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(fr) Plus rien ne sera jamais comme avant... - Grece

Date Sun, 28 Dec 2008 17:02:46 +0100 (CET)



Tract diffusé a Athénes par le Mouvement pour la Généralisation de de la Révolte.
La lutte continue !

PLUS RIEN ...

Le 6 décembre, à 21 heures, un membre des forces spéciales de la police a
arrêté son véhicule, visé un gamin de quinze ans et l?a abattu dans le
quartier d?Exarchia, à Athènes. Ce meurtre n?est pas un cas exceptionnel
ou isolé de violence policière. Le matin du même jour, des travailleurs
immigrés qui faisaient la queue pour déposer une demande d?asile au poste
de police situé sur l?avenue Petrou Ralli ont été attaqués par des flics
anti-émeute. Suite à cette agression, un Pakistanais a été victime d?un
grave traumatisme crânien et lutte depuis pour sa vie dans l?unité de
soins intensifs de l?hôpital Evangelismos. Ce ne sont là que deux cas pris
parmi des dizaines d?autres similaires au cours des dernières années.

La balle qui a transpercé le c?ur d?Alexis n?est pas une balle perdue
tirée par un flic et qui aurait atteint le corps d?un adolescent
«indocile». Elle résulte d?un choix : celui de l?État qui, par la
violence, veut imposer la soumission et l?ordre aux milieux et aux
mouvements qui résistent à ses décisions. Un choix qui vise à menacer tous
ceux qui veulent résister aux nouvelles dispositions prises par les
patrons dans le domaine du travail, de la sécurité sociale, de la santé
publique, de l?éducation, etc.

Ceux et celles qui travaillent doivent s?épuiser pour gagner une misérable
paye mensuelle de 600 euros. Ils doivent bosser jusqu?à épuisement chaque
fois que le patron a besoin d?eux, accepter d?effectuer des heures
supplémentaires non rémunérées et d?être mis à pied chaque fois que les
entreprises sont « en crise ». Et enfin, ils doivent se tuer au boulot
chaque fois que l?intensification de la production l?exige, tout comme ces
cinq dockers qui sont morts dans les chantiers de Perama, il y a cinq
mois. Si ce sont des travailleurs immigrés, et qu?ils osent demander
quelques euros de plus, ils seront tabassés et vivront sous un régime de
terreur, tout comme les travailleurs et travailleuses agricoles employés
dans les serres de fraises de Nea Manolada, dans l?ouest du Péloponnèse.


...NE SERA JAMAIS...

Ceux et celles qui étudient doivent passer leur temps dans des salles de
classe minables et payer des cours particuliers pour se « préparer » de
façon intensive aux examens annuels. Les enfants et les ados doivent
oublier de jouer avec les autres dans la rue et de se sentir insouciants,
afin de se gaver d?émissions de télé-réalité et de jeux électroniques,
depuis que les espaces publics gratuits ont été transformés en galeries
marchandes, ou parce que les enfants ne disposent plus d?assez de temps
libre pour s?amuser.

Quant aux étudiants des universités, celles et ceux qui suivent ce
processus naturel d? « évolution » vers la réussite, ils découvrent que
les prétendues «connaissances scientifiques» sont en fait orientées vers
la satisfaction des besoins des patrons. Un étudiant doit continuellement
s?adapter à de nouveaux cursus et récolter le plus grand nombre de «
certificats » possible afin d?être finalement récompensé par l?attribution
d?un diplôme qui ne vaut guère plus qu?un rouleau de papier-toilette, mais
a encore moins d?utilité que celui-ci.

Un diplôme qui ne garantit rien de plus qu?un salaire mensuel de 700
euros, souvent sans droit aux assurances sociales ou à la couverture
maladie. Tout cela se déroule alors que des millions d?euros atterrissent
dans les poches d?entreprises religieuses et d?athlètes olympiques dopés
et payés des sommes extravagantes pour « glorifier la patrie». Un argent
qui finit dans les poches des riches et des puissants. Des pots-de-vin
sont versés aux « copains » et des journalistes corrompus se livrent à de
sordides marchandages afin de couvrir des scandales impliquant le
gouvernement. Alors que des dizaines de personnes périssent dans des
incendies de forêts pour permettre au grand capital de transformer ces
zones en sites touristiques et que des travailleurs crèvent dans les
chantiers de construction et dans les rues et que leurs décès sont classés
comme de simples « accidents du travail». Alors que l?Etat distribue de
l?argent aux banques pour les aider, qu?il nous enfonce dans un océan de
dettes et de prêts et qu?il augmente la fiscalité directe pour tous les
travailleurs. Alors que la stupidité des stars de télévision richissimes
devient parole d?évangile pour un nombre croissant d?exploités.

La balle qui a transpercé le c?ur d?Alexis a frappé le c?ur de
l?exploitation et de la répression pour une partie importante de cette
société qui sait qu?elle n?a rien à perdre en dehors de l?illusion que les
choses pourraient s?améliorer. Les événements qui ont suivi l?assassinat
d?Alexis ont prouvé qu?une grande partie des exploités et des opprimés ont
sombré dans ce marécage jusqu?au cou. Ce marais a débordé et menace de
noyer les patrons et les politiciens, les partis et les institutions
étatiques. Il est temps de nettoyer ce monde répugnant fondé sur
l?exploitation de l?homme par l?homme et le pouvoir de quelques-uns sur la
majorité. Nos c?urs débordent de confiance alors que les patrons tremblent
de peur. La destruction des temples de la consommation, la réappropriation
des biens, le «pillage» de toutes les choses qui nous sont dérobées alors
qu?on nous bombarde de publicités correspondent à la prise de conscience
que toute cette richesse est nôtre, parce que nous la produisons. «Nous»,
dans ce cas, désigne toutes les personnes qui travaillent. Cette richesse
n?appartient pas aux propriétaires des magasins, ni aux banquiers, cette
richesse est notre sueur et notre sang. C?est notre temps que les patrons
nous volent tous les jours. Nous tombons malades quand nous prenons notre
retraite. Nous nous disputons avec nos partenaires et nous n?avons même
plus la force de rencontrer un couple d?amis, un soir de week-end. Nous
sombrons dans la solitude et l?ennui chaque dimanche après-midi, et nous
avons le sentiment d?étouffer tous les lundis matin. Exploités et
opprimés, immigrants ou Grecs, travailleurs, chômeurs, étudiants ou
lycéens, on nous somme aujourd?hui de prendre position face au faux
dilemme posé par les médias et par l?Etat: sommes-nous du côté des
porteurs de capuche ou du côté des propriétaires de boutiques ? Ce dilemme
n?est qu?un leurre.

Parce que le véritable dilemme que les médias ne veulent pas vous exposer
est le suivant: êtes-vous pour les patrons ou les travailleurs? Pour
l?État ou la révolte? Et c?est une des raisons pour lesquelles les
journalistes s?appliquent à diffamer le mouvement, à dénoncer les «
porteurs de capuche », les « pillards », etc. Ils veulent semer la peur
parmi les opprimés pour une raison simple: la révolte rend leur position -
et celle de leurs patrons - très précaire. La révolte prend pour cible la
réalité qu?ils créent, elle lutte contre le sentiment que «tout va bien»,
elle combat toute séparation entre une «révolte sentimentale et juste» et
de prétendus «éléments extrémistes» et elle s?oppose finalement à toute
distinction entre des «hors-la-loi» et des manifestants pacifiques.

Face à ce dilemme, nous avons une réponse: nous sommes du côté des «
porteurs de capuche ». Nous sommes les « encapuchonnés ». Non pas parce
que nous voulons cacher notre visage, mais parce que nous voulons nous
rendre visibles. Nous existons. Nous ne portons pas des capuches par amour
de la destruction, mais parce que nous sommes motivés par le désir de
prendre notre vie en mains. Nous voulons construire une société différente
sur la tombe des marchandises et des pouvoirs . Une société où tout le
monde prendra des décisions collectives dans les assemblées générales des
écoles, des universités, des lieux de travail et des quartiers, sur tout
ce qui nous concerne, sans que nous ayons besoin de représentants
politiques, de dirigeants ou comissaires politiques. Une société où tous
ensemble nous guiderons notre destin. Une société où nos besoins et nos
désirs dépendront seulement de nous, et non d?un député, d?un maire, d?un
patron, d?un prêtre ou d?un flic.

Notre espoir d?une telle vie est né une nouvelle fois sur les barricades
érigées partout en Grèce et dans la solidarité dont le mouvement a
bénéficié à l?étranger. Il nous reste à faire de cet espoir une réalité.
La possibilité d?une telle vie est maintenant mise à l?épreuve par les
assemblées qui se tiennent dans les bâtiments municipaux, les sièges des
syndicats et les bâtiments des universités occupés à Athènes et ailleurs
en Grèce, assemblées où chacun peut exprimer librement ses opinions et
discuter des formes d?action collective, sur la base de ses désirs et
besoins. Le rêve de cette nouvelle vie a commencé à prendre forme.


... COMME AVANT.

Que nous reste-t-il à faire pour voir ce rêve réalisé? Nous devons nous
organiser là où nous étudions, travaillons ou habitons. Sur nos lieux de
travail nous pouvons discuter de nos problèmes quotidiens et créer des
noyaux de résistance contre la terreur des patrons. Dans nos écoles nous
pouvons participer aux occupations et les soutenir, animer des groupes de
contre-information, organiser des conférences et des ateliers de
discussion, nous interroger sur la suprématie du savoir, produire de
nouvelles connaissances pour satisfaire nos besoins et non ceux du
Capital. Dans les quartiers et les immeubles, nous pouvons parler à nos
voisins, organiser des rencontres et créer des comités, partager des
connaissances et des compétences, décider collectivement d?actions. Nous
pouvons participer à des marches et des manifestations, nous tenir les
coudes, briser la peur que propage l?État, aider les lycéens qui sont
aujourd?hui les premières victimes des attaques de l?État. Nous sommes
solidaires de tous ceux qui ont été arrêtés durant la révolte, qu?ils
soient grecs ou immigrés, qu?ils se trouvent en Grèce ou à l?étranger. La
plupart sont maintenant poursuivis grâce à toutes les astuces juridiques
qui font partie de l?arsenal de la lutte contre le terrorisme parce qu?ils
s?opposent aux diktats de l?État.

Tout commence maintenant.

Tout est possible.

Mouvements pour la généralisation de la révolte


==============================================================
Traduction : Ni patrie Ni frontieres, http://mondialisme.org

Version maquetée téléchargeable ici :
http://cnt-ait.info/article.php3?id_article=1610


[expediteur/expeditrice <contact(a)cnt-ait.info> ]

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