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(fr) Espagne: vers la grève générale? Non à la répression des étud iants!

Date Thu, 1 Mar 2012 15:13:31 +0100


La tension ne fait que monter en Espagne. Le gouvernement de droite, non content de
l'annonce de nouvelles coupes sociales et d'une réforme du travail qui précarise
davantage des conditions de travail déjà bien dégradées, s'attaque à présent aux
lycéens par la voie d'une répression féroce.
Tout laisse à penser qu'au lieu de chercher une solution à la crise, le gouvernement
s'en sert plutôt comme argument pour justifier la suppression progressive, presque
imperceptible, de l'état de droit. La stratégie de la peur est bien programmée pour
contenir les débordements : on généralise tout d'abord l'idée que le pire est à
venir en faisant croire que le chômage est devenu une fatalité structurelle, ce qui
explique par la suite toute sorte d'exactions. À savoir : pour travailler, il faudra
dorénavant accepter tout et n'importe quoi - et de faire croire que la revendication
d'un travail digne est devenue anachronique voire indécente par les temps qui
courent !

Ensuite, tout un appareil de répression policière à été efficacement conçu pour
décourager toute tentative de résistance, au cas où il y aurait, malgré tout, des
malheureux qui auraient la volonté de d'organiser et de continuer de lutter contre
le système. Or des actions, des rassemblements, des manifestations, spontanés ou
non, ont lieu tous les jours dans toutes les villes et il n'est pas rare de voir,
même dans les toutes petites municipalités, des banderoles contre les coupes
sociales pendre de n'importe quel bâtiment public.

C'est ainsi que Valence est devenue, ces derniers jours, la ville que la droite à
choisie pour mettre en place une stratégie de répression systématique. En effet,
cela fait des mois que les lycéens, entre autres, manifestent contre les coupes
sociales - en éducation, en l'occurrence. Mercredi 15 février, les forces de l'ordre
ont frappé avec une violence inouïe. La réponse a été immédiate : les parents et les
étudiants, outre les militants des mouvements sociaux, ont rapidement rejoint les
lycéens. La répression policière a redoublé, avec une violence insolite : une
cinquantaine de mineurs détenus, des centaines de blessés -dont des personnes qui
passaient là, par hasard.

Depuis, les actions se poursuivent tous les jours : les manifestations sont massives
et toute la population y participe. L'indignation est flagrante dans une des régions
les plus touchées par la crise : les politiciens, disent les Valenciens, nous volent
d'abord puis nous frappent ensuite. On exige la démission de la déléguée du
gouvernement, forte du soutien qu'elle reçoit de la maire de la ville, qui nie la
violence de la police et qui accuse 'ces quelques radicaux de gauche qui ne font que
créer des problèmes' et du chef de la police de Valence, qui a qualifié les
manifestants comme 'l'ennemi à abattre'.

La police à été renforcée avec de nouveaux équipements plus performants, et les
politiciens justifient, s'ils ne la nient pas, une violence qui rappelle les
dernières décennies de la dictature franquiste. La droite ne fait que montrer enfin
son vrai visage : celui du fascisme. En à peine deux mois de gouvernement, le parti
de Mariano Rajoy a non seulement réussi à bafouer des droits sociaux fondamentaux ;
il a aussi réussi à instaurer un climat de peur digne d'un régime autoritaire.

À présent, la population en Espagne tente de dénoncer, par tous les moyens, l'actuel
état de choses. Les étudiants, qui préparent une journée de grève le 29 février,
invitent les travailleurs à les rejoindre dans ce qui serait une première journée de
grève générale. Tandis que les syndicats majoritaires essaient de calmer le jeu en
annonçant de futures négociations avec le gouvernement, les Espagnols, las et
indignés, s'organisent en assemblées générales, tous les jours, dans toutes les
villes, pour préparer ce qui pourrait devenir une large contestation sociale.

Secrétariat International de la CNT-F
mardi 28 février 2012.

http://www.cnt-f.org
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