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(fr) Syndicalisme de base en Argentine

Date Wed, 23 May 2007 00:22:02 +0200 (CEST)


En 2005 nous écrivions: "Les travailleurs du Métro de Buenos Aires se sont
organisés indépendament de leur syndicat, la UTA (syndicat des cheminots), affilié
à la CGT (...). A l'aide d'un "corps de délégués" (désignés directement par les
travailleurs), ils ont mené une longue grève l'année dernière et obtenu la
réduction de leur journée à 6 heures (ensuite ils ont été à l'origine de la
constitution du "Mouvement pour la Réduction de la Journée Légale à 6 heures) et
des augmentations de salaires. Ce sont ces délégués (parmi lesquels des membres de
partis d'extrème gauche) qui sont chargés de négocier avec la direction de
Metrovias, la
concessionnaire privée du métro, tout en gardant un contact permanent avec leur
base, chaque
proposition est analysée et discutée en assemblée." (1)

J.M. Pasquini Duran, dans un article d'opinion paru dans Pagina/12 du 18 mai 2007,
revient sur ce phénomène de syndicalisme de base en raison d'une grève déclenchée
par les travailleurs du métro de Buenos Aires malgré la signature d'un accord de
leur syndicat avec le concessionnaire de métro (2) :

BASES
Quand le phénomène a surgi aux États-Unis, il a été appelé "syndicalisme sauvage",
par opposition au syndicalisme "domestiqué" caractérisé par des structures très
bureaucratisées et verticales, des liens étroits avec le bipartisme (surtout avec
les démocrates) à tel point que lors des élections, il se prononçait publiquement
en faveur d'un des candidats en compétition. En Argentine, il faut remonter à la
fin de l'année 2004 et le premier semestre de 2005 pour trouver les grèves de fort
impact organisées par des corps de délégués "autoconvoqués" par les travailleurs
des chemin de fer, de la santé, du métro, des pétroliers, des municipaux, des
frigorifiques, des enseignants et autres. À la tête de ces mouvements de base
apparaissaient des militants syndicaux de gauche, certains avec une insertion
organique dans des partis traditionnels du trotskisme et de semblables variantes,
aux côtés de péronistes combatifs qui venaient de l'opposition au ménémisme
(politiques ultralibérales de l'ex président Carlos Menem, 1989-1999) et qui en
partie ensuite se sont inclinés vers la "transversalité" du kichnérisme. Cette
réalité ne peut être étiquetée facilement ou simplement, encore moins
superficiellement comme le font certain en "tout blanc ou tout noir" et en
attribuant à leurs luttes des secondes ou troisièmes intentions, qui presque
toujours n'existent pas.
Il y a deux caractéristiques qui délimitent la conduite de ce syndicalisme de base.
Bien qu'il ne reconnait pas toujours l'autorité verticale des directions
syndicales, il ne s'éloigne pas non plus de l'organisation syndicale qui le
contient. Les travailleurs du métro de Buenos Aires qui ont réalisé hier une grève
de 24 heures malgré les ordres contraires de la coupole de leur syndicat de
branche, la UTA, continuent d'être membres de celui-ci malgré leurs divergences. De
cette façon, ils conservent la tradition du syndicalisme national qui se fonde sur
les corps de délégués par entreprise, mais à la fois ils exercent leurs mandats
avec une grande dose d'autonomie.
La deuxième caractéristique est que leurs décisions émergent toujours d'assemblées
de base, celles qui doivent apporouver aussi tout accord avec l'entreprise, de
telle manière que leurs pouvoirs délégués sont ratifiés durant le temps de mandat
entre des élections. Ils rendent effective la démocratie participative, malgré le
risque que suppose la délibération constante en assemblée, où les termes de la
réflexion peuvent être altérés par des agitateurs ou des démagogues d'occasion.
Cette méthode de délibération retarde la décision et, plus d'une fois, la complique
en raison de la pluralité d'opinions, mais en compensation lorsque le consensus
majoritaire est obtenu c'est comme imprimer les accords sur de la pierre.
Naturellement, la méthode a ses sympathisants et ses détracteurs. Ces derniers
pensent que la fragmentation de la discipline syndicale termine par détériorer la
capacité d'influence du mouvement ouvrier dans les politiques publiques de plus
grande portée, étant donné que les directions ne sont pas en condition de garantir
des accords devant leurs interlocuteurs, qu'ils soient gouvernements ou
entrepreneurs. Cependant, l'expérience internationale au niveau de la liberté
syndicale -au nom de laquelle la Centrale des Travailleurs Argentins (CTA) réclame
sa reconnaissance légale qui lui permettrait de négocier des conventions ou des
lois conformément au principe de la représentativité- semble démontrer que l'unité
verticale forcée termine par éloigner la majorité des travailleurs de la vie active
de leurs organisations syndicales. Les mouvements de base sont des expériences de
recherche, c'est certain, mais cela n'invalide pas leur légitimité dans une
époque dans laquelle toutes les formules de représentation sont sujettes à révision.

(1) http://paris.indymedia.org/article.php?id_article=32162#commentaires
(2) http://amerikenlutte.free.fr/
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