A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Trk�_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Trk�
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) A cause d'une serpilliere et d'un peu d'alcool a brule...

Date Sun, 31 May 2009 18:45:36 +0200 (CEST)



Le 22 juin, les trois tourangeaux arrêtés lors du contre sommet de l'OTAN à
Strasbourg, sont de nouveau convoqués devant le tribunal alsacien. Cela ne sera que
la troisième fois, pour cette même affaire, qu'ils comparaîtront devant la justice.
De là à penser acharnement, il n'y a qu'un pas ! Ils ont été relaxés le 5 mai, pour
vice de procédure. Le tribunal à été obligé de reconnaître que ni les flics, ni les
greffiers ne savaient correctement recopier le simple numéro d'un article de loi.
Le procureur a donc annoncé par voie de presse son intention de les rejuger sur le
fond. Sa volonté est de les embastiller. Ils risquent jusqu'à un an de prison
ferme, comme l'a déjà requis le porte parole de Dati/Sarkozy.

Mais que font-ils pour mériter tant de zèle de la part de la voix du maître ? S'ils
sont convoqués devant la cour, ce n'est pas simplement pour un procès d'intention,
où pour avoir acheter de l'alcool à bruler, des lunettes de protection, et une
SERPILLÈRE, mais bel et bien pour briser leur volonté à s'émanciper du contrôle
social toujours plus intense, à construire de nouveaux rapports entre individus,
basés sur des solidarités actives, l'entraide et l'égalité sociale. Ce qui est
directement mis en cause, c'est leur mode de vie, leurs désirs d'échapper aux
formes astreignantes du productivisme, du salariat et à son cortège de misère, dans
lequel nous nous sentons tous de plus en plus enfermés.

Le parti de l'ordre, dans l'incapacité de pourvoir à nos besoins et aspirations,
tente de limiter, voir d'écraser nos volontés individuelles et collectives.
Toutefois l'État en tant qu'architecture froide et sécuritaire, fait face à
l'éventualité d'une crise majeure; celle de la forme actuelle de son outil de
contrôle social en passe d'être rendu obsolète par le délabrement de l'économie
capitaliste et de l'idéal de vie « petit bourgeois » devenu inaccessible et peu
enviable. Le recours aux traditionnelles techniques d'enfermement disciplinaire,
à la mise en compétition des individus par le biais du jeu concurrentiel de leurs
ambitions, offre une marge de man½uvre de plus en plus limitée. Prisons
surchargées, émeutes régulières, discrédit de l'entreprise et de son modèle
managerial.

Le véritable risque pour les gouvernants, est que cette crise matérielle s'étende
et déborde en une crise institutionnelle et sociale. Les politiques de
gestion de la misère (dites politiques sociales...) rencontrent de plus en plus de
difficultés à rester crédibles et ce n'est certainement pas « l'armée » des
travailleurs sociaux qui y changera quelque chose. Pour l'instant, les organes «
représentatifs », tels que les syndicats ou partis, assurent leur fonction
d'instrument de la machine « Contrôle », en régulant l'expression politique des
frustrations par des manifs spectacles, assurant ainsi la reproduction du
présent. Combien de temps tiendront-ils ? Quant serons nous capables d'initier des
ruptures à la hauteur de nos utopies ? Si ces organismes n'arrivent plus à remplir
leurs rôles, l'État en sera d'autant plus policier, et certainement même assisté
par l'armée. « Le risque inhérent à une telle orientation est que cette société
purement fonctionnelle se convertisse à une sorte de totalitarisme de
l'efficace » (G. Sainati, U. Schalchli, La décadence sécuritaire La Fabrique 2007)
conduisant à l'instauration progressive d'un nouveau régime de domination et de
fascisme.

La construction fantasmagorique d'un « ennemi intérieur », comme action
psychologique et stratégie politique permet de justifier la nécessité des
mesures prises, l'ingérence sans cesse croissante des autorités dans nos vies et
la permanence d'une législation anti-terroriste, dite exceptionnelle. La recherche
de peine de « substitution » et le recours au collier électronique,
participe tout autant à ce processus de transformation de nos sociétés de contrôle
et de maintien de l'ordre. Rien que pour l'année 2008, l'État a procédé
à plus de 600 000 garde à vue. Combien de perquisition? De personnes misent sous
écoute, sous surveillance. La répression a pour but de marginaliser et d'éradiquer
toutes organisations informelles et surtout de PRÉVENIR tous désirs
ingouvernables, en imposant le respect du monopole et de l'omniprésence du pouvoir
dans toutes les sphères de notre existence.

Les enjeux des logiques contre-insurrectionnelles actuelles sont le contrôle de la
population (de leur déplacement, de leur velléité, ...) et le maintien des cloisons
entre les différentes colères et luttes. Les gouvernants agissent en médecins,
prodiguant tantôt le médicament police, tantôt le vaccin justice. Dans
cette perspective endémique, la « nation » est un corps dont il faut localiser et
prémunir de tous les foyers infectieux que nous sommes. Ainsi, ce « corps »
resterait « sain » si aucune contestation de l'ordre économique, politique et
sociale n'avait la possibilité de voir le jour. L'un des antivirus qu'est
l'enfermement, avec ses possibilités limitées, ne peut être qu'un mode de gestion
de crise et de gouvernance à court terme, (du moins nous l'espérons).
Celui-ci sclérose « l'imaginaire » des décideurs dans les limites du capitalisme,
n'ayant pas d'autres univers à proposer, elle les conduit à nous enfermer toujours
plus nombreux et enragés, à l'intérieur des murs carcéraux.

Mais au final n'est-ce pas en leur sein, dans l'½il du cyclone que pourront enfin
se briser les barrières sociales. La rencontre tant attendue de différents
milieux sociaux qui, à terme, pourront se radicaliser et laisser libre court à
leurs volontés d'émancipation. Nous l'avons notamment vu à Strasbourg, suite aux
affrontements et à la convergence festive qui a eu lieu dans le quartier du
Neuhoff. Les liens créés au dehors ont pu se développer à l'intérieur.

Tours, le 30/05/09
Serpillières Offensives en Lutte

_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr


A-Infos Information Center