nel Kurdistan siriano.
Le Comuni

Le Comuni sono le cellule più attive dentro la Casa del Popolo e sono state istituite ovunque. Tengono il loro incontro regolarmente ogni settimana per discutere dei problemi da affrontare. Ogni Comune ha il suo rappresentante nella Casa del Popolo e nel quartiere, nel villaggio o nella città in cui si trovano.

Ecco la definizione di Comune tratta dal manifesto del Tev-Dam e tradotta dall'arabo:
"Le Comuni sono la più piccola e la più attiva cellula della società. Sono praticamente composte in società in cui vige la libertà delle donne, l'ecologia e viene adottata la democrazia diretta."

"Le Comuni si formano sul principio di partecipazione diretta del popolo nei villaggi, nelle strade e nei quartieri e nelle città. Sono questi i luoghi in cui il popolo si organizza volontariamente secondo il proprio orientamento, realizza le sue libere decisioni e dà inizio alle sue attività nell'intera area residenziale, aprendo la porta al dibattito su tutti i temi e sulle soluzioni."

"Le Comuni lavorano sviluppando e promuovendo commissioni. Si discute e si cercano le soluzioni alle questioni sociali, politiche, educative, di sicurezza e di auto-difesa & auto-protezione dal loro stesso potere, e non dallo stato. Le Comuni realizzano il loro potere con la costruzione di organismi quali le comuni agricole nei villaggi ma anche comuni, cooperative ed associazioni nei quartieri."

"Le Comuni si formano nelle strade, nei villaggi e nelle città con la partecipazione di tutti i residenti. Le Comuni si incontrano ogni settimana. In questi incontri le Comuni prendono le decisioni con la partecipazione delle persone che vi fanno parte e che abbiano più di 16 anni."
Siamo andati ad un meeting delle comuni del quartiere di Cornish nella città di Kamishlié. C'erano 16 o 17 persone. La maggior parte erano giovani donne. Abbiamo fatto un intenso dibattito sulle loro attività e sui loro compiti. Ci hanno detto che nel quartiere ci sono 10 comuni e che ognuna è composta da 16 persone. Ci hanno detto: "Noi agiamo allo stesso modo delle comunità operaie, riunendoci con gli altri, partecipando alle riunioni settimanali, analizzando ogni problema nei posti in cui sorgono, proteggendo le persone nella comunità e risolvendo i loro problemi, raccogliendo i rifiuti nell'area, proteggendo l'ambiente e partecipando alla assemblea grande per rendicontare su tutta la settimana".

In risposta ad una mia domanda, hanno confermato che nessuno, nemmeno dei partiti politici, interviene sulle decisioni da loro assunte collettivamente. Hanno menzionato alcune cose decise da poco. "Una riguarda un grande pezzo di terra in un'area residenziale che volevamo adibire a parco. Siamo andati dal sindaco della città per riferirgli la decisione e per avere un sostegno finanziario. Il sindaco ha approvato ma ci ha detto che aveva solo $100 da offrire. Abbiamo accettato il denaro ad abbiamo raccolto altri $100 dalla gente del posto per fare un bel parco". Ci hanno mostrato il parco e ci hanno detto "molti di noi hanno lavorato collettivamente per finirlo senza ulteriore denaro". In un altro caso ci hanno detto: "Il sindaco voleva iniziare un progetto nel quartiere. Gli abbiamo detto che non potevamo dire niente senza prima raccogliere l'opinione di tutti. Abbiamo fatto una riunione sul tema. Il progetto è stato respinto. C'erano persone che non potevano venire alla riunione così siamo andati a casa loro per sentire la loro opinione. Alla fine tutti hanno detto no al progetto".

Ci hanno chiesto se c'è qualcosa di simile a Londra. Ho risposto che ci sono molti gruppi ma che non sono così uniti, progressisti ed impegnati. Gli ho detto che loro sono miglia più avanti. Dalle loro facce ho potuto cogliere la loro sorpresa, la delusione e la frustrazione. Potevo capire i loro sentimenti su come in una parte remota del mondo loro potevano essere miglia avanti rispetto a noi, che viviamo in un paese che ha visto la rivoluzione industriale secoli fa!!!!!
I partiti di opposizione curdi e cristiani

Come già detto ci sono più di 20 partiti politici curdi. Alcuni si sono uniti nella DSA ma gli altri 16 no. Alcuni si sono ritirati dalla politica attiva mentre altri si sono messi insieme per fare un partito più grande. Ora ci sono 12 partiti sotto una sigla-ombrello: La Patriotica Assemblea del Kurdistan in Siria. In questa organizzazione si condividono, più o meno, gli stessi obiettivi e le stesse strategie. La maggioranza dei partiti sotto questa sigla-ombrello sostiene Masoud Barzani, il Presidente del Governo Regionale Curdo, (KRG), il quale è anche leader del Partito Democratico Curdo (KDP - Partîya Demokrata Kurdistan) nel Kurdistan iracheno.

Vi sono trascorsi di sangue tra il KDP ed il PKK che risalgono agli anni '90. Ci sono stati duri scontri tra i due partiti nel Kurdistan iracheno con migliaia di morti da entrambe le parti lasciando aperta una ferita che deve ancora rimarginarsi. Corre l'obbligo di ricordare che il governo turco si era schierato con il KDP fornendo aiuti nell'attacco alle forze del PKK sul confine tra Iraq e Turchia.

Vi è un'altra disputa tra la famiglia Barzani e l'ex-leader del PKK, Abdullah Öcalan, riguardante la posizione di leader nazionale dei curdi. Infatti, il popolo curdo nel Kurdistan occidentale (Kurdistan siriano) che è riuscito ad organizzare collettivamente la società, proteggendola dalla guerra e costruendo la sua DSA, non è per niente in buoni rapporti col KDP.

Il PKK e il Partito di Unione Democratica (PYD) hanno sostenuto moltissimo i cambiamenti avvenuti nel Kurdistan siriano. Ma questo non piace certamente né alla Turchia né al KRG, i quali nel frattempo restano alleati.

Tutto questo per spiegare perché al KDP del Kurdistan iracheno non piacciono le cose che stanno accadendo nel Kurdistan occidentale e perché si oppone sia alla DSA che al Tev-Dem. Il KDP guarda a ciò che sta succedendo come ad un grosso affare, e che l'affare vada in porto o no, il KDP punta ad averne la fetta più grossa. Il KDP continua a fornire aiuti finanziari e in addestramento militare ad alcune componenti nel Kurdistan occidentale nel tentativo di costituire delle milizie per conto di alcuni partiti politici allo scopo di destabilizzare l'area ed il progetto curdo in Siria. La Patriotica Assemblea del Kurdistan in Siria, costituita dai 12 partiti politici summenzionati, è molto vicina alle posizioni del KDP.

Il nostro incontro con i partiti di opposizione è durato oltre 2 ore e la maggioranza di essi era presente. Abbiamo esordito chiedendo loro quali sono i loro rapporti con il PYD, la DSA ed il Tev-Dem. Si ritengono liberi? Ci sono dei loro iscritti che sono stati perseguitati o arrestati dalle Unità di Difesa Popolare (PDU) o dalle Unità di Difesa delle Donne (WDU)? Sono liberi di organizzare le persone, di manifestare ed organizzare le loro attività? E molte altre domande. La loro risposta su ogni domanda è stata positiva. Nessun arresto, nessuna restrizione di libertà o di manifestare. Ma tutti sostengono di non voler partecipare alla DSA.

Hanno tre questioni aperte con il PYD e con la DSA. Secondo loro il PYD ed il Tev-Dem hanno tradito il popolo curdo, perché metà di al-Hasakah è sotto il controllo del governo e perché le forze governative sono ancora di stanza nella città di Kamishlié sebbene concordino col fatto che tali forze sono inefficaci e controllano solo una piccola porzione di territorio. Secondo loro il vero problema è che il PYD e il Tev-Dam avrebbero fatto un pessimo compromesso col regine siriano.

Gli abbiamo detto se pensassero che la politica del PYD e del Tev-Dem fosse la politica del "Nessuna pace, nessuna guerra" per bilanciare la situazione. Una politica che si è rivelata vincente e vantaggiosa per tutti nella regione compresi i partiti di opposizione grazie anche a tutte le cose summenzionate. Abbiamo anche obiettato che loro dovrebbero sapere meglio di tutti che cacciare le truppe di Assad da entrambe le città sarebbe persino facile per il PYD anche con poche perdite, ma cosa accadrebbe dopo?!! Sappiamo che Assad non cederà mai al-Hasakah e, di conseguenza, la guerra ricomincerebbe con uccisioni, persecuzioni, bombardamenti e distruzioni di città e villaggi. E poi si aprirebbe una porta all'Isis/IS e ad al-Nusra per lanciare un attacco contro i curdi. Ci sarebbe la possibilità che l'esercito di Assad, il Libero Esercito di Siria ed il resto delle organizzazioni terroristiche si scontrino tra loro in territorio curdo con la perdita di tutte le conquiste costruite finora. Nessuna risposta alle nostre obiezioni.

L'opposizione non vuole partecipare alla DSA, mentre le prossime elezioni di questo organismo si terranno entro pochi mesi se la situazione resta stabile. Le ragioni dell'opposizione stanno innanzitutto nell'accusa rivolta al PYD di cooperare col regime, anche se non forniscono alcuna prova al riguardo. In secondo luogo, le elezioni in programma non sarebbero così libere dato che il PYD non è un partito democratico bensì un partito burocratico. Ma è noto che il PYD ha quasi gli stessi iscritti e le stesse posizioni degli altri partiti all'interno della DSA, per cui si tratta di un'affermazione non corretta. Gli abbiamo obiettato che se credono in un percorso elettivo dovrebbero parteciparvi se vogliono vedere un'amministrazione con più democrazia e meno burocrazia. Ci hanno risposto che il PYD è uscito dalla Conferenza Nazionale Curda del KRG, che si era tenuta lo scorso anno nella città di Irbil, per discutere della questione curda. Ma quando abbiamo verificato questa affermazione con i militanti del PYD e del Tev-Dem, ci hanno detto di essere in possesso di un documento scritto che prova piuttosto la loro lealtà al patto e non quella dell'opposizione.

L'opposizione vorrebbe darsi un proprio esercito, ma il PYD non glielo consente. Quando abbiamo sollevato la questione col PYD e col Tev-Dem, ci hanno detto che l'opposizione potrebbe avere le sue milizie ma solo sotto il controllo delle unità di difesa popolare e di difesa delle donne. Ci hanno detto che la situazione è molto tesa e nervosa, al punto che ci potrebbero essere scontri tra le due parti, cosa che temono e che non sarebbe il caso accadesse. Per il PYD bisogna evitare di ripetere il fallimento del Kurdistan occidentale, riferendosi alla sperimentazione del Kurdistan iracheno nella seconda metà del XX secolo, durata fino alla fine del secolo, segnata da molti scontri tra diverse organizzazioni curde del tempo. In conclusione, il PYD ed il Tev-Dem ci hanno chiesto di ritornare dai partiti di opposizione con il mandato di offrire loro, a nome del PYD e del Tev-Dem, qualsiasi cosa volessero tranne il controllo su proprie forze militari.

Alcuni giorni dopo abbiamo avuto un altro incontro di quasi 3 ore con il vertice di 3 partiti curdi: Il Partito Democratico Curdo di Siria (KDPS - Partiya Demokrat a Kurdistanê li Sûriyê), il Partito Curdo dell'Uguaglianza e della Democrazia di Siria (Partiya Wekhevî ya Demokrat a Kurdî li Sûriyê) ed il Partito Patriotico Democartico Curdo di Siria. Nell'incontro, questi partiti hanno ripetuto più o meno le stesse obiezioni dei loro colleghi dell'incontro precedente, rifiutandosi di partecipare alla DSA per costruire e sviluppare la società curda. Abbiamo avuto una lunga discussione, nel tentativo di convincerli che se volevano risolvere la questione curda, se volevano una potente forza indipendente nel paese per evitare la guerra e le distruzioni, allora avrebbero dovuto rendersi indipendenti dal KRG e dal KDP e lavorare solo per gli interessi del popolo del Kurdistan occidentale. Anche in questo caso abbiamo ricevuto come risposta alle nostre argomentazioni soprattutto silenzio.

Alcuni giorni dopo abbiamo incontrato anche dei rappresentanti di un paio di partiti politici cristiani e l'Organizzazione della Gioventù Cristiana di Kamishlié. Nessuno di questi partiti è entrato nella DSA o nel Tev-Dem per le stesse ragioni degli altri ma hanno riconosciuto di avere buoni rapporti colla DSA e col Tev-Dem e di essere vicini alle loro politiche. Apprezzano e riconoscono come la loro sicurezza e la loro protezione dall'esercito siriano e dai gruppi terroristici sia dovuta alle forze della Difesa Popolare e della Difesa delle Donne che si sono sacrificate a costo della vita per mantenere tutte le conquiste ottenute nella regione a vantaggio di tutti. Tuttavia, ai membri dell'Organizzazione della Gioventù Cristiana di Kamishlié non piace la DSA e nemmeno il Tev-Dem. Le loro lamentele riguardano il fatto che non possono disporre di sufficiente energia elettrica e di risorse sufficienti per coinvolgere i giovani della città. A causa di questo stanno cercando un'alternativa alla DSA ed al Tev-Dem, perché se la situazione rimane la stessa, non rimarrebbe loro altra scelta che emigrare in Europa. Il capo di uno dei partiti politici che era presente alla riunione gli ha detto così: "Ma di cosa state parlando, figlioli? Siamo nel mezzo di una guerra, lo vedete quello che succede nelle altre città della Siria? Vedete quante donne, uomini, anziani e bambini muoiono ogni giorno?!!! Questa è una questione di vita molto importante. In questa situazione particolare non è importante l'energia; possiamo usare altri mezzi. Ciò che conta ora è sapere di poter starsene in casa senza paura di essere uccisi, di poter lasciare che i bambini giochino in strada senza paura di essere rapiti o uccisi. Possiamo gestire la nostra vita come di consueto, senza restrizioni, senza essere aggrediti o insultati...abbiamo la pace, la libertà e la giustizia sociale..." I presenti degli altri partiti hanno concordato e preso atto di queste evidenze.

Prima di lasciare la regione abbiamo avuto modo di parlare con negozianti, commercianti, venditori ambulanti e con la gente al mercato per sentire la loro opinione per noi molto importante. Tutti sembravano avere un'opinione molto positiva della DSA e del Tev-Dem. Erano felici della situazione di pace, di sicurezza e libertà con cui potevano gestire i loro affari senza interferenze partitiche o di schieramento.
Il fossato della vergogna

Lo scorso anno il KRG ed il governo iracheno si misero d'accordo per scavare per presunte ragioni di sicurezza un fossato lungo 35 chilometri, profondo 2 metri e largo 2, lungo il confine siro-iracheno che attraversa il Kurdistan. Il fossato separa Al Jazera in in Kurdistan occidentale e Kurdistan meridionale in Iraq. Cinque chilometri di questo confine sono segnati dal fiume Tigri, per cui lì non c'è stato bisogno di scavare un fossato. I successivi 12 chilometri sono stati realizzati dal KRG, mentre gli ultimi 18 chilometri sono stati scavati dal governo iracheno.

Sia il KRG ed il governo iracheno dicono che il fossato è stato una necessaria misura di sicurezza per timori verso la pace e la sicurezza del territorio iracheno, compresa la regione curda. Ma ci sono domande che la gente si pone su queste paure. Paura di cosa? Di chi? Dell'Isis/IS? E' impossibile per gruppi come l'Isis/IS entrare in Iraq o nel KRG dal versante siriano, dato che è ben protetto dalle forze delle PDU e delle WDU ed anche Al-Jazera è stata completamente liberata dalla presenza dell'Isis/IS. Tuttavia, la maggioranza del popolo curdo sa che ci sono almeno due ragioni che hanno spinto perché si scavasse questo fossato. La prima è quella di impedire ai siriani in fuga dalla guerra di rifugiarsi nel Kurdistan iracheno. Poi, il capo del KRG, Masoud Barzani, come già detto, si sente minacciato dal PKK e dal PYD e perciò lui ed il KRG vogliono impedire che la DSA si allarghi anche alla loro parte di Kurdistan. In secondo luogo, il fossato aumenterà l'efficacia delle sanzioni inflitte al Kurdistan occidentale nel tentativo di strangolarlo e di sottoporlo ad una pressione tale da arrendersi alla condizioni del KRG. Tuttavia, nella scelta tra resa e morte per fame, credo che i Curdi siriani di Siria sceglierebbero la morte per fame. Ecco perché la maggioranza dei curdi chiama questo fossato, il "fossato della vergogna"...

Non vi è dubbio che le sanzioni hanno colpito duramente la vita dei curdi in Al-Jazera dal momento che le persone hanno bisogno di tutto, tra medicine, denaro, dottori, infermiere, insegnanti, tecnici ed esperti per le aree industriali, specialmente per tenere a regime il lavoro nei pozzi di petrolio e nell'industria di raffinazione. In Al-Jazera, dispongono di migliaia di tonnellate di grano che sarebbero felici di vendere a $200-250 alla tonnellata al governo iracheno, il quale preferisce invece comprare il grano altrove a $600-700 la tonnellata.

Ci sono persone nel Kurdistan occidentale che non capiscono perché il KRG, in quanto autogoverno curdo, ed il suo presidente, Masoud Barzani, (che si autodefinisce come grande leader curdo) vogliono affamare il loro stesso popolo che vive in un'altra parte del Kurdistan.

A Kamishlié, il Tev-Dem aveva convocato per il 9 maggio 2014 una grande e pacifica manifestazione. Alcune migliaia di persone hanno manifestato contro quelli che stavano scavando il fossato della vergogna. Ci sono stati molti interventi veementi da parte di diverse persone ed organizzazioni, tra cui la Casa del Popolo e molti altri gruppi e comitati. Nessuno di questi interventi ha suscitato tensioni. Anzi i temi toccavano soprattutto la fratellanza, le buone relazioni e la cooperazione tra entrambe le parti al di qua ed al di là del confine, la riconciliazione ed il superamento delle dispute tra i partiti, la pace e la libertà. Alla fine è diventata una festa di strada con le persone che danzavano felicemente e cantavano soprattutto gli inni.
Aspettative e timori

E' molto difficile sapere quale direzione prenderà il movimento di massa popolare nel Kurdistan occidentale, ma questo non ci deve impedire di nutrire delle attese e di fare un'analisi di cosa possa influenzare la direzione di questo movimento ed il suo futuro. La sconfitta o la vittoria totale di questo grande evento/sperimentazione quale questa regione non ha mai visto prima d'ora dipende da molti fattori che possiamo suddividere in fattori interni (questioni e problemi interni al movimento stesso ed al rapporto col KRG) e fattori esterni.

Comunque, qualsiasi cosa accadrà dovremo farci i conti, ma quello che è importante oggi è la resistenza, il raccogliere la sfida, il non arrendersi, l'avere fiducia e credere nel cambiamento. Rifiutare il sistema attuale e cogliere le opportunità è oggi, secondo me, più importante di una vittoria temporanea, perché si tratta di punti chiave necessari per il conseguimento dello scopo finale.
I fattori esterni

La direzione della guerra e l'equilibrio di forze in Siria

Era abbastanza chiaro agli inizi della rivolta popolare in Siria che, se essa era a vantaggio del popolo siriano, allora l'attesa caduta del regime di Assad sarebbe giunta ben presto grazie all'unità del popolo siriano ed al grande sostegno sia interno che esterno al paese. Tuttavia, ben presto, sono arrivati i gruppi terroristi che hanno cambiato la direzione della rivolta popolare come tutti abbiamo potuto vedere e continuiamo a vedere sui media. Questo è accaduto perché Assad è stato molto abile nell'azzeccare un paio di mosse che hanno cambiato nettamente la direzione della rivolta popolare ed hanno reso più forte il suo regime.

Per prima cosa, ha ritirato le sue truppe dalle tre regioni/cantoni curdi di Afrin, Kobany ed Al Jazera lasciando alcune migliaia di uomini nella regione di Al Jazeera come già detto. Ovviamente, una parte del perché di questo ritiro sta nella pressione esercitata dai manifestanti curdi.

In secondo luogo, ha aperto il confine siriano alle organizzazioni terroriste perché facessero quello che volevano. Tutti sappiamo quello che è successo dopo. Facendo questo, Assad è riuscito ad indebolire e ad isolare chi protestava contro il regime ed ha anche inviato un messaggio alla cosiddetta "comunità internazionale" per dirle che non c'era nessuna alternativa a lui ed al suo regime se non cedere ai gruppi terroristi. E' quello che gli USA, il Regno Unito ed i paesi occidentali in realtà volevano? Naturalmente, per certi versi, la risposta è No. Tutto dipende dai loro interessi. Queste politiche hanno funzionato ed hanno cambiato del tutto la direzione del conflitto.

Dopo i negoziati con gli USA, l'ONU ed il Regno Unito, c'era una possibilità per Assad di restare al potere, almeno per breve tempo fino a nuove elezioni. In quel caso, avrebbe potuto far sua la lezione di cambiare la sua politica verso i curdi ma dettando egli i termini ed alle sue condizioni e non nella direzione che il popolo curdo voleva.

Se Assad fosse stato sconfitto nella guerra dai gruppi terroristi col sostegno di USA, Regno Unito, UE e della "comunità internazionale" e questi avessero preso il potere, certamente non ci sarebbe stato nessun futuro per la DSA o per il Tev-Dem. Ci sono forze moderne, come i partiti ed organizzazioni facenti parte del Libero Esercito di Siria (FSA) che non hanno ancora preso il potere, ma se ci arrivassero, allora ci sono poche possibilità per il popolo curdo dal momento che questi non hanno un'opinione positiva o una buona soluzione per la questione curda. Naturalmente ci sono altre possibilità di mettere fine al potere di Assad, per esempio ucciderlo o con un colpo di stato militare...

Il ruolo e l'influenza dei paesi vicini nella regione

Era del tutto evidente che la gente comune aveva iniziato la rivolta in Siria a causa della repressione, dell'oppressione, della mancanza di libertà e di giustizia sociale, della corruzione, delle discriminazioni, della mancanza di diritti umani e dell'inesistenza di diritti per le minoranze etniche come i curdi, i turcomanni ed altre. La vita per la maggioranza delle persone era un inferno: bassi redditi, aumento del costo della vita, mancanza di alloggi e disoccupazione che hanno soffiato sull'inizio della "Primavera araba".

Tuttavia, le proteste, le manifestazioni e la rivolta sono state strumentalizzate sul campo dai governi dei paesi vicini in una guerra per procura tra Arabia Saudita, Qatar e Turchia col sostegno degli USA e dei paesi occidentali da un lato e dall'altro dal regime di Assad con Iran ed Hezbollah. Il governo iracheno non ha mai dichiarato il suo appoggio al regime di Assad ma voleva ed ancora vuole che Assad resti al potere in ragione delle strette relazioni tra gli Sciiti e gli Alawiti ed anche perché l'Iran è il più stretto alleato dell'Iraq nonché molti vicino alla Siria. Rimane da dire qualcosa sull'atteggiamento del KRG verso gli avvenimenti in Siria, influenzato dalla vicinanza con la Turchia del KRG e del suo presidente Masoud Barzani in particolare. Loro hanno dichiarato fin dall'inizio di sostenere l'opposizione siriana al regime di Assad. Dobbiamo qui rilevare la doppiezza e l'ipocrisia del KRG dal momento che, da una parte, si è dichiarato contro Assad sostenendo l'opposizione siriana, ma dall'altra parte era contro i Curdi di Siria ed il loro movimento popolare di massa che era una delle principali forze costruttive contro Assad.

Ovviamente ogni paese ha avuto un grande impatto tra chi sosteneva il regime di Assad e chi l'opposizione siriana. Quello che è importante qui ribadire è che nessuno di questi paesi è amico o vicino alla nazione curda di qualsiasi parte del Kurdistan, sia quello siriano, iracheno, iraniano o turco. Questi paesi non hanno uno sguardo positivo sulla questione curda e non hanno mai voluto senza tante finzioni risolvere la questione, ma guardano con molto interesse ai partiti politici nazionalisti curdi quando questi lavorano e combattono per loro.

Il ruolo della Cina e della Russia

Sebbene la Russia sia meno grande e meno potente di un tempo, ha ancora peso e potere, in competizione anch'essa con gli USA ed i paesi occidentali per la difesa dei suoi interessi. Non deve sorprendere se vediamo la Russia che non trova un accordo sulla Siria con l'Occidente. C'è anche il fatto che la Siria, anche quando era al potere il padre di Assad, stava nel campo sovietico. Il che si aggiunge al fatto che la Russia è vicina all'Iran che è il principale alleato della Siria.

Riguardo alla Cina, anch'essa ha i suoi interessi nella regione, specialmente con l'Iran. Perciò la Cina cerca di proteggere i suoi interessi e non le interessa che Assad vada via perché sa che il prossimo potrebbe essere l'Iran. Così gli interessi di Russia e Cina e il loro sostegno alla Siria fanno durare la guerra più di quello che ci si aspettava. Dall'alto possiamo vedere come 2 grandi potenze tratterebbero la questione curda in Siria, specialmente la DSA ed il Tev-Dem. Secondo me, alla fine decidono i profitti e gli affari, che loro appoggino o meno il popolo curdo in futuro.

Ma al presente, non c'è nessun appoggio alla DSA ed al Tev-Dem da parte della Cina, della Russia o degli USA e dei paesi occidentali, mentre i Curdi di Siria sono la principale forza di opposizione ed i principali combattenti contro le forze terroriste come Isis/IS, grazie alle loro unità di difesa delle PDU e delle WDU.Tali unità sono costantemente in combattimento contro i gruppi terroristi nelle regioni di Al Jazera e del Kobney.

Possiamo renderci conto della doppiezza e dell'ipocrisia degli Stati Uniti, dei paesi occidentali e del resto. Hanno lanciato una guerra contro il terrorismo, mentre il popolo curdo di Siria è il solo che combatte seriamente queste organizzazioni terroriste, ma lì i paesi di cui sopra non sostengono i Curdi. Le ragioni principali, secondo me, sono le seguenti:
Non intendono combattere seriamente i terroristi ed il terrorismo perché essi stessi o insieme alleati li hanno creati e sostenuti.
Combattono le persone che credono nell'Islam piuttosto che combattere la religione in sé ed il suo libro sacro, il Corano.
Possono aver bisogno in futuro di queste organizzazioni terroriste.
Non intendono cambiare o modificare la loro politica estera.
Stati Uniti e Regno Unito sostengono, finanziariamente e moralmente, tutte le fedi reazionarie in nome dell'uguaglianza di opportunità, della libertà e del riconoscimento delle diversità culturali. Infatti nel Regno Unito possiamo già vedere all'opera un centinaio di Tribunali Islamici che applicano la Sharia.
Il punto principale è che il movimento per la democrazia di massa nel Kurdistan siriano, compresa la DSA, non ha creato poteri religiosi, nazionalisti o liberisti. Sanno che il popolo in questa parte del mondo ha fatto nascere il potere popolare, dimostrando che può auto-governarsi tramite la democrazia diretta senza governo e senza nessun sostegno degli Stati Uniti, dei paesi occidentali o delle istituzioni finanziarie globali come il FMI, la BM e la BCE.
I fattori interni

Per fattori interni intendiamo tutto ciò che potrebbe accadere all'interno del Kurdistan occidentale.

Intanto la guerra civile all'interno del popolo curdo. Non si intende una guerra tra i partiti politici del Kurdistan occidentale, bensì una guerra tra il KRG nel Kurdistan iracheno e le forze delle PDU, delle WDU e del PKK.

C'è un rapporto molto stretto tra il PKK ed il PYD che hanno sostenuto fortemente questa sperimentazione nel Kurdistan occidentale. E questo dopo una storia di sangue tra il PKK ed il KDP per una durissima disputa tra loro sulla leadership curda.

Tuttavia, da qualche tempo, Abdullah Öcalan, in recenti libri e messaggi, ha denunciato e rigettato lo Stato e l'autorità. Ma finora non ho ancora sentito che abbia rinunciato alla sua autorità e smentito coloro che lo chiamiamo grande leader e che lavorano duramente per dargli questa posizione sacra. L'atteggiamento di Öcalan non è del tutto corretto finché egli stesso non rinuncia alla sua autorità ed alla sua leadership. Al momento, stanno peggiorando le relazioni tra il KRG, il PYD ed il PKK, per cui c'è la possibilità di un conflitto intestino specialmente se il KRG, si avvicina sempre di più alla Turchia. Se dovesse scoppiare un conflitto simile, non c'è dubbio che Isis/IS ed altri vi prenderebbero parte a fianco del KRG e della Turchia. L'unico modo per evitare che ciò accada è attraverso le proteste di massa, le manifestazioni e le occupazioni di massa nel Kurdistan iracheno e da parte degli amici dei Curdi siriani in ogni dove.

Un indebolimento del Tev-Dem

Come già detto, è stato il Tev-Dem che ha creato questa situazione, con i suoi gruppi, i suoi comitati, le comuni e la Casa del Popolo che è l'anima e la mente del movimento di massa. Il Tev-Dem è stato la maggior forza nell'istituire la DSA. In generale, è l'esistenza del Tev-Dem che fa la differenza in ciò che lì potrebbe accadere ed a dare l'ispirazione al resto della regione.

E' difficile trovare un equilibrio in futuro tra il potere del Tev-Dem e la DSA. Si ha l'impressione che finché cresce il potere della DSA decresce quello del Tev-Dem e potrebbe accadere anche l'opposto.

Se ne è parlato con i compagni del Tev-Dem. Non erano d'accordo con me dal momento che loro credono nel fatto che più forte diventa la DSA, più forte sarà anche il Tev-Dem. Le loro ragioni si poggiano sul fatto che loro vedono la DSA come un organismo esecutivo, che esegue e realizza le decisioni prese dal Tev-Dem e dai suoi organismi. Difficile dire se si è d'accordo o no con loro dal momento che solo il futuro mostrerà quale direzione prenderà il movimento e l'intera società.

Il PYD e le sue strutture di partito

Il PYD, Partito Democratico Unito ed il PKK sono dietro il movimento democratico di massa e sono partiti politici che hanno tutte le condizioni tipiche dei partiti politici di tutto il mondo: organizzazione gerarchica, dirigenti ed iscritti, e tutto il processo dall'alto verso la base del partito per le decisioni ed i deliberati. Non c'è una grande consultazione tra gli iscritti quando bisogna prendere una decisione su una questione importante. Sono molto ben disciplinati, hanno regole e deliberati da seguire, segreti e relazioni segrete con diversi partiti, al potere o no, in diverse parti del mondo.

Per certi versi, è possibile guardare al Tev-Dem anche da un punto di vista esattamente opposto. Molte persone agli inizi di questo movimento non erano membri del PKK o del PYD. Pensavano che la rivoluzione dovesse partire dalla base della società e non dall'alto, non credono nel potere dello Stato e dell'autorità e si sono radunati in assemblee per prendere le loro decisioni su quello che volevano per il bene del popolo da cui provengono. Dopo di che chiedono alla DSA di applicare le loro decisioni. Ci sono molte differenze tra il PYD ed il PKK ed il Movimento della Società della Democrazia, Tev-Dem.

La domanda qui è la seguente: visto il compito e la natura del Tev-Dem e la struttura del PYD e del PKK, quale compromesso possibile? Sarà il Tev-Dem a seguire il PYD ed il PKK o accadrà il contrario, o chi controlla chi?

Questa è la domanda a cui non è possibile rispondere salvo attendere di vedere come vanno le cose. Ma la risposta potrebbe venire nell'immediato futuro.

Paura dell'ideologia e degli ideologi che possono diventare sacri

L'Ideologia è una visione. Guardando alle cose da un'angolazione ideologica può provocare disastri se si cerca una soluzione o una risposta già pronta, ma senza connessioni con la realtà della situazione. Per la maggior parte del tempo, gli ideologi si soffermano nella lettura di vecchi libri scritti molto tempo fa nella ricerca di una soluzione, anche se questi libri non sono poi così rilevanti rispetto alla situazione o ai problemi attuali.

Gli ideologi possono essere pericolosi quando vogliono imporre alle situazioni attuali ed a noi tutti delle idee tratte da vecchi libri. Possono essere poco aperti, molto insistenti ed attaccati alle loro idee fino a perdere il contatto con la realtà. Finiscono col non aver rispetto per le persone che non la pensano come loro ed hanno molti punti in contatto con gente religiosa fino ai marxisti ed ai comunisti. In breve, gli ideologi credono che sia l'deologia o il pensiero a creare le rivolte o le rivoluzioni, mentre per i non-ideologi come me è esattamente il contrario.

E' stata una disdetta aver trovato molti ideologi tra le file del PYD e del Tev-Dem, specialmente quando si arriva a discutere delle idee di Abdullah Öcalan. Qui sono tutti molto legati ai principi di Öcalan, non fanno che continui riferimenti ai suoi discorsi ed ai suoi libri in ogni dibattito. Hanno una fede totale in lui e per certi versi lui è sacro. Se questa è la fede che il popolo ha e riversa verso il suo leader e sono timorosi di lui, la cosa mi spaventa e le conseguenze non saranno buone. Per me, nulla dovrebbe essere sacro e tutto può essere sottoposto a critica e respinto se necessario. Le cose vanno peggio nella Casa dell'Infanzia e nei Centri della Gioventù. Qui ai bambini vengono insegnate le nuove idee, la rivoluzione e molte cose positive che sono utili che i bambini imparino per essere utili membri della società. Però, oltre a questo, ai bambini vengono insegnati anche l'ideologia ed i principi di Öcalan e quale grande leader del popolo curdo egli sia. Secondo me, i bambini non dovrebbero essere portati a credere nell'ideologia. Non gli si dovrebbe insegnare nulla sulla religione, sul nazionalismo, sulle razze ed il colore della pelle. Dovrebbero essere lasciati liberi finché diventano adulti quando possono decidere da sé.

Il ruolo delle Comuni

In precedenza abbiamo spiegato il ruolo delle comuni. I compiti delle comuni dovrebbero cambiare dal momento che non possono essere coinvolte solo nei problemi che competono loro per territorio. Le comuni dovrebbero incrementare il loro ruolo, i loro compiti ed i loro poteri. E' vero che non ci sono fabbriche, imprese o distretti industriali. Ma la regione di Al-Jazera è un cantone agricolo che impegna molte persone dei villaggi e delle piccole città e che il grano è il maggior prodotto in Al Jazera. Questo cantone è anche molto ricco di petrolio, di gas e di fosfati, sebbene molti pozzi di petrolio non sono sfruttati a causa della mancanza di manutenzione da prima della rivolta.

Queste sono aree da mettere sotto controllo delle comuni, per sfruttarle e per produrre per il popolo secondo i suoi bisogni. Oltre alla distribuzione, i membri delle comuni possono decidere degli scambi per acquisire materiali necessari oppure stoccare il tutto per successive necessità. Se le comuni non fanno dei passi in avanti in questa direzione, il loro ruolo risulterà incompiuto.
Conclusioni e considerazioni finali

Sulla sperimentazione in corso nel Kurdistan occidentale ci sono molti diversi punti di vista ed opinioni provenienti dalla destra, dalla sinistra, dai separatisti, dal trotzkysti, dai marxisti, dai comunisti, dai socialisti, dagli anarchici e dai libertari e tuttavia ci sarebbe ancora molto da scrivere. In quanto anarchico, io non vedo le cose nere o bianche, non ho una soluzione pronta e non vado nemmeno a cercarla nei vecchi libri per spiegare quello che sta succedendo o quello che accadrà. Credo che siano la realtà, gli eventi stessi e le situazioni a creare Ie idee ed il pensiero e non il contrario. Guardo ai fatti con mente aperta e cerco di connetterli tra di loro, ai fattori ed alle ragioni per cui si verificano.

Devo, però, dire un paio di cose sulle rivolte e sulle rivoluzioni. Innanzitutto, la rivoluzione non è espressione di rabbia, non si crea a comando o per un ordine, non è qualcosa che può accadere entro 24 ore e non è un colpo di stato militare, un golpe bolscevico o una cospirazione politica. E non è neanche solo lo smantellamento della infrastruttura economica della società e l'abolizione delle classi sociali. Tutto questo ha a che fare con le visioni e le opinioni della sinistra, dei marxisti, dei comunisti e dei loro partiti. Queste sono le loro definizioni della rivoluzione. Vedono la rivoluzione in questo modo perché sono dogmatici e guardano alle relazioni tra le classi in un modo meccanicistico. Per loro, quando scoppia la rivoluzione e viene abolita la società di classe, quella è la fine della storia e si può instaurare il socialismo. Secondo me, anche se dovesse scoppiare una rivoluzione, c'è sempre la possibilità che persista un desiderio di autorità dentro le famiglie, nelle fattorie e nelle imprese, nelle scuole e nelle università ed in molti altri posti ed istituzioni. Senza contare le restanti differenze tra uomini e donne nonché l'autorità degli uomini sulle donne all'interno del socialismo. Inoltre potrebbe resistere una cultura egoistica e vorace, con uso della violenza e di altre nefaste abitudini che già esistono nella società capitalista. Tutto questo non può sparire o svanire in breve tempo. Potrebbe restare in circolazione intorno a noi per molto tempo e potrebbe anche minacciare la rivoluzione.

Per cui, il cambiamento dell'infrastruttura economica della società ed il conseguimento della vittoria sulla società di classe non potrebbero mai darci la garanzia che la rivoluzione sia fatta o che possa mantenersi a lungo. Ci deve essere una rivoluzione nella vita sociale, nella nostra cultura, nell'educazione, nella mentalità degli individui, nel comportamento e nel pensiero individuale. La rivoluzione in questi campi non solo è necessaria ma deve verificarsi insieme al cambiamento dell'infrastruttura economica della società. Non penso che una volta fatta la rivoluzione dell'infrastruttura economica della società sia tutto fatto. Questa si deve riflettere su tutti gli aspetti della vita sociale e dei suoi membri. Le persone ornai risentono del sistema attuale e credono in un cambiamento. Si diffonde il desiderio di ribellione, la coscienza di essere usati e sfruttati e dunque la mentalità della resistenza è estremamente importante per fare e far durare una rivoluzione.

Quali connessioni con la sperimentazione del popolo del Kurdistan occidentale?

Questa sperimentazione ha 2 anni di vita e ci sono già generazioni che ne sono testimoni. Sono ribelli o hanno già la tendenza alla ribellione, e vivono in armonia ed in una atmosfera di libertà in cui sono educati ad una nuova cultura: una cultura di convivenza in pace e libertà, una cultura di tolleranza, una cultura del dare e non solo del prendere, una cultura della fiducia, del credere nel lavoro volontario per il bene della comunità, una cultura della solidarietà e della reciprocità ed una cultura del tu sei primo ed io secondo. Nel frattempo, è vero che la vita è molto dura, quando mancano molte risorse necessarie e fondamentali e quando il livello di vita è basso, ma le gente è gentile, felice e sorride continuamente, è vigile, molto semplice ed umile e le differenze tra ricchi e poveri sono molto piccole. Tutto questo ha innanzitutto aiutato le persone a superare le difficoltà della vita e le avversità. In secondo luogo, i fatti, la loro storia personale e l'ambiente attuale in cui vivono ha insegnato loro che in futuro non accetteranno una dittatura, che resisteranno ad ogni repressione ed oppressione, che manterranno ciò che hanno avuto; hanno uno spirito di sfida per cui non accetteranno più che altre persone decidano per loro. Per tutte queste ragioni, il popolo non si arrenderà, si ergerà e lotterà per i suoi diritti e resisterà al ritorno della vecchia cultura in cui vivevano prima.

Il secondo punto è che alcune persone ci dicono che sebbene questo movimento abbia alle sue spalle Abdullah Öcalan, il PKK ed il PYD, è vero che se il popolo facesse deragliare questa sperimentazione, allora essa finirebbe oppure verrebbe un dittatore a prendere il potere. Ebbene è possibile che possa accadere. Ma anche in questo caso, non credo che il popolo in Siria o nel Kurdistan occidentale potrebbe tollerare una dittatura o un governo di tipo bolscevico. Sono passati i tempi in cui il governo siriano poteva massacrare 30.000 persone nella città di Aleppo in pochi giorni. Anche il mondo è cambiato e non è più quello di prima.

Infine, come ci hanno detto molte persone, quello che sta succedendo nel Kurdistan occidentale non era un'idea di Öcalan. Infatti, questa idea è più vecchia di Öcalan ma lui l'ha rielaborata in carcere, leggendo centinaia di libri, non smettendo di riflettere e di analizzare le esperienze dei movimenti nazionalisti, dei movimenti comunisti e dei loro governi nella regione e nel mondo ed il perché siano falliti senza aver realizzato quello che avevano promesso. L'esito di tutto questo è che egli si è convinto che lo Stato, qualsiasi Stato, di qualsiasi nome e forma, è sempre uno Stato e non scompare se viene sostituito con un altro Stato. Per questo, Abdullah Öcalan merita credito.

Zaher Baher
Haringey Solidarity Group e Kurdistan Anarchists Forum

Traduzione a cura di FdCA-Ufficio Relazioni Internazionali

Luglio 2014


Nota:

1. L'Operazione al Anfal, o semplicemente Anfal, fu una campagna di genocidio contro il popolo curdo nel nord dell'Iraq, voluta dal presidente ba'athista iracheno Saddam Hussein e guidata da Ali Hassan al-Majid, nella fase finale della guerra Iran-Iraq.

Related Link: http://www.anarchistan.tk/

Related Link:
http://alternativelibertaire.org/?Dossier-Kurdistan-Oui-le-peuple

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IX Congresso Nazionale della FdCA
? italia / svizzera | movimento anarchico | comunicato stampa ? Saturday November 01, 2014 22:22? by Federazione dei Comunisti Anarchici - FdCA? fdca at fdca dot it ?
Presso la Cascina di Cingia, Cingia de' Botti (CR)
Sabato 1 novembre e domenica 2 novembre 2014, la FdCA - Federazione dei Comunisti Anarchici il terrà suo 9° Congresso Nazionale all'interno della Comune Cascina di Cingia in località Cingia de' Botti, nei pressi di Cremona.
Dopo un anno di dibattito e di convegni pre-congressuali di approfondimento, la FdCA si appresta ad approvare documenti di strategia politica e di tattica generale soprattutto su temi quali il mondo del lavoro e le lotte sindacali, i movimenti e le lotte sul territorio, il contesto economico imposto dalla ristrutturazione capitalistica degli ultimi 7 anni.

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IX Congresso Nazionale della FdCA


Sabato 1 novembre e domenica 2 novembre 2014, la FdCA - Federazione dei Comunisti Anarchici il terrà suo 9° Congresso Nazionale all'interno della Comune Cascina di Cingia in località Cingia de' Botti, nei pressi di Cremona.
Dopo un anno di dibattito e di convegni pre-congressuali di approfondimento, la FdCA si appresta ad approvare documenti di strategia politica e di tattica generale soprattutto su temi quali il mondo del lavoro e le lotte sindacali, i movimenti e le lotte sul territorio, il contesto economico imposto dalla ristrutturazione capitalistica degli ultimi 7 anni.

Con questo Congresso, la FdCA intende ride finire ed aggiornare le sue posizioni politiche, adeguando le sue tesi ai mutamenti intervenuti negli assetti e nelle dinamiche del capitalismo internazionale, nel ruolo dello Stato, nelle prospettive di lotta nel territorio e nei luoghi di lavoro. Da questo Congresso è attesa una rinnovata omogeneità sul piano della strategia politica, quale strumento fondante per l'azione e le proposte dell'anarchismo classista in Italia e nel mondo.

Il Congresso è altresì chiamato alla definizione di un documento di orientamento programmatico che rafforzi ed ampli le capacità di inserimento sociale, di dialogo politico e di inclusività militante della FdCA, affinché dalla ricchezza della tradizione e dell'identità comunista anarchica possano trarre linfa il progetto e la prassi dell'alternativa libertaria. Le esperienze di lotta e di movimento, le riflessioni e gli insegnamenti accumulati, nel periodo dall'8° Congresso del 2010 ad oggi, confluiscono così in un programma di azione e di iniziativa a sostegno del ruolo degli attivisti della sinistra rivoluzionaria libertaria negli organismi di massa, nei movimenti, nelle lotte anticapitaliste ed antiautoritarie per la costruzione dell'alternativa libertaria, per l'uguaglianza e la libertà.

La giornata del 1 novembre, aperta agli osservatori, verterà sulla discussione delle mozioni presentate su analisi della fase, lotte e territorio e mondo del lavoro.

Per informazioni e contatti:
www.fdca.it
fdca@fdca.it
tel.: 3296180304
Related Link: http://www.fdca.it
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Intervista col Kurdistan Anarchists Forum (KAF) sulla situazione in Iraq/Kurdistan by alasbarricadas


L'esperienza accumulata da molti di noi ha dimostrato o almeno messo in evidenza che è molto, molto difficile che le idee ed i percorsi libertari/anarchici possano crescere e svilupparsi all'interno di una organizzazione gerarchica. Non solo, è altrettanto impossibile per queste idee e per questi percorsi trovare spazio e continuare a restare all'interno di un'organizzazione ideologicamente nazionalista. Dobbiamo sempre separare o distinguere tra i movimenti sociali e i movimenti politici di sinistra di qualunque forma poiché questi ultimi risultano essere sempre autoritari e corrotti. Nella realtà possiamo vedere come costoro cerchino sempre di addomesticare e controllare le lotte ed il movimento delle mnasse popolari per usarli a loro vantaggio e per i loro scopi. [English]
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Intervista col Kurdistan Anarchists Forum (KAF) sulla situazione in Iraq/Kurdistan

Questa intervista è stata fatta da www.alasbarricadas.org lo scorso 3 settembre 2014

ALB: Come state?

Stiamo bene ma molti di noi sono molto preoccupati sulla situazione generale in Iraq e sulla parte curda dell'Iraq in particolare. Siamo molto attivi sui social networks inviando testi, commenti e contributi al dibattito sulla crisi attuale che tocca diverse persone e diversi gruppi.

Temete che l'attacco dell'ISIS farà soccombere i Peshmerga?

In realtà, l'attacco dell'ISIS non è diretto solo contro le forze o l'esercito (note come Peshmerga) del Governo Regionale del Kurdistan (KRG), ma è contro tutti. E' noto che l'ISIS è la forza terroristica più tetra e più crudele che ci sia. Loro non fanno distinzioni tra persone armate e gente comune. Dovunque l'ISIS è entrato, ha reso dura la vita degli abitanti con controlli ed obblighi ad adottare la Sharia. Sapete certamente quello che è già successo agli Yazidi, che sono un popolo pacifico che non ha mai combattuto contro nessuno. L'ISIS non è stato meno brutale con i Cristiani e con gli Sciiti, poiché pensano che tutti questi popoli sono demoni malefici.

Siamo molto più preoccupati ora della guerra che il popolo iracheno ed il popolo curdo si ritrovano ad affrontare, che non di una sconfitta dei Peshmarga per mano dell'ISIS. Le forze del KRG (i Peshmerga) sono le forze corrotte degli attuali partiti politici al potere, in particolare il Partito Democratico del Kurdistan (PDK), il cui leader è Mas'ud Barzani che è anche il presidente del Kurdistan iracheno, e la Unione Patriottica del Kurdistan (YNK), ancora legata a Jalal Talabani, l'ex-presidente dell'Iraq. Ci sono anche altre forze di organizzazioni islamiche e di altri più piccoli partiti politici. Comunque, sappiamo che queste forze (i Peshmerga) sono uno strumento nelle mani dei partiti politici e del Governo Regionale del Kurdistan (KRG), ma noi non abbiamo niente in comune con costoro e li abbiamo sempre considerati come forze repressive. Eppure, mentre in questo momento l'Iraq ed Kurdistan devono far fronte alle forze più tetre che abbiano mai dovuto affrontare nella loro storica, noi dovremmo essere forse preoccupati per una sconfitta dei Peshmerga?

Perché c'è una cosa che occorre sappiate. I Peshmerga all'inizio non sono stati affatto sconfitti: in realtà si sono ritirati senza sparare un solo colpo. Se non fosse stato per le Unità di Difesa Popolare (PDU) e le Unità Femminili di Difesa (WDU) (entrambe forze curde siriane) e in seguito per il PKK, l'ISIS avrebbe potuto facilmente invadere la capitale del Kurdistan, Irbil. E se avessero preso Irbil, poi tutte le altre città curde sarebbero cadute nelle loro mani senza poter resistere.

State agendo come forza di auto-difesa contro l'ISIS?

Come abbiamo già detto, il KAF è solo un forum virtuale e non un'organizzazione concreta, nel senso che non abbiamo militanti organizzati. La maggior parte di noi che scrive sul nostro forum (Seko) vive all'estero; noi perciò non possiamo fare nulla di concreto per l'auto-difesa del Kurdistan iracheno. Se intendete le persone nel Kurdistan iracheno che sono d'accordo con le nostre idee o sono vicini al KAF, naturalmente loro cercano di organizzarsi per controbattere. Però, siccome non c'è un movimento anarchico nel Kurdistan iracheno, bisogna dire con dispiacere che qui non ci sono gruppi o movimenti di autodifesa come li possiamo trovare in Turchia e nel Kurdistan siriano (Rojava). Noi riteniamo che l'unica forza o l'unico potere in grado di battere l'ISIS sia l'auto-difesa popolare di massa. Purtroppo, però questa forza al momento non esiste.

Cosa dite sui bombardamenti USA?

Prima che gli USA decidessero di colpire le basi dell'ISIS, c'erano state delle voci e delle notizie sul fatto che l'ISIS fosse stato creato dagli USA, dal Regno Unito e da Israele. La fonte più affidabile su questo è Edward Snowden. Ora quando Regno Unito ed USA decidono di attaccare l'ISIS e vendono armi al KRG, lo fanno per smentire le informazioni ampiamente diffuse da Edward Snowden.

Noi siamo contro un intervento degli USA e dei paesi occidentali ed anche contro la vendita di armi al KRG. Sappiamo che si tratta di un grande business per loro, che può fruttare una montagna di profitti. Noi non vogliamo che il Kurdistan diventi un campo di battaglia di tutti i gruppi Jihadisti del mondo contro gli USA, contro i paesi occidentali e contro i Curdi, ove morirebbero persone innocenti e molte località verrebbero distrutte. Inoltre, lo stato di guerra crea ancora più odio tra i Curdi egli Arabi, tra i Curdi ed i Sunniti. E nel frattempo vengono fuori molti gruppi fascisti e razzisti.

Nelle guerre i soli vincitori sono le grandi compagnie che vendono armi ed equipaggiamenti militari, mentre i vinti sono sempre i poveracci.

Collaborate con PYD/PKK/PÇDK?

No. Perché rifiutiamo qualsiasi appoggio o cooperazione con qualsiasi organizzazione o gruppo politico che sia gerarchico ed autoritario. Stiamo per conto nostro e siamo interessati solo ad ogni forma di resistenza popolare di massa e dei movimenti sociali ovunque siano nel mondo, pronti a sostenerli per quello che possiamo.

In Iraq ora c'è un gruppo di auto-difesa che si chiama Sinjar Protection Units (YPS). Pare che si tratti di una creatura delle YPG. Anche il PÇDK sta costituendo la sua milizia. Immaginiamo che alcuni peshmerga di base possano ora guardare con simpatia alle milizie di auto-difesa. Pensate sia possibile che nei prossimi mesi possa nascere un cantone curdo autonomo in Iraq, simile a quelli nella Rojava? (autonomo, intendiamo, rispetto al KRG, agli USA ed a chiunque altro)

Purtroppo non pensiamo che una cosa simile possa accadere facilmente e rapidamente.

Per prima cosa, la natura del sistema parlamentare ed il ruolo del centralismo in Iraq come ovunque non lo permetterebbe. Poi ci sono i 13 anni di sanzioni da parte dei paesi occidentali e degli USA contro l'Iraq, compreso il Kurdistan, unitamente all'invasione ed all'occupazione ed all'imposizione di una politica di libero mercato e di globalizzazione nel paese, che lo hanno costretto a dipendere dalle condizioni imposte dalle grandi potenze europee e dalle istituzioni finanziarie (FMI, BM, BCE). In terzo luogo, ci sono anche ragioni internazionali. Il Kurdistan Regional Government, (KRG) ha dominato ogni aspetto della vita del popolo nel Kurdistan per 22 anni. Sono riusciti a cambiare la mentalità delle persone, portandole a diventare corrotte e materialiste, a perdere la fiducia in se stesse e l'indipendenza, a diventare dipendenti da loro sul piano mentale e finanziario. Il KRG ha creato un tale clima sociale nel Kurdistan che la maggior parte della gente pensa solo a come arricchirsi ed a come competere gli uni contro gli altri nell'accumulare ricchezze e nell'accaparrarsi posizioni di potere. In un paese molto ricco come il Kurdistan, le persone dipendono solo dalle importazioni perché non c'è un'economia indipendente dal momento che le politiche dei partiti al potere hanno distrutto l'indipendenza economica del Kurdistan.

Riteniamo che dietro a ciò che è successo nel Kurdistan siriano in termini di costituzione di unità militari e di auto-governo nei tre cantoni, ci siano il PKK ed il PYD e che pure la DSA (auto-amministrazione democratica) sia sotto la loro influenza. IL che significa che se dovesse accadere qualcosa di simile nel Sinjar, né il KRG né il governo centrale iracheno, per non parlare di altri paesi nella regione e degli USA, permetterebbero al PKK ed al PYD di restare nel Sinjar per molto a sostenere il popolo che annuncia il proprio auto-governo.

Riconosciamo che la costituzione delle unità di difesa popolare come esercito popolare e anche la auto-amministrazione democratica (DSA) fondata su cooperative popolari, sulle comuni e su un federalismo emergente, necessitano di un processo di lotta di massa molto lungo per coinvolgere le persone in tutti gli aspetti sociali ed economiche, che diventa qualcosa di molto urgente e necessario. Su queste basi si possono costituire vere unità di difesa popolare ed una auto-amministrazione democratica, altrimenti sarebbero solo milizie come qualsiasi altra milizia nel mondo e la DSA sarebbe un vero governo dittatoriale.

E' un fatto che c'è stata una grossa cospirazione che ha a che fare col ritiro delle forze del KRG (i Peshmerga) e che questo ha creato un gap e dato una opportunità alla resistenza di massa perché emergesse e si costituisse in unità di Protezione tra gli stessi Yazidi, che sono stati vittime di genocidio e di sgombero forzato. Ma c'è un altro punto importante che occorre conoscere e cioè che anche tra gli Yazidi ci sono delle elites, specialmente nella regione di Prince e tra i ricchi e potenti che sono sempre a sostegno delle politiche del KRG, riuscendo ad avere un impatto su molte persone della comunità Yazidi grazie alla loro influenza religiosa. IL che può rivelarsi una grossa minaccia e spaccare la comunità Yazidi.

In breve, né l'auto-coscienza del popolo né gli aspetti economici e sociali nel KRG hanno caratteristiche tali -almeno al presente - da permettere che in Sinjar possa accadere quello che vediamo nel Kurdistan siriano. Inoltre, dovesse succedere, c'è la possibilità sia per il KRG che per il governo centrale iracheno di unirsi contro la resistenza popolare in Sinjar usando qualsiasi mezzo per reprimerli ed opprimerli. Riteniamo inoltre che le potenze regionali, quelle occidentali e gli USA che per almeno due decenni hanno investito politicamente ed economicamente nel Kurdistan iracheno facendo grandi profitti, non resterebbero lì a guardare. Stanno già intervenendo usando la loro rete di spie, di supporto logistico, ma anche rifornendo il KRG ed il governo centrale iracheno di tutto quello che serve a proteggere i loro interessi. Occorre ricordare che anche la Turchia e l'Iran stanno cercando di continuo di eliminare le forze del PKK e stanno ricorrendo ad ogni pretesto per varcare il confine curdo con le loro forze militari e bombardare la regione uccidendo molte persone innocenti.

Inoltre, dobbiamo ammettere che non c'è affatto un movimento sociale anarchico qui nel Kurdistan iracheno. Ma solo l'idea ed il pensiero dell'anarchismo.

Infatti, i partiti comunisti e di sinistra stanno cercando di istituire le loro Unità col nome di "guardie del popolo" o "Unità di resistenza popolare", ma non sono in grado di riuscirci; anche se ci riuscissero in futuro, non sarebbero altro che unità gerarchiche o al più milizie tipo quelle tante che si vedono nel Kurdistan. La loro reale intenzione è trarne vantaggio e, come qualsiasi gruppo politico o unità militare, cercare di farsi pagare dal governo borghese.

Alcune donne curde del PKK sono state a Barcellona nel mese di agosto. Una di loro si è dichiarata anarchica. Veniva dalla Germania e voleva saperne di più della storia dell'anarchismo in Spagna. Ci sono anarchici nelle file del PKK? Avete contatti con loro? Ritenete sia possibile una corrente di sinistra libertaria all'interno di un movimento gerarchico?

Sì. Nel PKK e nel PYD ci sono uomini e donne con idee e posizioni anarchiche. Alcun* di loro hanno raggiunto tale convinzione attraverso la propria lotta ed esperienza; altr* sono diventat* anarchici e libertarie sotto l'influenza di Abdullah Öcalan. Hanno capito che l'anarchismo è la risposta più radicale al sistema capitalista. Riteniamo che coloro i quali hanno fatto propria l'idea anarchica sotto l'influenza di Öcalan possano non essere così convinti come coloro che hanno fatto propria la stessa idea tramite la lotta e l'esperienza. Ovviamente la ragione sta nel fatto che se Öcalan, che è ancora a capo di una organizzazione gerarchica come il PKK mantenendo ogni potere, dovesse per qualsiasi ragione ordinare ai militanti del PKK o del PYD di cambiare linea, stiamo pur sicuri che essi sarebbero felici di farlo. Se questo accade, c'è una possibilità per questo gruppo di poter cambiare i suoi principi e la sua linea. Del tutto diverse, invece, sono le donne guerrigliere che sono diventate anarchiche tramite la loro esperienza in quanto componenti di gruppi e di comitati nei villaggio e nelle città; secondo noi loro sono molto più ferme e più convinte. Abbiamo letto alcune interviste da loro rilasciate e visto alcuni film che mostrano come vivano insieme e come gestiscono insieme la loro vita quotidiana ed il lavoro, vivendo come in una comune. Tutto ciò ci dà speranza anche se, non vivendo con loro, non sapremmo dire se è tutto vero. Dobbiamo dire che tra le loro organizzazioni sorelle nel Kurdistan iraniano ed in quello iracheno non vediamo purtroppo gli stessi positivi cambiamenti e la nuova linea. Qui siamo ancora fermi alle posizioni che il PKK aveva agli inizi degli anni '90; sono ancora nazionalisti e la maggior parte dei loro dirigenti sono autoritari. Immaginiamo che non abbiano accolto le attuali idee e il nuovo corso del pensiero di Öcalan, come le cooperative economiche, le comuni nelle città e nei villaggi, l'auto-governo popolare, la democrazia diretta, il sistema del federalismo e della libera confederazione. Riteniamo che i partiti politici nel Kurdistan iraniano ed iracheno siano molto in contraddizione con l'attuale linea politica del PKK e del PYD: continuano ad insistere ancora sui cambiamenti politici invece che sui cambiamenti sociali, sono ancora in competizione con gli altri partiti borghesi nell'accumulazione di denaro, di potere e di cariche.

L'esperienza accumulata da molti di noi ha dimostrato o almeno messo in evidenza che è molto, molto difficile che le idee ed i percorsi libertari/anarchici possano crescere e svilupparsi all'interno di una organizzazione gerarchica. Non solo, è altrettanto impossibile per queste idee e per questi percorsi trovare spazio e continuare a restare all'interno di un'organizzazione ideologicamente nazionalista. Dobbiamo sempre separare o distinguere tra i movimenti sociali e i movimenti politici di sinistra di qualunque forma poiché questi ultimi risultano essere sempre autoritari e corrotti. Nella realtà possiamo vedere come costoro cerchino sempre di addomesticare e controllare le lotte ed il movimento delle masse popolari per usarli a loro vantaggio e per i loro scopi. Siamo testimoni dei tentativi che sono stati fatti dalla sinistra nel corso della rivolta del 1991 e di recente nel Kurdistan iracheno per cercare di far cambiare direzione ai movimenti di massa, ingannandoli, deludendoli, compromettendosi con lo Stato e cercando di far leva sull'ingenuità delle persone per indurle a credere nei partiti politici, nel centralismo, nello "Stato operaio", nello "stato comunista" e nello "stato socialista". Questa è la propaganda che hanno prodotto finora.

Purtroppo, non siamo stati in grado di stabilire un collegamento diretto con gli anarchici nel PKK e nel PYD. Abbiamo cercato di farlo, ma invano. Ma non perdiamo le speranze.

L'ultima domanda: cosa ne pensate del Confederalismo Democratico? E' vero che il PKK sarebbe favorevole o si tratta di propaganda dei paesi occidentali? (se passasse, ad esempio, che somiglia agli zapatisti, potrebbe essere visto come "figo" negli ambienti di sinistra)

Veramente, è difficile rispondere, primo perché il PKK controlla una regione che è del tutto differente da quella controllata dagli Zapatisti nel loro paese e, secondo, perché il PKK è una forza gerarchica in quanto partito ed in quanto forza militare. Non siamo certi dei dettagli della loro vita quotidiana e delle loro azioni poiché non abbiamo prove o riscontri sulla loro verità o falsità. La sola cosa di cui possiamo parlare è la Auto-amministrazione Democratica (DSA) nel Kurdistan siriano e la Tev-Dem, che uno dei nostri compagni ha visitato un paio di settimane fa. E' evidente che non c'è paragone tra lì ed il KRG qui nel Kurdistan iracheno. Attualmente lì vi è una condivisione del potere tra i partiti politici all'interno della DSA, per cui vi è un buon equilibrio. Il PYD in quanto partito maggiore ha tratto vantaggio dall'essere in una posizione più forte, da un lato perché il KRG non può usare il suo partito per procura (Alparty) per controllare la DSA; dall'altro perché le organizzazioni islamiste non possono avere nessuna influenza nel Kurdistan siriano. Tuttavia, anche se il PYD è il principale partito e nelle prossime elezioni per la DSA otterrà senza dubbio la maggioranza, non sappiamo se controllerà la DSA o semplicemente userà un altro metodo per bilanciare la condivisione del potere. Questo ci preoccupa ovviamente ma non possiamo fare altro che attendere e vedere. Quello che possiamo dire è che il PYD è anche un partito gerarchico con persone autoritarie al suo interno, ed a causa di ciò ci potrebbero essere dei cambiamenti. Certamente non possiamo paragonare la DSA al KRG, dato che il KRG è un eccellente difensore del libero mercato capitalista. Gli esperimenti della DSA e della Tev-Dem sono molto interessanti ed hanno suscitato grande speranze mutando in meglio la posizione delle donne all'interno delle società religiose e patriarcali del Medio Oriente. Hanno creato un sentimento di liberazione e la tendenza all'auto-liberazione tra le donne, che hanno conquistato dignità, personalità, fiducia in se stesse e libertà. Tutto ciò non si ottiene con la forza o con un partito. Questo ha creato le condizioni ottimali per il movimento anarchico specialmente nel momento in cui le donne hanno assunto già un ruolo di protagoniste nelle comuni e negli altri gruppi locali e comitati. Possono stare spalla a spalla con gli uomini, guidandoli nel futuro verso la rivoluzione sociale. Nel frattempo speriamo che questa sperimentazione sia di buon esempio per le donne del Kurdistan iracheno - che sono oggi sotto la forte influenza del libero mercato capitalista, della cultura del consumo e dei partiti politici compresi quelli religiosi - affinché possano staccarsi da questa condizione ed impegnarsi in una rivoluzione sociale.

Le donne del Kurdistan siriano non solo hanno un grande ruolo nei campi e nelle aree che abbiamo menzionato: infatti con la costituzione delle Unità Femminili di Difesa (WDU), la posizione delle donne nella società mediorientale, quali fragili creature dedite ai doveri della casa, è del tutto cambiata. Loro hanno sollevato la questione che le donne non possono essere dominate dagli uomini, dai clan e dalla religione. Esse possono cambiare la società e la prova è che qualsiasi movimento sociale che non include le donne non va da nessuna parte. Le donne hanno ribadito che il desiderio di liberare se stesse dalla schiavitù o dall'essere considerate cittadine di seconda classe in una società patriarcale nasce solo dai loro sforzi e dalle loro lotte. Tempo fa non c'era nessuna forza che potesse liberare uno schiavo a meno che lo schiavo non avesse l'auto-coscienza di liberarsi con una forte richiesta ed un forte desiderio.

Infine, vi ringraziamo ed apprezziamo le vostre preoccupazioni per gli anarchici in tutto il mondo. In questa intervista ci avete dato l'opportunità di poter parlare brevemente della situazione sociale in Iraq, nel Kurdistan e nel Medio Oriente. Si apre così una piccola finestra per quegli anarchici che vogliono saperne di più. Pensiamo che non molti anarchici al mondo siano a conoscenza di quanto sta accadendo in questa parte del mondo. Il che può incoraggiarli a fare di più per saperne di più sul Medio Oriente e sul movimento anarchico qui. Abbiamo notato che la visione eurocentrica dei compagni anarchici europei in generale è stata una delle patologie del movimento anarchico a partire dalla 2GM, dando l'impressione che molti dei compagni anarchici in Europa, negli USA ed in America Latina non abbiano molto interesse verso lo stesso movimento anarchico di altre parti del mondo.


Traduzione a cura di FdCA-Ufficio Relazioni Internazionali.

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