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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif #240 - Le tout-numérique à l'école: iPads et iPocrisie

Date Wed, 23 Jul 2014 08:48:59 +0300


«L'internaute après tout n'est que l'aboutissement délirant d'un long processus d'isolement des individus et de privation sensorielle; et la cybervie qu'on lui propose n'est jamais destinée que pour quelque temps à quelques pour cent du genre humain, tout le reste se voyant versé sans attendre au Tartare de ce XXI e siècle.» Baudouin de Bodinat (La vie sur Terre, 1996) ---- «Après s'être contenté de l'image, on se passera de la réalité.» Étienne Gilson (La société de masse et sa culture, 1975) ---- L'introduction des iPads et autres tablettes dans les établissements scolaires, dont François Hollande, alors député de la Corrèze, a été le fer de lance en France, ne suscite guère de réactions indignées. Seuls ceux que les médias ont pris la déplorable habitude de classifier comme «technophobes» s'y opposent.

Hélas, la «crainte de la
technologie» ne porte en elle rien de
positif, puisqu'elle s'inscrit d'emblée
dans le registre de la peur, dont on sait
qu'elle peut produire le pire. Rien de
mieux, pour discréditer toute critique,
que de la réduire à une crainte irra-
tionnelle et réactionnaire. C'est une
autre attaque, beaucoup plus profonde,
qui est portée ici, contre le tout-numé-
rique à l'école.

Refus anti-industriel et fractures numériques

Les raisons du rejet par les «tech-
nophobes» des technologies numé-
riques, à force d'être seules relayées
par la plupart des médias, même sur
leur habituel mode décrédibilisant,
sont finalement bien connues. Ce sont
de bonnes raisons: 1 - Les tablettes
polluent gravement - bien davantage
que les livres, notamment au moment
de leur production, par les métaux
rares entrant dans leur composition et
l'eau nécessaire à leur fabrication. De
plus, leur obsolescence programmée
permet aux fabricants de rendre rapi-
dement vétuste un matériel présenté
un ou deux ans plus tôt comme «le
meilleur au meilleur prix». Les études
abondent désormais, qui montrent
toutes à quel point une tablette, dont la
durée de vie est programmée aux alen-
tours de trois petites années, sans
doute à peine plus pour les iPads, est
beaucoup plus polluante que le livre(1)
- et nettement plus chère pour le bud-
get des collectivités et celui de la na-
tion (2). 2 - Les tablettes sont très
vraisemblablement dangereuses pour
la santé, d'un point de vue neurophy-
siologique, d'autant plus que leurs uti-
lisateurs sont jeunes (3). 3 - Il n'est pas
certain que l'apprentissage sur les ta-
blettes, en facilitant le «zapping» et en
distrayant l'oeil de l'utilisateur, soit plus
aisé que sur les livres, bien au contraire
(4). 4 - Leur achat représente un trans-
fert massif d'argent vers des pays loin-
tains, au grand dam des libraires, des
éditeurs et des imprimeurs d'ici, qui
plongent dans une situation écono-
mique de plus en plus délicate. Cette
rançon de la «mondialisation» est sur
le point de détruire toute l'industrie
culturelle - le monde de la culture n'a
pas su, en son temps, refuser la massi-
fication, mais c'est un autre débat que
nous n'aborderons pas ici (5). 5 - L'uti-
lisation généralisée des tablettes dans
les seuls pays riches constitue un as-
pect crucial de la fracture numérique,
révélée par l'Unesco dès les années
1990. Au pluriel: fractures numériques
entre les pays riches et les pays
pauvres; à l'intérieur des pays riches,
entre connectés et non connectés; au
sein des connectés, entre ceux qui uti-
lisent le net de façon intelligente, et les
autres, qui gaspillent leur temps en té-
léachat, en pornographie ou en en-
chères de tout ce qui se vend et
s'achète. Certes, ce sont de bonnes rai-
sons, mais c'est une autre fracture, qui
nous semble encore plus fondamen-
tale, que nous évoquons ici.

Qui produit les iPads? Et où?

Les légitimes préoccupations écolo-
giques ont tendance à nous faire négli-
ger le fait que les iPads (Apple), Kindle
(Amazon), Playstations et autres maté-
riels numériques sont produits par une
entreprise néo-esclavagiste, Fox-
conn (6). Chez Foxconn, les ouvrières et
les ouvriers sont soumis à des rythmes
de travail «just in time», dans un sec-
teur où, précisément, la commerciali-
sation des produits doit s'adapter à la
demande - pressante - des consom-
mateurs, en hausse vertigineuse lors
des périodes de fêtes, en berne au mo-
ment de l'annonce d'une prochaine
évolution du matériel. La durée du tra-
vail peut être de plus de soixante
heures par semaine, tandis qu'à
d'autres moments, une partie du per-
sonnel est placée au chômage forcé.
Ceci n'est pas anecdotique: Foxconn
emploie plus d'un million de per-
sonnes, en Chine et ailleurs; de plus,
l'entreprise est liée à plusieurs des en-
treprises phares du monde de la globa-
lisation: Apple, Microsoft, Amazon,
Sony... En 2012, lorsque Apple s'est
trouvé accusé de faire travailler des
«iEsclaves» via Foxconn, l'entreprise
américaine avait habilement joué sur
un registre politique: la supériorité ab-
solue du modèle capitaliste néolibéral
allait finir par «moraliser» Foxconn.
D'ailleurs, la Chine était passée, en
moins de trente ans, de l'ère maoïste
au néolibéralisme le plus brutal. Il suf-
fisait d'attendre quelque peu pour voir
bientôt Foxconn rentrer dans le rang,
mieux payer ses ouvriers et harmoni-
ser les rythmes de travail. C'est l'in-
verse qui s'est produit: désormais, c'est
l'anti-modèle de Foxconn qui s'exporte
dans le monde, jusque dans l'Union eu-
ropéenne. Foxconn a en effet ouvert
plusieurs usines en Tchéquie, à Parbu-
dice et Kutna Hora (7), et en Slovaquie,
dans lesquelles les conditions de travail
s'apparentent à des formes de néo- es-
clavagisme, les travailleuses et tra-
vailleurs se trouvant dans un état de
dépendance absolue par rapport à l'en-
cadrement et à la direction de l'entre-
prise (8).

Comment le cynisme s'introduit dans la culture

La fracture numérique ne relève
donc pas seulement du suréquipement
des uns et du sous- équipement des
autres. La véritable et profonde fracture
est avant tout politique: cyniques sur-
équipés d'un côté, pauvres hères à
l'autre extrémité, à commencer par ces
iEsclaves qui produisent pour les pre-
miers.

La nouveauté est que, dans les
écoles républicaines d'un pays comme
la France, l'on voudrait donner à nos
enfants, afin que s'ouvre devant eux le
monde radieux de la culture, de
l'émancipation et de la liberté, du ma-
tériel fabriqué selon les normes de l'es-
clavagisme moderne (9). Soit:
construire notre propre liberté en pié-
tinant celle de millions d'autres êtres
humains de par le monde. Il ne faudrait
pas réduire cet état de fait à une simple
extension de la fabrication des vête-
ments, outils divers, etc., dans des
pays-ateliers. Cette réalité est bien
connue, en effet, et dans ce cas se pro-
duit un conflit entre l'éthique person-
nelle de l'individu et l'offre disponible
sur le marché. Entre un pantalon à 35
EUR fabriqué au Bangladesh et un autre,
beaucoup plus cher, venu d'Italie ou de
France, le travailleur français, aux reve-
nus modestes, choisira souvent la pre-
mière solution. Telle est la réalité d'un
pays qui compte plus de 10 % de sa po-
pulation active au chômage. Pour les
tablettes commandées et répandues
désormais par l'État dans les écoles,
collèges et lycées de la République, le
conflit est d'un autre ordre. Il ne s'agit
plus de pantalons ou de calculettes,
mais d'outils censés apporter la culture
et l'émancipation. Car l'Éducation na-
tionale l'annonce elle-même: la tâche
des enseignants est désormais de «
faire vivre la culture humaniste dans la
société numérique (10)» (c'est nous qui
soulignons).

Le grand écart entre culture humaniste et société numérique

Comment envisager, avec sérieux et
rigueur éthique, de promouvoir l'hu-
manisme en se servant d'outils qui in-
carnent la négation même de cet
humanisme? Cet humanisme qu'évo-
quent les plus hauts responsables du
système scolaire français implique au
minimum le respect des autres êtres
humains, et bannit l'idée de les exploi-
ter au profit d'une poignée de privilé-
giés: nos propres enfants. La
contradiction est flagrante entre la fin
et les moyens.

Ce dilemme philosophique, certes
classique si on le résume en ces
termes, revêt de nos jours une ampleur
et une acuité inconnues auparavant.
Car c'est le gouvernement lui-même
qui organise le cynisme en collant de
force, dans les mains des professeurs et
des jeunes, du matériel fabriqué par
des néo-esclaves. Le parallèle avec les
modes de décervelage dictatoriaux de
la jeunesse dans la première moitié du
XXe siècle n'est pas anecdotique:
lorsque le capitalisme se trouve dans
une phase critique, ce qui est le cas de-
puis 2007 (11), la tentation est grande,
chez une partie de l'élite, de s'en re-
mettre à des formes dictatoriales de
pouvoir. C'est cela et rien d'autre qui se
joue aujourd'hui; l'introduction des
iPads à l'école ou la montée des droites
extrêmes dans la quasi-totalité des
pays européens en sont des indices cer-
tains. Ne confondons pas le «libre
choix» de chacun, y compris d'acheter
des produits non éthiques, avec l'im-
position, par l'État lui-même, d'un ma-
tériel issu de l'esclavage moderne.
Surtout lorsque ce matériel, comme les
iPads, est destiné à un secteur tout à
fait particulier: les enfants, les jeunes
et leur éducation. Tout se passe comme
si les générations adultes, sur le déclin,
montraient l'exemple le pire aux géné-
rations montantes: un monde dans le-
quel, en dernière analyse, chacun peut
écraser son prochain sans état d'âme.
Ce n'est pas une sorte de prétendue pu-
reté de l'enfance qu'il faudrait conser-
ver - pieux mensonge réactionnaire.
Mais, comme l'expliquait Hannah
Arendt dans La crise de l'éducation (12),
si les nouvelles générations doivent
être protégées par le monde des
adultes car elles en représentent l'ave-
nir, ce monde des adultes doit aussi se
protéger des nouvelles générations.
Plus précisément: les valeurs positives
que le monde a su développer ne doi-
vent pas être mises en péril par des gé-
nérations qui pourraient, si l'on y prend
garde, les balayer. Arendt pensait aux
jeunes qui, à son époque, versèrent ma-
joritairement dans le nazisme, avec les
conséquences apocalyptiques que
nous savons. De nos jours, ce dilemme
se formule ainsi: ne léguons pas aux
jeunes générations nos valeurs néga-
tives, à commencer par le cynisme de
nos dirigeants. La question est poli-
tique et éthique.

Du côté de l'édition

Tout ce qui relève de la culture - ou
presque - est désormais victime de
cette formidable illusion numérique.
Dans l'édition française, la plupart des
éditeurs se sont lancés dans le numé-
rique, en pensant suivre la pente as-
cendante du digital aux États-Unis.
Dans ce pays, les ventes d'ouvrages nu-
mériques dépassent depuis 2012 celles
d'ouvrages papier. Mais en France, elles
n'en représentent pas même le ving-
tième, malgré une ardente politique de
promotion des écrans, des tablettes,
des smartphones et autres liseuses. Les
explications de ce phénomène sont
sans aucun doute complexes. L'incapa-
cité des éditeurs à penser le contenu
numérique de façon différente du
contenu papier en est une, de même
que l'attachement des Français à leurs
librairies - très touchées cependant par
la pénétration, sur le marché français,
de l'une des entreprises phares du nou-
veau capitalisme, Amazon, là encore fa-
vorisée outrageusement par les
gouvernements de tous bords.

L'étonnant est que ce sont les lec-
teurs eux-mêmes qui maintiennent à
flots le livre papier, alors que ceux qui le
produisent marquent une tendance
nette à abandonner leur savoir-faire et
à saborder leur propre marché - leur
propre source de profits. Ce sont bien les
élites autoproclamées qui décident de
passer avec armes et bagages au tout-
numérique, contre l'évidence même de
l'état du marché en France, contre la né-
cessité de maintenir un tissu de libraires
et jusque contre les goûts mêmes des
lecteurs.

Vers le pire en politique?

Nous ne pourrons plus dire que «
nous ne savions pas». Déjà, en 1950,
Norbert Wiener, mathématicien et in-
venteur de la cybernétique, dans The
human use of human beings («L'usage
humain des êtres humains»), avait pré-
venu: «Nous avons modifié notre envi-
ronnement de manière si radicale que
nous devons désormais nous modifier
nous- mêmes afin de parvenir à vivre
dans ce nouvel environnement.» Wie-
ner pensait aux conditions matérielles
induites par notre environnement tech-
nologique; désormais, ce sont les «en-
vironnements numériques de travail»,
les ENT, qui aboutiraient à nous modi-
fier, à balayer toute éthique, et devraient
nous faire accepter le retour de l'escla-
vagisme.

Le dilemme est pour l'essentiel poli-
tique, et pas seulement philosophique
ni individuel et quotidien. Aujourd'hui
plus encore qu'à l'époque de Wiener, le
pouvoir est tombé dans les mains des
pires. Les pires sont ceux qui gravissent
dans leur jeunesse les échelons des
grandes écoles, de Sciences Po et des
Hautes Études Commerciales jusqu'à
Centrale (13), puis, entrant dans le
monde des affaires, les ministères, les
banques ou l'édition, s'acoquinent avec
les réseaux qui comptent, cela au prix
de mille renoncements, compromis-
sions et corruptions. Plus personne
n'aurait l'inconscience de qualifier
d'aristocratie, de «pouvoir des meil-
leurs», ces personnages qui se parta-
gent la direction du pays depuis au
moins quatre décennies. Au contraire,
aujourd'hui, ceux qui se sont hissés au
sommet de l'État et de l'Entreprise for-
ment une kakistocratie: un «pouvoir
des pires». En s'imposant, ils ont banni
toute forme de démocratie réelle et
foulé aux pieds la république, au sens de
«bien commun».

Mais le vent souffle et la roue tourne
: la kakistocratie fait désormais les dé-
lices de tous les démagogues, surtout de
la droite nationaliste et de l'extrême
droite fasciste, voire néonazie. Les mé-
diocres qui prennent les décisions les
plus dommageables pour la planète et
pour notre émancipation ne semblent
pas remarquer que leur politique ouvre
la voie à la résistible ascension du Front
national en France et des néofascistes
dans la plupart des pays de l'Union eu-
ropéenne. Nos dirigeants préfèrent mal-
gré tout privilégier, jusqu'à l'école, la
valorisation du cynisme et de la médio-
crité qui fait le lit des néofascistes.


Le boycott à l'ordre du jour!

Travailler sur une tablette, c'est ac-
cepter que des esclaves l'aient fabriquée
à 500 km de chez nous, au coeur même
de l'Union européenne, ou en Extrême-
Orient; c'est faire de la médiocrité et du
cynisme des vertus cardinales, et abolir
toute forme de honte. Bien sûr, les ta-
blettes ne sont pas les seules ni même
les principales responsables de la mon-
tée de la kakistocratie, mais elles en
sont désormais un outil de choix. En
touchant les enfants et les jeunes, elles
les habituent très tôt à l'hypocrisie la-
mentable d'un discours émancipateur
et mensonger à la fois; elles installent
ce cynisme du monde et du système de
plus en plus tôt dans la vie des indivi-
dus 14. Et les dirigeants, qui attentent à
notre volonté d'émancipation en vou-
lant nous contraindre à participer à
leurs ignominies, finissent par se
convaincre eux-mêmes que leurs vic-
times sont, après tout, consentantes...
puisque nous les acceptons ou ne les re-
nions pas. Or, si demain nous travail-
lions sur des iPads ou des Kindle sans
avoir honte le soir de nous regarder
dans le miroir - et tout est mis en place
pour que nous n'en ressentions aucune
honte -, alors ce serait en effet que nous
aurions consenti à l'infâme.

Telle est la pente très dangereuse
sur laquelle nous devons tous refuser,
adultes, éducateurs, enseignants, pa-
rents et jeunes, de nous engager. La re-
fuser maintenant! Le boycott de tous
ces instruments destructeurs de vie -
des vies d'autres que nous - est à l'ordre
du jour. Comme le disait Brecht: «De
qui dépend que l'oppression demeure?
De nous. De qui dépend qu'elle cesse?
De nous encore.»
HUKO
(Groupe Huxley-Ubu-Kafka-Orwell),
mars 2014

======================
1. Voir entre autres ce
qu'en dit Roberto Ca-
sati dans Contre le colo-
nialisme numérique
(Albin Michel, 2013).

2. Dans un départe-
ment peu peuplé
comme le Jura (258 000
hab.), avec une popula-
tion scolaire peu élevée,
le Conseil général
consacre pas moins de
2,4 millions d'euros
pendant quatre ans (10
millions au total...) à
l'équipement des col-
lèges en iPads, sans
compter les formations
pour les enseignants ni
l'installation de la wifi
dans les établisse-
ments... pour des maté-
riels à remplacer d'ici
trois à cinq ans - ou
peut-être moins, il
n'existe pas d'étude en
la matière qui soit suffi-
samment étendue dans
l'espace et la durée.

3. Voir par exemple:
Michel Desmurget, TV
lobotomie - La vérité
scientifique sur les ef-
fets de la télévision, J'ai
lu, 2013; Nicholas Carr,
L'Internet rend-il bête?
- Réapprendre à lire et
à penser dans un
monde fragmenté, Ro-
bert Laffont, 2011; les
sites
http://bbf.enssib.fr/cons
ulter/bbf-2011-05-
0006-001 ou
http://www.horizons-et
debats.ch/index.php?id
=3660 et encore
http://affordance.type-
pad.com//mon_weblog/

4. Voir Umberto Eco, À
reculons, comme une
écrevisse, Livre de
poche, 2008, et surtout
Raffaele Simone, Pris
dans la Toile, Galli-
mard, 2012, ainsi que,
là encore, Michel Des-
murget et Nicholas
Carr.

5. Voir par exemple La
Société de masse et sa
culture, Étienne Gilson,
1975. Par la suite, des
dizaines et des cen-
taines de livres ou
d'études ont été pro-
duits sur ce thème ma-
jeur , ainsi que
d'innombrables articles.
Voir par exemple
http://www.pieceset-
maindoeuvre.com/spip.
php?page=resume&id_
article=439 ou
http://sniadecki.word-
press.com/

6. Voir http://www.
gongchao.org/fr/ies-
claves/10-paragraphes-
contre-1-pomme-pourrie


7. Voir
http://www.czech.cz/f
r/News/Economie-
Commerce/Foxconn,-
une-multinationale-
taiwanaise-au-coeur-
de et
https://www.wsws.or
g/en/articles/2013/10/
10/foxc-o10.html

8. Voir
http://www.emf-
fem.org/content/downl
oad/28353/240224/ve
rsion/1/file/Case+stu-
dies+ agency+wor-
kers+in
+electro-
nics+sector+CEE+FR.p
df (en français)

9. Et non pas antique,
certes, mais esclava-
gisme, oui, si l'on
considère la dépen-
dance absolue du tra-
vailleur et son
incapacité de fait à
s'organiser, ce qui ne
s'était pas produit de-
puis bien longtemps.
La révolution indus-
trielle avait entraîné la
création de l'Associa-
tion Internationale des
Travailleurs, tandis
que désormais, l'orga-
nisation des tra-
vailleurs, coupés de
leur milieu social, iso-
lés par la barrière de
la langue, s'en trouve
bien plus complexe,
voire impossible.

10.Tel est le cinquième pi-
lier du Socle commun
des connaissances et
des compétences (dé-
cret du 11 juillet
2006), qui en compte
sept au total. Cette for-
mulation se retrouve
dans nombre d'ou-
vrages destinés aux
enseignants, par
exemple Vers des
centres de connais-
sances et de culture
(2012).

11. Nous fai-
sons ici référence à
l'émergence de la crise
dite des subprimes.
Voir Massimo Amato
et Luca Fantacci, Fine
della Finanza, Don-
zelli, Milan, 2012.

12. Hannah Arendt, «
La crise de l'éducation
», in La crise de la cul-
ture, coll. «Folio Es-
sais», Gallimard,
Paris, 1989.

13. Voir à ce sujet le
livre, toujours actuel,
de Claude Neusch-
wander sur les ré-
seaux: L'acteur et le
changement. Essai
sur les réseaux, Le
Seuil, 1991.

14. Ce point avait
déjà été développé
dans un livre de Ph.
Godard, Au travail les
enfants!, publié en
2006 par les éditions
Homnisphères.
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