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(fr) Manifestation contre le fichage et la repression - Lausanne 9 juin 2009
Date
Thu, 28 May 2009 16:58:55 +0200 (CEST)
Mardi 9 juin, 17 h 30, à la place de la Palud, Lausanne. Venez toutes et tous
masquéEs à votre fantaisie! De plus en plus souvent, de plus en plus durement, nous
sommes fichéEs, contrôléEs, harceléEs, amendéEs.
Ce 1er mai 2009 à Lausanne, il n'y avait aucun des prétextes habituels aux
interventions policières. Pourtant, un tronçon de la manifestation a été razzié,
réduit avec toute la puissance de l'appareil policier et fiché. Parmi les personnes
arrêtées le 1er mai, il y avait deux enfants. Les personnes qui ont protesté contre
cette action ont également été largement filmées et photographiées.
Nous ne nous laisserons pas faire. Nous ne laisserons pas liquider un à un les
droits fondamentaux conquis dans la lutte. Nous ne laisserons pas censurer, diviser
et briser notre résistance contre ce système. Nous refusons de devenir les
policiers-ères les unEs des autres pour satisfaire les exigences du pouvoir.
Nous nous opposons à tout fichage politique.
Nous exigeons:
1. que soient détruits tous les éléments de fichage accumulés par la police le 1er
mai,
2. que soient précisés les démarches et le cadre légal du fichage politique contre
les personnes et les collectifs qui luttent dans cette ville et ce canton,
3. que le préposé cantonal à la surveillance et la protection des données soit
mandaté pour faire une enquête précise sur l'ensemble de l'action répressive du 1er
mai, vu la présence de la police cantonale à cette occasion.,
4. que toutes les fiches soient communiquées aux personnes concernées et détruites,
5. que les droits démocratiques fondamentaux soient reconnus et que le pouvoir
s'engage publiquement à les respecter et en particulier que le droit de
manifestation soit garanti.
L'intervention des forces de l'ordre, en ce 1er mai 2009, relève de la
responsabilité de la Municipalité de Lausanne. Le pouvoir soutient qu'il s'agissait
d'une intervention «préventive». La vérité c'est que les personnes arrêtées l'ont
été pour ce qu'elles disaient et pensaient, pour la manière dont elles étaient
habillées, pour leur aspect, sans doute pour leur culture et leurs opinions. Une
logique de police politique est revendiquée par cette même Municipalité qui limite
les droits syndicaux de ses employés-es et exerce une pression systématique contre
leur liberté d'expression. C'est aussi cette Municipalité qui met sur pied une
unité de fichage contre les usagerEs du RI - de son propre aveu «une des plus dures
de Suisse» - sous prétexte de lutter contre des fraudes et des abus qui relèvent
bien plus souvent de la disqualification des pauvres que de la réalité des faits.
Ne nous faisons aucune illusion. Ce qui s'est passé le 1er mai 2009 à Lausanne
n'est pas une bavure. C'est une action commandée par le pouvoir politique. Elle
relève d'une stratégie d'ensemble. On a arrêté des manifestantEs jeunes, dont sept
mineurEs. La police a fiché de tous les âges, de convictions diverses mais
solidaires de la liberté de s'exprimer, de s'organiser et de manifester et du droit
de lutter.
Dans ce pays, on ne condamne pas que tel groupe de manifestantEs décrit par le
pouvoir comme potentiellement «casseurs ou dangereux». On condamne les gens qui
sont sur les piquets de grève. On met en procès les gens qui distribuent des tracts
aux portes des entreprises, sur le domaine soi-disant privé des capitalistes. On
sanctionne des gens qui occupent des maisons et des espaces pour pouvoir vivre. Les
patrons licencient les gens qui organisent les syndicats dans les entreprises
tandis que l'Etat défend les lois injustes qui leur permettent de le faire. On
punit ou on menace celles et ceux qui construisent des maisons de paille ou qui
entretiennent des jardins autogérés. Tout ce qui n'est pas accepté par le pouvoir,
tout ce qui exprime une résistance ou une alternative est suspect, surveillé et
réprimé.
L'Etat construit pas à pas une guerre sociale contre toutes les résistances qui
contestent le fonctionnement et les objectifs de ce système. La répression du 1er
mai à Lausanne est un signe pour toutes celles et tous ceux qui sont partie
prenante des résistances populaires.
Des milliers de femmes et d'hommes se sont engagéEs pour que nous puissions
manifester librement le 1er mai, journée internationale de luttes et de
revendications du monde du travail. En attaquant cette manifestation, le pouvoir
nous envoie un message clair: toutes les luttes sociales sont dans son collimateur.
Les lois, le droit et l'Etat sont très souvent injustes et inégalitaires. On ne
traite pas de la même manière celles et ceux qui ont l'argent et la puissance face
à celles et ceux d'en bas. Pour celles et ceux d'en bas, la suspicion, le contrôle,
la surveillance, la répression. Pour celles et ceux d'en haut, la tolérance, et un
système qui fonctionne tout entier à leur profit. Quand donc sont sanctionnéEs les
patronNEs qui violent les conventions collectives, ceux et celles qui imposent des
conditions de travail porteuses d'accidents, de mutilation et de mort? Ceux et
celles qui paient des salaires de misère? Ceux et celles qui licencient les
salariéEs qui contestent et qui s'organisent?
Le même Etat qui donne 68 milliards de garantie à l'UBS, refuse d'instituer des
garanties légales contre le licenciement des déléguéEs syndicaux- ales. Le pouvoir
qui verse des misères d'aide sociale et ne fait rien contre les patronNEs qui font
les «working poors». L'Etat accuse systématiquement d'abus celles et ceux qui
«bénéficient» de l'aide sociale ou des prestations des assurances. Aux usagers-ères
du Revenu d'insertion (RI), la surveillance et les contrôles. Aux entreprises à bas
salaire, le silence et le consentement.
Dans sa besogne répressive l'Etat n'agit pas seul. Et si des camarades qui
soutiennent simplement une action de migrantEs sont inculpés d'organisation de
manifestation non autorisée, ce sont des polices politiques privées au service de
grandes entreprises capitalistes et d'organisation qui fliquent les mouvements
comme ATTAC et le Groupe anti-répression.
Il y a la répression de plus en plus ouverte contre celles et ceux qui résistent.
Mais il y a bien davantage un travail permanent du pouvoir pour imposer la
soumission et le silence aux classes populaires. Le projet de loi contre les
cagoules qui va jusqu'à sanctionner la complicité pour se masquer ne relève pas
seulement du délire sécuritaire de ce système. Il veut nous intimider toutes et
tous et forcer chacunE à porter le masque de la soumission.
Collectif "casseurs/casseuses de pré-jugé"
Tiré de :
http://www.rebellion.ch/index.php?option=com_content&task=view&id=164&Itemid=1
Télécharger le PDF de ce communiqué :
http://www.rebellion.ch/images/tract_appel.pdf
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