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(fr) Retraites : carton rouge pour serie noire

Date Mon, 12 Nov 2007 18:48:03 +0100 (CET)


Le mouvement de grève débuté jeudi 18 octobre est-il un mouvement de défense des
seuls « régimes spéciaux » de retraite ?

Le pouvoir politique et ses (zélés) relais médiatiques ont beau jeu de qualifier ce
conflit d? « égoïste », de « conservateur ». Rappelons que le conservatisme a
toujours été une doctrine du maintien de l?ordre social dominant, c?est-à-dire le
pouvoir donné à ceux qui détiennent les richesses (et les moyens de production). En
quoi la gouvernance de Sarkozy opère-t-elle une « rupture » avec le conservatisme ?
C?est bien plus qu?un conservatisme ultra qui cherche à détruire tous les « progrès
» sociaux.

Travailler plus (longtemps) pour gagner moins !

En fait, cette résistance à la destruction des « régimes spéciaux » n?est que le
4ème épisode d?une bien triste série...

Bref retour sur les épisodes précédents :

1er épisode : 1993 : Les 2 acteurs principaux de l?époque, Balladur (1er ministre)
et un certain Nicolas Sarkozy (sinistre du budget) font passer tous les salariés du
secteur privé de 37,5 annuités à 40 annuités pour toucher leur retraite. Pas de
mouvement social, ce premier recul est entériné.

2ème épisode : novembre/décembre 1995 : Juppé a un bon plan : généraliser les 40
annuités pour tous les fonctionnaires et les régimes spéciaux. Cela devient vite un
mauvais plan, déjoué par plusieurs millions de grévistes. La force des
travailleurs, c?est la grève ! Le pouvoir recule...

3ème épisode :2003 : François Fillon s?affirme « stratège » et prévoit de jouer son
rôle en deux parties. D?abord, il impose aux fonctionnaires de passer à 40 années
de cotisation tout en promettant aux « régimes spéciaux » qu?ils seront épargnés.
Puis...

4ème épisode : Octobre/novembre 2007 : Toujours Fillon revient sur sa promesse et
attaque les régimes spéciaux, sommés de passer aux 40 annuités.

Fin de la série noire ? Malheureusement non !
Si nous les laissons continuer, ils prévoient :
* de faire passer tout le monde à 41 annuités autour de 2010 puis à 42 à partir de
2013
* d?aller vers les 45 annuités pour tous dans quelques années ( pacte signé par
CHIRAC et JOSPIN au Sommet Européen de Barcelone en 2002).

Mais pourquoi allonger la durée de cotisations ?
De l?argent pour la Sécu, il y en a dans les poches du patronat !

Le système de retraites par répartition part du principe que les pensions des
retraités d?une époque sont financées par les salariés actifs de la même époque.
Les sommes prélevées sous forme de cotisations sociales (des travailleurs et des
employeurs) ne font l?objet d?aucune accumulation financière.

Cet argent relève d?une partie du salaire qui est socialisée entre tous les
travailleurs.

Vu qu?il y a une augmentation relative du nombre de pensionnés par rapport à la
population active, il y a une solution que l?on n?évoque jamais :
-arrêter d?exonérer les employeurs de leur part de cotisations sociales (plus de
200 milliards d?? depuis 1991) et augmenter progressivement leurs cotisations
- exiger le remboursement des cotisations sociales que les employeurs n?ont pas
payées.

Le gouvernement élude cette solution qui éroderait (de manière pourtant très
marginale) les profits des entrepreneurs. Ces derniers veulent absolument maintenir
la tendance qui voit leur part de richesses dans le PIB augmenter aux dépens des
salariés depuis 20 ans. Sur 100 ? de richesses produites dans la France de 1982, 70
? revenaient aux salariés dans leur ensemble et 30? aux chefs d?entreprises. En
2002, pour les mêmes 100?, seuls 60? reviennent aux salariés et 40 ? aux patrons !
Il n?est pas étonnant alors de voir que les 500 plus grandes fortunes
professionnelles du pays représentent 280 milliards d?? et 15 % du PIB en 2007 ! En
1997 elles correspondaient à 6 % du PIB !

De l?argent, il y en a. Les financements pour les caisses de retraites existent, il
s?agit de choix économiques.

Notre salaire socialisé (retraites par répartition) ou leurs profits, Il faut
choisir !

Malgré l?inégalité flagrante de la répartition des richesses au profit des vrais
privilégiés (entrepreneurs et/ou titulaires des portefeuilles d?actions), le
gouvernement veut aller encore plus loin.

Le système des retraites tel qu?il existe encore aujourd?hui ne produit aucune
accumulation financière. C?est un manque à gagner énorme pour les spéculateurs ! Le
vrai but de l?allongement de durée de cotisations est de baisser massivement le
montant des pensions. Un salarié qui ne travaillera « que » 38 ans par exemple au
lieu des 41 ans prévus aura une pénalité (décote) d?1% par trimestre non fait. Il
n?aura donc que 63 % de son traitement au lieu des 75 % initialement prévus. Les
salariés qui le pourront se dirigeront donc vers des fonds de pensions privés pour
s?assurer une retraite plus décente...

C?est le c?ur même de la répartition de la solidarité entre les salariés qui est
attaqué. Le fonds de pension est une retraite individualisée. La retraite n?est
plus alimentée par un fonds commun à tous, qui est socialisé mais par le recours à
un contrat individuel privé. Aussi, les compagnies de retraites et d?assurances
privées placent, donc jouent, l?argent qui leur est confié dans la bourse avec des
risques énormes (affaire ENRON aux Etats-Unis, pays pionnier en matière de fonds de
pension). La Sécurité Sociale garantit un salaire maintenu aux salariés retraités
(pension financée par la part socialisée du salaire des actifs - les cotisations
sociales).

Se battre pour préserver le système des retraites par répartition, c?est :
- lutter pour notre salaire collectif ( la part des richesses que nous produisons
et qui nous revient)
- défendre la solidarité entre les travailleurs contre la logique individuelle
toujours défavorable aux salariés mais très profitable aux capitalistes.

La force des travailleurs, c?est la grève !

Alors il n?y a aucune hésitation à avoir : la lutte contre la destruction des
régimes spéciaux est notre lutte. Le facteur d?unité interprofessionnelle est la
revendication du retour aux 37,5 annuités pour tous les salariés du public et du
privé. Le gouvernement cherche à nous diviser entre public et privé, entre
différentes organisations syndicales. Répondons-lui par l?unité dans la grève
interprofessionnelle le 20 novembre et après...

CNT FTE
www.cnt-f.org/fte





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