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(fr) Situation de l?anarchisme en Europe de l?Est

Date Thu, 31 May 2007 23:09:53 +0200 (CEST)


De retour de Prague où s?est tenu le Comité de relation de l?Internationale des
Fédérations anarchistes, nous proposons une petite incursion dans le contexte
militant, social et économique évoqués par les militants des trois fédérations
anarchistes tchèques, belarus et bulgares, présentes.

De retour du Crifa [1], nous proposons une petite incursion dans le contexte
militant, social et économique évoqués par les militants des trois fédérations
anarchistes tchèques, belarus et bulgares, présentes à Prague.

Tchéquie : anarchie au ralentit

Après dix années de luttes acharnées tous azimuts, après la chute du Mur en 1991,
l?activité anarchiste semble subir, selon nos camarades praguois restant fédérés,
un ralentissement dû à plusieurs facteurs.
Le premier relève d?une désillusion de plus en plus marquée, face au consumérisme à
l?américaine qui s?installe dans la vie des Tchèques, mais également due à une
lassitude des militants, après qu?ils aient
organisé et participé à de grands événements, comme l?anti-G7 de 2000, qui fut un
succès international. Un autre problème local réside dans le fait que les
anarchistes fédérés sont surtout des étudiants anti-globalisation, qu?il ne reste
pratiquement aucun ancien militant, encore moins de travailleurs et que les jeunes
ne restent pas assez longtemps pour intégrer la transmission de l?expérience. C?est
surtout vrai pour Prague, tandis que les choses semblent plus organisées en Moravie
et en Slovaquie [2]. Les camarades praguois
considèrent leur présence aux grandes manifestations, la tenue de tables de presse
ou la vente de leur journal comme des activités de « train-train » récurrentes et
artificielles, ne présentant aucune perspective sur le long terme. Aujourd?hui en
Bohème, il semblerait que l?investissement anarchiste prenne une forme plus
individuelle et activiste, les militants rejoignent les organisations qui se
battent sur les luttes locale concrètes, refus de l?implantation de bases
américaines sur leur sol, lutte contre la vidéosurveillance, contre
l?expulsion des squats dans les centres villes voués aux touristes, enfin ce que
les camarades qualifient d?urgence sociale. Aussi, les derniers fédérés se donnent
deux ans de réflexion pour savoir s?ils retournent au sein de l?IFA. Pourtant, on
estime le nombre de militants et sympatisants anarchistes à plus de 2 000 en
Tchéquie. En attendant l?évolution des choses, les derniers membres de la
fédération thèque s?investissent dans le développement d?un projet de e-radio et de
site web.

Belarus : du sang neuf anar

En Belarus, la fédération anarchiste vient de rejoindre l?IFA. Elle se veut ouverte
à tous les âges et compte aujourd?hui environ 200 militants fédérés,
majoritairement à Minsk. Leurs axes de luttes tournent autour de la répression, des
problèmes posés par le genre et surtout le refus de la politique de développement
nucléaire souhaitée par le gouvernement, en lien avec leurs proches voisins
anti-nucléaires allemands. Au niveau concret, la fédération souhaite prendre une
forme représentative, afin d?exister devant la loi, seule alternative légale pour
pouvoir, par exemple, sortir de prison les nombreux militants comme ceux violemment
interpellés par la police en avril dernier, lors d?un rassemblement d?opposants au
président Alexandre Loukachenko, le « tyran de Minsk » qui manifestaient contre la
construction d?une centrale nucléaire et dont la plupart d?entre
eux sont encore enfermés. Il faut également souligner que le pays est très peu
ouvert, par exemple, pour sortir du pays, les visas sont encore difficiles à
obtenir et ce, d?autant plus pour les militants anarchistes, sauf pour les
destinations des derniers pays dits communistes (Corée du Nord, Cuba). C?est
pourquoi devant un état si répressif, les anarchistes fédérés coopèrent avec les
forces d?opposition belarus. Cependant, il est à noter que seuls les libertaires se
déclarent contre la globalisation et que c?est bien sûr pour cette raison parmi
tant d?autres, qu?ils sont moins visibles.

Bulgarie : un contexte difficile

Selon nos camarades de la fédération bulgare présents, la situation devient de plus
en plus difficile dans le pays. A Sofia, la capitale, la population a pratiquement
doublée, pour passer de un à deux millions en un an ( !), les grands buildings,
réservés aux businessmen internationaux y poussent comme des champignons, la
pollution et les embouteillages y sont omniprésents (les gens venant
quotidiennement y travailler en voiture, parfois de plus de 150 kilomètres à la
ronde). Même dégénérescence sur la façade de la Mer Noire, qui avant la chute du
mur réservait ses luxueuses villas aux familles d?apparatchiks russes, remplacés
aujourd?hui, par les apparatchiks du pouvoir socialiste, rivalisant en piscines
grand luxe et venants de Sofia en jets privés. Dans le reste du pays, les derniers
paysans et la population qui ne sont pas happés par l?appel de la mégapole
souffrent et n?arrivent plus à lutter contre la vie chère et la misère. Le peuple
bulgare a aujourd?hui trois pouvoirs à affronter : celui généré par un gouvernement
socialiste corrompu, imbu de course aux richesses, celui de la gestion privée qui
sévit dans tous les secteurs d?activité et celui produit par la récente entrée du
pays dans l?Union européenne, que les anarchistes considèrent comme le troisième
vautour technocrate prêt à s?enrichir sur le dos des pauvres et des exploités.
Enfin, exception européenne, les libertaires bulgares ne se réclament pas de
l?anti-nucléaire et fustigent Bruxelles de vouloir imposer des solutions
énergétiques
alternatives, tandis qu?ils pensent que seules les centrales garantiront
l?indépendance du pays vis-à-vis de leur voisin géant russe, dont ils gardent un
très mauvais souvenir !

[Patrick Schindler du groupe Claaaaaash, à Prague], dans « Le Monde libertaire » du
6 juin.

Notes
[1] Comité de relation de l?IFA (Internationale des Fédérations anarchistes), cette
année le second avait lieu à Prague en Tchéquie.

[2] Anciennement liée au pays, avant la révolution de velours qui engagea la
partition de la Tchécoslovaquie, aujourd?hui les liens rentent encore très forts
entre les deux pays.



[ texte repris des sites http://www.endehors.org et http://www.avoixautre.be ]
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