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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif, CA #238 - Lutte des classes - Suppressions de postes à la Redoute: les «Redoutables» ne se laissent pas faire

Date Sat, 10 May 2014 10:41:18 +0300


Depuis le début de février, la lutte des ouvrier-ères de la Redoute s'intensifie. Après les premiers débrayages et les manifestations qui ont suivi l'annonce du PSE (plan de suppression des emplois et non de «sauvegarde») début janvier, les actions tendent à se radicaliser comme lors du blocage du site logistique de la Martinoire à Wattrelos, lundi 3 février. Les «Redoutables» comme s'appellent euxmêmes les salarié-es luttent contre la suppression de 1 178 emplois d'ici 4 ans. ---- Jadis premier employeur de la région lilloise, la Redoute fait les frais du virage Internet et de «l'amazonification» de la vente par correspondance. L'entreprise reste néanmoins première dans le secteur de l'habillement et de la maison mais au nom de la compétitivité, ce plan imposé par le milliardaire Pinault et la nouvelle direction se veut inéluctable comme la progression de la fortune personnelle de la famille Pinault[1]. Mais certain-es refusent cette résignation et se battent contre la misère annoncée.

LA 6ÈME FORTUNE FRANÇAISE BRAQUE
LA VILLE «LA PLUS PAUVRE DE FRANCE»

La route est longue depuis 1837 et la créa-
tion des Filatures de la famille Pollet, rue de
la Redoute à Roubaix. La ville est alors la ca-
pitale industrielle du textile, des grandes fa-
milles bourgeoises y font fortune tandis
qu'une main d'oeuvre nombreuse afflue
dans cet ancien bourg qui voit sa popula-
tion exploser. A Roubaix-Tourcoing, tout
tourne autour de ces usines et de leur pa-
tron, les quartiers ont été construits en
fonction de l'implantation et des besoins
des filatures. En 1922, pour faire face aux
débuts de la crise du textile et pour écouler
les stocks, la Redoute comme d'autres (les 3
Suisses, Phildar) décide de vendre directe-
ment au consommateur. Bientôt sort le pre-
mier catalogue, la vente par correspon-
dance est née. Dès lors, la Redoute veut
s'adapter aux nouveaux modes de consom-
mation: la vente par crédit en 1969, le mi-
nitel en 1984 et enfin internet et
l'émergence du e-commerce depuis 1994.
Pendant ce temps, les dernières usines fer-
ment et laissent la place à des friches qui
balafrent des quartiers et des populations
comme celle de la Lainière à Roubaix, fer-
mée en 2000. Aujourd'hui, Roubaix est clas-
sée «ville la plus pauvre de France» avec
45 % des personnes qui vivent sous le seuil
de pauvreté (977 euros/mois)[2]

En 1992, François Pinault prend le contrôle
de l'entreprise et fonde le groupe PPR (Pi-
nault-Printemps-La Redoute) présidé par
son fils François-Henri. En bon capitaliste,
Pinault fait fructifier ses avoirs en organi-
sant les premières restructurations à la
FNAC, Conforama, Vertbaudet, etc. Mais la
vente ne rapporte plus assez et il décide
d'investir dans ce qui ne connaît jamais la
crise: le luxe et le lifestyle (Gucci, Yves
Saint Laurent, Puma, etc.). Pour symboliser
ce changement, le groupe PPR change
d'identité et devient Kering en 2011. Aussi,
les cessions débutent: Le Printemps,
Conforama, une partie de la Fnac, Verbau-
det et maintenant la Redoute. Déjà en 2008,
un premier gros plan de licenciements est
organisé, 672 personnes se retrouvent sur
le carreau, à cela s'ajoute une politique de
départ volontaire à la retraite. Résultat: en
1998, il y avait 6 304 salarié-es ; aujourd'hui
il y a 2 432 employé-es, et demain avec le
PSE, il ne restera plus que la moitié de cet
effectif.

Pendant ce temps, 2013 a été une année re-
cord depuis 10 ans pour le titre en bourse
PPR-Kering[3]. Hausse possible par le trans-
fert de la plus-value de la Redoute dans le
secteur du luxe. Un rapport d'expertise[4]
commandé par le comité d'entreprise de La
Redoute à un cabinet extérieur déclare:
«La Redoute a fortement contribué à la
croissance de PPR qui comptabilise 256 mil-
lions d'euros de dividendes et 113 millions
d'euros de redevance de marques versées
par La Redoute à PPR, puis Kering,
entre1997 et 2012.» De quoi développer le
pôle luxe du groupe tandis que les investis-
sements commerciaux pour la Redoute ont
diminué de 10 millions d'euros...

PLAN DE REPRISE... DU CHÔMAGE

Depuis plusieurs mois, les syndicats prépa-
raient les salarié-es à la nouvelle et ten-
taient de mobiliser. L'annonce de la vente
est faite en octobre 2013 avec déjà à la clé la
suppression de 700 postes pour «céder une
entreprise saine aux repreneurs» dixit Ke-
ring. La reprise est signée début décembre,
le futur patron est ... l'actuelle patronne de
la Redoute: Nathalie Balla associée à un di-
recteur financier du groupe Éric Courteille.
On prend les mêmes et on recommence à
discuter d'un «plan social» renommé «bu-
siness plan» pour l'occasion. Le début d'an-
née 2014 est amer, il ne s'agit plus de 700
mais de 1 178 suppressions d'emplois ré-
parties sur 4 ans dont plus de la moitié se-
ront des licenciements secs. A cela s'ajoute
172 licenciements sur 569 salariés à Relais
Colis, filiale de la Redoute chargée de livrer
les commandes aux clients. Sans parler des
retombées aux abords de l'entreprise: des
commerçants, des cafés, des sandwicheries
n'ont plus qu'à mettre la clé sous la porte.

Tous les secteurs sont touchés, la logistique
avec les sites de la Martinoire à Wattrelos
et ceux de Tourcoing (Tourcoing 2 et 5) se-
ront les premiers à trinquer mais aussi le
service clientèle et commande au siège de
Roubaix. Pour ceux qui restent, ce plan de
reprise signifie l'aggravation des conditions
de travail. Le site de Tourcoing 5 spécialisé
dans les meubles va être externalisé à
Anzin près de Valenciennes. La logistique
va être filialisée ce qui entraînera un chan-
gement de la convention collective qui
passe de celle de la vente par correspon-
dance à celle des transports, une des pires
en termes de droits sociaux. Enfin le site de
la Martinoire à Wattrelos doit être recons-
truit et modernisé, comprenez automatisé
ce qui augure encore des mauvaises nou-
velles pour les travailleur-es. Dos au mur,
les salarié-es n'ont plus qu'à essayer de se
défendre.

«NOUS SOMMES DES REDOUTABLES ET
ON VA LE LEUR MONTRER»

C'est sur ce mot d'ordre lancé par un gré-
viste que le lundi 3 février la Martinoire a
été bloquée toute la journée (de 5h à 22h)
par une bonne centaine de salarié-es. La
mobilisation semble marquer le pas à me-
sure que l'on s'approche de l'échéance fixée
par la direction qui table sur mi-avril pour
finaliser la cession. Si aucun accord pa-
trons/syndicats n'est trouvé d'ici là, Natha-
lie Balla menace de jeter l'éponge ... tac-
tique habituelle à en croire ce qui se passe
à Mory Ducros ou ailleurs. Les syndicats
sont dans tous les cas au centre des enjeux.
A la Redoute, la CFDT est majoritaire puis
vient Sud, la CGT et la CFE-CGC (le syndicat
des cadres). Chacun essaye d'agir en inter-
syndicale mais après les premières indi-
gnations, les frontières et les contradictions
se marquent en fonction de la marge de
compromis offert à la direction. La CFE-CGC
espère minimiser les pertes tout en voulant
«rendre l'entreprise profitable», la CFDT
propose «que la direction fasse partir entre
500 et 600 personnes en pré-retraite à 55
ans et si ce n'est pas entendu, nous monte-
rons au créneau», Sud n'est pas plus reven-
dicatif, enfin la CGT appelle «à entrer dans
le dur en se mobilisant pour faire pression
et qu'il y ait le moins de salariés sur le car-
reau»[5]. De tous, la CGT est la plus com-
bative, c'est aussi le syndicat le plus politisé
avec quelques membres chez Lutte Ou-
vrière.

Depuis ces déclarations de bonnes inten-
tions, les syndicats sont à la table des né-
gociations et les divergences apparaissent
au grand jour, en particulier sur la question
centrale des primes de licenciements. La
CFE-CGC se met tout de suite hors-jeu par
rapport aux ouvrier-ères en dénonçant le
blocage du site industriel de la Martinoire
qui nuit à la «viabilité économique de l'en-
treprise». «Les cadres s'en foutent des
primes pour les ouvriers, eux partent avec
plus de 100 000 euros» constate Ali, ouvrier
à la Martinoire depuis 15 ans en CDI. Reste
la CFDT, Sud et la CGT qui, chacun, avance
une revendication différente: «Pour la
CFDT, c'est 20 000 euros avec des stages de
réinsertion», résume Ali, «pour Sud, c'est
dans mon cas seulement 18 mois de salaire
(environ 20 000 euros aussi) et aussi des me-
sures d'accompagnement ; reste la CGT qui
avance le chiffre de 100 000 euros chacun.
Nous on veut le maximum, histoire d'avoir
10 ans de garanties, c'est rien du tout pour
Pinault!». Pour ceux qui restent, il s'agit de
garder les acquis c'est-à-dire le 13ème
mois, la prime d'ancienneté, les tickets
resto et la participation aux bénéfices. Des
queues de cerise en comparaison des béné-
fices qu'a tirés Pinault de la Redoute (voir
rapport d'expertise cité plus haut).

Ainsi dans le climat actuel et sachant ce qui
les attend après cette restructuration, per-
sonne veut vraiment rester dans la logis-
tique de la Redoute. Sur le terrain mais
aussi sur les réseaux sociaux, les Redouta-
bles tentent de s'organiser sans forcément
l'aval des syndicats empêtrés dans les né-
gociations qui volontairement n'avancent
pas. Mais même si la détermination de cer-
tains est intacte, force est de constater qu'il
faut se compter pour mener des actions: «il
y a environ 150 motivés sur les barrages, sur
plus de 2 000 salarié-es, c'est pas grand-
chose! Finalement, c'est toujours les
mêmes» conclut Ali.

TROIS P'TITS TOURS ET PUIS S'EN VONT,
AINSI FONT FONT FONT

C'est la petite ritournelle que nous ont of-
fert les politiques au sujet de la Redoute. En
novembre, les staffs lancent leur campagne
de communication. Martine Aubry déplore
dans la presse «avoir été baladée par les di-
rigeants de la Redoute et de Kering» et elle
rajoute « c'est irresponsable d'annoncer
cela avec une telle brutalité ». De son côté,
Pierre de Saintignon, vice-président du
Conseil Régional est tout penaud car Na-
thalie Balla «disait qu'elle nous tiendrait au
courant»[6]. Raté. Or Martine Aubry connaît
bien la famille Pinault pour avoir accueilli
la fondation d'art de François Pinault en
2007-2008 dans le cadre d'une exposition
«Lille 3000» au Tripostal. Cette exposition
avait d'ailleurs un titre prophétique «Pas-
sage du Temps». Forte de cette amitié artis-
tique, Martine Aubry va en grande pompe à
la rencontre de François-Henri Pinault le 12
novembre 2013, accompagnée d'élus dont
Pierre Dubois, maire PS de Roubaix et Do-
minique Baert, député maire apparenté PS
de Wattrelos. Tout ce petit monde ressort
rassuré car «le président Pinault nous a dit
clairement et je reprends ses termes: la Re-
doute a un savoir-faire qui permet sa pé-
rennité industrielle».

Deux mois plus tard avec le plan de reprise
de Balla/Courteille, les suppressions d'em-
plois doublent quasiment. Les politiques se
dépêchent de prendre du recul, le dossier la
Redoute est devenu trop brûlant pour les
campagnes électorales en cours. La social-
démocratie préfère passer des pactes de
confiance avec le Medef, elle ne sauvera pas
les emplois. «De toute manière, on ne se
mélange pas avec les politiques, ils nous
amènent rien» déclare Ali après avoir rap-
pelé que Martine Aubry avait proposé des
places pour le match de foot Lille/Rennes
(propriété de Pinault) afin de faire entendre
la contestation avant de se rétracter par
peur de «débordement ». Les Redoutables
rient jaune. De son côté Kering promet de
verser 315 millions pour la «transformation
économique et industrielle de l'entreprise»:
50 millions pour reconstruire une Marti-
noire, 30 millions pour l'informatique et la
modernisation de l'entreprise, 157 millions
pour éponger les «pertes attendues», 80
millions de fond de roulement. Seule une
fiducie (caisse destinée aux mesures so-
ciales) est évoquée pour financer les licen-
ciements et offrir une marge de négociation
avec les syndicats. Pour le moment, aucun
montant n'est fixé.

EXPLOITATION EN AMAZONIE 2.0

Pour justifier les licenciements, Nathalie
Balla et Eric Courteille appellent à la néces-
saire adaptation de la Redoute face à des
concurrents comme Venteprivée.com ou
Amazon toujours plus compétitifs car plus
rapides pour préparer les commandes et les
envoyer. Actuellement à la Redoute, il faut
compter environ 1 jour et demi pour ces
opérations, la direction veut réduire drasti-
quement ce temps en remodelant totale-
ment la logistique, en particulier sur le site
de la Martinoire qui devrait être modernisé.
Il ne faudrait alors plus que 2h pour expé-
dier les colis. Pour les salarié-es, cela signi-
fie des suppressions d'emplois: de 1 250
personnes aujourd'hui à 550 personnes ; et
une aggravation des conditions de travail:
flexibilité accrue, travail 7j/7, passage à la
convention collective des transports beau-
coup moins favorable. Comme le résume
Fabrice Peeters de la CGT: «ce sera le
bagne».

Le bagne, il en est déjà question chez Ama-
zon. «Les travailleurs chez Amazon sont
loin très loin des progrès du XXIe siècle»
écrit JB Malet dans son livre-enquête En
Amazonie. «Les conditions de travail sont
dignes du XIXe siècle (au temps de l'exploi-
tation capitaliste la plus brutale). Les entre-
pôts logistiques sont régis par une
organisation du travail très précise qui n'est
pas simplement celle du taylorisme ou du
fordisme. Elle inclut toutes les potentialités
d'Internet et fournit des outils de contrôle
de productivité parfaitement inédits.» Et le
contrôle des ouvrier-ères par la même oc-
casion. Les préparateurs de commande
d'Amazon à Lauwin-Planque près de Douai
peuvent en témoigner.

Pour les e-capitalistes, il s'agit de ne pas
perdre de temps et certains se repaissent
déjà du cadavre fumant de la Redoute. Ainsi
Guillaume Delbar, candidat UMP à la mai-
rie de Roubaix, imagine dans les locaux
abandonnés par la Redoute, le projet
Blanchm@ille qui serait un pôle dédié au e-
commerce investi par des start-up[7]. Ce
projet est en réalité piloté par Euratechno-
logies et la société Picom (spécialisée dans
le commerce et les innovations) qui appel-
lent de leurs voeux à la formation d'une
«VAD[vente à distance] Valley». D'ores et
déjà, le projet a retenu l'attention de la
LMCU (Communauté urbaine lilloise)
même si celle-ci n'apprécie pas l'annonce
prématurée de Guillaume Delbar. Mais
cette dernière est déjà pleinement engagée
dans la révolution textile avec l'inaugura-
tion en 2012 du Centre européen des tex-
tiles innovants (CETI) à Tourcoing où on y
travaille les textiles intelligents de demain,
tissés avec des fibres optiques.

LUTTER POUR DEVENIR REDOUTÉ

On le voit le capitalisme et sa restructura-
tion permanente nous amène à des licen-
ciements ou une exploitation salariale de
plus en plus forts. Aucune issue n'est pos-
sible. Les «Redoutables» l'ont bien compris.
La semaine dernière et sans nécessaire-
ment l'aval des syndicats, ils se sont orga-
nisés et ont mené des actions fortes: lundi
3 février, la Martinoire était totalement blo-
quée de 5h à 22h, les syndicats ont avoué
suivre le mouvement ; Jeudi 6 février mal-
gré la tempête des centaines de Redouta-
bles ont manifesté au côté des salarié-es de
Stora-Enzo (une imprimerie qui ferme près
de Douai). Au sujet des syndicats, certain-
es ont un avis bien tranché depuis le mou-
vement perdu de 2008 contre 672
licenciements. A l'époque, les syndicats ont
signé le PSE mais sont sortis des négocia-
tions en mettant en avant le fait qu'ils
avaient obtenu une petite hausse des sa-
laires: «il n'y aura plus de smicards à la Re-
doute» avaient-ils déclaré, depuis la
méfiance règne concernant le dialogue so-
cial.

Dans les semaines à venir, d'autres actions
vont être menées car seule la lutte permet-
tra d'obtenir de l'argent et des garanties.
Pour le moment, les grèves sont clairse-
mées et non-reconductibles. Ali est pour-
tant clair sur les modalités que doit prendre
le futur mouvement: «on se prépare au
combat, il faut faire comme à Goodyear, ob-
tenir le plus d'argent possible par la grève
et les actions. Mais pour le moment je bosse
encore et il (Pinault) se fait du fric sur notre
dos». Tout reste à construire et appelle à
notre soutien et à notre mobilisation.

Fabien, le 12/02/2014,
avec la complicité de Jean-Mi

POST SCRIPTUM:

Mise à jour le 21/02/2014
Depuis l'écriture de l'article, il y a eu d'au-
tres mobilisations. Lundi 17 février, un bar-
rage filtrant a été établi à la Martinoire pour
tracter et essayer de mobiliser les non-gré-
vistes. Dans la foulée, une AG a été organi-
sée dans le réfectoire réunissant plus de
350 personnes. Chacun-e a pu prendre la
parole, les délégués syndicaux sont restés
à l'écart et d'ailleurs certains syndicats sont
de plus en plus mal vus par certains (Sud et
CFDT en particulier). Suite à cette AG, des
idées d'action ont été votées mais elles res-
tent floues à l'heure actuelle.

Vendredi 21 février, le site de la Martinoire
a été bloqué à 4h30 par des feux de palette.
Puis, les grévistes se sont rendus dans les
bureaux de la direction à Roubaix pour per-
turber les négociations qui ne mènent nulle
part. Cette semaine aussi, des salarié-es ont
été convoqués dans les bureaux des RH
pour «envisager des sanctions discipli-
naires suite aux blocages». A chaque fois, il
y a des débrayages de soutien.

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[1] 6ème fortune fran-
çaise d'après la revue
Challenges. En 2012,
sa fortune person-
nelle est estimée à
6,3 milliards d'euros,
en 2013: 11 milliards
d'euros.

[2] Chiffres INSEE,
2011-2012

[3] BFM Business, fé-
vrier 2013

[4] Cité dans l'Huma-
nité du 5 décembre
2013.

[5] Prises de paroles
des différents délé-
gués syndicaux dans
la presse (Voix du
Nord, janvier 2013)

[6] Voix du Nord, 12 et
13 novembre 2013

[7] Voix du Nord,
02/02/2014
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