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(fr) Coordination des Groupes Anarchistes - IAL #100 - Aujourd'hui plus que jamais, solidarité avec les luttes LGBT! (en, pt)

Date Fri, 29 Aug 2014 08:09:07 +0300


Ce texte a été distribué sous la forme d'un tract du groupe de Lyon de la Coordination des Groupes Anarchistes durant la marche des fiertés LGBT lyonnaise du samedi 14 juin 2014. ---- En 1969, aux États-Unis, des émeutes éclatèrent en réaction à une des nombreuses descentes de police qui visaient ce qu'on appelle aujourd'hui la communauté LGBT (lesbiennes, gays, bissexuel·le·s, trans). Par cette répression violente et quotidienne, officielle (descentes de police, contrôles d'identité, refus de laisser l'accès à des droits élémentaires,...) ou officieuse (coups, insultes, discriminations à l'embauche, viols, bannissements des familles, humiliations, moqueries...), la société entendait bien renvoyer les LGBT à leurs placards. Si les modes de répression sont parfois plus insidieux, la situation n'a pas tellement changé.

État des lieux

Depuis que la loi autorisant le mariage aux couples d'homosexuel·le·s et l'adoption dans ce cadre est passée, on entend souvent dire que l'égalité des droits a été obtenue. Qu'en est-il en réalité ?

Tout d'abord, concernant la loi Taubira. Des conventions signées entre la France et la Pologne, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie, le Kosovo, le Monténégro, la Slovénie, l'Algérie, la Tunisie, le Maroc, le Laos et le Cambodge empêchent les ressortissant·e·s de ces pays de se marier avec une personne du même sexe en France. Il y a donc une dimension de racisme d'État dans l'accès aux droits.

On constate également sur certaines questions une application aléatoire de la loi. Un juge a récemment créé de toutes pièces la notion de «parentalité frauduleuse» pour refuser à un couple de lesbiennes l'adoption de leur enfant conçu par PMA.
La loi qui encadre l'adoption est censée être appliquée pour tout enfant vivant dans une famille fondée par un couple. Mais contrairement à ses promesses électorales, le gouvernement a bel et bien enterré la loi autorisant la PMA, cédant ainsi aux pressions des cathos et autres réactionnaires. En plus du flou juridique qui en découle, cette situation augmente les inégalités sociales puisque des couples sont contraints d'aller dans d'autres pays pour pouvoir bénéficier d'une PMA, acte coûteux, sans aucune aide ou remboursement.

Quelle égalité et pour quels droits ?

Par ailleurs, la notion d'égalité des droits concernant la communauté LGBT est bien plus vaste que la question du mariage et de l'adoption.

- On ne peut par exemple pas parler d'égalité des droits tant que le changement d'état-civil pour les personnes trans reste un tel parcours du/de la combattant·e, rendant très difficile le fait de trouver un emploi ou un logement.

- On ne peut pas non plus parler d'égalité des droits dans un contexte de recrudescence des agressions (les témoignages d'agressions homophobes ont augmenté de 78 % entre 2012 et 2013 selon un rapport de SOS homophobie) envers les personnes LGBT, alors que dans un même temps les tribunaux restent relativement cléments avec les agresseurs.

- On ne peut pas parler d'égalité des droits lorsque l'on sait que le taux de suicide chez les jeunes LGBT reste bien plus fort que celui des jeunes hétéros cis1 et que cette situation est entretenue par le climat d'homophobie et de transphobie décomplexées dans lequel nous évoluons, relayé entre autre par la «Manif pour tous» et les «anti-gender».

Les réacs à l'assaut de l'école

Cette bande de réacs et de religieux intégristes a en effet trouvé un nouveau cheval de bataille depuis que la loi Taubira a été actée. Après avoir décrié le mariage pour tous qui, selon eux, dénaturerait la famille et entraînerait la décadence, les voilà qui dénoncent maintenant la «théorie du genre», théorie qui serait principalement enseignée dans les écoles publiques par d'odieux profs gauchistes et dont le but serait de pervertir les enfants. «L'ABCD de l'égalité» se retrouve au coeur de cette tempête. Ce programme scolaire dont l'objectif est de lutter contre le sexisme et les stéréotypes de genre deviendrait, selon les réacs, un outil de propagande visant à remettre en cause la nature profonde des hommes et des femmes et des rôles sociaux auxquels chacun serait naturellement prédisposé. Nombreux sont les exemples (légende de l'enseignement de la masturbation enseignée à l'école, scandale autour de la «journée de la jupe» à Nantes, etc.) de désinformation et de manipulation de la part de ces groupuscules, qui ne reculent devant rien pour déverser leur torrent de haine.

Ce qui est inquiétant, c'est qu'une partie des réponses faites pour calmer ces polémiques étaient également transphobes ou homophobes. Quand des parents d'élèves s'insurgeaient contre l'idée que des associations communautaires LGBT viennent dans les écoles, la réponse a bien souvent été de leur dire qu'il s'agissait d'un mensonge. Or, des associations interviennent bien dans les écoles et font un véritable travail de terrain dans la lutte contre les discriminations et dans la déconstruction des préjugés. Le fait de le cacher dans les discours médiatiques, publics ou officiels pose un climat de honte. Ce n'est pas en cachant les personnes LGBT que les mentalités vont évoluer. On a également entendu des professeur·e·s, y comprit syndiqué·e·s, affirmer qu'il était absurde de penser que travailler sur les discriminations liées au genre pouvait entraîner des enfants à devenir homos et/ou trans. Nous pensons que lutter contre l'oppression sexiste passe par une déconstruction du rapport à l'hétéronorme2 pour permettre à chacun·e de vivre plus librement, c'est-à-dire pas forcément hétérosexuel·le·s et pas forcément dans le genre assigné à la naissance. Ça «n'entraîne pas à devenir», mais ça ouvre le champ des possibles.

Parce que l'Égalité des droits n'est pas effective!
Parce-que la lesbophobie, l'homophobie et la transphobie tuent!
Contre la domination hétéropatriarcale cissexiste3!
Parce que cette année encore, il est important d'être visibles et de permettre par notre nombre d'affirmer une fois de plus que nos corps et nos parcours nous appartiennent!

Groupe de Lille et groupe de Lyon


1. Cis: une personne cis est une personne dont le genre correspond à celui qui lui a été assigné à la naissance.

2. Hétéronorme: l'hétéronorme est la norme sociale qui fait croire que tout le monde est hétérosexuel.

3. Cissexisme: le cissexisme est le système d'oppression subi par les personnes trans.
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