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(fr) L'occupation de l'Inspection academique delogee par la police - Dijon

Date Sun, 23 Nov 2008 22:40:05 +0100 (CET)



Suite à la manifestation unitaire, l'occupation de l'Inspection Académique racontée
par des reporters participatifs de brassicanigra.org

le 20 novembre avait lieu à Dijon comme dans de nombreuses autres villes une
manifestation unitaire de quelques 3000 personnes contre les réformes de
l'Education Nationale, les suppressions de postes, le service minimum, la mise en
place forcée du fichage "base-élève".. Ces dernières semaines, outre les luttes du
primaire et du secondaire, des mouvements sont repartis dans diverses facs dont
Dijon, contre la privatisation des universités, l'introduction de la sélection à
l'entrée, l'étranglement budgétaire des filières considérées comme « non-rentables
» ,ou les menaces de suppression des bourses. On trouvait donc dans la manif des
enseignant-e-s, aussi bien que des étudiant-e-s et lycéen-ne-s, notamment de
Charles de Gaulle.

A Dijon comme dans d'autres régions, la colère des enseignant-e-s du primaire avait
été attisée par une tentative d'amputer le droit aux réunions d'informations
syndicales. Ces journées étaient jusqu'à l'an dernier organisées le samedi dans la
plupart des écoles. Puisque l'école le samedi matin a été supprimée à la rentrée,
les différents syndicats ont décidé d'organiser ces quelques réunions au cours de
l'année les vendredi après-midi. En Côte d'Or comme ailleurs, l'Inspection
Académique, inscrite dans la logique actuelle de briser les outils de luttes et
d'organisation collective, a essayé d'empêcher leur tenue sur un temps de
scolarité. La première réunion d'information syndicale s'est néanmoins organisée le
10 octobre et a été suivie en Côte d'Or par environ 1000 enseignant-e-s sur 2800.
Mais cette semaine ces enseignant-e-s ont reçu une lettre leur demandant de
mentionner si ils/elles avaient été absent le 10 octobre et les menaçant ainsi
implicitement de leur retirer ce temps syndical sur leur salaire. Diverses
organisations syndicales dont le SNUipp-FSU avaient donc pris rendez-vous ce jeudi
à 17h avec l'Inspecteur d'Académie notamment pour protester contre ces menaces.

De ce fait, à la fin de la manif, plutôt que de s'arrêter tristement comme à
l'habitude devant la préfecture et de se désagréger petit à petit, une bonne partie
du cortège décide de poursuivre et d'aller accompagner les enseignant-e-s du
primaire jusqu'à leur rendez-vous à l'Inspection Académique. Sur le parvis de
l'Inspection, ça crie et ça s'agite, on sent que tout le monde est remonté. Quand à
17h les portes s'entrouvrent dans le but de laisser passer une maigre délégation
officielle, les manifestant-e-s font le forcing et s'engouffrent immédiatement dans
les locaux. Le hall et la salle de réunion sont occupés par environ 150 personnes,
d'autres restent dehors. Il s'agit de montrer que cette fois on ne se laissera pas
endormir par une entrevue doucereuse au sort déjà ficelée et qu'il s'agit
aujourd'hui de faire pression collectivement pour obtenir satisfaction. A
l'intérieur, il y a des instits' de divers syndicats (SNUipp-FSU, CGT educ', CNT,
FO...), mais aussi de nombreux lycéen-ne-s, des étudiant-e-s encartés ou non
(l'UNEF, aussi timorée et corporatiste qu'à l'habitude a depuis longtemps abandonné
la partie) et quelques parents d'élèves.

Une pression sonore enjouée et crescendo se met en place avec des percus, seaux,
poubelles, djembes, chants, slogans et cris. Elle durera plusieurs heures. Elle
sera interrompue quelquefois par des discussions téléphoniques avec l'Inspecteur
d'Académie retranché aux étages et par des moments de concertation collective pour
estimer la poursuite à donner à l'action. Il apparaît vite que l'Inspecteur
d'Académie ne supporte pas d'être occupé de la sorte, boude, se vexe et tente un
classique : "je ne recevrai de délégation que si tout le monde sort". Il apparaît
tout aussi vite que les occupant-e-s ne sont pas dupes et répondent en chantant à
tue-tête "nous resterons toute la nuit !". Au fur et à mesure de la soirée,
ils/elles font la démonstration de leur sérieux en restant soudés et en amenant des
vivres. Alors que l'Inspecteur semble prêt à craquer et attend des ordres du
gouvernement, et dans l'hypothèse qu'une délégation soit reçue, il est décidé
d'élargir les revendications initiales à celles des lycéen-ne-s et étudiant-e-s et
que certain-e-s d'entre elles/eux participent aux négociations avec l'inspecteur.
Celui-ci répond finalement qu'il n'est pas question de recevoir en même temps les
organisations syndicales d'enseignante-s et les lycéen-ne-s et étudiant-e-s. Il
finit par offrir dans sa grande mansuétude de causer aux premiers dès le lendemain
matin et aux seconds ultérieurement peut-être s'ils lui adressent un courrier.

Alors qu'en bas, on essaie de faire pot commun de ses revendications pour poser une
critique globale d'une logique politique, on essaie en haut de casser toute logique
unitaire et d'entretenir un corporatisme cloisonné pour affaiblir les luttes. La
volonté d'une délégation immédiate est réaffirmée, tout comme le fait que les gens
ne décideront de partir, ou pas, qu'au vu de ce qu'avancera l'Inspecteur
d'Académie.

Au final, l'Inspecteur d'Académie voit bleu et une expulsion policière est
annoncée. Il est décidé que nous ne sortirons pas de notre plein gré et de se
regrouper en ligne et en se tenant dans le fond de la salle. On a beau être sous
Sarkozy et faire venir les condés à tout bout de champs pour piétiner les
mouvements sociaux, il semble que le préfet n'assume qu'à moitié de venir déloger
des enseignants à coup de matraque à 10 heures et demi du soir... Les policiers
anti-émeutes, cachés sur le parking de derrière, débarquent par surprise en courant
par une porte dérobée et font sortir tout le monde en force, dans les cris, les
coups et les bousculades. Après l'intervention violente sur la manifestation
lycéenne d'octobre et la mise derrière les
barreaux de deux de ses participant-e-s pour quelques mois pour quedalle, cela
confirme le ton actuel de la répression sur Dijon. Pourtant, à l'issue du bras de
fer de ce soir, il semble que ce n'est pas la pression policière qui fera retomber
la détermination, bien au contraire.

Face à un gouvernement qui se targue d'en finir avec la "culture de grève" et pour
qui la modernité serait que les mouvements sociaux ne perturbent plus rien et
signent donc leur arrêt de mort, il est salvateur de voir se réaffirmer des formes
de syndicalisme de lutte et la légitimité qu'il y à bloquer le bon fonctionnement
des institutions si l'on veut se donner les moyens de les faire plier. On a
d'ailleurs encore vu aujourd'hui à quel point ce type d'actions "archaïques" sont
la hantise des représentants du pouvoir qui savent bien que dans ce cas ils ne
peuvent plus rouler les gens comme à l'habitude par quelques tours de passe-passe
et belles paroles confortablement assis dans leur bureaux. Les occupations viennent
les perturber concrètement là où ils se trouvent et permettent, au-delà des
habituelles représentations syndicales, de travailler directement dans des
dynamiques d'assemblées et de démocratie directe où les personnes en lutte peuvent
se faire entendre et réagir sur le moment. Souhaitons que ce type de dynamiques
collectives se multiplient dans la suite du mouvement.

Une nouvelle manifestation de l'éducation nationale serait annoncée pour jeudi
prochain, suivie d'éventuelles grèves reconductibles (un préavis est déposé par la
CGT jusqu'aux vacances), les AG continuent à la fac et les lycées s'organisent)...
Avec en sus les grèves de la poste et des transports, il est bien possible, à
l'instar de ce qui se passe actuellement en Italie face au gouvernement Berlusconi,
que l'hiver français passe de la crise de l'économie capitaliste à un front de
résistance politique globale.

PS : A noter que du coté des jaunes, le syndicat SE-UNSA a condamné le soir
même ces agissements jugés "irresponsables", ce que le Bien public s'est
empressé de relater.


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