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(fr) Le patronat , premier bénéficiaire de la crise?

Date Thu, 1 Mar 2012 15:12:36 +0100


Les responsables et les profiteurs de la crise ne sont pas seulement les banquiers
qui ont bâti des fortunes sur des bidouillages financiers, mais tous les
capitalistes. Représentés par cette fameuse Troïka ultralibérale, ils tâchent
d'imposer la «compétitivité» et l'austérité sous l'argument massue de la dette. En
réalité ils ne font que profiter d'une certaine conjoncture pour durcir à leur
profit le rapport de force.

Refuser de se soumettre aux marchés, refuser de payer la dette

A l'UMP comme au PS, les élites politiques pensent que couper le robinet de la
dette, c'est sabrer les dépenses sociales, retarder le départ à la retraite et
saigner à blanc tous les salarié-e-s pour «rassurer» les prêteurs et les
créanciers... et avec eux l'ensemble du patronat ! Car c'est bien pour épargner les
patrons, et surtout les plus grands, que tous les états d'europe s'infligent des
cures d'austérité qui se matérialisent en une libéralisation du travail à grande
échelle. Or, outre les banquiers, c'est aussi à eux que nous devions l'explosion de
la dette, puisque les etats ont fait le choix d'augmenter cette dernière plutôt que
d'augmenter les impôts des plus riches (capital) et les cotisations des sociétés.
Cette dette n'est pas la notre et nous refusons de la payer littéralement de nos
vies.


Résister au projet des capitalistes

Il va donc falloir s'armer contre l'offensive de la classe capitaliste. Les mesures
qui pleuvent sur les salarié-e-s de toute l'europe sous prétexte de compétitivité
doivent être refusées, car elles servent la logique de pompage et d'usage de toute
la richesse par une minorité. La tVA antisociale n'est qu'une exonération de plus
pour les patrons, dispensés de financer la branche «familles» de la Sécurité
Sociale. Les «accords de compétitivité» quant à eux, prévoient de négocier par des
baisses de salaires le maintien de l'emploi dans une entreprise donnée, savonnant la
pente du chantage à l'emploi, grâce à l'épouvantail de la concurrence mondialisée de
la main d'oeuvre. Mais depuis l'expérience de Continental en 2009, on sait ce que
vaut ce type de pari avec les patrons. Les mesures de flexibilité s'étendent à toute
l'europe, avec leur lot de contrats défavorables, d'horaires irréguliers, et de
diminution de la responsabilité des entreprises en matière de santé et de sécurité.

Mais les énormes manifestations qui se dressent contre elles montrent que les
populations sont de plus en plus conscientes de l'inégalité foncière du système.
Nous n'encaisserons pas les coups sans contre-attaquer. il va falloir multiplier les
résistances dans nos lieux de travail comme dans nos lieux de vie. Contre les
licenciements, la flexibilisation de l'emploi et sa précarisation, et par suite
contre l'ensemble du système capitaliste, nous devons entrer en lutte. Car même un
capitalisme «moralisé», parce qu'il repose sur le profit et l'exploitation,
cherchera toujours à faire pencher le compromis social en sa faveur, et aucune taxe
sur les produits financiers, aucun nationalisme économique n'empêchera les
capitalistes de préférer le profit à tout autre objectif.


Changer de système et changer la société

Les politiciens et leur austérité n'ont qu'un seul projet : réformer le système afin
de le maintenir en place. Mais contre la dictature patronale, nous revendiquons une
économie sociale, directement contrôlée et organisée par la population et les
travailleurs-ses. Plutôt que de surproduire pour dégager des marges, plutôt que
d'exploiter la main d'oeuvre à bas coûts pour inonder les sociétés riches de
produits les plus divers, une économie tournée vers la satisfaction des besoins. Le
capitalisme n'est pas une fatalité et nous pouvons nous en débarrasser si nous
commençons dès aujourd'hui à construire une alternative et à inventer une société
réellement démocratique, bâtie sur la solidarité et débarrassée des oppressions.


Alternative Libertaire

http://www.alternativelibertaire.org
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