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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif, CA #233 - nucléaire --- EPR, CONDITIONS DE TRAVAIL ET DE TRANSPORTS (rappport 2012 de l'ASN)

Date Mon, 25 Nov 2013 13:20:03 +0200


A pr ès avoir trai té dans le numéro 231 de juin 2013 de la partie du rap port annuel de l'autorité de sûreté nucléai re consacré à l'exploitation de s ce ntr ales nucléaires, no us nous intéress ons ici à la suite de ce rapport, sur la construct ion de l'EPR de Flamanvil le, sur les c ondi t ions de travail dans le n ucléaire , ainsi que le s tr ansports de s ubstances radioactives. ---- L 'EPR DE FLAMANVILLE 3 ---- Après une période d'une dizaine d'années sans construction de réacteur nucléaire en France, EDF a déposé en mai 2006 une demande d'autorisation de création d'un réacteur de type EPR, appelé Flamanville 3, d'une puissance de 1 650 MWe, sur le site de Flamanville, déjà équipé de deux réacteurs d'une puissance de 1 300 Mwe.

Le réacteur EPR est un réacteur à eau sous
pression comme les réacteurs actuelle-
ment en exploitation en France. Ce réacteur a
été conçu par AREVA, qui prétend ainsi ré-
pondre à des objectifs de sûreté renforcés et
améliorer la rentabilité économique. En fait, la
grande nouveauté de l'EPR, à part sa puissance
plus importante, c'est qu'il est conçu pour pou-
voir fonctionner avec du MOX éventuellement
à 100%. Le MOX est un, combustible dont
AREVA a le monopole mondial et qui est fabri-
qué à partir du retraitement des déchets des
centrales. Il contient 7% de plutonium. Il est
donc particulièrement dangereux. On com-
prend l'intérêt pour AREVA de ce prototype :
son coeur de métier, c'est le retraitement des
déchets nucléaires et la fabrication de com-
bustible. Là, il conçoit à la fois le producteur de
déchets et le consommateur des produits du
déchet. Super non ? C'est aussi ce qui fait de
l'EPR un des réacteurs potentiellement les plus
dangereux du monde: il utilise du plutonium,
dans un composé dont on connaît mal la sta-
bilité, le tout à très grande puissance... On
conçoit que les questions de sécurité sur ce
type d'engin inquiètent même l'Autorité de Sû-
reté Nucléaire (ASN), plutôt sereine habituelle-
ment.

Le Gouvernement a autorisé la création de
l'EPR par décret (1), en avril 2007, après un
avis favorable rendu par l'ASN. Les travaux de
construction du réacteur de Flamanville 3 ont
débuté en septembre 2007. les premiers tra-
vaux de coulage du béton pour Les bâtiments
de l'îlot nucléaire ont eu lieu en décembre 2007.
Depuis, les travaux de génie civil (gros oeuvre)
se poursuivent et, pour certains bâtiments tels
que la station de pompage ou les locaux abri-
tant les générateurs diesel de secours, sont dé-
sormais achevés. La mise en place des
premiers composants (réservoirs, canalisa-
tions, câbles et armoires électriques...) se pour-
suit. La fabrication des systèmes, des
composants et des équipements sous pression,
notamment ceux constitutifs des circuits pri-
maires (cuve, pressuriseur, pompes, robinette-
rie, tuyauteries...) et secondaire (générateurs
de vapeur, robinetterie, tuyauteries...) est en
cours dans les ateliers des fabricants. Au dé-
part, la mise en service était prévue en 2012,
mais au cours de l'été 2011, EDF a dû annoncer
son report à 2016.

D'après un décret du 2 novembre 2007,
l'ASN doit autoriser l'introduction du
combutible nucléaire dans le périmètre de
l'installation sur demande et dossier d'EDF six
mois avant, et le démarrage de cette dernière,
sur demande et dossier d'EDF un an avant. Le
dossier doit comporter le rapport de sûreté, les


règles générales d'exploitation, une étude sur
la gestion des déchets de l'installation, le plan
d'urgence interne, le plan de démantèlement
et une mise à jour de l'étude d'impact de l'ins-
tallation. Ce sont ces formalités qui expliquent
que des éléments figurent dans le rapport an-
nuel et parviennent parfois à la presse. Les élé-
ments qui suivent sont tirés du rapport annuel.
N'y figurent donc pas certains scandales dé-
noncés par le Réseau Sortir du Nucléaire tels
que l'acier low cost. L'ASN est une vieille dame
aussi rapide que la justice pour prendre en
compte scandales et incidents... Elle a cepen-
dant réalisé 18 inspections du chantier en 2012
dont une inspection surprise (en août). Deux
points inquiétants en ressortent d'après elle.

PROBLÈMES DE QUALITÉ DU BÉTON

En juillet 2011, EDF a informé l'ASN de la
découverte de «nidsde cailloux» sur les
parois verticales des piscines des bâtiments ré-
acteur et combustible. C'est-à-dire des concen-
trations d'agglomérats et pas assez de ciment.
Par ailleurs, en mars 2012, EDF a informé l'ASN
de la présence de «vides» derrière les loge-
ments de batardeaux (barrages provisoires) des
piscines du bâtiment du réacteur (En fait, ce
défaut avait été détecté d'abord sur le chantier
en Finlande). Les piscines du réacteur doivent
donc être contrôlées et réparées. A suivre donc.
Rappelons qu'elles servent à stocker le com-
bustible neuf et usagé, ici donc du combustible
avec plutonium. La radioactivité soumet le
béton comme tous les matériaux à rude
épreuve et tous ces défauts sont des fissures
en perspective (et même, si ce sont des nids de
cailloux, plus que des fissures, des trous).

UNE ÉTANCHÉITÉ PROBLÉMATIQUE

Visiblement, l'ASN a des inquiétudes sur
l'étanchéité interne des piscines (maté-
riau de revêtement), et notamment le soudage
des liners. Depuis fin 2010, les opérations de
montage du cuvelage de certaines bâches im-
portantes pour la sûreté ont débuté. Elles
concernent notamment le cuvelage des pis-
cines du bâtiment du réacteur et du bâtiment
combustible. L'ASN «apporte une attention parti-
culière au contrôle de ces activités pour s'assurer
de la maîtrise par EDF des méthodes de fabrica-
tion». Traduction: même l'ASN a quelques
doutes. Là encore, c'est un élément important
pour la sécurité.

Si on résume l'affaire, l'ASN s'est surtout
penchée sur les piscines du réacteur, et
ça craint déjà avant le premier début de fonc-
tionnement. Or les piscines dans une centrale
nucléaire, ce n'est pas un élément de confort...

CONDI TIONS DE TRA V AIL

Sur le chantier de l'EPR de Flamanville,
l'ASN pointe des situations de travail très
difficiles pour les travailleurs, ce qu'on savait
déjà par ailleurs. Elle pointe notamment la fi-
nition-ponçage dans des gaines de ventilation
en béton (ça aussi, c'est un peu important, ça
doit évacuer la chaleur mais ne pas être poreux
à la radioactivité) et l'explique par le fait
qu'elles n'ont pas été anticipées à la concep-
tion. Elle a réclamé la mise en place d'une po-
litique de prévention des risques profession-
nels plus efficace. Elle demande également
qu'EDF «assure avec plus de rigueur ses obligations
de maître d'ouvrage en matière de lutte contre le tra-
vail illégal, notamment dans le cadre de la PSI
[prestation de services intérimaires] particuliè-
rement fréquente sur le site». Pour que même
l'ASN s'émeuve de l'interim et du travail au
noir... Il faut dire que la sécurité nucléaire est
censée reposée sur une transparence (pour les
autorités, pour le public, c'est secret-défense)
de toutes les opérations. Du travail au noir, ça
fait tâche dans les normes de sécurité, ça si-
gnifie que le maître d'oeuvre ne contrôle pas
grand chose.

En ce qui concerne l'ensemble des cen-
trales nucléaires, l'ANS indique : «Les com-
missions interentreprise sur la sécurité et les
conditionss de travail (CIESCT) sont dans l'ensemble
jugées peu efficaces pour traiter des conditions de
travail des salariés des sous-traitants sur les sites.
A ce titre, certaines situations ont conduit à des
conflits sociaux sur sites émanant de salariés d'en-
treprises sous-traitantes.» Si même une institu-
tion d'Etat juge inefficace les institutions
sociales... D'autant que «Lors des arrêts de réac-
teurs, l'organisation du travail mise en place pour
respecter les délais impartis conduit régulièrement
la plupart des sites à dépasser les maxima de durée
du travail et à ne pas respecter les temps de repos.
Si ces constats concernent un nombre restreint de
salariés, les dépassements peuvent être très impor-
tants.». Au point que l'ASN a dressé des PV. Pour
elle, la politique d'EDF «doit impérativement
considérer l'ensemble des personnels, y compris les
cadres, particulièrement exposés. L'ASN considère
que ces situations et les organisations du travail as-
sociées doivent encore évoluer, car elles peuvent être
préjudiciables à la santé et à la vigilance des tra-
vailleurs, et potentiellement à la sûreté des instal-
lations.»

A utrement dit, les conditions de travail
sont suffisamment effroyables pour in-
quiéter l'ASN et porter atteinte à la sûreté. Ce
qui est pointé c'est l'usage massif d'intérim et
de sociétés sous-traitantes, voire de sous-trai-
tance en cascade, et la division du travail, clas-
sique dans toute l'industrie, qui réserve aux
précaires les tâches les plus dangereuses le
tout pour un salaire de misère. Sauf qu'ici, ces
tâches renvoyées sur la «viande à rem» (c'était
l'expression traditionnelle à EDF pour désigner
les précaires travaillant en zone radioactive),
sont des tâches cruciales pour la sécurité des
centrales.


LE TRANSPORT DE SUBST ANCES RADIO-ACT IVES

Là, attention, risque de terrorisme ! Donc,
ce n'est pas exactement l'ASN qui s'en
charge, mais les Hauts Fonctionnaires de Dé-
fense et de Sécurité (qui relèvent du ministère
de la défense et du ministère de l'écologie).

D'après ce rapport, environ 900 000 colis
de substances radioactives, soit 600 000
transports, circulent en France annuellement.
Ca fait quand même beaucoup ! «L'industrie nu-
cléaire contribue pour environ 15 % du flux annuel
de transports de substances radioactives (environ
300 transports annuels pour les combustibles neufs,
250 pour les combustibles irradiés, une trentaine
pour les combustibles MOX et une soixantaine pour
la poudre d'oxyde de plutonium).» Le niveau de ra-
dioactivité de ces colis varie de quelques mil-
liers de becquerels pour des colis
pharmaceutiques de faible activité à des mil-
lions de milliards de becquerels pour des com-
bustibles irradiés. Leur masse va également de
quelques kilogrammes à une centaine de
tonnes. Toujours d'après ce rapport, le trans-
port par route représente environ 90 % des
transports de substances radioactives, celui par
rail 3 %, celui par mer 4 %. L'avion est très uti-
lisé pour les colis urgents de petite taille sur de
longues distances, par exemple les produits ra-
diopharmaceutiques à courte durée de vie. Il y
a donc plus de 500.000 camions par an qui
sillonnent les routes avec des chargements ra-
dioactifs.... On aimerait savoir qui est prévenu,
quelle est la formation des chauffeurs, ce qu'il
en est de l'information et de la formation des
pompiers et des secours, etc.

L'ASN liste les risques majeurs des: trans-
ports de substances radioactives
- le risque d'irradiation externe de personnes
dans le cas de la détérioration de la «protec-
tion biologique des colis», matériau technique
qui permet de réduire le rayonnement au
contact du colis
- le risque d'inhalation ou d'ingestion de par-
ticules radioactives ;
- la contamination de l'environnement ;
- le démarrage d'une réaction nucléaire en
chaîne non contrôlée (autrement dit, une pe-
tite bombe) pouvant occasionner une irradia-
tion grave des personnes. Ceci peut se produire
en particulier dans le cas de la présence d'eau
et de la non-maîtrise de la sûreté de sub-
stances radioactives fissiles.

«Les substances radioactives peuvent par ailleurs
être également toxiques et corrosives. C'est le cas,
par exemple, pour les transports d'uranium naturel,
faiblement radioactif et dont le risque prépondérant
pour l'homme est le risque chimique en cas d'inges-
tion. De même, l'UF6, utilisé dans le cadre de la fa-
brication des combustibles pour les centrales
électronucléaires, peut conduire en cas de relâche-
ment et de contact avec de l'eau à la formation
d'acide fluorhydrique, qui est un puissant agent cor-
rosif et décalcifiant.» Il faut rajouter que tous ces
combustibles ne cessent de sillonner la France.
Il faut savoir par exemple que l'uranium arrive
globalement à La Hague (Normandie) pour être
acheminé à l'usine Comurhex de Malvesi près
de Narbonne pour y être transformé en hexa-
fluorure, de là il est envoyé à Tricastin dans le
département maudit de la Drome : le combus-
tible en fonction de ses étapes peut naviguer
entre Cadarache, Pierrelatte, Romans, St-Paul-
3-châteaux, faire un petit tour en Isère et dans
le Gard. Ensuite, bien sûr, le combustible est ex-
pédié vers les centrales nucléaires qui couvrent
l'essentiel du territoire français. Le transport
de matières nucléaires est donc intense et ne
concerne certainement pas que les déchets,
sur lesquels les réformistes aimeraient bien fo-
caliser notre attention. Certes, les
transports de déchets, ça fait parti-
culièrement sale, mais les trans-
ports de matières neuves peuvent
être tout aussi dangereux.

On estime à environ 11000 le
nombre annuel de transports
nécessaires au seul cycle du com-
bustible, pour 141 000 colis, dont 200
transports seulement pour envoyer
les combustibles irradiés des cen-
trales électronucléaires exploitées
par EDF vers l'usine de retraitement
de La Hague, exploitée par AREVA.
Un millier de transports en prove-
nance ou à destination de l'étranger
transitent par la France, pour envi-
ron 50 000 colis transportés. Il y a
quand même une soixantaine de transports de
plutonium sous forme d'oxyde entre l'usine de
retraitement de La Hague et l'usine de produc-
tion de combustible de MELOX, située dans le
Gard. Il y a aussi des transports de marchan-
dises dangereuses à l'intérieur des sites nu-
cléaires, sur leurs voies privées, dites
«opérations de transport interne». Ils ne sont
pas soumis à la réglementation relative aux
transports de marchandises dangereuses, qui
ne s'applique que sur la voie publique. C'est
pourquoi le 1er juillet 2013 est entré en vigueur
l'arrêté dit «INB», publié le 7 février 2012, de-
mandant à ce que les opérations de transport
interne soient intégrées au référentiel de sû-
reté des installations nucléaires de base. Il était
temps!!

Valognes et les actions contre les trans-
ports ne sont pas passées inaperçues:
«À l'occasion de plusieurs transports internationaux
organisés au cours de l'année 2011, un intérêt gran-
dissant du public et des médias pour les transports
de substances radioactives a été constaté.» L'ASN a
par conséquent fixé comme priorité de «déve-
lopper l'information mise à disposition du public
dans le domaine du contrôle de la sûreté des trans-
ports de substances radioactives.» L'ASN veillera
par ailleurs à ce que les exigences relevant de
l'article L.125-10 indiquant que le responsable
du transport doit communiquer les informa-
tions qu'un citoyen lui demande soient égale-
ment bien appliquées pour le secteur du
transport de substances radioactives. Dont
acte! Et n'hésitez pas à les emmerder. Il y a for-
cément des matières radioactives transportées
près de chez vous.... Autant vous citer directe-
ment l'ASN, ce sera plus pratique. «L'ordonnance
n° 2012-6 du 5 janvier 2012 étend les obligations
d'information du public aux responsables d'activité
nucléaire. C'est l'article L. 125-10 du code de l'envi-
ronnement qui fixe le seuil à partir duquel le res-
ponsable du transport doit communiquer les
informations qu'un citoyen lui demande, par reclas-
sement des dispositions du décret n° 2011-1844 du
9 décembre 2011. Les seuils sont définis comme
étant ceux «au-dessus desquels, en application des
conventions et règlements internationaux régissant
le transport des marchandises dangereuses, du code
des transports et des textes pris pour leur applica-
tion, le transport de substances radioactives est sou-
mis à la délivrance par l'Autorité de sûreté nucléaire
ou par une Autorité étrangère compétente dans le
domaine du transport de substances radioactives
d'un agrément du modèle de colis de transport ou
d'une approbation d'expédition, y compris sous ar-
rangement spécial». Tout citoyen peut donc désor-
mais solliciter des informations auprès des
responsables de transport sur les risques présentés
par les transports visés par le décret.»

En ce qui concerne les transports, l'ASN
fait surtout des contrôles administratifs.
Les procédures sont fréquemment non respec-
tées. Elles sont mal connues des «acteurs du
transport dans le domaine du nucléaire de
proximité». Traduction la plus probable : les
chauffeurs livreurs de petits colis nucléaires
n'ont pas conscience d'un transport particulier
et des précautions à prendre, ils ne sont pas
formés sur le sujet, notamment dans le do-
maine médical «pour les retours d'emballages de
radioéléments après utilisation et les expéditions de
sources pour maintenance». Et ça ne va pas
s'améliorer : l'ASN a par ailleurs constaté que
«de plus en plus d'Installations Nucléaires de Base
font appel à des prestataires pour la préparation et
l'expédition des colis de substances radioactives».

Ily a évidemment pas mal d'incidents dans
les transports, dont un niveau 2 (2) en 2012:
la perte d'un colis contenant du fluor radioac-
tif à usage médical. En fait, les règles de décla-
ration d'incident ont été modifiées, et c'est ce
qui explique la baisse des incidents déclarés...
Les chocs mineurs et sans impact doivent dé-
sormais être uniquement tracés mais n'ont
plus à être déclarés à l'ASN. Plus de la moitié
des événements sont déclarés par les indus-
triels du cycle du nucléaire (EDF et AREVA no-
tamment). Environ 17 % des événements
concernent les produits pharmaceutiques ra-
dioactifs expédiés par Cis bio international. Les
transports routiers représentent la majorité
des événements déclarés.

La liste d'incidents présentée par l'ASN fait
froid dans le dos. D'après elle, les événe-
ments ayant fait l'objet d'une déclaration en
2012 concernent principalement:

- plusieurs erreurs de classification des colis
(par exemple transport en colis industriel au
lieu de type A) ; ce sont donc des colis radioac-
tifs qui circulent comme des colis normaux,
sans signalement ni précaution.

- des pertes de colis médicaux lors des tran-
sits en aéroport ;

- des arrimages insuffisants ou défaillants sur
des colis de matériel transportés pour le
compte d'EDF ; bonjour le risque !

- des chutes ou chocs lors de la manutention
de colis médicaux en aéroport ;

- des dépassements des limites de contamina-
tion et d'intensité de rayonnement (d'après
l'ASN, n'ayant pas impliqué l'exposition ni la
contamination de personnes) ; ça signifie en
clair qu'il y a des travailleurs des transports
voire de simples passants qui ont été victimes
sans le savoir de rayonnements ionisants
- des non-conformités aux exigences régle-
mentaires prévues par les arrêtés applicables
(par exemple l'arrêté TMD pour le transport
terrestre) ;

- la présence de vis desserrées sur les capots
d'emballages de combustibles irradiés. Là en-
core, bonjour le risque!

Certes, le rapport de l'ASN est par défini-
tion très prudent.Rappelons que cette
instance n'est pas réellement indépendante.
Elle est dirigée par des commissaires nommés
par l'Etat (président de la république et assem-
blée nationale). Une partie de ses agents sont
mis à disposition par le CEA et l'ANDRA. Sur-
tout, les spécialistes de physique nucléaire,
dont a besoin l'ASN, sont forcément liés ali-
mentairement au lobby nucléaire. Il n'empêche
que la lecture de son rapport annuel est tou-
jours édifiante, à condition de le retraduire,
comme nous l'avons fait ici. Si on résume,
l'ASN autorise la prolongation des vies des cen-
trales mais préconise des travaux très impor-
tants (article précédent), elle a de gros doutes
sur la qualité des piscines de l'EPR.

Les conditions de travail dans le nucléaire,
présentées ce rapport, dansainsi que les
renseignements sur les transports de matières
radioactives ont de quoi effrayer.


1) Décret n°
2007-534 du 10
avril 2007

(2) Incident sans
conséquence hors
site, avec «Contami-
nation importante ou
surexposition d'un
travailleur.» et «as-
sorti de défaillance
importante des dispo-
sitions de sûreté.»

Camille et Sylvie
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