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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif, CA #238 - Mouvement social - Expulsions des centres d'hébergement d'urgence à Caen (ou ailleurs):une situation loin d'être réglée.

Date Mon, 19 May 2014 12:55:40 +0300


Dans le Courant Alternatif d'octobre 2013, nous avions déjà fait un état des lieux de la situation caennaise. Bref résumé, puis suite: depuis juin 2013, à Caen (mais également dans beaucoup d'autres villes françaises), les centres d'hébergement d'urgence (via les DDCS - Direction Départementale de la Cohésion Sociale, dépendant de la Préfecture) expulsent par centaines les demandeur-euse-s d'asile et les sans-papiers, familles entières, hommes et femmes seul-e-s. L'Etat, en n'hébergeant pas les demandeur-euse-s d'asile, se place dans l'illégalité (ce n'est ni une surprise ni une nouveauté). ---- EN ATTENDANT: SQUATT. ---- Sous couvert de rigueur budgétaire, le gouvernement renforce ses politiques xénophobes en mettant à la rue des personnes d'origine étrangère, les poussant encore un peu plus à la clandestinité, la pauvreté, ou tout simplement à quitter le territoire.

Hors, nous le savons, les questions budgé-
taires sont tout ce qu'il y a de plus men-
songers: les récents 30 milliards
d'exonération de cotisations patronales,
accompagnés des 20 milliards de novem-
bre 2012, offerts sur un plateau au Medef
par le gouvernement «socialiste» suffisent
à anéantir l'argument budgétaire. La
«crise» sert une fois de plus de prétexte
pour détériorer violemment le code du tra-
vail (avec l'ANI, par exemple) et les services
publics (50 milliards de plan de rigueur
d'ici à 2017), stigmatiser et traquer des po-
pulations d'origine étrangère, et finale-
ment restructurer le capitalisme afin de
maintenir toujours plus les taux de profits
du patronat. On sait quels bords politiques
en profitent...

De plus, les logements vides ne manquent
pas, que bailleurs «sociaux» et proprié-
taires privés utilisent pour la spéculation
immobilière. Rien que pour l'aggloméra-
tion caennaise, il y en aurait plus de 8 600
chaque année (il y a, en France, plus de lo-
gements vides que de gens qui dorment à
la rue). Evidemment, ni le Préfet ni le maire
ne mettent en place des réquisitions. A
Caen, une «assemblée générale contre
toutes les expulsions» s'est constituée et a
décidé d'ouvrir un premier squat dès juin,
expulsé et muré en septembre 2013 (Cf. ar-
ticle du CA d'octobre 2013). Les expulsé-e-
s du squat avaient été ré-hébergé-e-s en
hôtel (miteux, pour la plupart) pour une
durée d'une semaine à 15 jours maximum.
Ré-hébergement purement médiatique et
de façade, donc. Une semaine après, nous
ouvrions un deuxième lieu, plus grand, et
plus proche du centre ville. Ce lieu est tou-
jours d'actualité, au 109 rue de Bayeux. Le
propriétaire a porté plainte et le procès au
Tribunal d'Instance ordonne son expulsion
à compter du 24 février. Une fois de plus, la
justice bourgeoise a fait gagner le droit à la
propriété privée face au droit au logement.

Le squat accueille actuellement une
soixantaine de personnes, de diverses na-
tionalités. Deux assemblées générales ont
lieu par semaine, où sont débattues à la
fois les problèmes matériels ou relation-
nels internes au lieu (ce sur quoi, si vote il
y a, les non habitant-e-s du lieu ne partici-
pent pas, même si parfois - et à notre grand
regret -, des médiations sont nécessaires),
ou encore sur l'organisation de la lutte. Car
cette lutte ne se limite pas à ouvrir des
lieux, nous serions alors dans une logique
humanitaire. Une manifestation par mois
est organisée, avec comme mot d'ordre: un
logement pour tou-te-s et des papiers pour
tou-te-s. Plusieurs actions de perturbations
des «rendez-vous café» du député-Maire de
Caen, Philippe Duron, ont eu lieu. Ce der-
nier possède un pouvoir de réquisition. En
tant que Président de Caen Habitat, bail-
leur «social» possédant énormément de lo-
gements (notamment vides) à Caen, la
solution pourrait être toute trouvée. Mais
en tant que «socialiste», il est évident qu'il
ne bougera pas d'un iota. Il faut donc es-
sayer d'imposer le relogement des expulsé-
e-s des centres d'hébergement d'urgence.
D'autres actions sont à venir.

LUTTER: COMMENT ET AVEC QUI ?

L'une des difficultés réside dans le fait que
nous ne sommes pas nombreux-euses à
porter cette lutte mais aussi parce qu'elle
porte en elle des germes de dissensions,
notamment au sein milieu libertaire.

La première critique portée a été celle de la
trop grande logique de composition. En
effet, cette lutte regroupe des étranger-ère-
s souvent peu politisé-e-s, et côté français,
des tendances politiques différentes: li-
bertaires, militant-e-s du NPA, militant-e-s
du milieu associatif, syndicalistes de lutte,
et également des personnes pour qui cette
lutte est la toute première. Il y a donc des
positions diverses qui s'y expriment et
même parfois des décisions qui vont à l'en-
contre de nos positions (les rédacteurs de
l'article), comme par exemple aller ren-
contrer des élu-e-s. Nous considérons que
nous n'avons rien à faire autour d'une
table avec des élu-e-s qui ont choisi leur
camp, qui cautionnent et appliquent les
politiques gouvernementales. Néanmoins,
majoritairement, les étranger-ère-s le sou-
haitaient et ont pour certain-e-s, après dés-
illusions, mieux compris notre position de
refus. Nous savons que nous ne sommes
pas dans une AG anti-capitaliste et anti-
étatiste, mais nous travaillons dans le
temps, par nos paroles et nos actes, à par-
tager nos modes de lutte. Notre volonté
n'est donc pas totalisante, nous acceptons
les positions contraires exprimées en AG
tant qu'un commun est encore possible. Et
là, il y a matière: nous luttons contre la xé-
nophobie, les logiques étatiques d'exclu-
sion et les logiques capitalistes de
l'immobilier, le tout avec un fonctionne-
ment assembléiste.

La seconde critique porterait sur la logique
de gestion de la misère et de n'être pas
assez dans LE Politique. Il est vrai que, de
manière contradictoire, si nous posons
problème à l'Etat et sa défense de la pro-
priété privée en squattant, c'est également
bien commode pour lui d'avoir 60 per-
sonnes en moins à héberger. Néanmoins,
en portant nos convictions dans des réali-
tés (squat, occupations de l'espace pu-
blic...), nous sommes bien dans une lutte
politique. Car en squattant nous contes-
tons, à notre échelle, le droit de propriété.
Car en manifestant sauvagement ou en or-
ganisant des actions, nous troublons tem-
porairement l'ordre public. Car en
s'organisant entre différentes nationalités,
nous refusons le nationalisme et tra-
vaillons à la solidarité internationale. Car
cette lutte favorise des rencontres, que ce
soit avec les expulsé-e-s des centres d'hé-
bergement d'urgence, mais aussi des fran-
çais-e-s, qui découvrent pour certain-e-s ce
mode d'organisation et de résistance. Nous
ne pensons pas que porter des revendica-
tions immédiates soit nécessairement
contradictoire avec des logiques révolu-
tionnaires. Nous pensons même que
celles-ci sont souvent un support pour
construire un rapport de force, qui est bien
trop faible aujourd'hui.

Nous avons donc décidé de continuer à or-
ganiser la solidarité concrète, et le rapport
de force, avec les contradictions internes
que cela comporte. Cette lutte est indis-
pensable, car elle s'inscrit dans un combat
contre les politiques anti-sociales et xéno-
phobes de l'Etat, et n'est ni cogestionnaire
ni humanitaire. Ce n'est pas en se refer-
mant sur nous-mêmes que nous allons
rencontrer de nouvelles personnes, indis-
pensables à la construction d'un rapport de
force inscrit dans le temps. C'est pourquoi
d'autres lieux s'ouvriront et que d'autres
actions vont avoir lieu.

Contre ce gouvernement et ses politiques
de merde, contre l'Etat et le Capital, et pour
la solidarité internationale.

Seb et Ben - Caen.
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