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(fr) Kalimero : caisse de solidarite

Date Thu, 28 Feb 2008 09:22:22 +0100 (CET)



Il y a tant de raisons de se révolter contre ce monde, rien d'étonnant donc si
certains, certaines le font et agissent. L'Etat, aidé par les journalistes et tous
les garants de l'ordre existant (syndicats et partis en première ligne), répond
généralement en montrant du doigt une partie des révoltés qu'il enferme dans des
catégories créées pour l'occasion : les émeutiers se résument à la "racaille",
comme la débrouille devient de la "criminalité organisée", et retenir un patron
peut être considéré comme une "prise d'otages"... Tous rapports de causalité
sociale et politique disparaissent, ne laissant place qu'à des êtres méchants ou
fous-furieux, auxquels personne ne pourrait s'identifier.

Des spectres hantent le monde

Ces différentes désignations d' "ennemis intérieurs" servent à séparer, à isoler du
reste de la société celles et ceux qui s'opposent à la bonne marche du système et
percent la lourde chape de la pacification démocratique. Il s'agit de créer un
consensus contre eux pour les réprimer plus facilement. Instiller la peur est de
longue date pour l'Etat une manière de souder la société. Cela lui permet de se
renforcer en se posant en protecteur ... au besoin par la terreur. La révolte se
diffuse en novembre 2005 et c'est l'état d'urgence, le GIGN et le RAID sont envoyés
de plus en plus souvent pour mater les récalcitrants. A intervalles réguliers, on
nous ressort aussi la figure "du terroriste", pratique pour présenter des
"monstres" aux actes incompréhensibles et totalement "étrangers" au commun des
mortels. La notion de "terrorisme" dont dispose l'Etat est suffisamment large pour
qu'il puisse l'appliquer à son gré face à certaines situations. Ainsi, deux faits
complètement similaires pourront être qualifiés ou pas de "terroriste". Cela a bien
sûr des conséquences sur le traitement policier et judiciaire : prolongement de
garde-à-vue pouvant aller jusqu'à 6 jours, difficulté accrue pour voir un avocat,
puis pour préparer la défense...

Crapules ou paranos ?

Aujourd'hui, beaucoup font des pieds et des mains pour se démarquer des suspectés,
inculpés ou condamnés. Que ce soit en proclamant n'avoir rien en commun avec ceux
qui sont sous le coup de la justice, en ressassant les théories sur la manipulation
ou en employant les catégories du pouvoir (criminels, terroristes, psychopathes),
ils font exactement le jeu que l'Etat attend d'eux. Peut-être pensent-ils ainsi
apparaître comme plus responsables et plus légitimes, et - qui sait - devenir des
interlocuteurs de choix de l'Etat. En effet, reprendre les catégories policières :
les "bons manifestants" et les "méchants casseurs", les grévistes "responsables" et
ceux qui ne respectent même plus leur outil de travail, etc, revient à dire qu'il
faut agir exclusivement selon les règles du jeu imposées par notre adversaire.
Quand les âmes bien-pensantes disent « la révolte, oui certes. Mais pas comme ça et
pas maintenant. », elles la repoussent encore à de lointains ailleurs ou un
hypothétique avenir. Et elles continuent à présenter des actes de rebellion
concrète et réelle comme "étrangers". Affirmer qu'il est inconcevable que des gens
s'opposent directement à l'ordre existant, c'est dire à demi mot qu'il n'y a pas de
révolte sociale possible. Chercher à coller aux révoltes un visage, une identité,
une structure, c'est faire un travail de flic ; leur inventer des meneurs, une
source de financement occulte, des ficelles tirées dans l'ombre, c'est nier
qu'elles n'ont souvent besoin que de moyens rudimentaires et de détermination.

Forger et utiliser ses propres moyens de lutte placerait-il de fait en-dehors du
champ des luttes sociales ? C'est le discours que tiennent l'Etat et ses relais
directs car ils défendent leurs intérêts? Cependant, il semble plus étrange de
constater à quel point il est intégré chez la plupart des personnes qui prennent
part aux mouvements de lutte. Chacun devrait avoir à l'esprit que plus l'Etat, sa
justice et sa police, restreignent le champ de ce qui est permis, plus celui de
l'illégalité s'étend au point de s'immiscer dans l'ensemble de nos faits et gestes.
Ne pas se satisfaire des critères édictés par l'Etat et ses acolytes, n'est pas
faire preuve d'un esprit de transgression « extraordinaire », c'est simplement se
donner la possibilité d'agir au quotidien.

Contre toutes les prisons

Aujourd'hui, de manière générale, la taule est une arme aussi banalement appliquée
contre la conflictualité sociale que le coup de matraque ou le lacrymogène. La
prison n'est pas qu'un lieu où l'on enferme pour détruire méthodiquement le
déviant, c'est aussi une idée distillée dans tout le corps social, une menace qui
doit produire que chacun se tienne tranquille. Elle est l'aboutissement des
techniques d'isolement et de séparation. De plus en plus nombreux sont celles et
ceux qui finissent enfermés derrière des murs et des portes bien vérouillés par des
cercles concentriques de matons, de juges, de flics, de journalistes, de
syndicalistes responsables. Arracher l'individu à ses relations, séparer chaque
corps par l'encellulement et aussi isoler une partie des prolétaires que l'on
enferme des autres, restées à l'extérieur : voilà la technique et la fonction du
système carcéral. Et si la solidarité est l'arme la plus efficace contre la
répression - et la prison en particulier - c'est parce qu'elle est l'exact
contraire de ces séparations.

Solidarité !

Kalimero Paris

Kalimero est un collectif et une caisse de solidarité. Il a pour objet de collecter
des sous pour les prisonniers ainsi que de se rencontrer pour discuter des
différentes situations. Une fois par mois se tiennent une réunion et une auberge
espagnole (apporter à boire et à manger).

En prison on a besoin d'argent pour se procurer les denrées de base (sel, sucre,
timbres, tabac, etc.). Pour permettre aux personnes incarcérées de satisfaire ces
besoins élémentaires, nous souhaitons leur envoyer des mandats mensuels de 120
euros. Une caisse de solidarité a besoin de continuité. Nous n'avons ni sponsor, ni
mécène, aussi avons-nous convenu d'un rendez-vous par mois pour collecter des sous
afin d'alimenter la caisse. Ces rencontres sont également l'occasion d'échanger des
informations, d'assurer le suivi des différentes histoires et de discuter des
situations qui se présentent. Dans un souci de régularité, ces rencarts ont été
fixés une fois par mois à 18h pour la réunion et à 20h pour une auberge espagnole.
Pour envoyer de l'argent et pour être tenus au courant des prochains rendez-vous de
kalimero, vous pouvez demander à être inscrit sur la mailing list de kalimero en
écrivant à kalimeroparis(a)gmail.com ou consulter indymedia paris (logo en haut à
gauche).

Le n° de compte pour faire un virement : 10278 06137 00020471901 clé 07

Sinon chacun peut déposer de l'argent en liquide dans toutes les agences du Crédit
Mutuel en donnant ce n° : 06137 00020471901


[ texte repris du site http://paris.indymedia.org ]
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