A - I n f o s
a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **

News in all languages
Last 40 posts (Homepage) Last two weeks' posts

The last 100 posts, according to language
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Trk�_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Trk�
First few lines of all posts of last 24 hours || of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008

Syndication Of A-Infos - including RDF | How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups
{Info on A-Infos}

(fr) Attention ecole...

Date Fri, 5 Sep 2008 00:35:26 +0200 (CEST)



Au moment où le gouvernement impose une réduction de l'effectif enseignant, l'ennui
à l'école augmente viscéralement, la spontanéité et la subjectivité sont
continuellement refoulées par les méthodes scolaires, la
morale de compétition de plus en plus présente, la synergie entre élèves toujours
absente, la ségrégation sociale de moins en moins sous-jacente.

L'école, c'est le premier acte d'allégeance à l'Etat, le premier pas vers la
négociation de la vie, le premier accord passé entre l'individu et lemonde
marchand, la première phase d'acceptation du travail forcé, du devoir citoyen, du
spectacle, de la résignation, de la répression intellectuelle et physique. Dès le
plus jeune âge, l'enfant subit, lentement mais sûrement, les méthodes d'une
éducation misanthrope : réveil uniforme pendant les cinq jours de la semaine, huit
heures enfermé entre quatre murs, sonnerie pavlovienne toutes les heures.

Pendant ces huit heures, l'élève est muré, félicité, châtié, honoré, molesté, jugé,
méprisé, encensé, grondé, moralisé, manipulé, consolé, traité comme un objet
malléable et docile ; les cinq sens sont émoussés, placés sous la surveillance
autoritaire du professeur : Il doit fixer celui qui dispense le savoir purulent,
l'ouïe doit écouter seulement celui qui prodigue, la bouche ne doit s'ouvrir que
par l'assentiment de l'enseignant, la main ne doit s'agiter que pour attester de la
soumission faite au cuistre ; quant à l'odorat, il se contente de humer les vapeurs
nauséabondes de l'ennui.


La spontanéité et l'exubérance sont refoulées.

La curiosité qui anime l'enfant dès son plus jeune âge - ainsi que le lot de
questions qui va avec - est complètement annihilée, d'abord par la famille qui la
castre au moyen de réponses évasives ou de rebuffades puis ensuite par le poids du
travail scolaire qui se substitue à l'émerveillement.

Après cette émasculation de la singularité, le désir de connaître est tourmenté par
l'angoisse de la faute et la crainte des sanctions. Cette perte de l'émerveillement
conduit à la spirale de l'ennui, jamais trop éloigné du virage de l'échec. Ainsi,
nombreuses sont les personnes qui ont été dégoûtées et contraintes de laisser
l'étincelle de la réflexion, de la surabondance dans le bunker froid de
l'école.L'élève ayant su la garder se retrouve dans une ambiance putride, où le
savoir devient un capital que l'on fait fructifier selon non plus l'étonnement mais
l'ambition. A partir de là, ceux qui ont des dents longues s'accrochent à la
machine qui leur promet une ascension sociale fulgurante, tandis que les autres se
font balayer par elle. Les élèves en "échec" sont dégagés dans les filières
manuelles ou ils apprennent dès leur plus jeune âge à nourrir le patronat et à
conjuguer le verbe "profiter" à la 3ème personne du pluriel ; s'ils sont
insatisfaits de leurs conditions, ils n'avaient qu'à "travailler à l'école".

Voici le spectre de la réussite scolaire. L'expression "réussite scolaire" peut se
définir par son opposition : l'absence d'un "bon" diplôme est généralement
identifiée, par la conscience collective, à un mauvais salaire, ce qui entraînerait
une situation sociale indigente conduisant inexorablement à une vie "ratée". Ce
syllogisme sera en adéquation tant que l'école portera ce vecteur ségrégationniste
si nécessaire à l'ordre établi.

Tant que l'apprentissage se fera sous l'ombre de l'émulation négative, cette
émulation qui nous présente les autres élèves comme des adversaires potentiels, on
portera les germes pourris de l'individualisme ; aussi longtemps que les projets
collectifs seront manifestés comme des travaux contraignants et non-productifs pour
les élèves, on cueillera un champ de fleurs fanées. Tant qu'on oubliera que les
écoles primaires publiques ont été créées dans le but d'enrayer la propagation des
idées révolutionnaires au sein des classes laborieuses ; tant qu'on verra en Jules
Ferry un homme luttant pour la laïcité et non un homme raciste ayant adopté une
optique pro-coloniale, alors on pourra croire aveuglement à la sainte machine
scolaire et à la merveilleuse harmonie qu'elle engendre

CLM, lycéen à Auch

==========================
Paru dans Anarchosyndicalisme ! #107

Disponible en ligne ici :
http://www.cntaittoulouse.lautre.net/rubrique.php?id_rubrique=80

ou version papier sur simple demande à CNT AIT 7 rue St Rémésy 31000 TOULOUSE
===========================

?Nous préparons la société de demain avec des profs d?hier
dans des écoles d?avant-hier
et avec des méthodes du Moyen-Âge?


[ expediteur/expeditrice <contact(a)cnt-ait.info> ]


_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr


A-Infos Information Center