A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists
**
News in all languages
Last 40 posts (Homepage)
Last two
weeks' posts
The last 100 posts, according
to language
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Trk�_
The.Supplement
The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Français_
Italiano_
Polski_
Português_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Trk�
First few lines of all posts of last 24 hours ||
of past 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009
Syndication Of A-Infos - including
RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}
(fr) Bornes automatiques, puces Rfid, livres numeriques... Bienvenue dans la bibliotheque du XXIe siecle
Date
Tue, 31 Mar 2009 19:50:05 +0200 (CEST)
Plus rapide ? Plus pratique ? Moins contraignant L'AUTOMATISATION DU PRÊT franchit
une nouvelle étape avec l'instauration de bornes de prêt automatique, à Picpus et
ailleurs. Grâce à ces bornes, finies les files d'attente (encore que?), finies les
erreurs humaines (mais vive les bugs !) et finie l'obligation d'être aimable avec
celles et ceux qui nous rendent service. Mais terminée aussi la chaleur du contact
humain, envolés les conseils sympas des bibliothécaires qui nous renseignent sur
nos emprunts, et très bientôt? terminé aussi avec les bibliothécaires, avant que la
bibliothèque elle aussi ne ferme ses portes pour rouvrir sur googlebooks.fr ou
toute autre plate-forme dont on ne cesse de vanter l'exhaustivité et l'efficacité
(sans même parler de sa juteuse rentabilité !).
LE MONDE QU'ON NE CESSE DE VOULOIR NOUS VENDRE, censé être plus pratique et plus
rapide, obéit en réalité à une double volonté : créer de nouveaux marchés (comme
lorsqu'une entreprise privée est payée par les pouvoirs publics pour installer du
matériel électronique) et réduire la masse salariale (un vigile prendra la place de
dix bibliothécaires avec des bornes de prêt efficaces). Et si pour chaque salarié-e
remplacé-e par des machines, la pilule est déjà difficile à avaler, des pans
entiers de personnels seront finalement dépossédés des savoir-faire qui les rendait
utiles et compétents. Non seulement la machine ne vous fera jamais de sourire, mais
c'est ainsi que chaque métier d'aujourd'hui en vient à devenir purement mécanique
et répétitif, jusqu'à être vidé de son sens initial : les magasiniers ne sont
désormais plus considérés que comme des manutentionnaires au service des machines
gestionnaires des livres, et leur connaissance du fonds se perd, tout comme
l'ancien savoir-faire des artisans a disparu avec les immenses chaînes de
production des usines, véritables bagnes industriels modernes. Plus l'on intègre
les savoir-faire professionnels dans des machines, plus les salarié-e-s deviennent
remplaçables, c'est-à-dire délocalisables, jetables et donc corvéables à merci.
ENFIN, LA LOGIQUE DE LA NUMÉRISATION a besoin de chevaux de Troie (telles les
bornes de cette bibliothèque ou les puces RFID servant à tracer chaque livre), pour
s'insinuer au c?ur de la chaîne du livre : les magnats de l'édition électronique
(qui sont parfois aussi marchands d'armes) rêvent de profits colossaux grâce à la
numérisation intégrale des fonds papier, sans se soucier des éditeurs et libraires,
mais aussi correcteurs, imprimeurs, diffuseurs, etc. qu'ils fragiliseront puis
démantèleront sans coup férir. Le livre électronique, que les industriels tentent
de nous imposer depuis plusieurs années (pour l'instant sans réel succès), vise à
transformer le monde de l'écrit en société du zapping numérique généralisé. Il
suffit de se rendre au salon du livre pour y voir ces commerciaux en costard vendre
leurs e-book comme s'ils étaient au salon de l'auto, tout en faisant croire que les
profiteurs sont les éditeurs.
Pourtant, une partie de ces derniers reste encore vaille que vaille passionnée,
attachée à l'objet livre en tant qu'il est créateur de lieux d'échanges et
d'espaces collectifs, au premier rang desquels figurent les librairies et les
bibliothèques - ces dernières étant fréquentées par une personne sur deux en France
en 2006. Ainsi, à l'inverse de la démagogie populiste faisant d'Internet le
contrepoint populaire des librairies et bibliothèques élitistes, nous pensons que
le livre est au c?ur des possibilités d'émancipation collective et d'élévation
culturelle : les bibliothèques, véritables lieux de mixité où se croisent des
hommes et des femmes de tous âges, de toutes classes et de tous horizons, sont un
des derniers outils de diffusion et de réappropriation collective des savoirs, là
ou le numérique ne fournit que des contenus vidés de leur sens à des individus
isolés devant leurs écrans. « Élitaire pour toutes et tous » pourrait être notre
mot d'ordre, puisque nous persistons à préférer les savoirs, potentiellement
émancipateurs, aux contenus, bien souvent interchangeables voire abêtissants.
LE MYTHE LIBÉRAL DE L'ACCÈS AU SAVOIR égal pour toutes et tous, sur lequel surfe la
déferlante numérique, oblitère le fait que nul-le ne peut prétendre n'avoir pas
accès à suffisamment de livres (il suffit de se rendre dans la moindre bibliothèque
pour se convaincre qu'on n'aura jamais le temps d'en lire assez), alors que la
question de la connaissance pose en réalité celle de la transmission, c'est-à-dire
de l'éducation à l'écrit, revendiquée par tous les mouvements d'émancipation
antérieurs à Internet : le réseau nous apprend en fin de compte davantage à glisser
à la surface des idées qu'à les comprendre et à savoir s'en imprégner pour penser
par soi-même. Le Web et le futur livre numérique permettraient d'accéder à tout !?
Mais que lira-t-on alors ? Rien, ou plus probablement rien de ce qui s'appa- rente
aujourd'hui au livre, dans lequel on s'immerge longuement, patiemment et
tranquillement, en dehors de la société des flux incessants et tourbillonnants
d'e-mail, messages msn et autres textos qui nous happent à chaque instant dans leur
propre temporalité.
La télévision a contribué à détruire le lien social, et on nous fait croire que
l'informatique, en nous simplifiant la vie, va le recréer ? Quand on s'apercevra
que le numérique a encore appauvri les relations et échanges collectifs,
qu'inventera-t-on pour « recréer » à nouveau du lien social et poursuivre toujours
plus loin la spirale d'un monde en perpétuelle déshumanisation ?
Des lecteurs et lectrices, bibliothécaires, libraires, traducteurs et éditeurs
Livres de papier
c/o Offensive, 21ter
rue Voltaire 75011 Paris
livresdepapier(a)gmx.fr
texte au format PDF : http://offensive.samizdat.net/IMG/pdf/bib-0001.pdf
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr
A-Infos Information Center